‹ L'Ordre des Chartreux et la Chartreuse de BosservilleChapitre 49 sur 57 · ANNÉE · texte numérisé non relu

ANNÉE

Cependant les troupes de Galas avec celles du duc Charles, pillent, vollent, saccagent partout indifféremment , comme aussi l'armée des Suédois conduicte par ce duc de Weimar sans aucun ordre ni discipline. Le 4 novembre bien deux mille entrent à Saint-Nicolas à ]*improvisie, entrent dans les meilleures maisons, les voilent ; d*aullres ou les mesmes y retournent encor. Et entrant dans ce beau sanctuaire, après avoir brisé les portes, volent tout ce qui estoil dedans, rompent les coffres qu*on y avoit réfugiés, et, comme diables sortis d'enfer, brisent et ruent par terre les sainctes images, fracassent les autels en prophanant tout ce qui estoit de sainct et sacré ; et pour assouvir la rage de leur avarice, par l'entremise de certains diables familiers, ou, pour le moins, par pacte avec eux, ils jectenl des plotons (sic) ou loissaux de filets (de fil) par l'église ; et, où ils s'arrestoient, ils estoient asseorés d'y trouver de l'argent. Les uns lenoient enfermés dans des boîtes certaines grosses mouches ou tahons, lesquels laschés, après avoir bien voltigé, ils s'arrestoient au lieu où il avoit de l'argent caché. Et, après s'estre gorgés d'une infinité de thrésors et de tous aultres biens, ils violent les femmes et filles, mesmes certaines religieuses qu'ils trainoient par la ville, comme des chiens enragés. Et, en effet, en emmenèrent avec eux ; et pour comble de malheur, ces furies infernales embrasèrent la plus grande partie de ce beau

boorg, sans espargner cesta beJle el signalée esglise, révérée de tons cenx qoi portent le my nom de chrestien. Montant snr les Tooltes, ils mirent le fen à une des tours qui embrasa le resta do grand comble ; et ainsi toute la toietore . fut consamée avec tous les bastiments des religieux qui, à grand peine, se purent sauver de la rage de ces endiablés. Les uns disent que les Suédois furent les auteurs de cette désolation, les anltres les gens de Gallas. Quoy que c'en soit, c'estoient des allemands : ab aquilone pandetur omne maium.

(Extrait du Journal de Dom Gabriel Bigot, prieur de l'abbaye de Longeville, près Saint- Avold, voir année 1635.)

EXTRAIT D'UN ABRÉGÉ D HISTOIRE DE LORRAINE, manuscritey composée par un jésuite de tuniversUé de Pont-à- Mousson y qui a séjourné à deux époques différentes dans la maison de Saint-Nicolas-de-Port^ la première fois avant 4635, la seconde fois en 4666.

.... Son Altesse (Charles IV) reprit plusieurs places de Lorraine ; et de tous les estrangers qui estoient entrés dans le pays ^contre les ennemis, il y ent un régiment de quinze compagnies de Hongrois. G'estoient des gens fort farouches et qui ne sçauoient pas rendre aucun respect au prince qui les commandoit, de sorte que Son Altesse eut beaucoup de peine de retirer de leurs mains un capitaine qu'ils avoient fait prisonnier à Hombourg (Moselle) et qu'ils vonloient sacrifier sur le bord du Rhin à une étemelle mémoire du premier passage fait en corps par ceux de leur nation et des habitans du nord, depuis la cruelle persécution d'Attila, estant les premiers qui se sont fait voir en deçà du Rhin.

Cette mauuaise humeur des Hongrois nous oblige trop de croire qu'elle fut la cause du grand malheur arrivé à Saint-Nicolas, et dans toute la Lonraiae, sur la fin de l'année 1635. Les Suédois, les Saxons, et autres semblables y contribuèrent bien de leur costé'; mais i^ faut avouer, que iusqnes i ce temps là on avoit veseu assez doucement en Lorraine, quoy que les troupes du roy y fussent logées dans les meilleures villes, et dans tout le pays. Il n'y auoit oy cruauté, ny incendie, ny uiolence extraordinaire. Ces estrangers s'en approchèrent, les uns sous la conduite de Calasse (sic) ; les autres sous le duc de Weimar, auquel le cardinal de laValette se joignit avec ses trospes. Dès que les uns et les autres parurent on en prit une horrible espouvante ; i'en vis vers

568' AnrtMlifess^.

Il Saîtie'Lae à Nney» dts téliiM|ftti|^ ttop^m/9» poâf w éatMt. ToM te voisiatgey aecoaroit en foule, ehàott pour satftoer st penottv et réftigiere» quMI ttdit'de metUeor.

Tout le plus grand poids tomba d'abord sor le fameax Boorg et la belle égliso de SaiQtrNicolas. Ces Balhenrettx Hongrois, et ceux qui dénotent épargner le pays da Prince qu'ils faisoient semblant de respecter, furent Ins prenuers qui entrèrent bostilement dans Saint-Nicolas, le 4* de Novembre ; ils pillèrent toutes les meilleures maisons, mirent le fen en divers endroits ; et surtout ils s'attacberent aoec une grande impiété, à bmsier la belle église ; ils bruslerent les tours, gasterent les cloches, et firent leurs efforts pour brosler et renverser l'autel dédié à ce saint patron du pays, mettant le feu an balustre de menuiserie qui est i Fentour de cet autel, après mille profanations de toal ce qu'il y anoit de plus sacré. J*en ay vu des marques bien funestes, plus de trente ans après ; et j*y appris par le maire mesme, qui auoit les andens registres, qu*il y anoit antrefols plus de seize cens familles dans ce Bonrg, les uns riches, et les antres assez bien accommodés ; et que trente ans aprèsy è peine y en auoit-il quatre cents, et bien pauvres. Yn bonneste vieillard qui auoit veu tous ces grands désordres, me dit que la désolation et Pesponnante auoit tellement dimiooé le nombre des bourgeois, dont plusieurs furent toés après des tourments effroyables, et les antres s'enfoyerent par le monde ; que trois mois après, c'est-à-dire le jour de la Purification de Nostre-Dame, ils ne se trounerent que neuf pères de famille, qui sestoient ramassés de eosté et d'autre pour faire leur det|otion dans cette Eglise. Ces misérables ayant fait et pillé tout ee qu'ils anoient peâ, se retirèrent vers Dieuze et aux environs on ilsfMrterent tout leur butin ; le cardinal de la Valette n'en estoit pas loin arae ses troupes ; il en détacha une partie, pour aller contre ces volenrs, qui ne s'attendoient pas à cette visite; ils en (nrent bien frétés et tellement esloord», qu'en laissant plusieurs de leurs compagnons snr la place, ils prirent hi ùiile, et abandonnèrent tont leur bntin ani François qui scenrent bien en faira lew profit.

Ce fut dans cette occasion que l'on racounra un paquet de Reliques, entra lesquelles estoit une de saint Nicolas. J'estois pour Ion au Pontamonsson, et i'y vis le P. Henry Geoffroy confesseur de Moos' le cardinal de la Valette, auquel Son Eminence anoit confié cette relique pour la rendra à qniel coih ment il faodroit. Comme le père demeura longtemps en ce collège, nous eûmes le loisir de loy parler de cette Relique. Je ne lavis pu; mais je iogeay, sur tont ce que l'on m'en dit, que ce n'estoit pas cette prétiense Re^ lique de saint Nicolas, que l'on donnoit à baiser dans un bras d'or on d*argent doré, enrichi de plusieurs pierres pretieuses, que le roy René d'Anjou, > anoit donné, il y auoit enuiron deox cens ans. Il est vray que i'ay vev ansiy que lon'présentoit quelques fois à baiser une ReKqOe eirebassée dans nn brtk

AMWHMQI». Si9

4* liMft«fgMéL QMy'tqo^ M soit, oitast ntèimé dsi» le pays^ l'«i'i60&i e'm a-diie'tpn» tunto $m d^abseace, i'appris, qta le P. Geafftoj ne pMnail-pNÉ siiiwrnon^ la cardiaal de U Valeite, la reliqee fat <Me eriire les aiam» dorP. di Billy qn prit sa plaee^ el puis délinrée a» P. Jeaa Matet, sih péri&tr de iiaalie maisafl de Saial-Nieolas, qui ne manqoa paa de la présenter aux R.R. Pères Benedietâns> lesquels ne Yonlurent pas la reeeadfir d*abord, disans qu'ils auoient conserué laTraye Relique, et que ceUe li estoit supposée, n y eut grand bruit sur ee sujet, car après avoir refusé cette Relique, ils s'avisèrent de la demander, et de crier que les Jésuites retenoient iniustement leur relique. Enfin ils la receiirent, en dounant un Récépissé dans la forme la plus douée que l'on peut inventer.

Sur cette histoire qui est imprimée bien au long, je n'ay que dire. Que si ces R.R. Pères auoient la relique, que ne la montroîent ils en présence de bon témoins, pour leur faire voir qu'ils n'auoient pas conservé le Bras d'or, ou d'argent doré [que i'y ay vu après les guerres] sans la relique, qui rendait ce Reliquaire plus prétieux ? Si aussy ils n'auoient pas cette Relique, que ne la receuoient ils d'abord, qu'elle leur fut représentée, sans faire tant de bruit et de pMinfist Que peuuent ils respondre i ce dilemme ? Pour moy, i'auoue, que ie n'en scay rien, ne ponuant pas pénétrer leurs sentimens. Mais ie m'estonue seulement, qu'après auoir tant dit, que leur Relique n'auoit pas esté perdue, néanmoins après que celle, qui auoit esté trounée par un soldat dans le butin des Hongrois, leur fat rendue, le R. P. Dom Prieur de Saint-NicalaB s'eseria en présence de quelques témoins: Me voila gioriewB, de ce que la Relique de saint Nicolas a esté recouurie de mon temps l

Les trois Documents qui précèdent nous ont été communiqués par M. Pabbé Blarchal, chanoine honoraire de Nancy, ainsi que les détails donnés page 381, sur la visite faite à la Chartreuse de Bosserville par Dora Mabillon et Dom Ruinart.

PagvSSI.

Voir les détails concernant la fèndalîMi et la construction de la Chartreuse de Bosaenrille dans les archive» du département de la Bfeurllie, — papiers provenant des Maisans ReligieuMS: — Les papiers concereant la Chartreuse

de Bossenrille et en provenint forment B6 liasses. Six jonraaax de recette et de dépense fort cnrieux (171S-1790) ; un registre contenant des pièces imprimées, qoi sont : privilèges accordés par les rois de France à FOrdre des Chartreux ; arrêts de différents tribunaux portant maintien de ces privilèges ; pieds-4erriers des biens de la Chartreuse i Riehardménil, Ladres, Clayeures, Laxou, Méréville, Maizières-les-Vic , etc.

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