‹ L'Ordre des Chartreux et la Chartreuse de BosservilleChapitre 55 sur 57 · LE CARÊME ET LA MÉDECINE · texte numérisé non relu

LE CARÊME ET LA MÉDECINE

Le j^âne est Mn-<eaieDent une loi de TEgliM, nais c'est t»e«re «a seil de la nédecine. Yo«s souries, toos qui ne saves pas »edérer y>fpte aveugle de veire estemae ; votre sourire ne fait que prouver votre i| et je «ois prêt i vous le démontrer. Oui, le jeûne et fabstiaeuee à Vi du cerême sont utiles à la santé ; ce n*est pas moi qai vous le dis» ce ne pas quelques médecins bigots, comme vous les appelés» c'est la uédeciMiMi entière, le ne puis pas vous faire de nombreuses et longues citatiens» mm «• voici U8U pour tous convaincre» s'il vous reste un graio de raison :

e Q est impossible de nier, a dit le docteur Rostan, que la privalioa de n noorriture ne puisse devenir infiniment utile : elle (avorise raûmalîM 4aa If fluides, doone à l'organe digestif plue d'énergie, et à tous nos n toutes uos fonctions, plus d'aisance, plus d'activité (J^y, »

(I) Mê. é$ la BihUolhéfHe d» ta ChmrtrtUêê Hp Boêstnith. (1) Cwrt élhutntair* é^l^ièm^ pirtio il», ch. t.

APPBNDIGU. S^

L« doctMur PUnqvi, après aTotr indiqué les effets que produit Thcver Mir DOS oigiUMS^ ^ttte : u II est aisé de couclore que si fers ea temps-là ou ue ff se ratrandie pas nue partie des aliments que Ton prenait dans les autres *f saisons» l'on surcharge toute la masse du sang. Ainsi, l'économie du corps n se dérangera» l'estomac digérera mal.... et si les approches du printemps n trouvent de telles dispositions dans le sang, elles y seront nécessairemeiM iT des maladies (1). n

Le Dictionnaire deê êciences médicales dit : u Le jeûne rend le corps If plus perméable, ouTre les conduits obstrués, facilite la marche des sécrén tions et des excrétions, dissipe ou cuit, pour ainsi parler, les matières visn qoeoses et suburrales qui engorgent les premières voies. Par la soustrac- «I tioo des nourritures, la pléthore diminuée laisse un cours plus libre au it sang... U est manifeste que le mouvement vital modéré et réglé par l'abstin nenee doit beaucoup ralentir le cours des années (c'est-à-dire allonger la If vie). L'on ne doit point être surpris de l'extrême longévité des anachoif rètes (2). n

Tourtelle, célèbre hygiéniste, ajoute : u Au printemps il convient, pour ti maintenir un juste équilibre d'action dans le système organique et prévenir V les maladies dépendantes de l'excès du sang, de diminuer la nourriture aniw maie, d'user de végétaux (3). n

On croit généralement que le jeûne, lorsque l'on est dans la force de l'âge, prépare des infirmités pour la vieillesse ; eh bien ! c'est tout le contraire, j'en prends à témoin le docteur Broussais, qui, certes, n'était pas l'ami de l'Eglise : H Quelques individus, dit-il, résistent aux effets de l'alimentation la n plus substantielle pendant leur jeunesse, il en est même qui parcourent n presque toute la virilité sans, en souffrir, mais c'est à l'âge de retour, aux « environs de cinquante ans que les attendent les infirmités (i). ff

Qu'en dites-vous, esclaves de la matière, adorateurs de l'estomac ? Les apôtres et les premiers chrétiens étaient des imbéciles, des ignorants, des fanatiques, n'estrce pas?... Cependant, ils n'avaient pour s'instruire ni des dictionnaires de médecine, ni des gaiettes de santé, ni des cours publics d'hygiène, et cependant, même sur cet article, ils en savaient autant que V09 docteurs de faculté qui, après dix-huit siècles d'expérience et d'étude, se voient forcés par la vérité d'approuver leurs ordonnances. Aux témoignages déjà cîtés^ Je ii*ajouteraî que celui d'un médecin du dernier siècle, qui fi*était pas dévot : tt n est important, aux- approches du printeihps» dii-il, de dimi- •f nuerfa quantité et ta qualité de la nourriture que l'on avait accoutumé de

(1) Sikliêthèqui tkMÙ ée médenn», t. I, p SS. (S) Arl./«4M.

(S) EliÊumu fkg^iinê, leet. III, ck. 9. (%) TrmUi de pkfêiêlofû, t. Il, eb. a.

n prendre. Et parce qae les soulphres de la viande soni plus dors que ee«x «I da poisson et des légumes, l'on n'a rien à craindre de ces derniers. Ao tf contraire, l'on a beanconp à en espérer, et j'ose dire que si le câe&iie n m'était pas d'institution de religion, il devrait être d*instin TUTioN DE MÉDECINE (1). H C'était du vivant de Voltaire que la médecine faisait cet aveu.

Après avoir cité en faveur du carême le témoignage de la médecine, citons celui de l'expérience. L'auteur anonyme d'une brochure imprimée à Genève dans le siècle dernier, a fait un calcul curieux. Il a pris dans la Vie det Saints, par Baillet, 182 solitaires, moines ou évéques, dont la durée de la >ie était connue: u Je les ai pris, dit-il, comme ils se sont présentés, dans n tous les temps et sous toutes sortes de climats ; ils m'ont produit onze mille I» cinq cent quatre-vingt-neuf années de vie. C'est, par conséquent, soixanten seize ans et un peu plus de trois mois de vie moyenne qu'on peut se pron mettre avec un régime qui parait si dur à la nature, avec du pain, des n /mits, des herbes, des racines pour toute nourriture, rarement du lait, des n œufs, encore plus rarement du poisson, de la viande jamcàs ; avec un rén gime par conséquent plus étroit que celui du paysan le plus pauvre, avec un n seul repas par jour, travaillant néanmoins et dormant pen.

n J'ai pris de même, ditril encore, cent cinquante-deux académiciens, dont n moitié de l'Académie des Sciences et moitié de celle des Belles-Lettres, n ik ne m'ont donné que dix mille cinq cent onze années de vie, c'estr-è-dtre n mille soixante-dix-hnit ans de moius et, par conséquent, pour chacun, n soixante-neuf ans et un peu plus de deux mois de vie moyenne. L'ancienne iT austérité monastique, loin d'abréger Ia>ie, la prolongeait donc d'un peu n plus de sept ans. Que de travail de plus pour nos deux Académies si, au n lieu de soixante— neuf ans, chacun de ces cent cinquante-deux hommes eu n eût vécu soixante-seize t n

Je ne suivrai pas l'auteur de cet opuscule dans tous les détails de statistique, j'observerai seulement, pour prouver son impartialité, au moins à Pégard des Saints, qu'il a admis dans sa liste saint Antoine de Padoue, qui n'a vécu que trente-six ans, saint Charles Borromée et saint François Xavier qui n'ont vécu, l'un et l'autre, que quarante-six ans, tandis que parmi les académiciens, il a cité M. de Fontenellc, qui a vécu cent ans. A sa naissance, il était si /aibto qu'on crut qu'il allait mourir. Son tempérament délicat lui fit prendre l'habitude d'une vie sobre et réglée, comme celle des anciens solitaires. Parmi les académiciens, il se trouve seul avoir véeu un siècle, tandis que parmi les Saints que cite l'auteur, deux sont arrivés à cet âge et sept l'ont dépassé. Ainsi, t7 est incontestable que les personnes qmi ont TAa-

(I) BAUlièfne cAouie de médecine, t I.

bilude d*oh$erver les lois de l'Eglise wr le jeûne et l'abstinence, ont plus de chance de longévité que ceux qui les méprisent, La médecine el l'expérience sont d'accord, et j'aurais pu en apporter bien d'antres prefres. (L'abbé OrsCy dans VAnge gardien, lecture des familles, toI. Y, p. i09, Paris, i8»9.)

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