‹ L'Ordre des Chartreux et la Chartreuse de BosservilleChapitre 56 sur 57 · PAR LE COMTE DE MARCELLUS · texte numérisé non relu

PAR LE COMTE DE MARCELLUS

Voos dont le vain orgueil condaauie Ces asiles saints et secrets Où fnyant nn monde profane L'âme cherche et trouve la paix.

Changez donc l'homme et sa natore.

Combles ses souhaits sans mesure, Goérissez les maux de son cœor.

Fixes sa fatale inconstance, Assoupissez sa soif immense, Rassasiez-le de bonheur.

Mais dans la coupe enohanteresse On TOUS lui versez le plaisir Il boit le fiel de la tristesse Avec les eaux dn repentir.

Les flots des voluptés coupables De ses désirs insatiables Ne sauraient éteindre les feux.

L'inflexible remords raccusc,

5Sé

APPBNDICBS.

Si les sens disent qu*ii s'amose Le coear dit qu'il n^est pas heoreux.

Pourquoi donc lui fermer l*asile Qu*implore don espoir déçu?

Asile svLTf abri tranquille, Sanctuaire de la Tertu ? Li, brisant des nœuds qu'il méprise»

Au monde qui le tyrannise U dit un éternel adieu :

Et libre du joug qu'il détestç.

Il prélude an bonbeur céleste En cbantant, en aimant son Dieu.

Voyez ces humbles solitaires Au pied de ces monts orgueilleux, Ils sayent dans des lois austères TrouTcr le secret d'être heureux.

Pure et sainte comme leur âme, Leur voix que la prière enflamme S'élève en concert soIenaeJ :

Et récho des profonds abîmes, En répétant leurs chants sublimes.

Apprend à louer l'Eternel ;

Ailes dans ces belles yallées Dont le Vésuve est le tyran.

Qui trop souvent sont désolées Par les caprices 4n vokan.

Contemplai «es pieux ermites, Ces saints, ces savants cénobites.

Dont Benoit régla les loisirs, Et dont les bymmes de louanges Au séjour qn'habiteat^les anges Montent sur l'aile des séphirs.

Leur travail utile et sans gloire Sauve des écrits précieux Et les monuments de l'histoire Des coups du temps injurieux.

Ainsi l'antiquité savante Reçoit le jour et sort brillante De leurs laborieuses mains ; Et le flambeau de la science,

Perfaat la noit de l*igno renée, Belaire encore les bamaios.

Âax champs que l'Orne fertilise Voyei les en/ants de Rancé :

Lenr fenrear console l'Eglise Des erreurs d'un monde insensé.

Tandis qae la baine et la guerre Portent an res(e de la terre Tous les forfaits, tous les malbeors.

Ici règne une paix durable.

Une concorde inaltérable, Le désert se couvre de fleurs.

Li, du monde et de ses orages, Viennent expirer les Tains bruits.

La fortune n'a plus d'outrages :

Ses pièges sont épanouis.

Dans une douce solitude.

Entre la prière et l'étude.

On atteint le port désiré :

Telle une onde tranquille ci pore S'échappe, fuit, et coule obscure An fond d'un vallon ignoré.

Prophète, annonce ma justice, Tonne, éclate, dit le Seigneur; Trouble la fausse paix du vice ; Eveille, étonne le pécheur.

Ma grâce en vain le sollicite ; Il fuit, il m'outrage, il m'irrite, Et blasphémant ma sainte loi.

Jouet de ses désirs frivoles, Prodigue & d'impures idoles L'amour qu'il ne devait qu'à moi.

Mais il a beau sourire au crime ; Ma main, prompt à le secourir, Saura l'arracher h l'abîme.

Et le frapper pour le guérir.

D'un saint remords, heureuse proie En pleura il va changer sa joie.

Tendra et sévère tour-i-tour, À la fois son juge et son père,

5iN) APPENDICES.

Pour lui les trtiu de ma colère Seront des traits de mon amoiir.

A de salutaires miracles D recoanaîtra mes bienfaits.

J'opposerai d'heureux obstacles^ A ses pernicieux projets.

Bientôt le feu qui le consume Va s'éleiudre dans Pamertume Que je mêle à ses voluptés, Et pour assurer ma conquête, J'appesantirai sur sa tête Le joug de ses iniquités.

Dégoûté d'un monde perfide Dont l'amour le flatte et le perd, La main d'un Dieu sera son guide, Et ra le conduire an désert.

Là, de mes pas suivant la trace.

Il vivra libre, et de ma grâce n sentira l'attrait vainqueur :

Là je saurai lui faire entendre Le langage puissant et tendre De son Dieu parlant i son cœur.

Ainsi donc, heureux solitaires, Dieu vous aime ; il soutient vos pas.

Vous médites ses saints mystères^ Vos joura s'écoulent dans us bras.

Les peuples sur les peuples roulent.

Les trdnes s'ébranlent, s'écroulent :

Jamais rien ne change à vos yeux.

Tel, caché sous l'épais feuillage, L'oiseau laisse passer l'orage Dans un abri délicieux.

Au saint joug de la pénitence Vous devex la sobriété.

Sœur de la sévère abstinence.

Mère heureuse de la santé.

A votre paisible jeunesse Succède une douce vieillesse Qui prolonge et double vos joura.

On dirait que la mort ravie

Respecte uoe si belle vie, Kl n'ose en tennioer le cours.

Le bms d'an Diea ?engear accable Et les cités et les hameaux ; Ponr TOUS seuls ce bras secourable Eloigne de vous tous nos maux.

La contagion dévorante Répand en tous lieux l'épouvante, Le deuil et l'horreur qui la suit.

Ici, n'osant franchir l'entrée.

An seuil de la maison sacrée Le fléau s'arrête et s'enfuit.

Ah ! déjà voisin de la tombe, Que ne puis-je, embrasé d'amour.

Sur les ailes de la colombe Voler dans cet heureux séjour !

Et, fuyant le peuple et les villes, Où nos dissensions civiles Sèment la honte et les forfaits.

Oublier la nature entière.

Et, simple enfant de la prière, M'enivrer d'un fleuve de paix.

De cette retraite profonde Imitant la douce rigueur.

Heureux celui qui dans le monde Vit solitaire dans son cœor, Et dont l'âme innocente et sainte Se présentant libre et sans crainte An passage tant redouté.

Voit déjà son Dieu qui s'apprête A faire luire sur sa tête Les rayons de rétemité.

AfPBNDlCBS.

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VITiE SOLITARIiE LAUS.

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