‹ L'Orégon [microforme]Chapitre 6 sur 9 · J2 OREGON · texte numérisé non relu

J2 OREGON

pour qu'on puisse s'étonner que les méthodistes, sous une äppirence de prosélytisme religieux, n'aient été amenés dans l'Orégon que par des affaires commerciales ou agricoles. L'un était tailleur aux États-Unis, un second médecin, un troisième charpentier; ils ue réussissaient pas dans leur profession, et n'ont pris le titre de méthodistes que pour recevoir l'indemnité qui leur est allouée par le comité de Boston, composé de négociants et d'armateurs, ef dont, ainsi que les anabaptistes, ils n'étaient pour ainsi dire que les commis marchands.

C'est sur la rive gauche du Ouallamet que sont concentrés les colons américains. Presque tous appartiennent à la classe hardie des backsettlers des comtés de l'ouest des États-Unis. Ils sont arrivés dans le Rio-Colombia par terre, n'ayant pour tous biens que leurs carabines; sans famille, ils s'en sont fait une en épousant des femmes indiennes. Quelques-uns sont venus cependant des États-Unis avec des wagons, et l'on s'attend à voir bientôt ce flot de la population émigrante se porter au delà des Montagnes-Rocheuses, bien que jusqu'à nos jours ce mouvement se soit opéré de préférence vers les anciennes provinces espagnoles du Nouveau- Mexique et de la Californie.

Le cabinet de Washington attache plus que jamais à l'Orégon un prix parfaitement justifié par son importance, et l'on ne doit pas oublier que le bill de M. Linn, tendant à l'occupation immédiale et au partage des terres entre les colons américains , n'a été rejeté en 1843 par le sénat qu'à la majorité de deux voix. Le dernier message de l'acien président Tyler et celui plus récent du président Polk confirment cette prétention persévérante. En réclamant la possession absolue de l'Orégon, depuis la Californie jusqu'à l'Amérique russe, à l'exclusion des Anglais, M. Atkinson, membre du sénat, à été jusqu'à demander qu'on s'y établit sans retard en y eréant un gouvernement territorial , et le Président luimème à recommandé l'organisation de postes militaires ; mais, si de telles mesures s'accomplissaient, nul doute qu'elles ne fissent rompre les négociations, puisqu'elles seraient une violation mani-

feste de la neutralité du territoire.

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Le message adressé au congrès le 2 décembre 1845 exprime clairement l'opinion de M, Polk.

« Les demandes extraordinaire: et absolument inadmissibles du

gouvernement britannique, et le rejet d'une proposition qui n'a-

vait pourtant été soumise par mon administration que par dé-

lérence pour ce qui avait élé fait par mes prédécesseurs et par

la nécessité où je me suis trouvé de ne pa’ lésavouer leurs actes, » prouvent d'une manière évidente qu'il n'est pas possible d’es- > pérer une transaction acceptable par les États-Unis.

» Dans cette conviction, j'ai dû retirer la proposition de transac-

lion que j'avais faite et qui avait été rejetée, et j'ai établi par des faits et des arguments irréfragables le titre des États-Unis 4 » da possession du territoire de l'Orégon tout entier. »

Le Président espère, dit-il, que le monde civilisé reconnaitra que le gouvernement de l'Uñion a agi dans un esprit de larges concessions, el que personne ne fera peser sur lui la responsabilité des événements qui pourraient arriver dans le cas où la question ne s'arrangerait pas à l'amiable. Il demande à être autorisé à adopter, lant que la convention de 1827 sera en vigueur, loutes les mesures nécessaires à la protection des citoyens américains établis dans le territoire en litige, ne faisant en cela qu'imiter la conduite du gouvernement anglais, qui a étendu sur ses sujets habitant les rives de la Colombie la juridiction des cours du Canada. D'après la convention, c'est seulement une annce après la dénonciation de l'une des parties contractantes que l'occupation commune devra cesser, et le message expose que l'avis du Président est qu'ilest convenable de dénoncer cette convention, et il demande qu'un acte de la législature lui permette de le faire et de mettre aivsi un ferme à l'arrangement provisoire du 20 octobre 1818, confirmé pour dix ans le 6 août 1827 et expiré en 1838 sans avoir été renouvelé.

Nous allons essayer de déterminer maintenant, par l'examen des traitts, quelle est celle des deux nations rivales dont les droits à la domination de cette contrée sont le plus solidement et le plus

équitablement établis.

Chacune d'elles les appuie : 1° sur la priorité des découvertes de leurs nationaux; 2 sur les achats de terrains faits aux natu- ! rels; 3° sur leurs traités respectifs avec la France et l'Espagne.

Aucune valeur ne saurait étre accordée au premier de ces considérants: car, à pen d'exceptions près, tous les points de la côte nord de l'Amérique que ies Anglais et les Américains prétendent réciproquement avoir découverts avaient été explorés long-temps avant eux par les Espagnols. C'est ainsi que les géographes anglais ne craignirent point d'attribuer à Drake la découverte de la Nouvelle-Californie, appelée par eux Nouvelle-Albion, bien que les documents historiques prouvent par un simple rapport de dates que le pirate anglais n'arriva sur la côte qu'en 1579, tandis que Cabrillo et Ferrelo l'avaient parcourue en 1542 et 1543. Sir Francis Drake n'était point d'ailleurs un de ces hommes de haut courage qui se dévouent, dans une pensée de science oa d'utilité, à des entreprises périlleuses, mais un avide aventurier désireux d'arracher aux Espagnols des richesses qu'il convoitait.

Les Anglais et les Américains s'autorisent aussi des découvertes

press

faites par des capitaines de leur marine marchande qui trafiquaient à la côte nord-ouest à la fin du sivele dernier; mais leur est-il permis d'ignorer qu'on vit dans ses parages à la même époaue, indépendamment de nombreux bâtiments espagnols, des Portugais, des Russes, un Autrichien même et deux bâtiments francais,

le Solide, capitaine Marchand, et la Flavie, capitaine Magon ?

C'est alors aussi, en 1786, que l'illustre La Peyrouse découvrit le

port des Francais.

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Ur

Quant aux terrains cédés par les indigènes, et dont les deux

parties s'efforcent &e tirer un argument favorable à leur ambition,

MTL

c'est une considération sans portée; car tout chef indien vendra

dix fois son territoire à des capitaines européens pour quelques

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