‹ L'Orégon [microforme]Chapitre 8 sur 9 · OREGON · texte numérisé non relu

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lières, des territoires situés à l'ouest des Montagnes-Rocheuses. Le dernier seulement stipule que les possessions de la Compagnie Hudson ne seraient pas accessibles aux citoyens des Etats-Unis, Or, si les limites entre la Nouvelle-France et cette Compagnie n'ont pas été nettement déterminées, même après le traité d'Utrecht, en 1713, et celui de la cession du Canada, en 1763, il est incontestable que eu la Nouvelle-France, ou les territoires de la Compagnie d'Hudson s'étendaient jusqu'à la mer Pacilique, et que, si les Espagnols ont reconnu les premiers la côte nord-ouest d'Amérique, les Francais, les premiers, ont découvert l'intérieur du continent en allant de l'est à Fouest. Toutes les anciennes cartes, en effet, d'accord avec les auteurs les plus avérés, n'arrêtent qu'à la mer du Sud la limite des possessions francaises du Canada. L'Escarbot, qui écrivait en 1617, entre autres, dit ter :uellement : « Ainsi » nostre Nouvelle-France à pour limites du côté d'ouest les terres » jusqu'à la mer dicte Pacifique, en decà du tropique du Cancer ; » au midi, les isles de la mer Atlantique, du côté de Cube et de » l'isle hespagnole; au levant, la mer du Nord qui baigne la Nou- » velle-France, el au septentrion cette terre qui est dicte in- » connue, vers la mer glacée jusqu'au pôle arctique. »

Enfin, dans une carte gravée en 1757 et annexée aux mémoires des commissaires des rois de France et d'Angleterre en Amérique, on peut constater que la Nouvelle-France s'étendait jusqu'à la mer Pacifique, et l'on y trouve à la côte ouest de l'Amérique, sous le quarante-sixième degré de latitude, une grande rivitre tracée dans une direction exactement conforme à celle du Rio-Colombia. Celle particularité n'a rien d'ailleurs qui doive surprendre, puis qu'à partir de ITIL jusqu'en 1754 les capitaines-généraux de la Nouvelle-France dirigérent de nombreuses expéditions au couchant du Canada, et qu'après trente années d'incessantes explorations sous le gouvernement éclairé du marquis de Beauharnais, un officier, M. de La Vérendrye, acquit une connaissance parfaite du fleuve et de la mer de l'ouest, qui n'étaient autres que FOcéan- Pacifique et la Colombie.

Les négociations qui précédérent ou suivirent le traité de Gand

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ne conduisirent à aucune solution, et ce ne fut qu'en octobre 1818 qu'une convention détermina les fronticres entre les possessions britanniques et américaines, en les séparant par une ligne tracée depuis la partie la plus occidentale du Lac des Bois jusqu'au pied de: Montagnes-Rocheuses. Quant au territoire situé à l'ouest de ces montagnes et baigné par l'Océan Pacifique, il fut décidé, par une usurpation manifeste des droits acquis à l'Espagne, que la contrée serait d'un libre accès pendant dix ans aux vaisseaux ou sujets des deux nations ; on eut soin toutefois de stipuler que cette convention n'attaquait en rien les prétentions que chacune d'elles pouvail conserver à sa possession exclusive du territoire.

Les ouvertures faites antérieurement à l'Espagne furent renouvelées après la convention du 20 octobre 1818, et le 22 février de l'année suivante le plénipotentiaire espagnol Don Louis de Onis signa avec les États-Unis le traité dit des Florides, par lequel les

frontières furent portées au quarante-deuxième degré de latitude.

L'Angleterre n'est point nommée dans ce traité, par lequel l'Es-

agne résigne au profit des Etats-Unis tous ses droits sur les pos- G €

sessions du nord de la Californie.

La Russie s'interposa à son tour dans ce conflit en y jetant le

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poids de ses prétentions. Un ukase de l'empereur Alexandre, rendu le ;, septembre 1821, déclara toute la côte nord-ouest au delà

du cinquante et unième parallèle, ainsi que les iles adjacentes,

ropriété exclusive de cet empire, et défendit aux étrancers. à ’ t ,

moins de cas urgents el au risque de punitions sévères, de s'en approcher à plus de cent milles. Le chevalier de Polétika, qui communiqua cet ukase au cabinet de Washington, prétendit que la mer comprise entre les possessions russes des côtes de l'Asie et de l'Amérique et les iles adjacentes constituaient un mare clausum dont la souveraineté absolue apparieuait à son gouvernement.

Le cabinet de Washington n'admit poin! cele prétention, mais

il proposa, vers la fin de 1823, à ceux de Saint-5ames et de Saintpro]

mtifés:

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Pétersbourg de régler d'un commun accord leurs droits respectifs.

Cette offre ne fut point acceptée, et Pon vit, non sans surprise, à

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cette mème époque, le président Monroë, dans son message annuel au Congrès, déclarer que le continent américain, grâce à l'état d'indépendance qu'il avait su conquérir el conserver, ne pouvait être considéré désormais comme champ de colonisation pour aucune nation européenne. Ces grandes puissances accucillirent avec un sourire celle manifestation imprudente, et les citoyens de l'Union eux-mêmes pensérent qu'il eût été plus prudent de s'en abstenir.

Ces paroles appuyées d'actes ne laissérent plus douter de l'intention formelle du Congrès de Washington d'étendre sa domination sur la Colombie et d'en assurer la possess'on exclusive à ses nationaux. Sir Strafford Canning s'en émut : d'orageuses discussions eurent lieu; enfin, le 13 juillet 182%, les commissaires anglais proposérent pour ultimatum à M. Rush, l'envoyé américain à Londres, de prendre pour limite le quarante-neuvième parallèle jusqu'au Rio-Colombia, et de là jusqu'à la mer, le thalweg du fleuve , ouvert aux sujets des deux nations, qui pourraient librement y naviguer pendant dix ans, et conserver leurs établissements déjà fondés sur les deux rives. Mais les États-Unis n'adhérèrent point à cette combinaison, bien que la Grande-Bretagne renonçät ainsi à la magnilique portion de pays comprise entre le Rio-Colombia et la Nouvelle-Californie.

Sur ces entrefaites, un traité fut signé, le 7 avril de la même année, entre les cabinets de Saint-Pétersbourg et de Washington. Le premier s'engageait à ne point ériger de postes sur la côte nordouest de l'Amérique au sud de 5% degrés et 40 minutes, et l'Union à n'en point former au nord de cette ligne, Le commerce de la côle, la pêche et le trafic avec les naturels étaient réciproquement permis aux deux nations pour un laps de dix années. Conelu sans l'intervention de l'Angleterre, ce traité ne renfermait que des limites lort indécises, la délimitation ne s'appliquant pas à l'intérieur des terres, mais au rivage de la mer seulement.

n'en fut pas de même du traité passé le L© février 1825, entre les gouvernements anglais et russe. Lei la ligne de démarca-

lion est nettement tracée: la question agéographique se trouve en- ' 3

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