I.UTTIC CONTRE lÆS ERREMENTS
J’ai observé une ou deux fois, au cours de mes expériences de rotation sur les lapins dans robscurité, que lorsque les mouvements roulants ne survenaient pas au moment de l’arrêt, ils se produisaient^ dès qu'on approchait une lumière des yeux de ï animal.
Au point de vue de l’interprétation du vertige visuel dans le sens que j’ai indiqué plus haut, ce phénomène est encore plus significatif que la simple apparition du nystagmus de la tête et des yeux après l’enlèvement brusque du bonnet. 11 montre en effet clairement que le vertige cérébral (vertige de Purkinje) peut être également renforcé par Tadjonction du vertige visuel. Il résulte de ces expériences : 1® que chez les animaux, privés de la vue, les mouvements de la tête dits « compensateurs » ne se manifestent pas du tout, ou ne se manifestent que par une très faible déviation de la tête d’une direction indéterminée ; 2® que les mouvements forcés apparaissent avec assez de netteté, quoique sous une forme affaiblie, après l’arrêt d’une rotation rapide, tandis que le nystagmus des yeux ne se produit qu’à la suite de l’irruption brusque d’une lumière. Ces faits une fois établis, il n’}^ avait plus aucun intérêt particulier à entreprendre des expériences de rotation sur des animaux privés de ‘la vue et ayant subi la section des nerfs aeousliques. Le résultat n’était pas difficile à prévoir. Je n’en ai pas moins exécuté une paire de ces expériences de contrôle, dont je ne citerai qu’une seule, parce qu’il s’agit d’un cas où la section avait été très bien réussie.
Expérience du 30 juin 1896- — Lapin de grande taille déposé sur la machine tournante avant la section des acoustiques; il ne présentait, surtout pendant la rotation à droite, qu’une très faible déviation de la tête; le n^^stagmus de la tête était au contraii'e nettement prononcé. Violents mouvements roulants de gauche à droite et nystagmus oculaire intense, après l’arrêt brusque d’une rotation rapide dans le sens de l’aiguille d’une montre.
On sectionne l’acoustique gauche, et on voit apparaître aussitôt un nystagmus oculaire intense et les mouvements roulants connus d’une violence extraordinaire. Section de
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r;icousliqiic droit : le nyslagmus oculaire disparaît aussitôt pour faire place ô une déviation tétanique des globes oculaires. L’animaldébarrassé de ses liens exécute quelques mouvements roulants qui cessent aussitôt. Le lapin reste tranquillement sur le côté, dans l’attitude impuissante qu’on connaît, la tôte tournée à gauche. Déposé sur le disque après un quart d’heure de repos, il présente pendant la rotation lente ^ iin nyslagmus oculaire prononcé ; la tôte reste immobile dans l’attitude précédente. L’arrôt de la rotation rapide est suivi de mouvements roulants faibles, mais complets et d’un nystagmus oculaire très intense et persistant.
Les mômes expériences sont reproduites dans une pièce obscure, avec arrêt brusque seulement après rotation rapide. Sur six expériences de cette catégorie, on observe deux fois des mouvements roulants violents en apparence, mais de courte durée. Ces mouvonents roulants ont fait défaut dans quatre expériences mais survenaient, dès qu'on projetait de la lumière dans les yeux. On a pu constater un nystagmus oculaire intense dans toutes les six expériences.
Le lapin a été tué le lendemain ; l’autopsie révéla une section complète des deux acoustiques, avec hémorrhagie interne à droite.
J’ai observé, chez les deux lapins opérés, une légère exophthalmieà gauche (les acoustiques gauches ayant été sectionnés les ])rcmici‘s, dans ces deux cas), une insensibilité de la cornée du môme côté et une impossibilité de fermer les paupières. Chez le deuxième lapin que j’ai laissé en vie pendant vingtquatre heures, il se déclara en outre une suppuration de la cornée, comme après la section du trijumeau. L’animal passe la nuit dans une caisse remplie de paille, couché sur le côté gauche, la moitié gauche du visage fortement enfoncée dans la paille. L’examen microscopique ne me révéla pas la moindre lésion du facial. Je ne cite ce fait que parce que l’exophthalmie à part, Baginsky a déjà observé des phénomènes analogues et le fait mérite une recherche plus approfondie.
Essayons maintenant d’interpréter les mouvements de la tôte qui seproduisent chez les animaux au cours de la rotation.