I.UTTIÎ CÜIVTUE LES ERUEJIENTS
Le lecteur attentif aura déjà tiré lui-même la conclusion qui s'impose. 11 s’agit aussi bien clans les déviations de la tête que dans le nystagmus de la tête et des yeux, de phénomènes exclusivement visuels. En ce qui concerne tout d’abord la déviation de la tête qui atteint, même dans les rotations les plus lentes, un angle de 10° à 20°; l’inspection pure et simple de l’animal suffit à en donner l’explication exacte : les animaux on! les yeux fixés sur l'image rétinienne qu’ils cherchent à maintenir. Qu’on fasse seulement abstraction d’analogies éloignées avec les expériences de rotation -sur l’homme. Ce dernier se rend compte de la rotation qui se produit; il no songe pas à s’3' opposer et sa tête suit les mouvements de son corps aussi parfaitement que chez les animaux dans les rotations qu’ils accomplissent volontairement . Au début de la rotation l’animal n’éprouve que le déplacement de l’image rétinienne, et il cherche précisément à résister à ce déplacement en s’attachant avec ses yeux à ce qu’il voit. Lorsque la rotation se fait sans ce déplacement de la rétine, — comme dans l’expérience décrite plus haut exécutée surla grenouille fixée sur le dos, — la déviation de la tète fait défaut, de même que chez les animaux ayant les yeux bandés. La déviation tout à fait insignifiante qu’on observe encore de temps à autre chez les pigeons privés de la vue est due à l’inertie. La tête facilement mobile retarde un peu sur les mouvements du corps.
Le maintien de l’image rétinienne s’observe également chez 1 homme dont les globes oculaires retardent un peu sur les mouvements de la tête, grâce à l’indépendance de son appareil musculaire et à sa gi-ande mobilité dans l’orbite. Les mouvements oculaires, dits compensateurs apparaissent chez l’homme, non seulement parce qu’il cherche à maintenir l’image rétinienne, mais aussi parce que l’innervation des muscles de l’œil se fait indépendamment de celle de la musculature du corps ; c’est pourquoi on observe, alors même que les yeux sont fermés, un retard sensible du globe oculaire lors du mouvement de la tête.
Des pigeons et des lapins qui ont été fréquemment exposés à la rotation, qui sont par conséquent habitués au déplacement