Dieu et Science. Ch. iii
PRIîFACE
Ce dernier a dû, comme je l’ai montré d’ailleurs, abandonner sa théorie des sensations d’innervation et de sensations musculaires, à l’aide de laquelle il espérait pouvoir concilier sa conception de l’espace avec celle de Kant.
Helmholtz s’était également laissé entraîner par Kant à adopter l’étrange conception de nos sensations et perceptions, comme provenant àc signes ou de syinholes, et nullement des images réelles des objets extérieurs.
J’ai démontré dans le paragraphe 11 du Ghap. iii de Dieu et Science la parfaite impossibilité d’une pareille origine de nos perceptions. Les savants éditeurs de la troisième édition de la Physiologische Optik de Helmholtz, ont dû reconnaître la nécessité d’y supprimer cette théorie, comme n’étant plus défendable. Pour un naturaliste, reconnaître les sensations comme étant de simples signes des objets extérieurs équivaut, en effet, à la négation de la réalité des objets qui nous entourent.
Sir Oliver Lodge désigne comme simplement grotesque cette idée kantienne, qui veut réduire la réalité à de simples sensations; « les divinités, — ajoute-t-il, si elles ont le sentiment de Vliumour, doivent rire en voyant leur créature, l’homme, se méfier justement des outils, qui lui rendent possible d’être ce qu’il est ».
L’accord harmonieux entre ma théorie des sens de l’espace et du temps avec les conceptions de naturalistes illustres et des plus grands philosophes de l’humanité, permet d’attendre patiemment la chute définitive d’une connaissance, basée uniquement sur la Critique de la Raison pure.
La fécondité des découvertes scientifiques et des théories philosophiques, qui en découlent, est souvent pour le savant créateur une précieuse pierre de touche de leur valeur réelle. « Si la science parvenait jamais à fournir une réponse positive à la question de l’origine des sensations du temps, elle nous conduira à la connaissance de la nature et de l’essence de l’âme », déclarait Vierordt. Au cours de longues années, con-