I. OItICIl.I.E
à trois dimensions nous est fourni par l’excilalion des fibres uerv^cuses, auxquelles nous devons les sensations de direction. D’un autre côté, la théorie empiriste a raison en attril)uant aux sensations do direction des canaux semi-circulaires nos représentations sur la forme des objets extérieurs et sur leur disposition dans l’espace. L’espace idéal à trois dimensions, dont le concept se forme à l’aide des sensations que nous recevons des trois canaux semi-circulaires, sert naturellement aussi bien à la détermination de la disposition des objets dans le monde extérieur, à l’aide de notre sens de toucher.
• § 4. — Ma théorie du vertige visuel (1878).
Les nombreuses recherches expérimentales sur le vertige rotatoire qui ont été communiquées dans le chapitre précédent montrent de la façon la plus évidente que la tentavive de Mach, Breuer et autres d’envisager ce vertige comme une fonction des canaux semi-circulaii’es excités par le mouvement de l’endolymphe au coui-s des rotations de la tôle, a complètement échoué. Les conclusions de Purkinje sur l’origine du vertige rotatoire se sont montrées comme ayant une portée valable encore fi présent.
Ainsi que je l’avais déjeà soupçonné dans ma première communication de l’année LS73, certains troubles moteurs qui se manifestent pendant les déplacements de la tète, dépendent en première ligne du vertige visuel. D’un autre coté, l’action régulière que l’excitation des canaux semi-cii'culaires exerce sur l’appareil oculo-moleur et qui se manifeste par ce fait que toute excitation d’un canal semi-circulaire provoque des contractions rythmiques ou tétaniques des globes oculaires, — et cela dans le plan du canal excité, — cette action, disons-nous, a montré que le système des canaux semi-circulaires doit jouer un grand rôle dans la production du vertige visuel. Quelle est la nature de ces rapports, ou, en d’autres termes, quelle est la relation qui existe entre l’organe du sens de l’espace et les sensations visuelles ? La connaissance d’un organe destiné à la perception des trois directions de l’espace modifie entièrement la théorie de la vision bino-
LA TIIÉOIUE DU SUNS DE l’eSPACE 91
CLilaipc, ainsi que celle de la localisation de nos impressions visuelles. Mais il m’a paru indiqué tout d’abord de trouver une réponse précise à la question qui vient d’être posée. Je reproduii'ai ici les premières observations qui m’ont permis, dès l’année 1878, de me faire une idée exacte de ces rapports.
Lorsque, après quelques mouvements de rotation autour de l’axe longitudinal de notre corps, comme par exempte en valsant, nous nous arrêtons subitement, nous éprouoons une sensation de vertige dans lequel tout l'espace nous parait tourner dans un autre espace imaginaire et en sens opposé à la direction du mouvement de notre corps. Toute personne qui voudra analyser le caractère de sa sensation de vertige dans les conditions indiquées reconnaîtra facilement la parfaite exactitude de cette définition. La raison de ce fait est facile à donner. Quelle que soit la nature des troubles provoqués par la rotation de notre corps, il est évident qu’une fois bouleversés, les rapports normaux entre les impressions reçues par l’appareil visuel et les notions fournies par les canaux semi-circulaires, il se produira une impossibilité passagère de mettre d’accord l’espace vu avec l’espace idéal, constamment présent à notre esprit.
L’observation suivante permet d’illustrer sur un exemple concret la manière de voir qui vient d’ôtre formulée. Lorsqu’on exécute quelques mouvements passifs ou actifs autour de l’axe vertical de son corps et qu’on prQduit en même temps un phosphène, on constate que celui-ci prend part à la rotation, quand même on maintiendrait l’œil dans l’impossibilité d’exécuter un mouvement. Dans cette expérience, l’œil étant resté immobile, le mouvement apparent du phosphène doit avoir une autre origine qu’un déplacement de la rétine.
En répétant souvent les expériences se rapportant à cette question, j’ai constaté avant tout que le mouvement des globes oculaires se produit seulement, quand la rotation du corps est lente, et cela uniquement au début de cette rotation. Si la rotation du corps est plus rapide et exécutée plusieurs fois de suite, je peux me convaincre, en appuyant le doigt sur l’œil, que les globes oculaires restent immobiles. Si, dans ces circonstances, je produis chez moi un phosphène,