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je le vois toujours se mouvoir avec moi aussi longtemps que je suisen mouvement moi-môme ; quanti je m’arrête brusquement, le phosphène continue un instant le môme mouvemeni, puis exécute un déplacement en sens inverse, avant de devenir immobile et de disparaître. Contrairement à l’opinion de plusieurs auteurs qui affirment que le vertige visuel s’affaiblit, sinon disparaît complètement, quand on fixe subitement un objet quelconque, par exemple le doigt placé à une petite distance de l’œil, j’ai toujours observé le phénomène inverse. Chez moi, tous les symptômes du vertige augmentent du fait d’une pareille fixation.
Je citerai encore deux exemples de vertige, dans lesquels les mouvements des muscles du globe oculaire servent tantôt à en diminuer, tantôt à en augmenter l’effet. C’est un fait connu que le vertige produit par l’intoxication alcoolique augmente, quand on ferme les yeux et qu’au contraire, l’occlusion des paupières diminue le vertige qui accompagne le mal de mer. Dans les deux cas, on éprouve la sensation de rotation du cerveau, ainsi que la sensation du mouvement des objets qui paraissent tourner autour de nous. L’effet contraire, produit par l’occlusion des yeux, s’explique de la manière suivante : l’homme ivre, aussi longtemps qu’il a les yeux ouverts, peut lutter contre son vertige, en fixant autour de lui des objets qui, en réalité, sont immobiles.
Chez une personne atteinte du mal de mer, les yeux ouverts n’ont devant eux que des objets mobiles changeant continuellement de position : les sensations d’innervation musculaire ajouteront donc au trouble de ses perceptions, parce qu’elle n’a aucun mo^œn de déterminer la direction de la verticale. Dans le mal de mer, le vertige est donc produit par deux causes : par le mouvement continuel des objets dans le champ visuel et par les déplacements que subit le cerveau du malade, et avec lui les centres des nerfs ainpiillaires .
Supposons qu’un homme disposé au vertige se trouve sur un navire dans une position telle que les mouvements de celui-ci ne l’atteignent pas ; il n’en serait pas moins pris de vertige, en regardant autour de lui les objets qui se trouvent dans un mouvemeni continuel, de môme que nous éprouvons