‹ L'oreilleChapitre 32 sur 107 · L SS · texte numérisé non relu

L SS

Fip. 7.

Môme |)ei’sonne M. — Condilions de l'expérience, les mômes que dans la figure ü : la tôle inclinée à gauche ; les déviations de l’angle droit variaient de 2" à 5».

de déviation dos directions tracées dans la position inclinée de la tête varie chez une seule et même personne dans des limites assez étendues, en tout cas plus étendues que les grandeurs àcùév'xoXion des angles de croisement par rapport à 90°.

Chez les personnes non prévenues qui, précisément parce qu’elles ne se rendent pas compte de la nature et du but des expériences, sont les plus intéressantes à observer, ces dernières déviations restaient à peu près sans modification, alors même que les expériences étaient renouvelées après une pause prolongée. Par contre, les déviations des lignes par rapport aux directions normales étaient assez variées et semblaient dépendre dans une certaine mesure du degré d’inclinaison delà tête. En revanche, les grandeurs d’angles, c’est-à-dire,

1. Les rapports entre les erreurs de direction et les rotations des plans des canaux semi-circulaires verticaux et horizontaux seront discutés plus bas paragraphe 13.

EnUEUnS DANS EA PEnCEPTION DES DIPECTIONS

les rapports entre les différentes directions, qui dépendent principalement des particularités anatomiques de l’appareil descanaux semi-circulaires, sontsujettes à des variations beaucoup moins étendues. C’est sur ces particularités que repose "entre autres la preuve de notre tendance à conserver toujours la lig-ne droite. Lorsque, par exemple, la direction verticale dévie fortement de la normale, nous corinr/eons l'erreur commise, sans avoir connaissance du degré de la déviation, en imprhnant également à la ligne horizontale une déviation plus forte, en rapport avec la première. Cette correction se fait donc d’une façon tout à f(dt inconsciente, et il en résulte que les angles de croisement subissent une modification insignifiante. C’est ainsi par exemple que chez moi les déviations des angles par rapport à 90“ varient entre 1“ et4“, lorsque j’ai la tête inclinée à gauche, entre 1,S“ et 5“, lorsque ma tête est inclinée à droite.

La simple inspection des figures montre en même temps que les déviations des directions peuvent être beaucoup plus considérables. C’est ainsi par exemple que, lors de la rotation de la tête à gauche, la verticale de la figure 2 dévie davantage de la normale que celle de la figure 3. Mais, dans les deux cas, les angles ne dévient, par rapport à 90“, que de 1“, et cela parce que l’horizontale de la figure 2 présente une déviation plus considérable. On observe le même fait dans l’inclinaison de la tête à droite, lorsqu’on confronte les lignes des figures 1 et 2. Chez M. les grandeurs des angles oscillent, dans leurs déviations par rapport à l’angle droit, entre 2“ et S“ pour la rotation à gauche, entre 1“ et 4“ pour la rotation à droite. Les figures 6 et 7 sont tout particulièrement instructives sous ce rapport, parce que dans l’une et dans l’autre les lignes présentent une direction presque exactement parallèle. Et pourtant, les mains tenant la règle et le crayon abandonnaient chaque fois la feuille de papier, aussitôt après avoir tracé deux lignes correspondantes, de sorte que M. ne pouvait avoir aucune connaissance de l’aspect d’un dessin lorsqu’elle abordait le suivant.

Dans les nombreuses expériences exécutées par M. sur les déterminations de directions isolées, les déviations de la

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De Cyon.

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l’oreii-le

verticale par rapport à la normale étaient souvent beaucoup ])lus considérables que clans les figures fi et 7. Mais les variations des grandeurs d’angles restaient toujours dans les limites mentionnées. Gomme d’autres dessinateurs expérimentés, M. faisait de grands efforts pour combattre ses erreurs. Mais tous ses efforts de dessiner les lignes selon une direction droite ou même dans une direction opposée étaient vains, et le sens de l’erreur restait toujours le môme; on réussissait tout au plus à en diminuer l’intensité. La loi, d’après laquelle les erreurs se manifestent au cours des rotations de la tête autour de l’axe sagittale, présente ainsi pour chaque personne un caractère absolu et ne souffre pas d’exception.,

Par contre, la figure 5 montre qu’il existe des exceptions personnelles, où la loi des erreurs se manifeste d’une façon opposée, du moins en ce qui concerne la direction verticale. L’erreur de la position oblique de la verticale se produisait chez G. toujours dans le sens de la rotation de la tête : à gauche lorsque la tète était inclinée sur l’épaule gauche, à droite dans l’inclinaison opposée de la tète. Ainsi qu’on le verra, d’après les expériences sur G. exposées dans les paragraphes suivants, il se comporte encore de la môme façon à l’égard de la verticale dans toutes les autres épreuves où il tourne la tôle autour de l’axe sagittal : phénomène d’Aubert, détermination delà provenance d’un son, etc. La nature opposée des erreurs repose donc certainement chez G. sur une cause constante qui sera discutée plus bas. Quant ù l’erreur portant sur la direction horizontale, elle se produit dans le môme sens que chez tous les autres sujets : dans la rotation de la tôte ù gauche, celte ligne présente une direction de gauche à droite et de haut en bas, et une direction inverse dans la rotation de la tôte à droite. On pourrait s’attendre, dans ces circonstances, à ce que les déviations des grandeurs d’angles par rapport à l’angle droit soient particulièrement prononcées chez G. et cela d’autant plus que les directions qu’il attribue aux lignes horizontales, loin de compenser la déviation de la verticale, ne peuvent que l’aggraver. Mais en réalité cela n'arrive qu’ exceptionnellement . Sauf dans les

cas OÙ son labyrinthe était soumis aux fortes excitations sonores dont il sera question plus tard, G. manifestait également la tendance à observer l’angle droit.

Qu’on considère seulement les lignes LV-LH et RV-RH de la figure o : les angles ne dévient que de 3° par rapport à l’angle droit. 11 en est de même de lignes R’V-R’H provenant d’une expérience faite quelques mois plus tard ; la différence d’angle est ici également de 3°. Si G. réussit à réaliser approximativement l’angle droit, c’est parce qu’il n’imprime à l’horizontale qu’une déviation très légère par rapport à la normale. Dans les cas où il n’y réussit pas, comme par exemple dans celui des lignes L’V-L’H, dont la dernière dévie de gauche à droite et de haut en bas dans la môme mesure que chez les autres sujets, la différence d’angle atteint une valeur plus grande, jusqu’à 14°. Mais ce sont là des cas exceptionnels. D’une façon générale les différences observées lors des inclinaisons de la tête étaient moins prononcées chez G. que chez M. et chez moi. La différence moyenne de 21 expériences a été chez moi de 3° pour la rotation à gauche, de 4° pour la rotation à droite ; pour M., la différence moyenne de 16 expériences a été de 4,5° dans le premier cas, de.4° dans le deuxième; chez G., la différence moyenne de 11 expériences a été de 2° dans le deuxième cas. Il était intéressant de se rendre compte de l’influence qu’exerce l’inclinaison de la tête sur la perception de la direction, lorsque les dessins, au lieu d’être exécutés dans l’obscurité et les yeux fermés, le sont dans un espace éclairé, en prenant soin bien entendu, que ni la feuille de papier 7ii les iJiains qui tiennent la règle et le crayon ne se trouvent dans le champ visuel du sujet.

Déjà, lors de l’exécution ordinaire des expériences dans l’obscurité, la direction du regard, quand la tète est inclinée sur l’épaule gauche ou droite, est telle, que la feuille de papier se trouve en dehors du champ visuelL La position des yeux, au cours de ces inclinaisons de la tête, reste donc la même à la lumière que dans l’obscurité. Les résultats de ces expé-

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