CHAPITRE V
ERREURS DANS LA PERCEPTION DES DIRECTIONS PAR LE LABYRINTHE DE L’OREILLE
§ 1. — Introduction.
L'élude des îllüsioiis des sens forme un des moyens au.\iliaires les plus précieux susceptibles de nous faire comprendre le mécanisme intime du fonctionnement des sens supérieurs. Los erreurs ou illusions de notre perception des objets extérieurs dans certaines conditions créées artificiellement, ou données naturellement, présentent encore une importance toute particulière lorsc|u’il s’agit de pénétrer dans le domaine psycliologicpie en prenant pour base les faits et les lois établis par la physiologie des sens.
La nécessité de recourir à l’expérimentation sur l’homme afin de compléter la détermination des fonctions de l’organe du sens spatial, s’est déjà imposée vers la fin des années soixante-dix, lorsque la théorie de ces fonctions fut développée pour la première fois. J’ai institué alors un nombre considérable d’essais sur les illusions spatiales, dont les résultats m’ont permis de donner une base plus solide à ma conception du fonctionnement du labyrinthe. C’est ainsi que j’ai réussi, dès cette époque, à prouver que, contrairement aux conceptions erronées alors en vigueur, les sensations dites de vitesse et d’accélération étaient sans rapport aucun avec le labyrinthe de l’oreille. Mais plus une erreur est grossière, plus sa dissipation est difficile. Celles qui ont été réfutées jadis d’une façon décisive reviennent de nos jours, grâce à quelques otologistes viennois, qui cherchent à rajeunir les doctrines erronées abandonnées par Mach lui-mème depuis longtemps ;
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Boràny et d’autres s’appliquent av^ec zèle à reprendre, en se servant de méthodes graphiques et du fauteuil tournant, les expériences de Mach et Breuer sur le nystag’mus, expériences dont j’ai montré, dans les chapitres ii et iii, le manque total de valeur. Quelques ophtalmologistes fascinés par la ridicule désignation de tonus labyrinthique, semblent prendre au sérieux ces méthodes pleines d’erreurs. 11 serait inutile de revenir encore à ces aberrations. Plusieurs otologistes commencent à reconnaître combien il est fastidieux de vouloir ressusciter le sens de rotation ; les ophtalmologistes suivront leur exemple, eux qui ont tant d’occasions de voir que le vertige visuel peut se produire tout à fait indépendamment de l’oreille.
Un des résultats les plus importants qui m’ont été fournis par cette série d’expériences consistait dans la possibilité acquise de reconnaître la véritable nature du vertige visuel. J’ai été notamment à même d’apprécier à leurvaleur etde faire valoir de nouveau les expériences et théories capitales de Purkinje sur l’origine et les causes du vertige par rotation (voir chapitres ii et ni).
C’est également à cette question que se rapportent mes ob.servations communiquées antérieurement et relatives aux erreurs dans les sensations de direction. Ces observations m’ont permis de faire la constatation importanté que les illusions dont il s’agit portent seulement sur le sens des directions.
Nous nous trompons au sujet du droit ou du gauebe, du dessous ou du dessus (dans l’ascension en ballon) de l’avant et de l’arrière (dans les voyages en chemin de fer), mais nous ne confondons jamais la direction verticale avec l’horizontale, ou celle-ci avec la sagittale. Je ne connais aucune observation
■1. En montant en ballon captif, où le mouvement s’accomplit sans secousse et sans le moindre déplacement des parties de notre corps, où manquent par conséquent les excitations des appareils sensitifs, celles des cartilages, tendons, os, muscles, voire celles de la peau (en l’absence de vent), on n’é|)ronve ni accélérations, ni vitesses. En fermant les yeux, on n’est pas capable de se rendre compte si on monte ou si on descend. Lorsque la vue intervient, les objets se trouvant à la surface de la terre, semblent s’éloigner de nous, ciuand nous montons et se rapprocher quand nous descendons. Ce n’est pas nous, mais les objets extérieurs qui semblent être en mouvement.
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OÙ une pareille erreur au sujet des sensations si)écifiqucs de direction se soit produite.
Dans le travail que j’ai publié en 1897, j’ai communiqué plusieurs expériences relatives aux illusions d’orientatipn dans l’obscurité. Ces expériences présentent un intérêt particulier au point de vue de l’inlluence que les souvenirs exercent à cliaque instant sur nos représentations spatiales. Elles ont montré notamment que dans l’obscurité, les images spatiales perçues pendant quelque temps persistent dans la mémoire et sont transportées par nous involontairement et irrésistiblement sur l’espace réel, momentané, et cela bien que nous soyons conscients qu’en réalité cet espace représente une image toute dillerente. Lorsqu’on sé trouve dans un espace nouveau et inaccoutumé, on se voit obligé de localiser les objets habituels dans l’ordre spatial qui corres[)ond, non à notre conviction consciente^ mais aux i maries-souvenirs .
Mais dans toutes les erreurs décrites jusqu’à ce jour par moi et par d’autres observateurs et dans lesquelles on pouvait admettre la participation du labyrinthe de l’oreille, il s’agissait de phénomènes qui étaient perçus en même temps à l’aide de sensations visuelles ou tactiles. De plus, l’observateur lui-même ou les objets visibles et tangibles se trouvaient en mouvemenl, lors delà pi'oduclion de ces erreurs. Les erreurs reposaient donc le plus souvent sur une projection erronée du champ visuel ou tactile, sur le système de coordonnées de l'appareil des canaux semi-circulaires, c'est-à-dire sur l'espace géométrique idéal qui nous est fourni par le labyrinthe de l'oreille. C’est pourquoi l’analyse de ces erreurs présentait souvent de grandes dilïicultés ; il est en elTet impossible, dans la plupart des cas, de faire la part de ce qui revient au labyrinthe de l’oreille, et de ce qui doit être mis sur le compte des organes visuels et tactiles. Qu’on se rappelle seulement les nombreuses controverses auxquelles ont donné lieu, depuis Purkinje jusqu’en ces temps derniers, l’interprétation des erreurs qui se produisent dans les essais de rotation. Seuls de nombreux essais de ce genre sur l’homme et sur les animaux les plus variés ont permis d’établir la non-
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parllcipalion àyi labyrinllie de l’oreille dans un grand nombre de ces illusions.
Dans l’état actuel de nos connaissances relatives au fonctionnement du labyrinthe de l’oreille, alors que les vrais rapports physiologiques entre l’organe périphérique des sensations de direction et les autres organes sensoriels, plus particulièrement celui de la vue, sont élucidés dans leurs traits généraux, il est tout indiqué d’étudier la perception de ces sensations aussi indépendamment et séparément que possible des sensations visuelles et tactiles. On doil, si l’on veut analyser les erreurs auxquelles est sujette notre orientation dans l’espace extérieur, exclure en premier lieu toutes celles qui reposent sur l’orientation optique, c’est-à-dire sur l’orientation à l’aide des sensations visuelles, et évenluellement aussii ccllesqui se produisent par l’intermédiaire de l’appareil oculomoteur. Il est vrai que vu la dépendance étroite de ce dernier appareil par rapport au labyrinthe, une pareille exclusion n’est pas facile. On en verra plus d’une fois la preuve au cours de ce travail. Von Baràny et ses imitateurs commencent d’ailleurs à s’en rendre compte à leur tour. En revanche,, les erreurs qui se produisent par l’intermédiaire des seules impressions visuelles sont beaucoup plus faciles à éliminer: il suffit de faire toutes les expériences sur les erreurs de perceptions de direction dans un espace complètement obscur, absolument à l'abri de toute excitation lumineuse ^ même momentanée .
C’est dans ces conditions qu’ont été exécutées la plupart des expériences dont il est question ici. Ainsi qu’on le verra dans les paragraphes suivants, on s'était le plus souvent servi, au cours de ces expériences, de méthodes présentant le maximum de simplicité et de netteté. Ceci a paru dès le début une condition indispensable pour obtenir de nombi'euses expériences sur les erreurs, des résultats clairs et parfaitement concordants. Il a fallu pratiquer ces expériences sur un grand nombre de personnes, et plus particulièrement surcelles, qui se soumettaient aux conditions expérimentales sans parti pris. Ces personnes devaient autant que possible ne pas être renseignées sur le but des expériences, auxquelles
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on les soiimèltait et ne pas se douter le moins du monde f|u’il s’agissait d’observations sur des erreurs. Certains auteurs, comme Kreidl et Alexander ne sont pas encore parvenus à comprendre cette nécessité cpii saule pourtant aux yeux !
Il n’était pas 7noins indispensable de rendre les résultats obtemis tout à fait indépendants des renseignements verbaux fournis par les sujets. Ces résultats ne devaient en aucune façon être influencés par leurs jugements individuels ; ils devaient donc être notés graphiquement, sans que les sujets puissent, du moins au cours des premières épreuves, modifier arbitrairement les tracés.
La simplicité des méthodes employées montre queoes con- <lilions étaient plus faciles à réaliser qu’on ne l’eût cru a priori. La grande régularité, avec laquelle les erreurs observées se produisent chez les individus les plus variés, prouve que les méthodes choisies répondaient réellement àce qu’on attendait d’elles. Comme on voulait étudier les erreurs <le perception des directions dans des conditions variables, les méthodes graphiques choisies devaient permettre de mesurer Vintensité des erreurs. Les expériences comparées n’étaient possibles qu’fi celte condition, et ce n’est que grâce à elles qu’on pouvait espérer tirer des tracés obtenus des conclusions de valeur certaine sur le mécanisme intime du fonctionnement du sens spatial. Ainsi qu’on le verra dans les ^)aragraphcs suivants, cette condition a pu également être réalisée, â l’aide de la méthode choisie.
Les paragraphes qui suivent mettront en pleine lumière l’importance des résultats obtenus; c’est grâce à eux que nous sommes à même de nous rendre compte aussi bien du fonctionnement physiologique du sens spatial et de la nature de ses excitateurs normaux, que de ses rapports avec les autres organes sensoriels, et plus particulièrement avec le sens de la vue.
§ 2. — Méthodes expérimentales.
Une analyse exacte de nos erreurs de perception des trois, •directions fondamentales; la verticale (haut-bas), l’horizontale
OU la transversale (clroite-f]fauche) et la sagittale (avantanière), doit tenir compte des trois facteurs suivants : 1° du sens de l’erreur, c’est-à-dire de la déviation par rapport à la direction normale ; c’est ainsi par exemple qu’en ce qui concerne la direction verticale on doit rechercher, si la position oblique est dirigée de droite à gauche; 2° de l’amplitude de la déviation, c’est-à-dire de l’angle que la direction apparente forme avec la direction normale ; 3° des erreurs dans les jugements relatifs aux rapports qui existent entre une des directions fondamentales et les deux autres; autrement dit, il faut rechercher, dans les erreurs se rapportant à la direction verticale, les erreurs éventuelles concernant les directions horizontale et sagittale. Les rapports entre les erreurs, portant simultanément sur deux ou trois directions dans des conditions identiques, présentent une grande importance au point de vue de l’interprétation de ces erreurs, en tant qu’elles dépendent des canaux semi-circulaires. Les angles que les trois directions forment normalement, lors de leur détermination simultanée, doivent être droits, c’est-à-dire correspondre au système de coordonnées rectangulaire qui représente les trois plans de l’appareil des canaux semi-circulaires. Ils doivent par conséquent être égaux à 90“.
Certes, au point de vue anatomique, les angles formés par les trois canaux semi-circulaires n’ont pas exactement la i valeur de 90“. 11 nous est d’ailleurs impossible de concevoir des angles droits, absolument exacts, lors de la représentation I figurée ou concrète d’un système rectangulaire de coordonnées. iNlais, dans les circonstances ordinaires, nous transportons les images du champ visuel ou tactile, non pas séparément sur le système de coordonnées des canaux semi-circulaires d’un I seul côté, mais sur un système de coordonnées rectangulaire I idéal, qui se forme dans notre cerveau grâce à la concordance des sensations des deux appareils des canaux semi- I circidaires. Dans ce dernier système, les défauts anatomiques I de chacun des deux appareils se trouvent plus ou moins neu- I tralisés.
j On peut supposer, par analogie avec les illusions optiques de notre organe visuel, que cette neutralisation n’est pas I De Cyon. — Oreille.
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parfaite. S’il nous était par conséquent possible de reproduire nos représentations des trois directions fondamentales de l’espace dans leurs vrais rapports, en dehors de toute participation des organes visuels, une pareille reproduction nous fournirait sûrement une image approchée des déviations, dont les rapports anatomiques de nos canaux semi-circulaires sont susceptibles. Ainsi que nous le verrons au cours de cette étude, il se manifeste en effet dans les erreurs de direction déterminées par le labyrinthe des particularités individuelles constantes qu’on doit considérer comme des erreurs personnelles, dues à des déviations de ce genre. La méthode qu’exige l’élude exacte des erreurs de direction doit, ainsi que nous venons de le dire, permettre la mesure précise de chacun des trois facteurs énumérés. Mais ce résultat ne peut être obtenu que par la notation graphique de ces erreurs, laquelle notation doit en outre être réalisée d’une façon aussi simple que possible, sans l'aide de dispositifs compliqués. Les facteurs psychiques jouent un rôle décisif dans les phénomènes, qu’il s’agit d’analyser. Pour si peu qu’on complique les expériences on en altère nécessairement les résultats, cl cela d’autant plus qu’elles doivent porter sur un nombre assez grand de personnes, choisies de préférence parmi celles qui s’y soumettent sans parti pris, et sans se rendre compte du but des manipulations dont elles sont l’objet. Aussi la meilleure manière de procéder consiste-t-elle à donner aux exj)ériences l’apparence d’un jeu innocent.
G. Alexander et V. Baràny ont fourni récemment une preuve éclatante de l’inefficacité des méthodes complexes' basées sur l’emploi d’appareils compliqués. Au cours de leurs très longues et nombreuses recherches sur le rôle depuis longtemps réfuté de l’appareil statolithique , au point de vue de l’orientation dans l’espace, etc., ces auteurs ont pratiqué des expériences aussi bien sur des personnes normales que sur trois sourds-muets, en se servant d’instruments trop compliqués pour être applicables aux expériences de ce genre. Le compte rendu de leurs expériences a été publié dans deux livraisons de la Zeitschrift fur Psychologie und Physiologie de 1905. Or, les résultats fournis par leurs expériences
ERREUllS DANS LA PERCEPTION DES DIRECTIONS
étaient nuis. Leurs prémisses basées sur l’hypothèse des stalolilhes de Breuer, hypothèse depuis longtemps abandonnée, sont certes pour beaucoup dans ces résultats absolument négatifs de leurs recherches. Mais leurs procédés expérimentaux prétendus exacts ont également contribué, grâce à leur caractère très compliqué, à l’échec du travail qu’ils ont entrepris.
Après quelques recherches préalables, j’ai fini par donner la préférence au procédé suivant, très simple. Une feuille de papier est soigneusement fixée sur une planche exactement verticale, et cela à la hauteur de la tête de la personne soumise à l’expérience. Cette personne se tient debout, les yeux bandés et trace avec un crayon des lignes horizontales et verticales, en se servant d’une règle. Bien que les yeux du sujets fussent bandés, tous les dessins ont été éxécutés dans une pièce absolument obscure. Le sujet commence par poser la règle dans la direction qu’il considère comme horizontale ou verticale. 11 faut veiller à ce que la règle et la main qui la lient soient écartées du papier aussitôt qu’une ligne a été tracée. 11 en va de même de la main droite et du crayon. De celte façon, on est sûr que toute nouvelle direction tracée ne subit pas, par l’intermédiaire des mains, l’influence de celle qui a été tracée précédemment.
Lorsqu’il s’agissait de reproduire des directions sagittales et transversales, on fixait la feuille sur une table ayant une surface exactement horizontale ; le sujet était assis, ayant la tête et la partie supérieure du corps redressées. On lira plus loin (§ 6) , les expériences qui ont été faites dans le but d’établir, si les lignes droites tracées de la sorte correspondent réellement à la direction sagittale. Oay trouvera également une discussion sur le mode d’interprétalion des dessins obtenus.
Ces dessins permettent de mesurer exactement les modifications que les conditions imposées aux expériences impriment aux trois facteurs que nous venons d’énumérer. Le simple aspect du dessin renseigne déjà sur le sens de l’erreur dans chaque direction. Pour mesurer celte erreur, il suffit de porter sur la feuille de papier, après chaque expérience, la direction normale. Les angles que forment entre elles les
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deux verlicalos avec les deux horizonlales, elc., correspondenld’une façon générale, A l'inlensUé de l’erreur. On reconnaît le plus souvent cette intensité, par le simple aspect du point de croisement des lignes verticales et horizonlales, ou sagittales et transversales qui ont été tracées dans l’obscurité; il suffit de considérer la grandeur de l’angle que ces lignes forment respectivement entre elles. Ces grandeurs des angles qui sont indiquées partout sur les figures, ne doivent pourtant pas être considérées comme la mesure absolue de l’intensilé des erreurs.
Les premières expériences notamment ont déjà montré que les intensités des erreurs, dans les mêmes conditions expérimentales, ne sont pas nécessairement proportionnelles aux grandeurs des angles. Il arrive aussi que ces grandeurs n’indi(|uent pas toujours d’une façon exacte le sens de l’erreur. Mais même dans le cas où le sens des erreurs est identique et où leurs intensités sont proportionnelles les unes aux autres, les grandeurs des angles de croisement ne peuvent pas toujours servir de mesure pour ces intensités ; celles-ci peuvent rester égales à tlü® ou être à peine inférieures à 90“, alors que i erreur a été très grande. Ces grandeurs d’angles nous renseignent notamment sur les rapports qïci existent entre les erreurs dans les différentes directions, c’est-A-dire sur le facteur le plus important, et pour nous, le plus instructif. L’étude des erreurs de direction chez l’homme présente un intérêt considérable, parce qu’elle est surtout de nature à nous éclairer sur le mécanisme de la formation de nos représentations du temps et de l’espace. Le fait de savoir dans quel sens nous nous trompons, dans des circonstances données, sur telle ou telle direction, est sans doute déjà intéressant en lui-même; mais ceci ne nous indique ni dans quel organe se forment les sensations de direction, ni commént de la perception des différentes directions naît notre représentation d’un espace à trois dimensions.
Le chercheur impartial, ayant suivi de près au cours de ces dernières décades, le développement de la théorie qui établit que le labyrinthe de l’oreille est l’organe de nos sensations spatiales, a certainement reconnu l’importance décisive que
ICllltEUnS DANS LA l'LUCKl’TION DES DIUECTIONS
présente, au point de vue de son roncUonnerncnt, la situation des canaux semi-circulaires dans trois plans perpendiculaires les uns aux autres. Il comprendra aisément que les erreurs de direction produites expérimentalement, dans des conditions arbitrairement choisies, ne sauraient être limitées à une seule direction. Nos perceptions et représentations des deux autres directions en seront forcément influencées en môme temps. Le troisième facteur (voir plus haut) que j’ai cherché à déterminer devait précisément me renseigner sur ce point. Faisons abstraction des déviations anatomiques négiig’eables que présentent par rapport à t)0“ les angles de croisement ' des trois plans des canaux semi-circulaires. En admettant que la reproduction des intensités des erreurs est exacte, et que les conditions expérimentales agissent dans le même sens et avec la même intensité sur les perceptions des trois directions, on devrait s’attendre à ce que les grandeurs des angles dans les dessins obtenus par ma méthode restent égales à 90°.
On verra d’après les figures qui suivent, qu’il en est souvent ainsi. La plupart des séries d' expériences exposées ici permettent, en effet, de constater ce fait remarquable quêtons les sujets, même ceux qui ne jjossèdent pas de connaissances géométriques, tendent toujours inconsciemment à s'en tenir dans leurs dessins à l’angle droit. Dans les cas où ce maintien de l'angle droit ne réussit pas, on peut conclure ou que les conditions expérimentales troublent le rapport normal entre les différentes perceptions de direction^ ou bien que Icl perception de telle ou telle autre direction se trouve, selon sanature, troublée principedement ou exclusivement.
Celte tendance à maintenir l’angle droit même dans l’obscurité, c’est-à-dire en l’absence de tout point d’appui visible permettant de déterminer le rapport entre la direction tracée cl les autres, montre que nous avons constamment présente à l'esprit l’image des trois directions fondamentales dans
1. Ces déviations sont la cause de l’erreur personnelle de l’observateur lors de la détermination des directions.
2. Très souvent les lignes ne se touchent pas du tout ; elles forment cependant une croi.x lorsqu’on les prolonge.
leurs rapports réels, telle que nous la fournit le système rectangulaire des coordonnées des trois plans des canaux semi-circulaires . Enfants et grandes personnes qui ignorent le dessin, ne se doutant nullement du but des expériences, manifestent la même tendance à maintenir l’angle droit et sont très surpris de la régularité de leurs dessins, lorsqu’on les leur présente.
11 est tout à fait indifférent, au point de vue du résultat du dessin, que telle ou telle autre direction soit tracée la première. Le plus souvent et le plus naturellement, c’est la ligne verticale qui précède les autres. Mais si l’on intervertit l’ordre et qu’on fasse tracer la ligne horizontale d’abord et la verticale ensuitei la grandeur des angles de croisement n’en subit aucune modification; ce qui revient à dire qu’on ne se conforme nullement, lorsqu’on dessine, t\ la direction de la verticale tracée, mais qu’on trace la ligne horizontale de telle sorte qu’elle forme un angle de 90“ avec la verticale qu'on croit percevoir dans les circonstances données.
Au début des expériences, j’ai essayé plusieurs procédés qui devaient permettre de tracer sur le même papier toutes les trois directions. Mais ceci présente certaines difficultés qui, en présence des conditions expérimentales, paraissent presque insurmontables. Aussi ai-je préféré faire tracer séparément les directions verticale-horizontale et les directions sagittalehorizontale. En confrontant les deux dessins respectifs, on pouvait déterminer les rapports entre la sagittale et la verticale. Mais, d’une façon générale, une pareille détermination n’était pas nécessaire. Vu le mode d’exécution des dessins, la direction se trouvait déjà déterminée du fait de la simple application de la règle. Cette dernière était comme d’habitude maniée de "la main gauche, tandis que le crayon se trouvait dans la main droite.
11 était intéressant de se rendre compte si le maniement de la règle avec la main droite pouvait avoir quelque influence sur l’erreur dans la détermination de la direction. Des expériences spéciales ont été instituées à cet effet sur les personnes, dont je me servais le plus souvent au cours de mes recherches. Et voici ce qu’on a pu constater ; ce dernier mode de
notation n’exerce aucune influence le sens des déeiations et par conséquent sur la nature des erreurs. En revanche les diiïérences entre les grandeurs des angles sont souvent plus accusées que dans le maniement habituel de la règle. Ceci montre en tout cas que dans la production des erreurs, l’exécution manuelle des dessins peut donner lieu à une petite faute, notamment en ce qui concerne l’intensité des erreurs. Quant au sens de l’erreur, il échappe complètement à l’influence du mode d’exécution. Gela signifie, en d’autres termes, que les erreurs ne sont nullement produites par des sensations anormales des mains et des bras.
L’expérience des contrôles suivants en fournit une démonstration encore plus probante : lorsque les dessins sont exécutés dans l’obscurité avec le crayon au jugé, c’est-à-dire sans l’aide de la règle, la rotation de la tête autour de ses axes produit exactement les mêmes erreurs qu’on observe dans le mode d’exécution ordinaire. Seulement les lignes ne sont pas tracées d’une façon tout à fait droite. Les déviations des directions fondamentales par rapporta la normale revêtent le même caractère que lors de l’usage de la règle; les angles de croisement ne présentent pas davantage de différence notable.
La grande régularité, quant à leur sens et à leur intensité, avec laquelle les erreurs se sont manifestées dans. mes expériences chez différents individus et dans les conditions expérimentales les plus variables montre que malgré sa grande simplicité ma méthode graphique peut être appliquée avec une grande certitude. Les expériences ici rapportées ont été faites sur moi-même et sur sept autres personnes. De ces dernières deux seulement, désignées plus bas sous les initiales M. et G. ont été soumises à des expériences pendant plusieurs mois. Les cinq autres n’ont servi de temps à autres qu’à des expériences de contrôle. Ainsi qu’il a été dit, il est très important de n’employer en vue de ces expériences que des personnes, autant que possible, non prévenues et ignorant le but et le sens des expériences. Quelques-unes de ces personnes, qui étaient de bons dessinateurs, étaient froissées dans leur amour-propre, lorsqu’elles s’apercevaient des erreurs commises dans leurs dessins et s’appliquaient à éviter ces erreurs
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dans les épreuves sui vantes. Mais comme elles ne réussissaient le plus souvent qu’à les aggraver, elle refusaient à se soumettre à de nouvelles expériences.
C’est pourquoi il est plus sûr d’interpréter soi-mémo les dessins obtenus de ces sujets et de ne pas les leur montrer avant que la série des ex[)ériences ne soit terminée. Les figures 1-41 provenant des expériences sur les erreurs ont été photographiées d’après les dessins originaux et diminuées de moitié ou des deux tiers. Les nombres qui désignent les grandeurs des angles ont été obtenus après mesure. Les désignations angle droit et angle gauche se rapportent dans le texte aux angles supérieurs. Des rotations de la tête autour de ses différentsaxes ont été exécutésdans laplupartdes expériences. Les lignes AV signifient les directions verticales dans la position redressée du corps; LV et RV dans les rotations de la tète à droite et à gauche; Ali, LH et RH désignent les horizontales correspondantes; AS, LS et RS les directions sagittales obtenues pendant que le sujet était assis. Des explications plus détaillées accompagnent les figures elles-mêmes.
§3. — Erreurs de perception des directions dans l'obscurité,
la tète et le corps étant maintenus dans la position droite.
. Les erreurs relatives à la détermination des directions et se produisant dans l’obscurité, la tête étant dans la position droite, sont de deux sortes : 1® on trace chaque direction en la faisantdévier delà normale; 2® le rapport entre les directions, c’est-à-dire la grandeur d’angle au niveau du point do croisement dévie plus ou moins de la normale. Selon les sujets c’est tantôt la première, tantôt la deuxième de ces erreurs qui est la plus accusée, chacune de ces déviations restant constante chez chaque individu, c’est-à-dire que le sens de ces erreurs reste le même chez le même individu aux différents moments, bien que leur intensité soit sujette à de légères variations. Ceci prouve que la cause de l’erreur est également constante et tient à des différences individuelles.
L’observation suivante fournit une indication importante quant à la base anatomique de ces défauts individuels : chez
EimEUnS UANS EA PERCEPTION DES DIRECTIONS
les dessinaleiirs non exercés on observe de préférence la première de ces erreurs ^ chez les dessinaleurs experts , au contraire, la deuxième.
Dans l'obscurité ces derniers reproduisent le plus souvent la direction verticale d'une façon assez exacte, mais l'horizontole présente chez eux une déviation notable par rapport à la normale. Aussi les cléviaLions des angles de croisement de CCS deux directions atteignent-elles chez eux la valeur de h 8“ par rapport à l’angle droit. Chez les dessinaleurs non exercés au contraire, les deux directions, la verticale aussi bien que l’horizontale, présentent une déviation marquée par rapport aux directions normales. Et pourtant les angles de croisement diffèrent à peine de E ci S"* de l'angle droit. Dans la position droite de la tête, les déviations que présentent les grandeurs des angles sont à peine plus grandes dans l’obscurité que surles dessins faits à la lumière. C’est du moins ce qui apparaît dans les dessins exécutés par moi-même et désignés dans les figures sous la lettre C. Sur une moyenne de seize expériences cette grandeur, présentait à la lumière une déviation de 0,5° et dans l’obscurité une déviation de 1“ par rapport ê l’angle droit. Les déviations par rapport à la direction normale sont désignées par des flèches dont la disposition varie selon les cas : pour le premier, pour le
deuxième
Marguerite, ma fille alors âgée de 19 ans dessine très bien et excelle également à exécuter des figures géométriques. A la lumière, la déviation de la grandeur des angles est égale chez elle à 0 et les deux directions sont assez exactement observées. Dans l’obscurité, au contraire, l’horizon- I taie dévie considérablement de la normale, tandis que la verticale est à peu près régulière. La différence d’angle attei- I gnait dans une moyenne de 11 cas la valeur de 3, 5® (déviation f maxima = 6°, déviation minima = 1°). G., mon fils alors ^ âgé de 10 ans, s’est essayé pour la première fois au dessin [' à l’occasion de ces expériences. A la lumière, ses différences d’angles sont égales le plus souvent à 0°; elles atteignaient dans l’obscurité une valeur maxima de 2“ et une valeur minima de 1°. Les déviations par rapport aux directions nor-
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males, étaient toutefois très prononcées dans les deux cas : >2 le premier, dans le deuxième. Le sujet F, auteur de la figure 4, ne se rappelle pas avoir jamais dessiné; les directions tracées par lui, aussi bien à la lumière que dans l’obscurité, la tête étant dans la position droite ne présentent pas de déviations notables ; dans le deuxième cas seulement l’horizontale est un peu inclinée de droite à gauche. Les différences d’angles étaient de 1“ à 2°. Quelques dessins exécutés trois mois plus tard présentaient les mêmes caractères.
Chez une cinquième personne, qui dessinait très bien, les verticales étaient absolument régulières aussi bien à la lumière que dans l’obscurité. Mais les lignes horizontales tracées dans l’obscurité penchaient tellement de droite à gauche que la différence d’angle déviait généralement, de 8“, au lieu de 0®, par rapport à 90°. On observa des modifications analogues chez deux autres personnes dont une était une très bonne dessinatrice. Comment expliquer cette maladresse frappante, dont font preuve des dessinateurs exercés, lorsqu’ils tracent les directions dans l’obscurité ? Par ce fait bien simple qu’ils sont habitués ù corriger avec l’aide de la vue les erreurs de perception des directions provenant des fonctions du labyrinthe. Aussi s’efforcent-ils, lorsqu'ils dessinent dans l’obscurité, de faire les corrections nécessaires en s’aidant de leurs souvenirs. Cela leur réussit souvent en ce qui concerne la direction verticale. Mais pour ce qui est de la direction horizontale, leurs efforts n’aboutissent souvent qu’è aggraver les erreurs du sens de direction et, chose remarquable, qu’à accentuer la déviation de cette direction de droite à gauche.
Les erreurs personnelles de dessinateurs inexpérimentés, dues à de légères déviations anatomiques dans la situation des deux paires de canaux semi-circulaires, se produisent au contraire aussi bien à la lumière que dans l’obscurité, et cela dans le même sens et dans la même mesure. L’aide que le sens de la vue leur prêle lors delà correction est relativement de peu d’importance. Aussi peut-on admettre que les différences portant sur les grandeurs des angles constituent chez eux une indication réelle sur la nature des déviations ana-
tonnques individuelles dans la structure des deux appareils de canaux semi-circulaires .
Le fait que chez les dessinateurs inexpérimentés les grandeurs des angles ne présentent, malgré les déviations considérables dans les directions, que de très légères oscillations autour de 90“, — ce fait, disons-nous, est intéressant à un autre point de vue encore. Il démontre la tendance à maintenir l’angle droit; tendance dont il a été longuement question au paragraphe précédent. Pour les dessinateurs expérimentés qui en dessinant se servent toujours du sens de la vue, cette tendance n’a qu’une importance secondaire. D’où les grandes déviations dans les grandeurs des angles, qu’on observe chez eux lorsqu’ils dessinent dans l’obscurité, la tête étant dans la position droite.
§ 4. — ^ Erreurs de perceptions des directions verticale et horizontale, lors des rotations de la tête autour de son axe
sagittal.
Les erreurs de perception se produisant dans les positions obliques de la tête, et tout particulièrement lorsqu’elle est inclinée sur l’épaule droite ou gauche, ont déjà souvent attiré l’attention des savants. 11 suffît de rappeler le phénomène bien connu d’Aubert, ainsi que les expériences d’YveaDelage, dont il a été question plus haut. Aujourd’hui, où la localisation des sensations de direction dans les canaux semi-circulaires est devenue une certitude scientifique, l’étude des influences que les rotations de la tête, et par conséquent des deux labyrinthes, exercent sur nos perceptions de direction, présente un intérêt tout particulier. Déjà, lors des reproductions des expériences d’Aubert par Nagel, Sachs et Meller, etc., il apparut que le degré d’inclinaison de la tête sur l’épaule droite ou gauche est de nature à exercer une influence incontestable sur la production de l’erreur, ainsi que sur l’intensité de l’obliquité apparente de la ligne verticale éclairée dans l’obscurité. Il était donc à souhaiter qu’on pût mesurer avec précision l’angle de rotation de la tête. Lors des expériences de ce genre, Sachs et Meller ont essayé d’y parvenir à l’aide d’un dispositif mécanique spécial.
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Au début de mes expériences, j’ai clierché également à établir un dispositif qui permît de mesurer avec précision toutes les rotations delà tète autour de scs trois axes. Ce dispositif consistait en un bonnet métallique léger, pourvu d’une pointe placée exactement au milieu et de cordons supportant des poids et passant sur des poulies. Ce dispositif rappelait l’ophtalmotrope bien connu de Ruete, destiné à la démonstration du roulement des globes oculaires. Sans parler des difficultés techniques inhérentes à la construction irréi)rochable d'un appareil de ce genre, j’ai renoncé à son application pour une autre raison encoi'e. Ainsi que je l’ai fait suffisamment ressortir plus haut, il est absolument nécessaire, au [)oint de vue de la réussite des expériences relatives aux erreurs de perception des directions, que ces expériences soient faites sur des personnes non prévenues de leur but. Aussi, doit-on éviter toute intervention susceptible d’entraver dans une mesure quelconque la liberté complète des mouvements de la tète. On a pu s’en rendre compte dès les premières expériences qui permirent également de faire celte constatation importante que si le degré de rotation de la tète est susceptible d’e.xercer une certaine infiuence sur Vinte^iailK des erreurs (pi’on étudie, celle influence n’est en réalité que bien minime. Plus importante encore était cette autre constatation que le degré de rotation do la tête est sans influence aucune sur le sens des erreurs. Aussi était-il |)référable de renoncer, jusqu’à nouvel ordre, à toute mesure du degré de la rotation. 11 est bon d’ajouter que le travail de Sachs et Meller, publié depuis, renferme la description d’un appareil dé mesure pour les rotations de la tête offrant tous les défauts qui viennent d’être signalés. Les sujets ont été invités dans la plupart des cas à exécuter des rotations de la tête aussi étendues que possible, n’allant pas toutefois jusqu’à occasionner une sensation de malaise ou de douleur.
Je ne reproduis ici que quelques-unes des figures représentant les erreurs de perception des directions verticale et hori- 1 zontale. Jt
On a institué, à titre de comparaison, un certain nombre ^
ERREUnS DANS. LA PERCEPTION DES DIRECTIONS
d’expériences avec rotations de la tête, dans une pièce éclairée, les sujets ayant les yeux ouverts. Ils ne devaient naturellement voir, au cours de ces expériences, ni la feuille de
les deux directions avec la tête droite dans l’obscurité. Les déviations des angles du croisement- = 0,5“. LV et LII dans l’inclinaison de la tète vers l’épaide gauche.
iîFet RII inclinaison vers l’épaule droite. Les déviations de l’angle droit de 90“ sont 2“ et 3“ (les chiffres 90,5 et 89.5 de la ligne LH appartiennent à la ligne AH).
Fig. 2.
La même personne sert pour l’e.xpérience faite dans l'obscurité ; môme désignation des lignes que dans la figure t. Déviations des angles = 1“ et 3“. Inclinaisons de la tête très fortes,; corps droit.
;i papier, ni la règle, ni le crayon. Leur regard était dirigé sur Il les objets voisins.
I Les figures 1 et 3 se rapportent à des expériences que j’ai i faites sur moi-même.
I Si l’on fait abstraction de la figure 3 (sujet G) sur laquelle i; I nous reviendrons plus lard, on voit que chez les trois sujets ' ! C, F, M, les erreurs de direction présentent toujours le même T I caractère. La direction verticale dévie chez eux de haut en bas ' ! et de droite à gauche , et V horizontale de haut en bas et de 1 gauche à droite, lorsque la tête est inclinée sur l’épaule
200 l’oreille.
gauche ; et on observe une déviation inverse lorsque la tête
La même expérience que dans la figure 2 ; mais le corps suivait les Inclinaisons de la tête.
est inclinée sur l’épaule droite. Le sens des erreurs portant
Personne F ; n’a jamais dessiné; ignore tout do l’expérience. AV ei AH avec les yeux ouverts et dans une chambre claire. Déviation de l’angle •1“ dans la position droite de la tête. A'V et A’H' désigne -les mêmes directions, tête droite, mais dans l’obscurité ; déviation de l’angle =2". LF et LH, inclinaison de la tête à gauche. itF et HV, tête à droite. Dans les deux cas la déviation de l’angle = 6“.
sur les deux directions est donc le suivant : la verticale
7WUS apparaît penchée dans une direction opposée à celle.
Personne G; âgé de dix ans, n’a jamais dessiné. — LF et L// dans 1 obscurité, tête inclinée à gauche: déviation angle égal 3”. RV et RU, tète à droite, déviation de l’angle= 3“. W, L'H' et ainsi que R'V et R'W par G. dessinées 3 mois plus tard dans les mêmes conditions par G. Déviation avec tètes inclinées à gauche = 16°, à droite = 3».
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Fig. 6.
Personne M; dessinatrice excellente. — Toutes les lignes dessinées dans l’obscurité et la tète inclinée à droite; dessine d’abord les verticales, ensuite les horizontales; la règle et le crayon quittaient le papier. M. restait les yeux bandés et dans l’obscurité. Les déviations des angles variés ont de 2» à 4».
da/is laquelle se fait la rotatio7i de la tête, donc à la clirec-
L OaiCILLE.
lion de l'axe vertical de la tête, lien est de même des erreurs portant sur les directions horizontales qui apparaissent à leur tour opposées au trajet de l'axe transversal de la tête Ces erreurs se produisaient toujours clans le même sens aussi bien chez ces trois personnes que chez quatre autres soumises à des expériences analogues, et cela invariablement, toutes les fois cgi’on reproduisait les mêmes expériences. Le degré