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Désignée par Nagel sous le nom de phénomène d’Aubert

2. On trouve, à la page 392 de la communication de Nagel, quelques objections contre ma façon d’interpréter les mouvemenis oculaires dits

ICUUEUnS DANS LA PEUCEPTION DES DIHECTIONS 2o5.

d’Auberl, ayant pour auteurs Sachs et Meller, n’en fournit pas davantage une interprétation satisfaisante. Ces auteurs expriment egalement l’espoir que des expériences sur des sourds-muets nous éclaireraient peut-être un jour sur les causes de ce phénomène. S’il était prouvé en effet que certains sourds-muets ‘ ne sont pas sujets à l’erreur d’Auhert^ cela ne pourrait tenir qu’à une cause analogue à celle, qui détermine leur incapacité d’être affectés du vertige visuel.

En présence de la grande analogie qui existe entre l’erreur d’Auhert et les erreurs que j’ai analysées ici-même, il était, certainement intéressant de soumettre la première à une investigation expérimentale, et cela en ayant recours aux mêmes sujets qui m’ont servi pour les expériences déjà exposées. Il me parut surtout intéressant de rechercher le point suivant : au cas où G. ayant la tête inclinée sur une épaule verrait également dans une position oblique la verticale éclairée dans la boîte, cette position aurait-elle une direction opposée à la rotation de la tête, comme ce fut le cas d’Aubert et de ses successeurs, ou bien G. présenterait-il également une exception et- verrait-il cette position oblique dans la même direction que celle- de la rotation de la tête ?

Pour étudier cette question, j’ai adopté le dispositif expérimental suivant : une petite boîte quadrangulaire fut fixée sur une table pouvant se déplacer dans la direction verticale, et dont la planche tournait autour de son axe longitudinal. Sur une des parois de la boîte se trouvait une fente longitudinale de 1 millimètre de largeur et de 20 centimètres de longueur. Par une ouverture pratiquée dans la paroi opposée, on pouvait introduire dans la boite une lampe électrique que le sujet maniait à l’aide d’un interrupteur. Les expériences ont été pratiquées dans une pièce rendue obscure, et le plus souvent sous les deux formes suivantes ;

1“ Après avoir fixé la ligne éclairée verticalement dans

compensateurs. Ces objections qui reposent manifestement sur un malentendu, se trouvent déjà réfutées par mes recherches ultérieures sur le même sujet e.vposées au chap. ni.

1. C’est-à-dire ceux qui sont privés d’un système de canaux semi-circulaires susceptibles de fonctionner.

L OnF.Il.I.K .

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rallilucle droite de la lélc, le sujet commençait à pencher celle-ci vers l’épaule gauche ou droite ;

2® Le sujet penchait la tête à droite ou à gauche avant l’éclairage de la fente. Celle-ci était alors éclairée, soit instantanément par une étincelle, soit pendant un temps plus ou moins long.

Lorsqu’il s’agissait d’obtenir des représentations comparées rclativ'ement à l’intensité des erreurs, on avait recours à l’un ' des procédés de mesure suivants : on tournait autour de son axe longitudinal la table garnie de la boîte, jusqu’à ce que la ^

ligne verticale ait adopté une position oblique quelconque. 1

Dans l’attitude. droite de la tête, le sujet voyait naturellement |

de biais cette ligne oblique. Celle-ci commençait alors à se j

redresser progressivement dans la direction opposée^ jusqu’à I

apparaître à l’observateur dans la position verticale. Le 1.

<leuxième procédé est plus simple : la ligne éclairée restant î

dans la position verticale, le sujet exécutait une rotation de la f

tête, ju.squ’à ce que cette ligne lui parût oblique dans la t

direction opposée. La table était ensuite tournée autour de son axe longitudinal et dans le sens de l’inclinaison de la tête, jusqu’à ce que la ligne apparût de nouveau comme verticale, * c’est-à-dire jusqu’à ce que l’erreur fût compensée. Ni l’un ni l’autre de ces procédés ne donnent de mesures exactes; aussi ,5 ne doit-on leur attacher, dans les comparaisons, qu’une valeur \ relative. Ces mesures furent entreprises d’abord, afin de pou- ^ voir établir une influence éventuelle du degré de rotation de la tête sur l’intensité de l’erreur. iNIais, on s’aperçut bientôt que sous ce rapport, l’erreur d’Aubert était sujette à des varia- ■/, tiens considérables, même dans des rotations de la tête d’égale ' intensité. 11 aurait donc fallu, pour rechercher les causes de ces variations, e.xécuter un ti’ès grand nombre d’expériences. ' Aussi ai-je renoncé à rcchercber de plus près la dépendance en question. Dans les limites dans lesquelles les trois sujets (M. G. et moij exécutaient les inclinaisons de la tête, je n’ai pu constater que de très légers écarts.

Aussi bien chez moi que chez M. la direction de l’erreur était exactement la même que chez Aubert et les autres expérimentateurs, c’est-à-dire que la position oblique de la ligne

verticale se produisait dans une direction opposée à l’inclinaison de la tôtc. En ce qui concerne l'erreur verticale, elle se manifestait par conséquent clans le même sens que dans toutes les expériences communiquées ici et relatives aux rotations de la tête autour de l'axe sagittal (|§ 4, 5, 9 et 10).

Ce qui mérite particulièrement d’être relevée, c’est la circonstance, que l’erreur en question revêtait elle aussi un autre caractère chez G. que chez M. et chez moi : la ligne verticale lui apparaissait telle que son obliquité était dirigée, comme dans les expériences antérieures , dans le sens delà rotation de la tête. Même dans les inclinaisons les plus fortes de la tête, l’intensité de l’erreur était assez légère : elle variait entre 5° et 8“ et était généralement un peu plus faible dans l’inclinaison de la tête à gauche.

L’erreur se produisait aussi bien à l’éclairage momentané qu’à l’éclairage prolongé : en ce qui me concerne, elle était souvent plus intense dans 1e premier cas L Le sens de l’erreur était le même dans la vision mono et binoculaire de la ligne éclairée. On pouvait en revanche constater, en ayant recours à la compensation de l’erreur (voir le deuxième procédé, p. 2o6), que, Vinlensité de l’erreur variait, suivant que la ligne était regardée avec un seul, ou avec les deux yeux ; elle variait également, selon le choix de l’œil qui fixait la ligne.

L’expérience a été exécutée de la façon suivante : l’erreur perçue à l’aide de la vision binoculaire dans la rotation de la tête était parfaitement compensée, jusqu’à ce que la ligne oblique apparût dans la position verticale. On fermait alors un œil; dans mon cas la compensation restait parfaite, lorsque je fermais l’œil gauche, et cela indépendamment du sens de rotation de la tête. La compensation diminuait au contraire, c’està-dire la ligne vue droite devenait de nouveau un peu oblique, lorsque je fermais l’œil droit. Dans les cas deM. et de G., il existait également, pour un œil déterminé, une différence entre la vision monoculaire et la vision binoculaire. M. trouvait la compensation diminuée, lorsqu’elle regardait la ligne

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