dr
.\ttiUule droite de la tète : dr. 88 — g. 92, — dr. 81-
[nclinaison à gauche : dr. 96 — g. 84, dr. 74 — g. l06, dr. 80 — g. 400, dr. 123 —
Inclinaison à droite ; dr. 109 — g. 71, dr. 100 — g. 80, dr. 97 — g. 83, dr. 70 —
L’action de l’excitation du labyrinthe de l’oreille était manifeste : un peu plus prononcée seulement chez G. et M. que
to fcc te
ERUEUnS DANS l,A PERCEPTION OES DIRECTIONS
chez les autres. Chez M. les déviations par rapport à 90“ étaient de 16“ et de 20°; chez G., de 3“, 33“ et 20“ ; chez F., de 6“ pour l’attitude droite de la tête, de 20“ pour l’inclinaison à gauche et de 7“ pour l’inclinaison à droite; chez moi enfin elle était très légère, de 2“ pour l’attitude droite de la tête, de 6“ pour rinclinaison à gauche et de 19“ pourrinclinaison à droite. Ces chiffres sont notablement plus élevés que ceux donnés dans les figures 1, 2 et 3. Le sens des déviations des lignes tracées était chez tous les sujets le même que dans les cas de non-excitation préalable du labyrinthe par les ondes sonores. Les expériences qui viennent d’être communiquées confirment ainsi les importants résultats des paragraphes précédents, relatifs à l’influence des excitations sonores sur l’intensité des erreurs de direction. Mais elles montrent, en outre, les errew's de jJerception des directions des sons sont soumises à des lois qui, du moins en ce qui concerne les rotations de la tête autour de son axe sagittal, sont exactement identiques à celles (que nous acons constatées antérieurement, lors de nos exg>ériences dans l’espace obscur.
La question posée au début reçoit ainsi une réponse nettement affirmative, et la conclusion tirée de cette affirmation .se trouve confirmée par l’expérience. Puisque, en effet,, les erreurs portant sur les directions des sons dépendént incontestablement du labyrinthe de l’oreille, il doit en être de même des erreurs des perceptions des directions commises dans l’ espace obscur. Et ainsi se trouve confirmée ma théorie que les ondes sonores constituent la source générale cl’ excitations pour les sensations de direction. (Voir chap. iv,
§ 10- — Erreurs sur la direction des bruits entotiques.
Dans mes travaux antérieurs sur le labyrinthe, considéré connue organe du sens de l’espace, ]’ai attiré l’attention sur certains bruits entotiques qui pourraient jouer un certain rôle en tant qu’excitateurs constants des nerfs ampullaires. L’ha-
L OREIUÆ.
biludc cl le manque (rallcnlion foulque ces bruils écliappenl soiivenl noire perceplion (voir chap. iv, | 10).
Personnellemcnl je me Iroiivc exposé presque sans inlerruplion à ces bruils pénibles qui consliluenl une sorle de bourdonnemenl pulsalile. Avec l’ége ils onl beaucoup augmcnlé d’inlensilé, au poinl.que je puis facilcmenl, gn\ce à eux, compler le nombre de mes pulsalions el conslaler leurs varialions d’inlensilé. Ils augmenlenl considérablemenl, lorsque la tèle se trouve appuyée ou dans la position inclinée, ce qui, vu mon insomnie chronique, devient pénible au plus haut degré. J’ai dû songer à un moyen susceptible de les combattre, au moins pendant la nuit, et j’ai trouvé ce moyen dans la production, dans le voisinage de l’oreille, d’un bniil rijlhmicjue extérieur. Un diapason en vibration ou, ce qui est encore plus simple, le rapprochement de l'oreille d’une montre en marche sont de nature à suspendre momentanément ces bruits pulsatiles.
Le tic-tac d'une montre sulïil dans ces circonstances pour arrêter le bruit dans les deux oreilles. Lorsqu’on applique la monli’e directement sur les os du crâne, son action calmante est beaucoup moins prononcée. Il est impossible d’expliquer, par le simi)le détournement de l’attention, l’action calmante, (pie des excitations sonores rythmiques extérieures exercent sur les bruits enloliques. Ai les bruils de la rue, comme par exenqile le roulement des voilures, ni la lecture ou la conversation avec plusieurs personnes ne sont capables de sup- |)rimer la sensation de ce bourdonnement rythmique ou, plutôt, de ces pulsations bourdonnantes. C’est seulement pendant le voyage en chemin de fer que j’en suis complètement débarrassé, et cela grâce au roulement régulier du train.
Xous avons donc ici la démonstration d’un phénomène, dont je prévoyais la nécessité et l’existence comme la condition indispensable du fonctionnement régulier des canaux semicirculaires ; les excitations sonores venant de l'extérieur, sont susceptibles , en supprimant momentanément les inhibitions qui régnent dans les centres moteurs de lu tête et des yeux et proviennent des nerfs du labyrinthe de l'oreille, d' engendrer ainsi des mouvements de la tête et
ErtREURS DANS LA PERCEPTION DES DIRECTIONS 21)3
éventuellement aussi des globes oculaires dans la direction de la soitrcc sonore (voir chap. iv, | 10).
Nous avons donné, dans le dernier paragraphe du chapitre précédent, un exposé plus détaillé des conséquences qui découlent de ce fait, au point de vue de la théorie du sens de l'espace. Les bruits entotiques n’ont été cités ici, que dans le but d’attirer l’attention sur une erreur de direction à laquelle ils donnaient lieu dans mon cas particulier. Lorsque je tiens la tête droite, mon bourdonnement est un peu plus fort dans l’oreille droite, c’est-à-dire que je le perçois davantag-e à droite qu’à gauche. Or, en tournant ma tête autour de l’axe sagittal, j’observe constamment le phénomène suivant : lorsque la tête est penchée vers l'épaule gauche, j' entends le bourdonne?7ieîit, considérablement augmenté, dans l'oreille droite seulement, et je localise la source de ces bruits un peu au-dessus de cette oreille. Le contraire se produit lorsque je penche la tête vers l’épaule droite : je ne perçois le bourdonnement pulsatile qu’ci gauche et en haut, avec l'oreille gauche.
L’erreur se produit donc exactement de la même façon que dans- les expériences avec les diapasons en vibration. La source du bourdonnement est localisée dans la direction opposée au sens de l' inclinaison de la tête.
Toutefois, lorsque ma tête est penchée vers l’épaule, une certaine différence se manifeste entre l’oreille droite et l’oreille gauche, au point de vue de l’inhibition de ces bruits. C’est ainsi que je puis, dans l’inclinaison de la tête à droite, arrêter instantanément ce bourdonnement pulsatile, en approchant une montre de l’oreille droite. Par contre, je ne puis obtenir le même résultat en approchant une montre de l’oreille gauche, lorsque ma tête est penchée à gauche ; le bourdonnement de l’oreille droite s’affaiblit, mais ne disparaît pas complètement.
Quoiqu’il en soit, ces auto-observations montrent que, dans les rotations de la tête autour de l’axe sagittal, certains bruits entotiques, en ce qui concerne la perception de leurs directions, obéissent à la même loi des erreurs que les excitations sonores venant de l’extérieur, c’ est-à-dire aux mêmes
I, OUEILI.K
lois^ auxqnellea est soumise dans des conditions (umlot/nes, kl perception des directions dans l’ obscurité.
I 11. — Nouvelles expériences sur l’erreur décrite par Aubert^.
Nous avons, au cours de ces considérations, attiré à plusieurs reprises l’attention sur la grande analogie qui existe entre les erreurs sur la direction verticale, survenant pendant les relations de la tête autour de l’axe sagittal, et la position oblique qu’affecte au cours des mômes rotations une ligne . verticale éclairée dans l’espace obscur. C’est à Aubert que ÿ nous devons la connaissance de ce dernier phénomène optique, i rappelant les erreurs acoustiques décrites au paragraphe 9. .
Les savants qui ont étudié ce phénomène n’ont pas réussi à en donner une explication satisfaisante.
Les uns veulent voir la cause de celle erreur dans une estimation insuffisante ou même nulle du degré d’inclinaison delà tôle (Aubert, Helmhollz) ; les autres dans une estimation exagérée de ce degré (YvesDelage et autres). Après une longue série d’expériences, Nagel a renoncé à donner une ; explication adéquate île l’erreur en question. 11 semblait se douter loulelbis, qu’il ne s’agit nullement dans ce phénomène d’une erreur ayant son point de départ exclusif dans la rétine, mais (|ue celle erreur pourrait bien dépendre du labyrinthe de l’oreille. C’est du moins ainsi qu’on doit interpréter son intention d’étudier celte erreur chez les sourds-muets. Je ne sais si, depuis 1897, Nagel a eu l’occasion de réaliser son intention. En tout cas, à ma connaissance, il n’a rien publié lè-dessus. 11 est d’ailleurs difficile d’admettre que Nagel, qui conçoit les mouvements des yeux comme compensateurs, dans le sens de Breuer, ait pu, vu ces prémisses, obtenir par des expériences sur des sourds-muets, des résultats valables. Cela se comprend facilement, après les explications données au paragraphe 9 L Le dernier travail sur le phénomène