MOQUEUSE
llamme et les rend turgescents. C'est cette même éreclilité qui, malheureusement, peut enfermer le pus dans les cavités mastoïdiennes. Chàtellier indique comme appareils de séparation, d’avant en arrière, le sourcil osseux qui sépare l’attique du conduit, la saillie de la marge tympanique, le ligament externe rubané du marteau, le col du marteau, le tendon du tenseur et le bec de cuiller. La muqueuse ondule sur ces différents diaphragmes.
Ces poches, qu’on pourrait énumérer longuement, n’ont pas toutes grand intérêt ; elles ne retiennent le pus que quand les replis qui les délimitent deviennent épais, turgescenls, se pincent et s’accolent.
Ceci peut se présenter à l’orifice tubaire et isoler la caisse du pharynx, — au-dessus des osselets et isoler l’attique et l’antre mastoïdien de la caisse, du tympan, de la trompe et du pharynx, — au-dessus de l’attique, dans l’antre ou dans les cellules et y enfermer le pus. Les méfaits des ligaments suspenseurs des osselets et des tendons sont plus graves, par la rétraction que provoque la sclérose post-inflammatoire, ou post-opératoire, ou spontanée, et par ce qu’on pourrait appeler l’athérome de la caisse. Les ankylosés, les soudures, les rétractions, les torsions sont fréquentes et difficiles à combattre, vu l’impossibilité d’une mobilisation méthodique et
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continue. De toutes les scléroses de la caisse, c’est celle de la membrane tympanique qui est peut-être la moins redoutable.
Sur le périoste ou sur le tissu conjonctif des gaines synoviales et séreuses, on trouve un chorion muqueux, dense surtout à la partie profonde et formé de fibres enchevêtrées en tous sens, ménageant, outre les espaces vasculaires, des lacunes lymphatiques. Ce chorion est recouvert d’une couche de cellules basales, que surmontent des cellules cylindriques, çà et là caliciformes ; çes cellules sont vibratiles, car la muqueuse tympanique est un diverticule de l’arbre respiratoire; cependant, ce type épithélial se modifie : i° sur les pièces mobiles, osselets et membranes, où il devient plat et d’une seule couche ; 2° au pourtour de l’orifice tubaire où se voient de petites invaginations esquissant des formations glandulaires. Enfin, la couche muqueuse de la membrane est un véritable endoihélium, avec cellules polygonales et stomates.
TROMPE D’EÜSTACHE
Comme le conduit auriculaire externe, le conduit pharyngo-tympanique, qui est bien plus le conduit auditif interne que le trou par lequel pénètre le nerf, se compose de deux portions, une externe osseuse, l’autre interne fibro-carti-
TROMPE
lagineuse. Comme lui, il se porte en avant, en bas et en dedans, mais cette obliquité est naturellement beaucoup plus prononcée en avant. Il décrit une grande courbe dont le centre serait
Fig. 52. — Appareil tubaire .
I, portion membraneuse de la trompe, rabattue ; II, portion cartilagineuse ; III, gouttière ; IV, portion osseuse ; V, loge du muscle du marteau; VI, carotide interne; VII, reine jugulaire.
en bas et en arrière. Les courbures de la trompe sont bien moins accusées et importantes que celles du conduit externe.
Comme le conduit encore, la trompe est formée de deux cônes opposés par le sommet
Bonnieh — Oreille, I
ANATOMIE
(isthme), et aplatis de dehors en dedans et d’avant en arrière. La cavité de la trompe, dans sa partie mobile, se réduit à une fente, à l’état de repos, et forme une section ovalaire, à grand axe presque vertical pendant le jeu des muscles.
La longueur de la trompe est en moyenne de
4 centimètres, dont un tiers, l’externe, est osseux; le reste est formé par un squelette fibrocartilagineux.
Le calibre varie. Son exlrémité interne, c’està-dire l’orifice pharyngien, a 8 millimètres sur
5 millimètres; à l’isthme, c’est-à-dire à l’entrée de la partie osseuse, le calibre ne dépasse pas î millimètre dans toutes les dimensions; à l’orifice tympanique, il atteint 5 millimètres sur 3.
La trompe est en rapports : En haut, avec le conduit osseux du tenseur tympanique; puis avec la suture pétro-sphénoïdale, puis avec le bord interne de la fosse naviculaire; en bas, avec l’aponévrose inlermusculaire, le fascia salpingo- pharyngien (Trœltsch), qui sépare les deux péristaphylins — en dehors, avec la scissure de Glaser, le péristaphylin externe, l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde; — en dedans, avec le Canal carotidien, le périslaphylin interne, la muqueuse pharyngienne.
L 'orifice interne ou pavillon de la trompe présente un aspect vaguement triangulaire, dû à la présence de trois saillies qui sont : i° en
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avant, le pli salpingo-palatin (VIII), formé de haut en bas par le crochet qui termine supérieurement le cartilage, et par le ligament qui l’unit au voile du palais ; — 20 en arrière, le bourrelet de la trompe (V), qui n’est autre chose que l’extrémité inférieure du cartilage tuabire; ce bourrelet est terminé en bas par le pli salpingo-pliaryngien (III), qui descend sur la paroi latérale du pharynx ; — 3° en bas, un dernier pli est formé par la saillie du péristaphylin externe. Le bec du cathéter, au sortir de la région du cornet inférieur, pourra successivement, d’avant en arrière, rencontrer la gouttière ?iaso-pharyngienne, ce pli salpingo-palatin, l’orifice tubaire (XV), le bourrelet et le pli salpingopharyngien, la fossette de Rosenmuller (IV), qui n’est qu’une dépression sans signification physiologique, et enfin la paroi postérieure du pharynx.
Les points de repère indiqués par différents auteurs ne sont que d’une utilité très relative dans la pratique du cathétérisme. Nous ne nous y arrêterons pas. Remarquons seulement que chez l’enfant, le conduit débouche généralement plus bas que chez l’adulte, par rapport au niveau du plancher des fosses nasales.
La partie osseuse du conduit appartient à la description de la caisse. Sa partie molle et flexible est formée d’un cartilage et d’une masse fibreuse.
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Le cartilage tubaire forme la paroi interne de la trompe. C’est une lame triangulaire dont les bords sont recourbés, surtout le supérieur qui forme une goultière ouverte en bas. Le sommet du triangle cartilagineux n’a qu’un millimètre d’épaisseur au plus, sa base pharyngienne en a au moins trois. Cette base est libre. Il s’en faut que le cartilage ne forme qu’une seule pièce; on y trouve des incisures qui le fragmentent plus ou moins complètement, sans altérer néanmoins la cohésion des parties juxtaposées. Avec son cartilage creux et segmenté et son fibro-cartilage plan sous-tendant l’arc cartilagineux, la trompe est donc susceptible, tant au point de vue anatomique qu’au point de vue physiologique, d’être comparée à la trachée. Hyaline chez l'enfant, la substance fondamentale du cartilage devient de plus en plus concrète avec l’âge, en même temps que les cellules se raréfient.
Une lame fibreuse sous-tend la goultière cartilagineuse. Elle est mince en haut et s’épaissit vers son bord inférieur, continuée par le fascia intermusculaire qui isole les deux péristaphy-
lins.
La muqueuse de la trompe d’Eustache est peu épaisse dans la région osseuse, mais le devient davantage vers l’orifice pharyngien, en formant plusieurs plis longitudinaux, sous un épi thé-
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liurn cylindrique vibratile, où se voient quelques éléments caliciformes; on trouve des glandes acineuses , principalement dans la gouttière inférieure et dans la région cartilagineuse. Les sécrétions sont sans cesse balayées vers le pharynx par le mouvement des cils. Cette muqueuse contient beaucoup de follicules clos , formant même, vers le milieu de la porlion cartilagineuse, cequ’on appelle Y amygdale tubaire de Gerlach. Le tissu lymphoïde tend à s’atrophier avec l âge.
Appareil moteur. — i° De la portion fibrocarlilagineuse de la trompe descend un faisceau musculaire, le salpingo-pharyngien, qui appartient au slaphylo-pharyngien, et comme lui prend ses insertions inférieures dans la paroi du pharynx. Il ouvre directement la trompe en écartant la partie fibreuse du cartilage et en l’abaissant. Nous avons publié l’observation d’un malade syphilitique qui avait perdu tout appareil ptérygoïdien etstaphvlin et dont l’ouverture de la trompe se faisait parfaitement et exclusivement par ce faisceau salpingo-pharyngien.
2° Le muscle përistaphylin externe ou sphénostaphylin a, en haut, une insertion fixe dans la fossette scaphoïde qui domine l’apophyse ptérygoïde et sur la grande aile du sphénoïde en avant du trou ovale. II a encore une insertion, mobile celle-ci, sur la lame fibreuse et le rebord
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de la trompe; les fibres qui en descendent s’inséreraient, d’après de Trœltsch, sur l’apophyse ptérygoïde; elles constituent donc un appareil de dilatation, puisqu’elles rapprochent la partie fibreuse de la trompe de l’insertion fixe inférieure. Les autres fibres à insertion supérieure fixe vont contourner le crochet plérygoïdien et se diriger à angle droit vers l’aponévrose palatine où elles s’étalent en éventail. Elles servent à tendre le voile du palais.
3° Le péristaphylin interne ou pétro-staphylin prend son insertion fixe en haut sur le rocher sous la courbe carotidienne. De ce point, il tombe obliquement sur l’aponévrose palatine dont il est le releveur.
De plus, il longe le cartilage tubaire, et, par le gonflement que produit sa contraction, il le refoule et s’oppose à son ouverture.
L’appareil dilatateur est donc composé du pharyngo-staphylin et surtout du péristaphylin externe; l’obturation est spontanée; elle se fait par l’élasticité du cartilage et parle refoulement du péristaphylin interne contracté. La volonté peut en effet mainlenir ouvertes nos trompes ou l’une d’elles, elle ne peut les fermer quand elles sont ouvertes.
Quand le dilatateur tubaire cesse d'agir, l’élasticité du cartilage et celle des parties molles qui environnent la membrane fibreuse, celle de la
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membrane fibreuse elle-même suffisent à l’obluration de la trompe. Quand le périslaphylin interne se gonfie en se contractant, l’obturation est plus complète et la dilatation devient plus difficile.
Les artères proviennent de la carotide externe par la pharyngienne profonde et delà maxillaire interne par Ja méningée moyenne et la viclienne.
Les veines forment un plexus ci rcum tubaire unissant les veines de la caisse à celles du pharynx et se terminant dans le plexus ptérygoïdien tributaire des veines jugulaires.
Les lymphatiques sont en continuité avec ceux de la caisse, ceux du voile du palais (gangl. inter-carotidiens, sous-styliens, juxtahyoïdiens), des amygdales du pharynx (ggl. préaxien).
Les nerfs sensitifs sont le rameau de Jacobson (IX paire), le rameau pharyngien de Bock (gangl. de Meckcl), ce dernier pour la muqueuse.
Le salpingo-pharyngien est innervé par des filets issus du plexus pharyngien et qui proviennent selon toute vraisemblance du glossopharyngien. Le péristaphylin externe reçoit une branche du ganglion otique que l’on peut faire remonter au nerf masticateur du trijumeau. Le périslaphylin interne est innervé par le
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nerf palatin postérieur, issu du ganglion sphénopalatin ou de Meckel, et dont les fibres afférentes proviennent du facial par le grand pétreux superficiel.
Remarquons que le dilatateur de la trompe est innervé comme le muscle du marteau et l'obturateur comme celui de l’étrier; les premiers appartiennent d’ailleurs à l’arc mandibulaire, les seconds à l’arc hyoïdien.
CELLULES MASTOÏDIENNES
La fig. 55 nous montre la coupe des cellules mastoïdiennes selon le plan moyen de la caisse ou à peu près. La figure indique quelle est la disposition générale des cavités de grandeur naturelle.
A l’état frais, et recouvertes de la muqueuse, ces cellules n’ont entre elles que des voies de communication très étroites, facilement fermées. Elles peuvent manquer et l’apophyse mastoïde forme alors une masse compacte, éburnée.
La muqueuse est une émanation de la muqueuse de la caisse, tapissée d’un épithélium pial sans cils vihratils. Ces cavités sont ou doivent être tou jours remplies d’air. Elles ne jouent aucun rôle dans la physiologie de l’oreille et
CELLULES MASTOÏDIENNES
sont simplement dues à la raréfaction des masses osseuses destinées à alléger le crâne, comme les sinus de la face et les cavités aériennes si remarquables chez les Oiseaux. Le nom de sinus masloïde leur con *rn rirait, si le mot sinus n’é-
Fig. 55. — I, écaille ; II, antrum ; III, caisse ; IV, celiules mastoïdiennes.
veillait dans la pratique certaines confusions eu égard au sinus latéral veineux, dont il est toujours question à propos de la chirurgie de celte région.
ANATOMIE
Nous donnons ici les principales variétés signalées par les auteurs.
7-7(7.50. — Apophyse pneumatique. Fig. 57. — Apophyse diploétique.
Artères. — La stylo-mastoïdienne en avant
Fig, 58. — Apophyse compacte.
LABYRINTHE OSSEUX 109
et en bas, et la méningée moyenne par la suture pétro-squameuse, en haut.
Veines. — Elles vont soit au sinus pétr eux supérieur y soit au simts latéral , ou aux veines
émissaires.
Nerfs. — Le glosso-pharyngien, et les sympathiques des artères.