RÉGION DE L’OREILLE INTERNE
LABYRINTHE OSSEUX
Si, par une section parallèle à celle qui nous a donné la moitié interne de la caisse, on détache une lamelle osseuse épaisse d’un demi-centimètre environ, on obtient la préparation de la fig. 5q, dans laquelle de petites fouilles attentives nous montreront le trajet de canaux semicirculaires.
Cette figure nous indique très suffisamment la configuration générale du labyrinthe osseux et le détail de ses parties; au centre la cavité du vestibule, en avant le limaçon, en arrière lé système des canaux. Il est facile de superposer cette coupe à celle de la fig. 42> en prenant pour repères le canal carotidien (I), ouvert dané
MO
ANATOMIE
son trajet inlra-pétreux, le golfe de la jugulaire (X VIII), la partie initiale de l’aqueduc de Fal-
Ia
Fit/. 59. — Labyrinthe osseux.
I, coupe cl u canal carotidien; II, lame spirale; III, rampe lym panique, deuxième tour ; IV, fossette cocliléaire ; V, fossette sacculaire ; VI. canal de Fallope, première portion ; VII, fossette ut» iculaire ; VIII, ampoule sagittale ; IX, ampoule horizontale ; X, gouttière sulciforme, dans l’orifice commun des deux canaux ver licaux ; XI, canal horizontal sectionné; XII, son orifice iuitial- XIII, canal transversal; XIV, crête du vestibule; XV, ampoule', transversale ; XVI, fossette de la fenêtre ronde ; XVII, fenêtre ronde ; XVIII, golfe de la veine jugulaire ; XIX, commencement de la rampe tympanique ; XX, rampe vestibulaire.
lope (VI), et en se rappelant que le promontoire n’est que la saillie du limaçon dans la caisse, que le canal horizontal est déjà visible en VI sur la fig. 42) que la fenêtre ovale donne accès de
LABYRINTHE OSSEUX Ht
la caisse dans le vestibule osseux, et que la fenêtre ronde se trouve sectionnée en XVII.
Remarquons en haut la saillie du canal sagittal, saillie utile à reconnaître pour l’étude de l’os et les coupes qu’on y peut faire, et en bas, une petite portion de la caisse tympanique, formant la fossette de la fenêtre ronde (XVI).
A. Vestibule. — 6 millimètres d’avant en arrière, 5 millimètres de haut en bas et 3 de dehors en dedans.
La paroi externe a été enlevée, mais on peut la reconnaître sur la fig . 63(1); elle ne présente que l’ouverture de la fenêtre ovale (V), qui n’est sur le vivant qu’une partie mobile de la paroi rigide du vestibule et se trouve complètement fermée par la platine de l’étrier.
Sur la paroi interne, nous remarquons {fig>o<f) :
La crête du vestibule (XIV), petite saillie coudée en équerre, avec une branche verticale qui sépare une fossette antérieure d’une fossette supérieure, et une branche horizontale qui isole cette même fossette antérieure d’une autre fossette supérieure. La branche horizontale s’élargit en avant, en forme de cône et constitue sur la paroi antérieure la pyramide du vestibule assez directement opposée à la fenêtre ovale. La branche verticale de la crête se trouve effacée en bas par une fossette minuscule, la fossette cochléaire de Reichert (IV).
ANATOMIE
La fossette supérieure (Vil), se nomme encore elliptique ou semi-ovoïde ; l’antérieure (V), est la fossette hémisphérique : nous dirons fossette utriculaire pour la première, et sacculaire pour la seconde.
La fossette postérieure, la plus grande, se décompose en trois cavités qui forment l’entrée de trois orifices. En haut (X), se trouve l’orifice initial des deux canaux verticaux, le transverversal et le sagittal, au milieu et en arrière (XII), l’orifice initial du canal horizontal; en bas, l’orifice ampullaire ou transversal (XV). Dans la fossette supérieure, celle qui précède l’orifice commun des canaux verticaux, se voit une petite gouttière dirigée de dehors en dedans, de bas en haut et d’avant en arrière, qui se termine par l’orifice de l’aqueduc du vestibule, on la nomme gouttière sulci forme (X). Parti de ce point, l’aqueduc du vestibule, long d’un centimètre, se dirige en bas et en arrière pour se terminer sur la face postérieure du rocher (X, fig. 62).
La voûte montre les orifices ampullaires du canal sagittal et de l’horizontal (IX), ce dernier en partie enlevé par la section.
La partie inférieure du vestibule est remarquable par l’orifice de la rampe vestibulaire du limaçon (XX), et par le commencement de la lame spirale osseuse, que nous retrouvons près
LABYRINTHE OSSEUX
de sa fin en II. Sous cette dernière, on voit en XIX la rampe tympanique dont la paroi se revoit en III, et qui commence à la fenêtre ronde (XVII), s’ouvrant dans la caisse en bas et en arrière.
On appelle taches criblées des ensembles de petits pertuis destinés au passage des filets nerveux de la huitième paire. La tache criblée supérieure [macula major de Morgagni), s’étale sur la pyramide et la moitié antérieure de la fossette utriculaire ; elle livre passage au nerf ulriculaire, à l’ampullaire sagittal et à l’ampullaire horizontal.
La tache criblée antérieure [m. minor M.), au milieu trt en bas de la fossette sacculaire, pour le nerf de ce nom.
La tache criblée postérieure [m. minima M.), en bas de la fossette postérieure ; elle laisse passer les six ou huit petits filets du n. ampullaire transversal.
La tache criblée de Reichert occupe la fossette cochléaire; elle donne accès à des filets du nerf auditif qui se rendent à la partie initiale du canal cochléaire, restée dans le vestibule.
B. Canaux semi-circulaires. — Ils sont au nombre de trois, qu’on appelle supérieur, postérieur et externe.
Nous préférons le nom de sagittal pour le supérieur (VIII), transversal pour le postérieur (XIII), d’horizontal pour l’externe (IX, XI et XII).
Boxxikh -w Orejlle, 1 8
ANATOMIE
Ces noms sont, en effet, ceux des plans dans lesquels sont compris les axes de ces canaux et ils ont l’avantage, tout en les qualifiant suffisamment au point de vue anatomique, de spécifier leur fonction, ainsi que nous le verrons dans la partie physiologique. En réalité, chaque canal forme les trois quarts d’un cercle : le quait qui manquerait à chacun d’eux étant intercepté par la cavité vestibulaire qui leur est commune. Iis constituent ainsi trois anses creuses perpendiculaires entre elles, et ayant chacune un orifice initial et un orifice ampullaire dilaté, ouverts dans le vestibule osseux.
Nous avons vu en quels points de la paroi débouche chacun de ces canaux ; ajoutons que les deux canaux verticaux, le sagittal et le transversal, ont une partie initiale commune et que le sagittal et l’horizontal ont leurs orifices ampullaires très proches l’un de l’autre. Il s’ensuit que la partie initiale de l’horizontal est également proche de l’ampoule du transversal.
Bien qu’ils soient situés dans trois plans perpendiculaires entre eux et que le point commun aux trois plans se trouve dans la fossette postérieure, il faut remarquer que le canal transversal, le plus long des trois, descend au-dessous du plan de l’horizontal et rompt ainsi la régularité de la figure. Leur section n’est pas circulaire, mais elliptique avec le grand axe dans le
LABYRINTHE OSSEUX
plan du canal; le diamètre moyen est un peu inférieur à i millimètre; la longueur du canal horizontal est de 10 millimètres, celle du sagittal de 12 millimètres, celle du transversal de i5 millimètres.
G. Limaçon osseux. — Delà partie antérieure du vestibule osseux (XX, XIX), on voit sur la figure se détacher un double conduit, qui se dirige d’abord vers le canal carotidien, disparaît de la surface de section pour réapparaître plus haut après avoir décrit un demi-tour de spire et continuer à s’enrouler ainsi sur lui-même. C’est le limaçon osseux, formé de deux rampes juxtaposées; l’une, plus externe, part de la cavité du vestibule; l’autre, plus interne, semble commencer à la hauteur de la fenêtre ronde (XVII). Elles sont complètement isolées par des membranes, la première est nommée rampe vestibulaire (XX), l’autre rampe tympanique (XIX, III).
La fi g. 59 nous montre que l’axe du limaçon est horizontal et dirigé de dedans en dehors et d’arrière en avant. Il est situé dans le triangle formé par la paroi supérieure du rocher en haut et en avant, par le canal carotidien en avant et en bas, et par le vestibule en arrière. Un autre rapport important est la proximité de l’aqueduc de Fallope (VI).
Il est d’usage de décrire le limaçon comme
ANATOMIE
reposant sur sa base avec l’axe vertical, et ce^ usage, bon à suivre, modifiera notre terminologie en orientant les parties par rapport à l’axe du limaçon.
Pour se rendre bien compte de la configuration générale de l’appareil cochléaire, il faut
■Fig, 60. — I, .canal allèrent; II, bec terminal; III, canal spiral de llosenthal ; IV, canal efférent.
considérer un système de deux cônes, dont le plus petit, de hauteur égale à la base (3 millimètres), est enfermé dans l’autre, dont la base serait d’un diamètre double, et la hauteur égale aux quatre tiers de celle du petit. Les deux cônes ont même axe et leurs bases reposent sur le même plan.
LABYRINTHE OSSEUX
Le premier de ces cônes, l’interne, a une base excavée que nous étudierons plus loin ; il forme le moyeu , le noyau, Taxe du limaçon, et s’appelle modiolus (Valsalva), ou columelle (Breschet). L’espace compris entre sa surface et celle du cône qui le recouvre, porte le nom de lame des contours. Cet espace est créusé d’un canal
J'ig. Gl. — • I, rampe tympanique ; 1T, iame spirale; III, bec terminal ; IV, rampe vestibulaire.
également conique, allongé et contourné en spirale aulour de l’axe commun, dextrorsum pour le limaçon gauche, sinistrorsum pour le droit; la longueur de ce canal est d’environ 3 centimètres, sa largeur de 2 millimètres à la base et de 1 au sommet. Le chitîre 3 se répète ici souvent. En effet, le canal conique qui creuse la lame des contours est une rampe de 3 centi-
ANATOMIE
mètres, décrivant 3 tours de spire sur 3 millimètres de hauteur.
Le long de cette rampe, de la base au sommet et sur sa paroi axiale, se voit une mince avancée osseuse, qui fait saillie jusqu’au centre du tube enroulé, c’est la lame spirale . Elle commence au-dessus de la fenêtre ronde (XVII, fie/. 5q), et se termine, avant d’atteindre le sommet, par un crochet (bec, rostrum, hamulus). Elle a donc moins de 3 centimètres de longueur.
A la base d’implantation de cette lame spirale, sur la columelle, creusée entre celle-ci et la lame des contours, on remarque un fin canal qui la suit dans toute sa longueur, et qu’on nomme canal spiral de liosenthal (III, fig. 6o).
De la paroi interne de ce canal descendent une grande quantité de petits canaux osseux (IV), perpendiculaires à la base de la columelle, et se terminant par de petits orifices visibles du conduit auriculaire interne. De la paroi externe du canal de Rosenthal, sortent un grand nombre de fins canaux (J), qui deviennent conlluents à l’intérieur de la lame spirale pour déboucher dans le canal limacéen.
De la paroi interne de la rampe tympanique, en avant de la fenêtre ronde, part Y aqueduc du limaçon (XVIII, fig. 64), qui décrit une courbe à concavité inférieure, pour venir se porter en
labyrinthe osseux
bas, en arrière et en dehors, un peu en dedans de la fosse jugulaire, et se termine dans une
Fig. 62
Yll
dépression qui occupe le bord postérieur du rocher (VIII, fig. 62).
Conduit auriculaire interne. — Il a près de 2 centimètres de profondeur et un demi-centimètre de diamètre. La fig. 62 montre son orifice endocrânien, par le tiers interne de la face postérieure du rocher (VI).
La fig. 63 représente une coupe de son extrémité labyrinthique intéressant à la fois la paroi interne du vestibule et du limaçon.
ANATOMIE
La fig. 64 nous montre une section longitudinale de ce conduit (XII).
L extrémité labyrinthique est divisée en deux
Fig. G3. — I, paroi labyrinthique externe ; II, canal transversal ; III, canal sagittal ; IV, encoche formée par la fossette sulcifornie ; V, fenêtre ovale vue de l’intérieur ; VI, fossette criblée supérieure; VII. section du canal de Fnllope ; VIII, crête falciforme et se trous ; IXl.ame spirale; X, pertuis des canaux afférents cochléaircs ; XI , foramen singulare ; XII, golfe jugulaire.
étages par une crête transversale (X), crête falciforme. L’étage supérieur présente en avant l’orifice de l’aqueduc de Fallope (VII, fig. 63 et
LABYRINTHE OSSEUX
VIII, fig. 64), en arrière, une fossette avec trois ou quatre trous (V7, fig. 63, et IX, fig- 64), qui débouchent dans la tache criblée
Fig. 61. — I, paroi antérieure du conduit externe; II, sortie de la corde du tympan; III, canal de Fallope, deuxième portion; IV, toit de l'attique ; V, canal horizontal ; VI, canal sagittal ; VII, fossette utriculaire ; VIII canal de Fallope, entrée IX, fossette supérieure ; X, crête falciforme ; XI, fossette saccuiaire ; XII, conduit interne; XIII, tache criblée saccuiaire; XIV, entrée du nerf cochléaire ; XV, lame spirale ; XVI, trompe d’Eustache ; XVII, foramen . singulare ; XVIII, aqueduc du limaçon; XIX, fossette cochléaire; XX, bord du cadre de la fenêtre ovale; XXI. bec de cuiller ; XXII, cadre lympanique ; la coupe passe par les deux conduits externe et interne et par la partie antérieure du tympan.
supérieure du vestibule, ou tache utriculaire.
Par l’aqueduc de Fallope, s’engagent le nerf facial et l’interinédiaire de Wrisberg. Par la
ANATOMIE
fossette qui est située en arrière, passe la branche supérieure du nerf vestibulaire, qui se divise en trois filets, le premier, nerf utriculaire, s’épanouit dans la tache utriculaire ; le second est le nerf ampullaire sagittal, le troisième est le nerf ampullaire horizontal. Les trous de cette fossette donnent donc accès dans le labyrinthe aux nerfs de l’utricule et des deux canaux antérieur et externe.
L’étage inférieur montre en arrière quelques trous (XIII, fig. 64), qui aboutissent à la tache sacculaire, et un perluis plus grand et isolé des autres (XVII), le foramen singulare de Morgagni, qui forme un canal de 5 millimètres débouchant dans la tache criblée postérieure (XI) ; il contient le nerf ampullaire transversal.
Le nerf auditif ou cochléaire s’engage dans une lame criblée spirale , criblée spiroïcle , tractus spiralis foraminulentus , qui se dessine dans la fossette antérieure, fossette cochléaire de l’étage inférieur (X, fig. 63 et XIV, fig. 64). Le centre de la colume/le est formé par un canal axial autour duquel s’enroule le crible spiroïde, formé d’une série de petites macules criblées chacune de 5 à 6 petits pertuis qui sont les orifices des canaux descendus du canal de Rosenthal. Ces canaux efférents du canal de Rosenthal forment ainsi une gerbe dont la base re-
LABYRINTHE MEMBRANEUX 123
pose sur une lame spirale, et dont l’épanouissement s’arrête au canal spiral.
Avant de s’engager dans le canal axial, le nerf cochléaire abandonne un petit filel qui débouche dans la fossetle criblée de Reicherl (XIX), et qui porte un petit ganglion, ganglion de Bœttcher, analogue du ganglion spiral, et logé à l’entrée du pertuis.
LABYRINTHE MEMBRANEUX
Le labyrinthe membraneux ou récipient endolymphathique forme une seule cavité divisée en plusieurs récipients secondaires et délimitée par une paroi membraneuse mince et dépressible.
Les fig. 65 et 66 développent toute l’élendue du récipient endolymphatique et montrent l’utricule (IV, fig. 65), avec trois dilatations ampullaires supérieure, inférieure et postérieure, et les trois anses creuses, les canaux semi-circulaires, le sagittal (V), le transversal (VIII), et l’horizontal (VJ J). — le saccule (III), — le limaçon membraneux, ou canal cochléaire ou triangulaire avec ses trois faces, la membrane basilaire (VI, fig. 66), celle de Reissner (X, fig. 65), et l’externe (I), — le canal de réunion (IX) du saccule ou limaçon, le canal et le sac endolymphatiques (IX et X, fig. 66), — les
ANATOMIE
papilles utriculaire, ampullaire, sacculaire, cochléaire et spirale.
L ’utricule, placé dans le haut du vestibule, affecte la forme d’une petite outre, dont le grand axe transversal a près de 4 millimètres, les deux autres n’en ayant que deux. Il est attaché à la fossette criblée semi-ovoïde du labyrinthe osseux qui donne passage au nerf utriculaire, et
Fi y . 65. — Labyrinthe membraneux.
I, ligament spiral; II, membrane de Reissner; III, sarcule ; IV, utricule; V, canal sagittal; VI, partie commune aux canaux verticaux; VII, canal horizontal; VIII, canal transversal ; IX, canal de réunion ; X, membrane de Reissner.
émet par sa face postérieure les canaux semicirculaires par 5 orifices. La face externe s’oppose à la base de l’étrier à 9 millimètres d’espacement. Les canaux semi-circulaires , au nombre de trois, portent, d'après le plan dans lequel ils
LABYRINTHE MEMBRANEUX
se maintiennent assez librement, les noms de sagittal , de transversal et d’ horizontal , noms que nous donnerons à leurs ampoules.
Les ampoules sagittale et horizontale sont proches, les parties initiales du transversal et du sagittal se confondent en un seul canal, la partie ampullaire du transversal et l’initiale de l’horizontal sont situées l’une près de l’autre.
Fig, 66. — Labyrinthe membraneux , face posléro -interne .
1, crête horizontale ; If, crête sagittale; III, macule utriculaire IV, macule saceulaire ; V, habenula perforata ; VI, membrane basilaire ; VII, macule cochléaire (Reichert) ; VIII, crête transversale ; IX, canal endolymphatique ; X, sac endolymphatique.
Chaque canal membraneux, dont la section ovale n’est que le quart au plus de celle du canal osseux, adhère à sa paroi distale et convexe.
Le saccule est sphérique, son diamètre est de imm,5o. 11 est accollé par sa paroi supérieure et
ANATOMIE
soudé à l’ulricule. Il repose sur la paroi interne du vestibule osseux, dans la fossette hémisphérique, qui lui donne le nerf sacculaire.
De la partie postérieure de ces deux récipients, en bas de l’utricule et en haut du saccule, partent deux petits tubes qui se réunissent bientôt pour former un canal membraneux assez délié, lequel, par l’aqueduc du vestibule, se dirige à travers l’épaisseur du rocher pour se terminer à sa face postérieure en une dilatation arrondie, formée dans la dure-mère.
C’est le conduit et le sac endolymphatiques (Hasse), l’un sortant de la masse osseuse par Tbiatus du vestibule, l’autre s’étendant de là (Weber-Liell), jusqu’au voisinage du trou déchiré postérieur et du golfe de la jugulaire.
En avant et en bas, le saccule émet un autre diverticule vertical et délicat, le canal de réunion ou de Hensen, dont la dilatation distale sera le limaçon membraneux.
Le limaçon membraneux est un long canal (canal cochléaire), qui, partant de la fossette cochléaire de Reichert, décrit plus de deux tours de spire autour d’un axe presque horizontal, dextrorsum à gauche, sinistrorsum adroite. Sa section est triangulaire, sa longueur totale est de moins de 3 centimètres, son arête axiale s’insère sur la lame spirale osseuse, et sa base opposée est accolée au tiers moyen de la paroi
LABYRINTHE MEMBRANEUX
externe du limaçon osseux. Il n’atteint pas le sommet du limaçon osseux et laisse en ce point, entre les rampes tympanique et vestibulaire, une étroite communication {hélico tréma).
Le limaçon est ainsi formé de quatre rampes qui s’enroulent ensemble de la base au sommet.
i° La rampe tympanique ;
a0 La rampe vestibulaire; ces deux rampes communiquent entre elles par l’hélicotréma ;
3° La rampe moyenne ou canal cochléaire, fermé à ses deux extrémités communiquant avec le saccule par le canal de Hensen ;
4° La rampe osseuse ou canal de Rosenthal. Ces deux dernières communiquent ensemble par les orifices de la lame spirale.
Nous verrons plus loin, à propos des neuroépithéliums, la structure de ces parties tant vestibulaires que cochléaires.
Toutes ces cavités endolymphatiques sont fermées par une paroi conjonctive à tissu fibrillaire, avec quelques fibres élastiques et de rares éléments cellulaires, tapissée en dehors et en dedans d’un endothélium qui se modifie au niveau des hiles nerveux, où l’ancien neuroderme a subi d’intéressantes adaptations.
Membranes du conduit. — Le conduit auriculaire interne est tapissé sur toute son étendue par la dure-mère qui lui adhère exacte-
ANATOMIE
ment. L’arachnoïde pénètre de quelques millimètres dans le conduit, et se replie avant d’atteindre les cribles terminaux pour former une
sonnés par des travées conjonctives, que baigne le liquide céphalo-rachidien assez abondant dans le conduit dont les trous nerveux n’occupent pas toute la largeur (fi g. 67).
La coupe passe immédiatement en dedans du fond du conduit, au point où l’arachnoïde a cessé de tapisser les parois et les troncs.
Tous les récipients de l’oreille et de l’endocràne sont communicants ; la tension du liquide qui les remplit est donc uniforme, tant que les
gaine pariétale aux troncs nerveux. La première accompagne ceux-ci jus-
iWriii qu’au labyrinthe. Entre la pie-mère et le 1\ feuillet pariétal
CocMV
|1 de l’arachnoïde, s’étendentles espaces sous-arachnoïdiens cloi-
LIQUIDES LABYRINTHIQUES
LIQUIDES LABYRINTHIQUES
communications restent possibles et que les aqueducs et les gaines lymphatiques sont perméables. Au moment de l’influx cardiaque, la pression tend à monter et monterait si le liquide céphalo-rachidien ne trouvait une issue dans le rachis et un recul plus ou moins facile dans les parties membraneuses de sa paroi. Quand ce recul est rendu impossible dans le labyrinthe, le bourdonnement, la sensation de plénitude apparaissent ainsi que le pouls auriculaire. La tension des liquides labyrinthiques varie donc avec la systole et la diastole, mais l’échappement, que nous étudierons plus loin, rend ces variations inoffensives à l’état normal. Celle tension doit osciller autour de la tension atmosphérique (voir Compensation labyrinthique ), sans quoi les parois membraneuses du labyrinthe, qui supportent sur la face externe la pression atmosphérique, se laisseraient déprimer et fonctionneraient mal.
Supérieure à la pression atmosphérique pendant la replélion vasculaire, elle descend audessous d’elle quand le calibre des vaisseaux diminue. A l’état normal, quand l’oreille compense bien, ces oscillations pulsatiles ne sont pas perçues. Quand la compensation labyrinthique ou endocrinienne est compromise, le sang « bat dans la tète ou dans l’oreille », d’une manière très sensible.
Bonnier — Oreille, I
ANATOMIE
La composition de ces liquidés est assez uniforme et se rapproche de celle du sérum sanguin dont ils proviennent. Ce sont des liquides nourriciers, au milieu desquels se trouvent des matières propres à entretenir la vie des éléments épithéliaux qui y sont baignés en totalité, comme les cellules de la papille spirale du limaçon; nous devons donc y retrouver les produits de désassimilation de ces éléments, produits qui ne peuvent retourner à la grande circulation que par les récipients endo et périlymphatiques eux-mèmes. De plus, leur composition doit varier selon la partie des récipients que l’on examine, puisque l’activité des échanges n’est pas la même à la surface des endothéliums ou des papilles. Telle qu’on la connaît, on sait que l’albumine s’y montre en plus grande abondance dans Tes récipients périlymphatiques que dans le labyrinthe endolymphatique où la consommation doit en être plus active. Ils sont alcalins, limpides, incolores, fluides chez l’adulte et se troublent, légèrement par l’alcool.
Leur eau contient des carbonates de potasse, de soude, de chaux, de magnésie, du chlorure de sodium et du phosphate d’ammoniaque.
Au niveau des papilles labyrinthiques se trouvent des concrétions calcaires, formées de carbonate de chaux et de magnésie, avec une
LIQUIDES LABYRINTHIQUES
assez forte proportion de matière animale ; ce sont les ololitJus ou otoconies, dont nous avons à examiner le rôle assez remarquable chez l’Homme même, bien que leur utilité décroisse en remontant dans la série organique jusqu’à nous.
Le récipient endolymphalique n’est pas cloisonné ; le récipient périlymphatique en revanche l’est notablement dans la région des canaux semi-circulaires et des sacs vestibulaires. Des travées fibreuses se portent du périoste sous la paroi membraneuse, renfermant les vaisseaux nourriciers et excréteurs que nous allons examiner.
Les artères de l’oreille interne ont des terminaisons sous-endothéliales très flexueuses et dans le limaçon même, elles se contournent pour former de véritables glomérules (Schwalbe). Le cours du sang artériel se trouve ralenti par la sinuosité des vaisseaux terminaux et par leur dilatation
Celte condition est éminemment propre à 1 excrétion de la lymphe labyrinthique qui est lillrée par la nappe endothéliale. Le sérum des artères de la pie-mère passe de même à travers le filtre du feuillet viscéral de l’endothélium de la vaste capsule sous-arachnoïdienne et les différences de composition que l’on peut observer entre ces liquides tiennent aux qualités spéciales
ANATOMIE
des filtres endothéliaux et aux produits de désassimilation des éléments qui vivent dans les espaces lymphatiques.
Les artères de l’oreille interne sont :
i° U auditive interne , qui sort de la basilaire et accompagne le tronc auditif, elle fournit une branche vestibulaire et une branche cochléaire qui suivent les rameaux nerveux dans leurs dernières ramifications, et forment des plexus sous-endothéliaux et sous-épithéliaux ; celles du limaçon donnent à la membrane de Reissner, aux diverses formations membraneuses et surtout à la bande vasculaire ; elles sont llexueuses et se terminent par des glomérules (Schwalbe).
2° Une petite artère méningée , qui va du bord supérieur du rocher aux canaux.
3° La stylo-mastoïdienne qui, pendant son parcours dans l’aqueduc de Fallope, donne au limaçon et au vestibule.
4° Des anastomotiques (Politzer), entre la caisse et le vestibule.
Les veines.
i° L’ auditive interne suit l’artère et se jette soit dans le sinus latéral, soit dans le pélreux inférieur.
2° La veine de Yaqueduc du vestibule qui dessert les canaux et l’utricule sort du rocher pour se jeter dans le sinus pétreux inférieur.
STRUCTURE 133
3° Celle de V aqueduc du limaçon qui aboutit à la jugulaire interne.
Les conduits lymphatiques sont, outre ceux que nous avons nommés, les gaines propres des vaisseaux.
STRUCTURE
Nous avons étudié rapidement la structure du labyrinthe osseux et la disposition générale du labyrinthe membraneux, il nous reste à pénétrer davantage dans l’intimité des formations labyrinthiques et à saisir les adaptations fonctionnelles de parties homologues que nous devons comparer entre elles et rapprocher d’autres formations extra-labyrinthiques de même signification morphogénique. Nous habillerons successivement la paroi osseuse de ses revêtements superposés, que nous suivrons dans toutes leurs particularités, là même où ils semblent n’exister que virtuellement.
Hiles osseux. — Nous avons remarqué que les hiles osseux étaient plats ou concaves dans le vestibule et fortement convexes et saillants dans le limaçon où ils forment une avancée mince et plate, au milieu de la cavité générale. Nous pouvons constater tout d’abord que dans le vestibule, les hiles sont directement étalés sous les sacs membraneux, tandis que le canal
ANATOMIE
cochléaire se place très obliquement par rapport aux lèvres de la lame spirale qui ne l’aborde
I, hiie osseux ; II, périoste continuant la dure-mère ; III, couche connecte vasculaire continuant la pie-mère ; IV, couche hyaline: V, nerf représenté par un élément bipolaire avec ses deux prolongements; VI, revêtement otocystique ; VII, appareil tectorial ; VIII, endothélium périlymphatique : IX, récipient endo-
lymphatique ; X, récipient périlymphatique; A, arachnoïde qui ne suit pas l’appareil jusqu’au hile ; CR, liquide céphalorachidien.
que par son arèle interne, la paroi inférieure du canal membraneux continuant directement la lèvre inférieure du hile osseux. Cette disposi-
STRUCTURE
tion complique singulièrement la description des parties molles du limaçon, et rend déli-
Fig. 69. — Canal cochlê.aire.
]. hile osseux. lame spirale ; 11, périoste continuant la dure-mère ; III, couche eonnecto-vasculaire, continuant la pie mère; IV, couche hyaline ; V, nerf représenté par un élément bipo'aire avec scs deux prolongements ; VI, revêtement otocystique ; VU, appareil tectorial ; VIII, endothélium péril \ mphatique ; IX, récipient cndo-lymphatique, canal coehléaire ; X, récipient périlymphatique, rampe veslibulaire ; XI, récipient périlymphatique, rampe tympanique ; b, bouirel°t; bo , bande vasculaire; lig. sp, linament spiral ; vs/ j, vaisseau spiral ; mb, membrane basilaire ; mit, membrane de Rcissner ; t‘N, corde de Nuel , H, protubérance de Huscke.
cale l’homologation morphogénique de ses é|émenls.
ANATOMIE
Les taches criblées des fossettes du vestibule forment la base rigide des p i pi lies neuro-épithéliales. Elles sont constituées par la réunion d’un certain nombre de petits perluis livrant passage aux filets du nerf de l’espace, qui les traversent perpendiculairement à la paroi. Dans le saccule et l’ulricule, ainsi que dans l’ampoule sagittale ou postérieure, la papille sensorielle est directement superposée à la lâche criblée, tandis que les crêtes des deux autres ampoules ne reçoivent qu’obliquement les filets nerveux. Dans le limaçon, le hile osseux, contourné en spirale et formé par la série des canaux qui unissent la rampe moyenne au canal spiral de Rosenthal, on trouve, au lieu d’une fossette criblée, une longue suite d’environ 4 ooo orifices, séparant deux minces lèvres osseuses qui forment la lame spirale (habenula perforata).
Périoste. — ■ La dure mère accompagne le tronc du nerf labyrinthique et forme le périoste du conduit. Ce périoste s’amincit et semble disparaître au niveau des hiles on le retrouve à la partie la plus profonde des papilles, d’où il s’étale pour tapisser la paroi périlymphatique. C’est à tort, croyons-nous, que l’on regarde comme périoslales les tuniques externes des sacs membraneux, le ligament spiral du limaçon et la protubérance de Huschke ; il n’y a de réellement périostal que la couche juxta-osseuse de
STRUCTURE
ces formations. Dans le limaçon, où il pénètre également par l’aqueduc qu’il tapisse, au niveau des lèvres de la lame spirale, il se confond avec le revêtement connecto-vasculaire de ia membrane basilaire, mais nous ne pouvons considérer comme un périoste ce qui a pour homologue la pie-mère des centres nerveux. En un mot, nous n’admettons comme périoste que ce qui est immédiatement en contiguïté avec l’os.
1/arachnoïde (A, fig. 68) des centres nerveux accompagne le tronc dans le conduit, mais n’atteint pas le fond des formations criblées. L’arachnoïde, qui est une séreuse adventice, n’aurait d’ailleurs aucune raison de se continuer dans le labyrinthe où il n’existe aucun frottement, comme il s’en produit entre l’encéphale et la paroi crânienne.
Capsule périlymphatique. — La capsule sous-arachnoïdienne, pleine du liquide céphalorachidien, accompagne le tronc labyrinthique et* chez la presque totalité des Vertébrés le suit à travers les cribles osseux. Parvenue dans le labyrinthe osseux, elle s’étale dans tout l’espace compris entre le labyrinthe membraneux et la paroi périostique. Elle est formée d’un endothélium uniforme dans toutes ses parties.
Celte capsule est cloisonnée dans les canaux
ANATOMIE
semi-circulaires, où de nombreuses travées conneclo-vasculaires la traversent, ou plutôt la soulèvent en s’en laissant engainer. Ces travées, abondantes entre la paroi membraneuse et la paroi osseuse des canaux, sont rares dans le vestibule et manquent tout à fait dans le limaçon. Néanmoins, toutes les parties du récipientpérilymphatique que forme cette capsule communiquent largement entre elles; nous savons que la rampe vestibulaire du limaçon fait suite à la cavité du vestibule et qu’elle s’unit à la rampe tympanique, au sommet du limaçon, par l’hélicotréma de Breschet. La rampe tympanique émet à son tour, vers la fenêtre ronde, l’aqueduc du limaçon qui correspond directement avec les espaces sous-arachnoïdiens. Les gaines vasculaires des vaisseaux descendus de la pie-mère et des méninges établissent encore d’autres communications. Une gaine périlymphatique accompagne le canal endolymphatique et entoure le sac qui le termine. Il existe en ce point de petits perluis (Rudinger) qui, très probablement, font communiquer les deux récipients. Le feuillet viscéral de celle capsule périlymphatique tapisse la paroi du labyrinthe membraneux.
Couche connecto-vasculaire. — Le tissu conneclo- vasculaire de la pie-mère, devenu dans le conduit la gaine circum-fascieulaire du Ironc nerveux, pénètre dans les perluis des hiles. s'étale
STRUCTURE
sous les papilles épithéliales, s’y confond plus ou moins avec le périoste, dépasse la région des
Fig. 70. — Coupe du limaçon d'un cobaye d'après une préparation de AI. H. C hâte I lien
Il Y, rampe vestibulaire ; RT, rampe tympanique ; »iR, membrane de Reissner ; mb. membrane basilaire; RC, rampe cochléaiie; b v, bande vasculaire; H, protubérance de Hiisclike ; me. membrane de Corti ; c, appareil de Corti ; gs, ganglion spiral ; ne, nerf cochléairc.
papilles et va former les tuniques connecto-vasculaires des récipients endolvmphaliques. Nous
140 ANATOMIE
devons examiner en détail ses transformations dans le vestibule et dans le limaçon.
a) Dans le vestibule, elle est tapissée par le revêtement endothélial de la capsule périlymphapque, forme la couche la plus importante de la paroi des canaux, de l’utricule et du saccule, reçoit les travées qui Punissent au périoste, et n’offre aucune particularité autre que son épaisissement au niveau des papilles et son union avec le périoste au point où la capsule périlymphatique est séparée de la capsule sous-arachnoïdienne.
b) Dans le limaçon, nous devons suivre ces formations depuis la lèvre vestibulaire de la lame spirale jusqu a sa lèvre tympanique, en passant par la paroi externe du canal cochléaire. Sur la partie supérieure de la lèvre vestibulaire, le tissu connecto-vasculaire s’épaissit notablement, se confond avec le périoste et forme à ce niveau une crête à section triangulaire dite protubérance de Huschke. Elle monte à pic du côté du canal cochléaire, puis s’incline doucement vers la paroi de la columelle en dedans, de façon à figurer, de dedans en dehors, l’aspect d’une vague roulant de la columelle vers le canal cochléaire le long de la lèvre vestibulaire de la lame spirale. Puis, elle se sépare du périoste, remonte et s’amincit remarquablement, devient une fine membrane qui passe obliquement de
STRUCTURE
bas en haut et de dedans en dehors de la partie interne de la protubérance de Huschke vers la paroi externe du limaçon osseux. Cette membrane fine et dépressible qui recouvre comme un toit oblique la papille cochléaire est l’homologue de la paroi convexe des sacs vestibulaires, on l’appelle membrane de Reissner(mÆ, fig. 69); mais le tissu connecto-vasculaire s’y confond avec la tunique hyaline que nous étudierons plus loin.
Arrivée auprès de la paroi externe du limaçon, cette membrane s’épaissit de nouveau, presque subitement, et s’étale largement sur la paroi osseuse en se confondant de nouveau avec son revêtement périostique. C^t épaississement considérable recouvre toute la partie externe du limaçon osseux et forme ce qu’on a appelé le ligament spiral ( lig . sp.). Il dépasse en bas la paroi externe du cânal cochléaire et descend jusqu’à la paroi inférieure de la rampe tympanique.
On y remarque une différenciation très nette en deux régions ; Tune formée de tissu surtout connectif, avec des libres qui convergent toutes vers la région moyenne du ligament, renfermant de nombreux noyaux, — et l’autre, dite bande vasculaire (b. v), formée de deux couches vasculaires superposées dont nous reprendrons la description à propos des sources des liquides
ANATOMIE
labyrinthiques. Celle bande vasculaire s'étend depuis l’insertion de la membrane de Reissner en haut jusqu’au tiers inférieur de la paroi externe du canal cochléaire, où se trouve une légère saillie dite bourrelet (b) du ligament spiral. A l’union de la paroi externe et de la paroi inférieure du canal cochléaire, toutes les fibres qui convergent vers ce point forment une remarquable saillie qui fait face à la lame spirale osseuse, et d’où part, comme un pont, la membrane basilaire qui aboutit à la saillie de la lame spirale. Le tissu connecto-vasculaire s’amincit et forme sous le feuillet viscéral de la capsule périlymphatique la tunique tympanique connective de la membrane basilaire. Arrivée au niveau de la lèvre inférieure de la lame spirale, elle s’épaissit légèrement et finit par se fondre avec le périoste de la rampe tympanique.
Un peu en dehors du hile osseux, cette tunique renferme un vaisseau spiral (v. sp.) qui la parcourt dans toute sa longueur parallèlement aux orifices nerveux, et que l’on considère généralement comme une veine (Kôlliker) à laquelle Boetlcher a décrit une gaine lymphatique.
La saillie que forme la surélévation subite de la protubérance de Huschke au-dessus du plan basilaire détermine un sillon spiral interne , auquel répond en dehors le sillon spiral externe qui s’étend du plan basilaire au bourrelet du
STKUCTUKE
ligament spiral. Cette couche connecto-vasculaire est comme la pie-mère, irrégulièrement pigmentée.
Couche hyaline. — La gaine lamelleuse des faisceaux qui constituent le tronc labyrinthique les abandonne au niveau des papilles, s’évase perpendiculairement à sa direction primitive et s’étale pour former la tunique hyaline du labyrinthe membraneux.
a) Dans le vestibule, elle recouvre la partie interne de la tunique connecto-vasculaire ; très épaissie au niveau des hiles, elle s’élargit au niveau de l’insertion des travées, s’amincit au niveau des adhérences avec le périoste, sur la paroi convexe des canaux. Ses parties libres sont légèrement [ondulées chez l’adulte et sont le siège de véritables végétations papillaires. Toutes ces parties libres de la paroi sont dilatables. .
b) Sur la lèvre veslibulaire de la lamé spirale la lame hyaline s’épaissit rapidement, s’élève au-dessus de la saillie de la protubérance de Iluschke et forme sur la partie convexe de celle-ci la bandelette sillonnée , composée d’une série de végétations qui ressemblent aux végétations papillaires des canaux en ce que leur partie libre est plus épaisse que leur base. Ce sont les dents de la bandelette, régulièrement isolées par des sillons interdentaires dont les uns ont une dis-;
ANATOMIE
tribution radiale, et les aulres sont parallèles au bord saillant de la bandelette.
Les dents sont de plus en plus saillantes et élargies à leur partie libre de dedans en dehors; cette partie libre est aplatie sur sa face supérieure et semble, par l’ensemble de ses faces juxtaposées, offrir sur la face convexe de la baudeletle sillonnée un appui et un arrêt aux abaissements plus ou moins prononcés de la membrane de Reissner, en même temps que le liquide refoulé fuit par les sillons inlerdentaires. Nous reverrons ce détail dans la partie physiologique.
Vers son extrémité interne, après le dernier sillon du côté de la columelle, la lame hyaline s’élève et tapisse la face interne de la couche conneclo-vaseulaire de la membrane de Reissner. Dislincle de celle-ci chez l’embryon, elle se confond avec elle plus ou moins intimement chez l’adulte. Elle descend le long du ligament spiral où elle n’existe plus guère que virtuellement, et reparaît de nouveau au niveau de la crête d’insertion de la membrane basilaire dont elle va former la tunique hyaline.
Dans ses deux tiers externes, cette couche hyaline présente une série de striations radiales dues à des épaississements superficiels formant comme autant de cordes (CN, Hensen, Nuel). Ces striations sont homologues aux formations den-
STRUCTURE
lées de la bandelette et aux végétations du vestibule. Celte partie externe est la zone striée. Le tiers interne est la zone lisse qui supportera l’appareil papillaire. Au niveau des orifices de la lame spirale, cette zone se continue avec les gaines lamelleuses.
Revêtement otocystique. — Nous devons y distinguer deux parties : l’une correspond à l’ancien ectoderme embryonnaire invaginé par le retrait des papilles neurodermiques, l’autre n’est pas autre chose que le neuroderme primitif lui-même entré en contact avec les expansions ganglionnaires nerveuses. A notre avis, les papilles seules correspondent à l’ancienne plaque de la ligne latérale, le revêtement épithélial qui tapisse le reste de la capsule endolymphatique n’est que de l’ectoderme indifférent. C’est un épendyme.
i° Revêtement ectodermique. — Dans le labyrinthe, il tapisse toute la paroi non papillaire de l’ulricule, des canaux et du saccule, c'est un simple épithélium pavimenteux et plat, recouvrant la couche hyaline de la tunique membraneuse ; au voisinage des papilles, il devient peu à peu cubique.
Dans le canal cochléaire, au niveau des dents de la bandelette sillonnée, l’épithélium ectodermique, très aplati sur la face libre des saillies, s’épaissit au fond des sillons inlerdentaires où
Bp^xif.r — Oreille, I
ANATOMIE
ses noyaux apparaissent nettement de profil sur la face interne de la membrane de Reissner, il redevient pavimenteux, plus épais que le revêtement endothélial de la face opposée. Il grandit aux approches du ligament spiral et sur la bande vasculaire, s’épaissit encore au niveau du bourrelet où il devient cubique. Dans le sillon spiral externe il garde celte apparence, et en revenant sur le pont basilaire, il adopte la forme cylindrique et se continue progressivement avec l’épithélium neurodermique de la partie spirale.
2° Papilles neurodermiques. — A la périphérie des papilles neurodermiques, macules, crêtes, papille spirale, le revêtement ectodermique devenu cubique se continue par des éléments cylindriques serrés et donnant sur la coupe l’aspect d’une palissade de forts éléments qui sécrètent, par leur extrémité supérieure, une cuticule qui associe leurs plateaux en formant une véritable limitante externe. Puis, la palissade devient irrégulière, sa hauteur est occupée par deux cellules au lieu d’une grande, et au niveau de l’affleurement des prolongements nerveux, nous trouvons trois sortes de cellules : les unes occupent encore toute la hauteur de la papille et forment avec les deux membranes limitantes une sorte de balustrade dont les montants seraient fortement galbés; les autres restent étalés sur la base entre les pieds des précédentes,
STRUCTURK
les dernières sont appendues à la limitante supérieure, celles-ci sont plus courtes. Nous distinguerons donc cinq sortes d’éléments dans les papilles labyrinthiques : ce seront les cellules cubiques de la périphérie, les cellules cylindriques, les cellules de soutien, les cellules basales, et les cellules courtes. Ces éléments donnent naissance à des formations dérivées que nous examinerons en même temps. Dans les ampoules, la formation épithéliale convexe a été nommée par Steifensand,ptanwm semilunatum.
Cellules cubiques. — Celles-ci ne présentent aucun intérêt, elles servent de transition entre les élémenls plats et les haules cellules cylindriques. Dans le vestibule, elles sont situées à la périphérie des macules et des crêles ; dans le limaçon, elles tapissent en dedans le bord externe de la bandelette sillonnée, et en dehors le quart externe de la membrane basilaire.
Cellules cylindriques. — Elles font la transition entre les élémenls cubiques et les trois éléments caractéristiques de la pupille proprement dite. Dans le vestibule elles ne présentent rien de spécial ; mais dans le limaçon, où on les nomme cellules de Claudius , on en distingue d’internes (IX) dont la hauteur s’accroît rapidement, et d’externes (XIV) dont la croissance est presque subite. Elles forment un véritable bourrelet d’éléments pressés dont les têtes sont plus
148 ANATOMIE
larges que les pieds, ce qui les empêche de rester parallèles. Leurs pieds juxtaposés occupent un tout petit espace, tandis que leurs têtes, con-
Fig. 71. — Papille cochléaire.
1» lame spirale osseuse ; II, protubérante de Huschke | III , revetement endothélial de la capsule péri lymphatique ; IV, rampe vestihulaire: V. cellules rondes dans les dents de la bandelette; VI. memb ane de Reissner : Vil, revêtement otoeystique ; VIII, cellules cubiques sur la face concave externe de la protubérance ; IX. cellules de„Clnudius internes; X,' membrane de' Corti ; XI, plateau du pilier interne, se prolongeant par la membrane réticulaire; XII, une cellule de Corti ; XIII, une cellule de Deiters ; XIV,’ cellules de Claudius externes; XV, rampe cochléaire; XVI, rampe tympanique ; XVII, corde de Nuel sur la membrane basilaire; XVI II, revêtement endothélial de la capsule périlymphatique ; XIX, plexus nerveux externe ; XX, pilier externe ; XXI, vaisseau spiral ; XXII. plexus moyen ; XXIII pilier interne ; XXIV, plexus interne : XXV, prolongements périphériques des cellules ganglionnaires ; XXVI, ganglion de Corti.
tenant un fort noyau, sont soudées par leurs plateaux au moyen d’une substance cuticulaire qui maintient la cohésion et la forme de ce bourrelet