VI. NERF COCHLÉAIRE
Il forme la racine postéro-externe du nerf labyrinthique. La plus grande partie de ses fibres se jettent dans le noyau antérieur (A); d’autres, plus externes, aboutissent au tubercule acoustique (TA); enfin, certains auteurs admettaient des fibres qui, sans s’arrêter au tubercule acoustique, formant les stries médullaires, arrivaient dorsalement jusqu’au raphé, le parcouraient en partie d’arrière en avant et remontaient du côté opposé dans l’anse latérale jusqu’aux lobes temporaux. Luys, Bechterew et les auteurs plus récents n’admettent pas ces fibres directes. L’anatomiste russe interprète tout autrement les connexions des stries médullaires dont il fait
ANATOMIE
une commissure cérébelleuse; c’est, comme l’a montré Luys, m\ pédoncule cérébelleux moyen
postérieur.
Si ces fibres existent réellement, elles auront pour homologues les fibres des racines postérieures qui traversent sans s’y arrêter (Bechterew) les cornes postérieures, s’engagent dans la commissure postérieure, remonlentdu côtéopposé dans la portion interne de la colonne latérale, traversent la partie externe de la formation réticulée tandis que les fibres acoustiques prennent sa partie interne, — et gagnent l’écorce pariétale.
Le nerf cochléaire a des rapports mieux établis avec l’écorce temporale.
Du tubercule acoustique partent des fibres décrites par Hans Held, Bechterew et Kœlliker, qui parcourent la surface du plancher du quatrième ventricule, dépassent et contournent les masses grises du noyau interne (I), celles de l’hypoglosse, plongent dans le raphé, le parcourent et remontent du côté opposé dans l’anse latérale et aboutissent les unes à l’écorce temporale directement, les autres au tubercule quadrijumeau postérieur (QP). De ce noyau parlent des fibres soit vers le corps postéro-basilaire (P. B) de la couche optique, soit vers le corps genouillé interne (GI) et de là vers l’écorce temporale (ire T). — Ces fibres ont pour homologue le faisceau qui part de la tète de la corne posté-
NERF LABYRINTHIQUE
rieure, traverse la commissure postérieure, rejoint dans le faisceau interne de l’anse latérale les fibres médullaires dont nous avons parlé plus haut et aboutissent à l’écorce pariétale.
Certaines de ces fibres se comportent vis-à-vis de l’audition, en la véhiculant par le tubercule quadrijumeau postérieur, le corps genouillé interne et aboutissant à l’écorce temporale, comme les fibres du nerf optique qui aboutissent à l’écorce occipitale en passant par le tubercule quadrijumeau antérieur, le corps genouillé externe, se comportent à l’égard de la vision.
La tactilité tégumentaire véhiculée par la moelle vers l’écorce pariétale emprunte des voies conductrices tout à fait comparables.
Du même tubercule acoustique, des fibres, décrites par Monakow, s’engagent à travers les noyaux de la base et se divisent en deux faisceaux dont l’un postérieur se dirige obliquement vers l’olive supérieure du côté opposé, et l’autre atteint directement l’olive supérieure du même côté. Nous verrons plus loin les connexions de ces noyaux.
Du noyau antérieur, les fibres partent, en dehors du corps restiforme, le contournent, reviennent en avant, passent entre le noyau du facial (VII) et la racine du trijumeau (V) et atteignent l’olive supérieure du côté opposé.
Bonnier — Oreille, I
ANATOMIE
Ivœlliker admet un faisceau parallèle au dernier et qui semble aboutir au noyau du facial.
Un second faisceau se dirige en arrière et en dedans, et gagne, d’après Held, l’anse latérale du même côté, et probablement la temporale correspondante.
Un troisième contribue à former les fibres du corps trapézoïde et atteint l’olive supérieure opposée (Edinger). Un quatrième aboutit à l’olive supérieure du même côté. Un cinquième se termine dans le noyau trapézoïde opposé (Held), un sixième aboutit au noyau trapézoïde correspondant.
Enfin un faisceau entre également dans la composition du corps trapézoïde, traverse le raphé, passe en arrière de l’olive supérieure opposée, et remonte dans l’anse latérale vers l’écorce temporale. Ce faisceau qui unit directement le noyau antérieur à l’écorce du côté opposé est homologue des fibres qui partent de la tête de la corne postérieure, s’entrecroisent dans la commissure postérieure, remontent également par la colonne latérale, traversent la formation réticulée et atteignent l'écorce pariétale opposée.
De l’olive supérieure part un important faisceau qui atteint le noyau du toit du même côté (Edinger, Bechterew). Un deuxième aboutit au noyau trapézoïde correspondant (Held) ; un autre traverse le raphé et monte dans l'anse
NERF LABYRINTHIQUE
latérale vers le lobe temporal (Held). Un autre, parti de l’olive supérieure se termine dans le noyau du ruban de Reil ; un autre encore quitte le noyau trapézoïde opposé pour une destination analogue. De ce noyau du ruban de Reil partent des fibres vers le tubercule quadrijumeau antérieur correspondant, et vers le postérieur, ce dernier présentant avec l’écorce les rapports que nous avons vus plus haut. De ce noyau part un autre faisceau qui passe dans l’hémisphère op-
Fig. 76
posé et aboutit vraisemblablement à la temporale du même côté.
L’olive supérieure est enfin en rapport avec le nerf oculomoteur externe par un important faisceau (Edinger, Bechterew), et sans doute aussi, par le faisceau longitudinal postérieur, avec tout l’appareil de l’oculomotricité.
ANATOMIE
Nous voyons donc par cet exposé purement anatomique que le nerf vestibulaire est plutôt cérébelleux et le cochléaire surtout cérébral. Une dernière question se pose cependant. A quelle région du lobe temporal et du lobe pariétal aboutissent les fibres du nerf labyrinthique? Nous l’apprenons par l’examen du cerveau d’Adolphe Bertillon, qui était gaucher de naissance, et n’avait en revanche gardé que l’usage du nerf labyrinthique droit [fig. 76). Nous trouvons du côté opposé une remarquable hypertrophie de la première temporale et des deux tiers inférieurs de la pariétale ascendante, atrophiées toutes deux du côté droit. Nous avons donc considéré la pariétale ascendante comme le centre cortical de l’appareil des fibres du nerf vestibulaire. C’est également là qu’aboutissent les fibres originaires du faisceau de Goll, par l’intermédiaire du noyau des cordons grêles (Bechterew) et il est aisé de remarquer le rôle de ces conduc teurs vestibulaires et médullaires vis-à-vis de la motricité volontaire appropriée à l’équilibralion.