Y. FORMATIONS MÉDULLAIRES
En montant de la moelle à la protubérance, les colonnes grises qui forment les cornes postérieures ont subi dans le bulbe d’importantes modifications.
Tout d’abord la tête a été séparée de la base par l’inclinaison en avant des fibres des cordons postérieurs qui, après leur entrecroisement, vont se placer derrière les fibres motrices; puis la moelle s’est ouverte en arrière par la dilatation de l’épendyme devenu le lit du quatrième ventricule. Sous celte double action, la base des cornes postérieures, adjointe au canal épendymaire, est maintenant isolée sur le plancher ventriculaire, tandis que la tète, repoussée en dehors après sa décapitation, est repoussée en avant à mesure que les faisceaux à destination cérébelleuse s’unissent pour former le corps restiforme.
La base des cornes postérieures donne successivement les noyaux sensitifs du pneumogastrique et du glosso-pharyngien, puis les noyaux contigus du nerf vestibulaire, c’est-à-dire le noyau interne , le noyau de Bechtereic et le noyau de Deiters. Ce dernier avec ses grosses cellules et surtout par la destination de ses fibres afférentes et efférentes, nous apparaît comme le
NERF LABYRINTHIQUE
prolongement des colonnes de Clarke, que nous
retrouvons plus haut le long de la racine supérieure du trijumeau, jusque sous les tubercules quadrijumeaux antérieurs.
La tête des cornes postérieures, après avoir fourni les noyaux de la racine inférieure ou bulbaire du trijumeau, est repoussée en avant du corps resliforme, et donne les deux amas qui constituent les noyaux du nerf cochléaire, noyau antérieur et tubercule acoustique.
Quant à la substance gélatineuse, on la suit le long du faisceau inférieur, du trijumeau, puis elle semble disparaître chez l’homme. Nous pensons qu’elle se retrouve dans le prolongement bulbaire du nerf cochléaire observé chez la souris et le chat par Cannieu, et qu’elle s’est chez nous
nu^auA u.c ia base. — i° Le noyau interne (1) (Clarke, Meynert, Huguenin), noyau dorsal médian, noyau principal de Schwalbe, noyau eèntral de Stieda, noyau médian de la racine postérieure de Krause, partie médiane du noyau supérieur de lien le, noyau triangulaire , elc., s’étale sous le plancher du quatrième ventricule, au-dessus du noyau sensitif des nerfs vagues, qu’il continue d’ailleurs en dehors, s’étend audessus des noyaux du glosso-pharyngien et du vague à mesure qu’ils s’enfoncent et atteint
la partie protubéranlielle du
ANATOMIE
LÉGENDE DE LA fig . 76 CI-CONTRE
A, noyau antérieur ;
TA, tubercule acoustique ;
B, noyau de Bechterew ;
D, noyau de Deilers;
I, noyau interne ;
CR, corps restiforme ;
V, racine du trijumeau;
VI, noyau de l’abducteur ;
VII, noyau du facial ;
IX, noyau du glosso-pharynscien ;
III, noyau de l’oculomotour commun ;
OS, olive supérieure ;
NT, noyau du corps trapézoïde ;
4o Vle? quatiième ventricule;
VS, vermis supérieur;
CD, corps dentelé ;
E, embolus ;
G, globulus ;
PA, pariétale ascendante ;
P, lobe pariétal;
NR, noyau rouare ;
PB, noyau postéro-basilaire ;
QV, tubercule quadrijumeau antérieur;
QP, tubercule quadrijumeau postérieur ;
GI, corps genouillé interne;
R, noyau du ruban de Rell ;
Tj, Temporale supérieure.
ANATOMIE
presque les noyaux de l’hypoglosse en dedans, recouvrant les noyaux de l’abducens et du facial placés au-devant de lui. II est formé de cellules analogues à celles de la base des cornes postérieures, petites (20p.) et de forme variée. Sa partie voisine du raphé forme les petits noyaux innommés de Clarke.
20 Le noyau de Bechterew (Bj, noyau vestibulaire, noyau angulaire , noyau d'origine du nerf vestibulaire de Flechsig, est situé en arrière du corps restiforme (CR), en dehors du noyau interne. Il jette un grand nombre de prolongements dans le tronc du corps restiforme dans la direction du cervelet.
3° Le noyau de Deiters (D), est placé en dedans du corps restiforme et en avant du noyau interne. C’est le noyau externe de Meynert, de Clarke, le noyau médian des racines antérieures de Krause, le noyau latéral de Stieda et Schwalbe, la partie externe du noyau supé rieur deHenle, le noyau dorsal latéral , le noyau à grosses cellules , etc. Celles-ci peuvent atteindre îoop chez l’homme. Ce sont les plus gros éléments de toute cette masse nucléaire complexe qui est l’homologue de la base des cornes postérieures ; ils établissent de plus la correspondance entre les grosses fibres de la racine vestibulaire et un faisceau cérébelleux direct qui aboutit au vermis supérieur comme celui de Flechsig.
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Nous en faisons, pour ces raisons, l’homologue de la colonne vésiculeuse de Clarke.
Noyaux de la tête. — 4° Le poyau anterieur (A) d’Huguenin el Meynert, Y accessoire de Schwalbe, le noyau latéral des racines antérieures de Krause, Y inférieur de Henle, le noyau acoustique , est placé entre les deux racines du nerf labyrinthique, dans le triangle formé par leur confluent et la partie antérieure du corps restiforme. On en a fait l’homologue du ganglion spinal (Onufrowicz). Il ne s’en rapproche par aucun caractère essentiel, et, comme le montre très bien Cannieu, c’est en réalité un noyau terminal, homologue selon nous de la tèle d’une corne postérieure; il n’appartient d’ailleurs qu’à la branche cochléaire du nerf labyrinthique. On lui reconnaît une partie protubérantielle et une partie bulbaire. La première contient de grosses cellules avec de gros noyaux et peu de prolongements. Ce caractère seul, avec un aspect encapsulé, le rapproche des ganglions spinaux, mais comment admettre deux formations ganglionnaires sur la même racine postérieure, car nous savons que le ganglion de Corli a déjà la signification d’un ganglion spinal? Sa partie inférieure contient des cellules à type moteur, mais moins grandes que celles des cornes postérieures.
5° En arrière de ce noyau, sur le flanc du corps restiforme et superficiellement, se trouve
ANATOMIE
le tubercule acoustique , tubercule latéral , ganglion acoustique superficiel , formé de petits éléments, de io,u. (le noyau (TA) n’est qu’un prolongement latéral du noyau antérieur.
Tels sont les cinq noyaux primaires du nerf labyrinthique, correspondant aux cornes postérieures de la moelle. Le noyau interne, le noyau de Bechlerew et le noyau de Deilers, qui sont les prolongements de la base des cornes postérieures, reçoivent les grosse fibres du nerf veslibulaire qui correspondent aux grosses fibres internes des racines postérieures. Le noyau anlé* rieur et le tubercule acoustique, prolongement de la tête des cornes postérieures, reçoivent les fibres grêles du nerf cochléaire, homologues des fibres minces externes des racines postérieures.
Y. NERF YESÏIBULA1RE
Un grand nombre de fibres pénètrent directement dans la moelle allongée et se dirigent d’avant en arrière, laissant en dedans l’olive supérieure (OS), le noyau du facial (VU), la racine sensible du trijumeau (V), en dehors le corps resliforme (CR) et se jettent dans le noyau de Deiters (D), le noyau de Bechterew (B) et surtout le noyau interne (I). Sala et Edinger n’admettent pas ces rapports de la racine antérieure avec les noyaux de la base. Bechterew et
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Kolliker, au contraire, les affirment nettement dans leurs dernières éditions. D’après Edinger, d’autres fibres se détachent de ce faisceau principal, traversent le corps restiforme et parviennent en le suivant dans le cervelet jusqu’aux noyaux du toit (NT) et au noyau globuleux (G). Ce faisceau n’est pas admis par tous les auteurs (Bechlerew) ; ce serait en effet un prolongement direct des cellules du ganglion de Scarpa atteignant les noyaux cérébelleux. S’il existe réellement, il n’a pas son homologue dans la moelle.
Ce nerf veslibulaire est avant tout cérébelleux. En effet, après son interception dans les noyaux de la base, c’est-à-dire l’interne, celui de Bechlerew et surtout le noyau de Deilers, on voit partir, mais surtout de ce dernier, un important faisceau qui se dirige vers le vermis supérieur du cervelet. Ce faisceau est l’homologue du faisceau cérébelleux direct de Flechsig, qui des cellules de la colonne de Clarke remonte vers le même vermis supérieur. De ce noyau de Deilers parlent encore deux faisceaux cérébelleux, l’un vers Vembolus (E) et le corps denlelé (CD), l’autre vers le noyau du toit du même côté et vers celui du côté opposé.
Du vermis supérieur, rendez-vous commun des fibres cérébelleuses directes et croisées de la moelle et du nerf veslibulaire, et d’un grand nombre de fibres provenant des noyaux cérébel-
ANATOMIE
leux, des fibres se dirigent par le pédoncule cérébelleux supérieur vers le noyau rouge (NR) du côté opposé, et de celui-ci s’élèvent d’autres fibres vers le lobe pariétal (Bechterevv). Nous verrons qu’elles semblent devoir aboutir particulièrement à la pariétale ascendante (PA).
Du noyau de Bechterevv et de l’interne parlent encore d’autres fibres cérébelleuses vers les noyaux du toit et peut-être les autres.
Ces fibres cérébelleuses issues des noyaux de la base sont des homologues de celles qui de la base, et en particulier de la colonne de Clarke, s’élèvent, dans le cordon deBurdach, passent du côté opposé jusqu’au noyau des cordons cunéiformes et se dirigent ensuite (Bechterew) vers le vermis cérébelleux supérieur.
C’est par ce double système de fibres que doivent être véhiculées les images d’attitude céphalique (/*. vestibulaires) et d'attitudes segmentaires du tronc et des membres (f. médullaires) , indispensables à l’équilibration réflexe {vermis) et volontaire {pariétale ascendante ), et en général à tout l’exercice réflexe ou volontaire delà motricité appropriée au maintien ou à la variation dés attitudes J1).
(•) La Pariétale ascendante. Note à la Soc. de Biologie, 29 juin 1894.
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Du noyau interne et du noyau de Deilers par. tent d’autres systèmes de fibres, qui s’entrecroisent en avant au raphé, passant de l’autre côté, se mêlent aux fibres ascendantes qui proviennent des parties profondes de la moelle et gagnent avec elles l’anse latérale qu’elles contribuent à former et aboutissent à l’écorce pariétale (Bechterew). Ces fibres ont pour homologues les fibres issues de la base des cornes médullaires et qui par le faisceau de Burdach et le noyau des cordons cunéiformes d’une part, — par la commissure antérieure, où elles s’entrecroisent, par le faisceau fondamental a n té ro- latéral (Bechterew), d’autre part, gagnent également l’écorce pariétale.
Quel point de l’écorce pariétale desserventelles? Dans le bulbe, un faiseau part du noyau de Deilers et un autre du noyau interne, qui aboutissent au noyau de l’oculomoteur externe (VI), et par celui-ci peuvent intervenir dans toute l’oculomotricité réflexe, grâce aux connexions des noyaux oculomoteurs entre eux. D’autre part, Thomas a décrit des fibres allant du noyau de Deiters au noyau de la troisième paire du côté opposé (IT1). Or, l’influence des perceptions ampu Maires sur les mouvements compensateurs des globes oculaires est aujourd’hui démontrée depuis les observations de Cyon, Hogyes, Breuer et d’un grand
ANATOMIE
nombre de cliniciens ( 1 ). Il ne serait pas inadmissible que le lobule du pli courbe, qui intervient dans roculomotricilé volontaire, ne soit tenu au courant des perceptions ampullaires d’altitude céphalique, et des perceptions d’attitudes segmentaires de tout le corps.
Du noyau interne (et peut-être aussi de celui de Deiters) parlent des fibres que Held a pu suivre jusqu’au noyau du facial (VII). Nous tro: * vons dans cette voie réflexe une des sources de l'accommodation et de l’interception slapédienne. Ces fibres qui unissent les noyaux de la base aux noyaux moteurs ont pour homologues les fibres médullaires unissant les cornes postérieures aux cellules motrices antérieures.
Du noyau interne et du noyau de Deiters, des fibres gagnent l’olive supérieure (OS), dont nous allons examiner les remarquables connexions. Signalons seulement maintenant le faisceau décrit par Edinger, unissant celte olive supérieure du noyau de 1 abducens (VI).
Enfin de la partie anléro-interne du noyau de Deiters et d’îlots situés en dedans de lui, descend
(D Réflexes auriculaires. Soc. d’Olologie de Paris, 2 février 1894* Rapports entre l'a) pareil ampullaire de l oreille interne et les noyaux oculomoteurs Revue Neurologique, déc. 189.5 et Tabes labyrinthique . Presse médicale, 10 juin 1896.
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un fort faisceau de fibres que nous n’avons pu figurer, parallèlement au faisceau longitudinal postérieur, jusqu’au niveau de l’entrecroisement des cordons postérieurs C’est la racine de Roller ou racine descendante vestibulaire, qui, par l’intermédiaire du noyau de Deilers, unit les cordons postérieurs au cervelet. Ce n’est donc pas une racine réelle du nerf labyrinthique, mais un faisceau cérébelleux des cordons postérieurs qui traverse le noyau de Deilers (Edinger, Bechterew).
Bruce a décrit un faisceau unissant le noyau de Deiters à l’olive inférieure.