I. PAVILLON
Face externe : I) Échancrure de la conque. — II) Méat auriculaire. — III) Tragus. — IV7) Tu • berculum supratragicum de His. — V) Creux trago-hélicien. — VI) Racine de l’hélix. — VII) Portion ascendante de l’hélix. — VIII) Fossette scaphoïde ou naviculaire. — IX) Portion horizontale de l’hélix. — X) Gouttière de l’hélix. —
XI) Tubercule de Darwin, vestige de la pointe. —
XII) Portion descendante de l’hélix. — XIII) La conque, bordée en arrière par l’anthélix. — XIV7) Gouttière séparant l’hélix de l’anlhélix. — XV) Queue de l’hélix. — XVI) Antitragus. — XVII) Lobule. — XVIII) Sillon supra-lobulaire (fig. 32).
La face interne reproduit en saillies les creux
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de la face externe, et la conque y dessine une forte convexité.
Fig. 32
Les parties molles, à l’exception du lobule, recouvrent un squelette Pibro-carlilagineux qui
leur prête sa forme. Gnjber a signalé la termi-
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naison du cartilage de l’hélix jusque dans le lobule.
Sur la face externe du cartilage de l’oreille on remarque, outre les détails de modelé déjà signalés (fig. 33) :
1) L’apophyse ou épine de l’hélix. — II) La languette de l’hélix. — III) La fissure postérieure. — IV) L’isthme. — V) Une incisure de Sanlorini.
Sur la face interne :
I) La saillie de la fossette scaphoïde. — II) L’épine de l'hélix. — III) Le cartilage du con-
Fig. 34
duit auriculaire. — IV) L’incisure terminale. — V) La languette de l’hélix. — VI) Le ponlicule. — VII) Le sillon transversal. C’est un fibro-cartilage élastique, sauf en certains points où le cartilage est pur (1), dont les capsules ne renfer- .
(») Pilliet. — Sociêlë Anat. 1891.
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nieraient, d’après Coyne, qu’une seule cellule. Le périchondre est épais.
Les ligaments sont divisés en extrinsèques et en intrinsèques {fig. 34).
i° Extrinsèques. — Le ligament antérieur { I) qui unit le cartilage au tubercule zygomatique et à l’aponérrose temporale qui est située au-des- Fig. 35
sibles sur la face interne du cartilage.
Le ligament 'postérieur (II) s’insère à la base de l’apophyse zygomatique et comme sur la figure (où il est renversé en arrière).
2° Intrinsèques , comme sur la figure, ils unissent les saillies par dessus les sillons.
Les muscles se divisent également en extrinsèques et en intrinsèques [fig. 35).
i° Extrinsèques. — I) Auriculaire supérieur, s’insère en haut sur l’aponévrose épicranienne.
ANATOMIE
— II) Auriculaire antérieur , sur la même aponévrose, au-dessus du tubercule zygomatique. — III) Auriculaire postérieur , en plusieurs faisceaux, à la base de l’apophyse mastoïde.
Leur action s’explique par leur direction.
2° Intrinsèques. — IV) Le grand muscle de l'hélix. — V) Le petit muscle de l'hélix , peaucier. — VI) Le muscle du tragus , à fibres .croisées. — VII) Son faisceau pyramidal atteignant
l’hélix. — VIII) Le muscle de V antitragus. — IX) Le muscle transverse. — X) Le muscle oblique.
Ils sont tous innervés par le facial.
Les artères sont fournies par la carotide externe (fig. 36).
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I) Auriculaires antérieures provenant de la temporale superficielle, (II) — III) Les postérieures, de l’auriculaire postérieure, et envoyant à la face externe (IV) des branches perforantes.
Les veines correspondent à peu près aux artères, les postérieures se jettent dans Y auriculaire postérieure et dans la veine émissaire du trou mastoïdien. Toutes se terminent dans la jugulaire externe et dans l’interne par la veine émissaire.
Lymphatiques. - La fig. 37 montre les ter-
ritoires tributaires des principaux ganglions qui sont :
I. Le ganglion prœtragien qui dessert la conque, la racine de l’hélix, la face profonde de l’antilragus.
Fig. 37
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IL Les ganglions parotidiens , recevant les lympathiques du lobule.
III. Les ganglions mastoïdiens , ceux de tout le reste du pavillon.
Nerfs. — i° Le facial inerve tous les muscles du pavillon.
2° L y auriculo- temporal (maxillaire inférieur) donne la sensibilité au tragus et à la racine de l’hélix.
3° V auriculaire (plex. cervical) donne un rameau interne et un externe pour tout le reste du pavillon.
4° Le sous-occipital d’Arnold par la partie postérieure.
La peau adhère assez fortement aux saillies du cartilage, le tissu cellulaire sous-cutané est ordinairement peu graisseux, sauf dans le lobule. Les poils peu épais convergent vers le tubercule de Darwin, qui est le vestige de la pointe du pavillon chez les Mammifères à oreilles mobiles et dressées. Il y a de véritables poils derrière le tragus et à l’oritice du conduit. Les glandes sébacées accompagnent généralement les poils, mais on en trouve aussi dans les cavités de la face externe du pavillon, conque, fossette naviculaire, gouttière, etc. Les glandes sudoripares sont rares.
Il est assez difficile de classer utilement les pavillons, tant au point de vue de la dignité or-
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ganique qu’à celui de l’esthétique. Nous savons qu’en passant des Mammifères supérieurs à l’Homme, certains caractères s’affirment.
L’oreille perd de sa mobilité, elle s’allonge selon la verticale, elle s’efface et se rapproche du plan temporal. Les saillies s’arrondissent et son bord se contourne en ourlet, la pointe tend à disparaître, ainsi que les poils, très abondants chez le vieillard, encore fréquents chez l’homme adulte, déjà absents chez la femme et chez l’enfant. Les poils quittent la région prætragienne et le lobule s’arrondit en une saillie indépendante.
Néanmoins, nous pouvons rencontrer l’oreille du Macaque chez les hommes les plus distingués et des pavillons d’une grande supériorité morphologique chez les individus les plus dégradés. Nous savons d’ailleurs combien sont profondes les différences entre le casier judiciaire et le casier anthropologique, et quelle prudence il faut apporter dans les déductions tirées de statistiques même sévèrement établies. Il n’est pas bien rare d’observer chez le même individu de profondes différences entre les deux pavillons, et nous avons le croquis de deux oreilles du même sujet qui ne 'portait aucun signe de dégénération organique ni d’évolution viciée, et dont l’oreille gauche était parfaite de forme tandis que la droite, imperforée, avait subi
Bonnier — Oreille, I
ANATOMIE
un arrêt de développement tel que l’arc mandibulaire n’y avait aucunement contribué (fig. 38).
L’oreille externe et surlout le pavillon ont un développement tout à fait extérieur à celui du
ractère morphologique, car l’oreille peut être arrêtée dans son développement sans qu’il y ait arrêt d’autre part. On conçoit que l’oreille d’un brachycéphale diffère, au moins dans son implantation, de celle d’un dolichocéphale. Quant à la criminalité, c’est bien plus l’occasion que la prédisposition héréditaire qui fait le larron. Nous pensons que l’anthropologie spéciale s’est trop hâtée dans ses conclusions, et parmi les professionnels de tout genre, il
Fier. 38
crâne et de l’encéphale et les anomalies du pavillon n’ont guère de rapport, quoiqu’on en ait dit, avec celles du cerveau. h' oreille en anse de Lombroso ne peut être considérée comme un stigmate de dégénération ni de criminalité, pas plus qu’aucun autre ca-
PAVILLON
nous arrivera de reconnaître bien plus facilement un gendarme à l’épaisseur de ses sourcils qu’un voleur à la forme de son oreille, qui n’a jusqu’ici frappé que ceux qui la recherchent. Cette question, très intéressante, ne sera pas mûre de longtemps.
On peut aisément se représenter toutes les variétés de pavillon que l’on rencontrera.
Le lobule peut manquer, être énorme, rond, plat, dédoublé, indépendant ou soudé aux téguments. Le tragus peut se dédoubler aussi ou manquer tout à fait. L’hélix peut ne pas s’enrouler et s’étaler en feuille, le tubercule de Darwin peut reprendre sa forme de pointe plus ou moins velue, l’anthélix peut se bifurquer, se trifurquer en avant, etc. Tout se voit, et il n’est guère possible de classer les oreilles autrement que par leurs ressemblances avec les formes simiennes et autres.
La constitution générale de l'individu ne peut non plus faire préjuger de l’aspect de ses oreilles. Tel gros arthritique aura des oreilles plates et scléreuses ; tel individu maigre de la face et du cou, aura des oreilles épaisses et rondes, etc.
Au point de vue esthétique, nous savons que les caractères d’animalité réapparaissent chez le vieillard, quel que soit son sexe, qu’ils abondent encore chez l’homme, sont déjà extrêmement
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rares chez la femme, et ne se trouvent pas chez l’enfant. Par ses oreilles comme par tous ses caractères morphologiques et psychiques, la femme a distancé l’homme dans son évolution vers un type plus éloigné de l’animalité qui nous a précédés. La régularité dans la courbe de l’hélix délicatement ourlé, l’anthélix faisant une saillie égale et non supérieure à celle de l’hélix dans sa partie inférieure; la conque nettement excavée, l’échancrure située exactement selon le grand axe de la conque, à 45°, perpendiculairement à la racine de l’hélix; la fossette naviculaire simple ou double mollement ondulée, le lobule indépendant et arrondi, continuant la joue sans sillon interposé, la partie antérieure, ascendante de l’hélix, nettement séparée au contraire et faisant saillie, l’absence de poils sur le pavillon, dans le méat et au devant du tragus, l’abondance des cheveux en haut et en arrière, la moitié inférieure du pavillon situé sur le plan de la joue, à peine saillante, la moitié supérieure inclinée légèrement en dehors et en avant et dépassant le plan de la tempe; le pavillon tout entier bien détaché de l’apophyse mastoïde, mais pas plus que de l’épaisseur du petit doigt de la main, tels sont les principaux caractères esthétiques d’une oreille normale.
La plus grande largeur dépassant la moitié de
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la hauteur; le grand axe de l’oreille non vertical, mais presque parallèle à la direction du nez, dont il ne doit guère dépasser la longueur.
Quant au point de vue fonctionnel, la mobilité du pavillon nous sert peu et est supprimée chez nombre de personnes, la mobilité de la tète et l’évasement de la conque y suppléant. L’inclinaison utile est la même que celle qu’exige l’esthétique. L’oreille externe est un organe de protection et de collection ; la transmission sonore et la convergence des ébranlements sont favorisées par la forme que les saillies et les creux imposent à la petite masse d’air que le pavillon et la conque immobilisent au-devant du méat. Le tragus et l’antilragus, la saillie de l’anthélix empêchent les irruptions trop brutales d’air ou de poussière dans le méat, ce sont des paupières fixes; enfin le développement des surfaces richement vascularisées échauffe l’air au voisinage du méat et lui donne une température, qui montera encore dans le conduit et évitera au tympaiï des troubles vasomoteurs et sensitifs pénibles.
La sélection sexuelle, remarquons-le enfin, a joué un grand rôle dans le perfectionnement esthétique du pavillon, assez diversement selon les races, il est vrai, mais ce rôle se maintient sensiblement encore dans nos sociétés civilisées.
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