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CONDUIT AURICULAIRE

Direction générale. — Le conduit externe suit à peu près la direction de l’axe du rocher, c’est-à-dire qu’il va de dehors en dedans, de haut en bas, d’arrière en avant. Il faut cependant re-

Fig. 39. — Coupe transversale et verticale du conduit.

I, caisse; II o-selets.; III, attique ; IV, paroi supérieure du c induit et glandes ; V, aponévrose ; VI, hélix ; VII, voussure ; VIII, anthélix; IX, lobule ; X, paro'ide ; XI, paroi osseuse inférieure du conduit.

connaître que très souvent le conduit est presque horizontal, et même que chez beaucoup de sujets la voussure de la paroi osseuse inférieure

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force à baisser le pavillon du spéculum pour apercevoir, en haut, le cadre Ivmpanique.

Courbures. — 11 va, en réalité, trois courbures principales qui font que l’axe du conduit prolongé aboutirait d’abord à peu près à l’apophyse orbitaire externe du côté opposé, puis au méat opposé, puis enfin vers la fosse temporale du côté opposé. Les auteurs classiques donnent

Fiy. 40. — Coupe horizontale du conduit.

I» caisse ; II, tympan ; III, aqueduc do Fallope ; IV, sinus latéral V, cellules mastoïdiennes; VI, hélix; VII, anthélix ; VIII, tragus ; IX, ganglion prœtragien ; X, incisure de «antorini ; XI, parotide; XII, région articulaire; XIII, paroi osseuse antérieure.

des mesures très délicates de ces courburesj de leur orientation et de leurs proportions ; mais nous ne pouvons les utiliser au point de vue physiologique, bien qu’elles aient une évidente

ANATOMIE

raison d’ètre, ne fût-ce que pour l’orientation auditive; et nous n’y insisterons pas. D’ailleurs, ces mesures sont des moyennes qui n’ont pas de signification précise dans un cas donné, et, dans tout cas particulier, leur connaissance ne dispenserait pas de les vérifier; il sera toujours plus court de se guider par le stylet et par la vue que d’évoquer les données classiques qui, en leur qualité de moyennes, se trouvent presque forcément fausses dans chaque cas particulier.

Quand il est matériellement possible de parvenir à voir le tympan au moyen de spéculum, l’observateur le plus inexpérimenté, s’il veut voir, y parviendra toujours, sans employer d’autre règle que la douceur du toucher. Quand l’examen est possible, aucune règle ne vaut. Il est très facile de viser, à travers l’épaisseur de la tête, les trois points de repère que nous venons d’indiquer, puisqu’on a leurs points symétriques sous les yeux et que l’on examine le malade transversalement.

La longueur du conduit est en moyenne de 2 4 millimètres, dont le tiers externe est formé par un squelette fibro-carlilagineux ; le reste possède une paroi osseuse.

Le calibre varie selon la profondeur. A Y isthme , le point le plus étroit, à l’entrée du tiers interne, le plus grand diamètre est rarement

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supérieur à 7 millimètres. C’est celle mesure qui doit guider le choix du spéculum, car le tympan ne sera généralement bien visible que quand la pointe de l’appareil aura dépassé l’isthme. Le grand axe de l’orifice ovalaire du spéculum doit faire en cet endroit avec l’horizontale un angle d’environ 6o° à sinus antérieur. Au méat, le grand diamètre presque vertical dépasse, chez l’adulte, 9 millimètres.

Rapports. — Ils sont des plus importants à connaître.

La paroi antérieure ou maxillaire est en rapport : i° avec la parotide, dont elle n’est séparée que par une lame cartilagineuse ouverte par une ou deux incisures (incisures de Santorini), permettant la communication réciproque des processus inflammatoires; 20 avec la zone du ganglion prælragien, et la loge cellulaire extra-aponévrotique ; 3° avec l’articulation temporo-maxillaire.

Les mouvements du condyle sont indirectement perçus par le doigt introduit dans le conduit, l’abaissement de la mâchoire élargit d’ailleurs légèrement le calibre de la partie externe et facilite l’examen. Les mouvements de l’articulation, la mastication, le bâillement deviennent souvent douloureux dans l’otite externe. Cette paroi est traversée par des branches de l’artère auriculaire profonde, issue de la maxil-

ANATOMIE

laire interne. Les lésions de cette paroi ont un retentissement douloureux dans le domaine du nerf auriculo-temporal.

La paroi supérieure ou crânienne est de dehors en dedans successivement en rapport avec : i° les parois sous-tégumentaires extérieures et l’aponévrose épicranienne; 20 les parties comprises entre cette aponévrose et l'écaille temporale; 3° du tissu osseux assez raréfié, contenant de grandes cavités qui communiquent soit avec les cellules mastoïdiennes, soit directement avec la caisse; la paroi supérieure de ces cavités est en contact immédiat avec la duremère; 4° une mince lame osseuse qui ferme en avant le dôme de la caisse lympanique où sont logées les tètes des osselets, au-dessus du segment de Rivinus, en dehors du cadre lympanique. Par cette paroi, le conduit se trouve donc en rapport intime avec la caisse et le canal lympano-mastoïdien .

La paroi postérieure ou mastoïdienne recouvre celles des cavités de l’apophyse mastoïde ; elle est très mince et donne passage à des vaisseaux dont les gaines peuvent servir de canal de transmission pour les fusées inflammatoires.

La paroi inférieure ou parotidienne répond à la glande parotide.

Structure. — Mous avons vu plus haut l’évolution de l’anneau tympanal, et comment s’étend

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sa lèvre externe, prolongeant le toit de la cavité articulaire et formant la paroi inférieure du conduit auriculaire osseux. Cette lèvre, d’abord isolée, se soude en avant et en haut à la base de l’écaille (fissure tympano-squameuse ), en arrière et en bas. à la base de l’apophyse mastoïde (fissure tympano-mastoïdiennë). Son bord externe, épais et rugueux, avec la saillie postéro-supérieure de l’épine tympanale, donne attache au squelette fibro-cartilagineux de la partie externe du conduit, qui continue en avant et en bas la paroi osseuse. En dehors, le cartilage s’unit avec le tragus et la conque. Une lame fibreuse ferme la paroi supéro-poslérieure du conduit et c’est à elle que s’attache la plus grande partie du cartilage de la conque.

D’après Zuckerkandl, le conduit osseux ne s’achève que vers vingt ans. Des lacunes peuvent y persister, surtout dans le toit de l’articulation temporo-maxillaire, ou y apparaîlre avec la vieillesse.

Ce tube ostéo-fibro-cartilagineux est recouvert à sa face interne par la peau qui, très épaisse au dehors, s'amincit vers le tympan. Les plis si remarquables du pavillon semblent se continuer à l’intérieur du conduit par une série de plis circulaires diaphragmatiques, peu prononcés à la vérité, mais permettant un. certain degré de plissement de toutes les parties molles du con-

duit auditif de dehors en dedans. La peau présente des poils dans la partie externe, une touffe derrière le tragus; ils sont parfois, surtout chez les vieillards, très abondants et gênent la vue.

Comme beaucoup de vestiges d’animalité, ils appartiennent presque exclusivement au sexe laid. Des glandes sébacées les accompagnent. Les glandes cêrnmineuses (IV, fig. 39), sont développées sur le pourtour du conduit cartilagineux, mais principalement là où manque le fibrocartilage; elles recouvrent la paroi depuis la conque jusqu’à la région osseuse. Ce sont des glandes sudoripares dont les cellules contiennent une matière grasse que dissout l’éther. Le cérumen apparaît à l’entrée de listhme avec une coloration brunâtre luisante quand il est frais, mais un long séjour, les injections et surtout l’addition de parcelles épithéliales desquamées et de poils déracinés lui donnent un aspect gris sale, parfois d’un blanc net.

Voici, d’après Chevalier, sa composition pour 1 000 parties :

Eau 100

Oléine et stéarine 260

Savon de potasse soluble dans l’alcool. 38o

// n dans l’eau. . 1^0

Matière organique insoluble, à base de

potasse 120

Chaux et traces de soude indices

CAISSE

Artères. — Temporale superficielle et auriculaires antérieures en avant. Maxillaire interne et auriculaire profonde en avant et en dedans. Artère tympanique, sortie de la scissure de Glaser en dedans. Auriculaire pcçtèrieure , en arrière.

Veines. — Les antérieures vont à la maxillaire interne ou au plexus -ptèrygqïdien. Les autres à la jugulaire interne.

Lymphatiques. — Comme ceux du pavillon.

Nerfs. — U auriculo- temporal en avant.

La branche auriculaire du plexus cervical en arrière.

Le rameau du pneumogastrique , sorti de la fissure tympano-mastoïdienne en dedans. Il provient du ganglion jugulaire.

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