K H ORS A RAS EL-HANECHE
Le pachalik.
A travers la ville.
(1) Tripoli, les trois villes réunies : JEà% Sabrata et Leptis la Grande.
Orfèvres tripolitains.
L'essayeur juif.
Pas d'art nouveau à Tripoli.
pour ne pas engendrer la peste de temps à autre, tel est l'aspect que présente, dès les premiers pas, la vieille cité où Ahmed-Bey, le grand pacha, ne put fonder une dynastie indépendante se perpétuant sans relever de la sanction de l'Empire ottoman.
Sur une petite place se dresse Tare de triomphe de Marc-Aurëîe, ruines de marbre aux arcades closes et déshonorées par des installations de marchands vulgaires. C'est le centre du mouvement. .On peut y voir des fonctionnaires portant la stambouline, des Maltaises avec la faldelta, des Espagnols enveloppés dans leur cape et de nombreux juifs au nez crochu venus en droite ligne de Péra.
Les bijoutiers se tiennent au bout de la ville, dans l'oasis près de Bab-cl-Menchia (porte du jardin), au milieu de terrains sablonneux plantés d'orangers, de palmiers et de citronniers. Les habitants se sont portés de ce côté sans doute pour pouvoir respirer un air plus sain que celui de la ville.
Le souq es-siagha comprend une trentaine d'échoppes occupées par des juifs, un Égyptien et un Espagnol.
Il ne se fait guère au souq que des bijoux assez fins avec de l'or à 22 carats et de l'argent à 900 millièmes. Les marchands de matières premières fournissent le lingot pur que le fabricant allie pour l'argent à 80 millièmes de cuivre et à 20 millièmes de plomb. Il fond le tout dans un creuset en ayant soin de souffler fortement, afin d'éviter que le plomb, très fusible, ne s'échappe comme le bouillon du tonneau lors de la vendange. Puis il apporte l'objet en fabrication à l'aminé, simple essayeur juif adjudicataire du droit de contrôle. Après l'avoir touché, lamine applique le large cachet turc. L'ouvrier en doit respecter la place en achevant l'objet.
L'aminé perçoit environ cinq centimes de droit proportionnel pour l'or à 22 carats et à peu près 1 fr. 60 de notre monnaie pour le kilog. d'argent à 900 millièmes.
Les bijoux n'ont pas beaucoup varié déforme de mémoire d'homme. Pas de hantise de l'art européen, pas d'imitation même lointaine. Le bijou conserve son caractère ancien et local. L'importation ne signale guère sa concurrence que par quelques bagues ou broches arrivant de France ou d'Italie.
Parmi les principaux ouvriers de Tripoli, il faut indiquer David Zeht Djorbi et Nessim Serrousi. Quelques-uns seulement ont un poinçon de maître. Les autres dédaignent de marquer leurs ouvrages.
LA TRIPOLTTAINE 517
La description des bijoux tripolitains avec leurs noms en arabe se Quelques trouvera très longuement détaillée dans le dictionnaire ; aussi n'indî- , . i^x. querons-nous ici que sommairement divers types.
fihalkhal d'or enserrant la cheville de son large bandeau semblable à un rond de serviette. Seules les princesses du sang avaient le droit de le porter sous la dynastie des Qaramanlis.
Taklila -WJO d'or, ensemble de plusieurs ounaïce (grands anneaux) encadrant la joue et s'accrochant derrière la tète à l'aide de deux chnaguel ou crochets.
Dendena XiMi, boucle d'oreille à cliquetis formée d'un cercle où s'attache une résille de sequins, de perles et de corail. S'entrechoquant entre eux, comme des clochettes, au moindre mouvement de la tête, ces ornements divers produisent le tic-tac qui a donné son nom au bijou. Les Romains l'auraient appelée tintinnabulum. Quelquefois la dendena s'attache à l'un des anneaux de la taklila afin d'augmenter le son argentin des pendeloques.
(Gn*d pectortl irtpolluli.l
Chaïriah, pectoral formé de légères coquilles d'or estampées en creux. Oo le connaît à Alger sous le nom de kheil-chaîr , grains d'orge, etil se porte en diadème ; il n'a qu'un seul rang.
A Tripoli, il est plus compliqué. Au rang de grains d'orge fixé sur un ruban s'ajoutent des appendices : mains, étoiles et divers rangs de pampilles et de petits ornements de la forme vague d'un poisson. Très répandu depuis le Caire jusqu'à Tanger, sur la côte africaine, où il plaît beaucoup aux femmes, ce modèle paraît être d'origine syrienne ou égyptienne.
Hezouane, collier qui emprunte son nom à un mot turc. De gros étuis & koheul courent sur un cordon avec des bottes à talisman. Le plus souvent il se porte eu bandoulière. Fabrication La bijouterie fine est l'apanage exclusif de Tripoli. A Benghazi et du Fessa*, dans le Fezzan se fabriquent des articles d'or et surtout d'argent, assez grossièrement exécutés. Il s'y fait, à l'usage des négresses, de grands cercles d'argent encadrant l'oreille et ressemblant, a dit un Voyageur, a des croissants de lune dans une nuit noire.