LA TRIPOLITAINE
Au fond d'une rade ensablée s'élève I'JEa des anciens, que possédèrent un demi-siècle les chevaliers de Malte. C'est aujourd'hui Tripoli de Barbarie **), le Taraboulous Gharb des Turcs, le point d'arrivée de toutes les caravanes du Sud dépend du lac Tchad.
Vue du large, la ville est pittoresque. On aperçoit, à droite, une longue ligne de bastions crénelés, protégeant le port, et à gauche la Casbah, avec le palais où demeure le pacha.
Il n'est possible d'aborder la côte qu'en balancelle. Pour pénétrer dans la ville, le gîaour doit présenter son passeport au gardien turc, qui se tient derrière une grille rouillée bordant le quai. Après vérification des titres et qualités que le nouveau débarqué lui a (Boocied'oreiiiedécorée soumis, le fonctionnaire ottoman se décide à ouvrir
d'une sorte d'urens, 111.111
ornée de la lourde porte de la douane,
rnbis on de turquoises). La Tripolitaine est, en effet, sous la dépendance
de la Sublime Porte depuis de longues années. Son gouverneur arabe est imposé par le Divan. Les soldats sont ceux du sultan de Constantinople. Le joug du fez rouge ne déplaît pas au désœuvrement pacifique du burnous blanc.
Des rues petites, étroites, tournant en labyrinthe avec des voûtes, formant de longs couloirs comme dans la Casbah d'Alger, des maisons basses et sordides avec des toitures plates dans le goût des constructions espagnoles, une saleté repoussante et trop orientale
Vue. panoramique.