CHAPITRE XXVIII
Nous avons scruté les traditions t ^oSwSf
l'Afrique septentrionale, décrit iei dts arts
indiqué leur fabrication, révélé les décoratifs.
s'y rattachent, mais, pour achever complètement, nous devons cherch maintenant de l'ensemble de not) résultats pratiques en déposant, com nos conclusions dans un dernier ci
Depuis les jours lointains de la conquête, que de chemin parcouru ! que de progrès accomplis !
Des marais desséchés, un sol inculte défriché, des plaines irriguées, des routes tracées et ouvertes, des villes nouvelles peuplant les anciennes solitudes . C'est beaucoup, mais ce n'est pas tout.
Il reste à faire pour une administration avisée si elle veut assurer la prospérité de ses assimilés.
L'instruction des indigènes a été développée par la fondation k
de médersas supérieures et par de nombreuses écoles élémentaires. Malheureusement l'indigène instruit considère aujourd'hui comme une besogne basse et dégradante de se livrer à un travail manuel. Il faut arriver à
déraciner ce préjugé. Nous ne moiw. i-oji.
sommes plus au temps où les moissons naissaient sans culture.
C'est de lui-même que l'Arabe doit tirer ce qui lui est nécessaire pour subsister lui et les siens. Il est indispensable de le convaincre que, par le travail seulement, il arrivera à posséder.
Le renaissance des arts industriels disparus en partie de l'Algérie contribuerait non seulement à la prospérité générale, mais encore elle ferait disparaître chez les Arabes instruits leur répugnance enracinée pour le travail manuel et permettrait, surtout, de pourvoir autrement que par des fonctions administratives à la vie matérielle des indigènes.
Jadis, d'après Turgot, les colonies ne devaient servir que de débouchés aux produits fabriqués de la métropole. Cette doctrine a fait son temps. Tous les efforts de l'Angleterre tendent à mettre le contraire en pratique et depuis quelque temps déjà, pour, augmenter les exportations des Indes, elle cherche à développer les industries d'art de ce pays à l'aide des outils perfectionnés qu'exigent les nouveaux procédés de fabrication de la civilisation moderne.
La France a pris l'initiative de remettre en honneur le goût de l'ornement. Le vieil art français se transforme en un art nouveau. L'impulsion s'accentue sans cesse. L'union étroite de l'art et de l'industrie est faite. Dans tous nos salons et dans toutes nos expositions, les œuvres d'art tiennent le môme rang à côté de celles de la peinture et de la sculpture. L'Algérie, si voisine de la métropole, doit suivre le mouvement général et y prendre une large part.
Cette évolution nouvelle peut aisément se produire. Il s'agit de rattacher les anneaux de la chaîne brisée et de relier le passé avec le présent. Le style mauresque qui a produit les merveilles de Grenade ne saurait disparaître. L'habileté des ouvriers arabes n'a pas dégénéré. Eclairés par l'instruction et par l'étude des anciens modèles, ils peuvent aisément suivre le courant et faire revivre les formes oubliées et les combinaisons géométriques disparues.
A l'appui de cette thèse, nous indiquerons les voies et moyens & employer selon nous, nous reproduirons les solutions souvent disséminées et seulement indiquées dans ce volume.
Il appartiendra soit au pouvoir, soit à l'initiative privée, de réaliser le programme que nous allons développer pour arriver à conserver et à développer l'industrie indigène de l'orfèvrerie, de la bijouterie et de la joaillerie.
Le Gouvernement
L'Algérie vote maintenant son budget. Elle est maîtresse de ses transformations. Les moyens d'action dont elle dispose sont nom-
breux et puissants. Or, c'est surtout grâce à la protection de l'Etat que la bijouterie musulmane peut retrouver son importance et son éclat. N'est-ce pas, du reste, le devoir du gouvernement ? Dans le naufrage où ont sombré toutes les industries indigènes, la branche de l'orfèvrerie est la seule qui ait réellement survécu et demeure encore vivace. Cette industrie occupe plus de mille ouvriers, elle a, comme débouché, plus d'un million de consommateurs pour des millions de produits.
.Aussi cette prospérité relative a-t-elle dispensé, jusqu'ici, les gouverneurs qui se sont si rapidement succédé depuis M. Cambon de lui témoigner, d'une façon efficace, un intérêt sérieux, alors que, par contre, ils faisaient appel aux assemblées électives pour ouvrir, dans le budget général, des crédits destinés à la renaissance de la céramique, de la tapisserie et de la broderie.
L'orfèvrerie mérite également de ne pas être oubliée. Les encouragements qu'elle peut et qu'elle doit recevoir sont multiples et consistent surtout, selon nous, dans la refonte du Contrôle, le développement du Musée, la fondation d'une École supérieure professionnelle. Nous allons passer en revue séparément ces réformes et ces créations.
Des modifications profondes et utiles pourraient se produire dans le service de la Garantie.
Trois contrôleurs appartenant à l'administration de la Garantie fonctionneraient à Alger, Oran et Constantine, avec un contrôleur adjoint détaché des Contributions diverses à Tlemcen.
Un grand nombre de bureaux auxiliaires, placés sous la direction des Contributions diverses, devraient être ouverts dans le Sud de l'Algérie, où se fabriquent de grandes quantités de bijoux qui échappent à tout examen et à toute perception. Par ce moyen seraient évitées les pertes considérables que les fabricants ambulants font subir au Trésor.
Les recettes dépassent actuellement cent mille francs ; elles tripleraient avant longtemps. Une partie de l'augmentation de ces revenus servirait sans bourse délier à encourager l'industrie de la bijouterie.
Vitalité de la bijouterie africaine.
Refonte du Contrôle.
53 i l'orfèvrerie algérienne et tunisienne
La création d'un inspecteur dirigeant le service général deviendrait indispensable. Par ses fréquentes tournées, il stimulerait le zèle des employés recrutés dans le nombreux personnel que le Gouvernement entretient sur le territoire de notre grande colonie africaine. Ainsi serait apporté un remède à l'insuffisance de garantie que rencontrent les indigènes exploités trop souvent au point de vue du titre par des marchands peu scrupuleux.
Déjà, du reste, les mesures que nous préconisons ont eu un commencement d'exécution. Le Gouverneur général, les Généraux commandant les divisions militaires, les Préfets des trois départements ont adressé aux Maires, aux Commandants supérieurs et chefs de bureaux arabes une circulaire les invitant à surveiller la fabrication des ouvrages en métaux précieux. Cette mesure a prodiyt d'excellents résultats.
Il serait bon de munir les nouveaux fonctionnaires du Contrôle agrandi d'un mémento avec des légendes, explicatives reproduisant
les poinçons simples et composés et donnant leurs significations. Sur
le plan du dictionnaire que nous préparons, un répertoire a paru déjà, indiquant la place où les marques doivent être apposées. Mais si, dans cet ouvrage, les figures des bijoux reproduites en lithographie, à l'aide de photographies, sont exactes, il n'en est pas toujours de même pour leur classement, leurs descriptions et leurs noms en arabe et en français. Parti du Gouvernement, ce recueil a été ensuite répandu dans le public. Nous le regrettons, car dans ce travail anonyme, fait trop hâtivement, se sont glissées de nombreuses erreurs. Elles ne nous surprennent guère, en raison des difficultés personnelles que depuis cinq ans nous éprouvons pour le nôtre, afin d'arriver aussi près que possible de la vérité.
Revu, corrigé et considérablement augmenté par une Commission spéciale s'entourant de tous les renseignements nécessaires, cet album illustré pourrait devenir un guide sûr et efficace. L'essai tenté est insuffisant. Il ne doit être considéré que comme provisoire malgré le crédit important qui lui a été accordé. Un catalogue définitif s'impose maintenant. Les frais en seraient pris sur l'importante réserve gardée chaque année par le Gouvernement dans son budget pour les publications reconnues d'utilité publique.
Genèse L'histoire des musées d'Alger, quelque peu compliquée, a été écrite
des ditevs
mutées. avec précision par MM. Berbruger, René Cagnat et Doublet, en tête
dos livrets explicatifs de la Bibliothèque de la rue de l' État-Major et du Musée national des Antiquités algériennes de Mustapha-Supérieur.
Il serait trop long de raconter les étapes du premier musée adjoint à la Bibliothèque, consacré surtout à l'histoire, à la géographie et à l'archéologie. D'abord dans la Djenina, puis dans une maison mauresque de la rue des Lotophages, il fut transporté rue de l'État-Major dans l'un des palais construits, quarante ans avant, par le dey Mustapha.
En 1854 s'installa rue Bab-Azzoune, une exposition permanente des produits de l'art et de l'industrie indigènes, fondée par l'État, avec le concours des villes et celui de quelques généreux donateurs. Les collections de ce musée furent remises, dix ans après, à la ville d'Alger.
Vers 1876, elle chargea son architecte,
M. Chasseriau, d'élaborer les plans d'un
jfivi n'Ai.iiK.n musée ethnographique sur un emplacement
*V"C MMoi""*" voisin de Bab-el-Oued, en face du lycée
actuel. Le projet n'eut pas de suite, et en
1889 une nouvelle municipalité algéroise, méconnaissant l'utilité
pratique de cette exposition, vota sa suppression.
Contre cette décision déplorable aucune protestation ne s'éleva dans le public, sauf celle de M. Maupas, dans YAkhbar. Sa voix courageuse resta sans écho. La résolution prise suivit spn cours. Une vente publique fut décidée.
La dispersion de tant de documents précieux, difficiles sinon impossibles à réunir aujourd'hui, n'eut heureusement qu'un commencement d'exécution. Le marteau du commissaire-priseur fut arrêté dans sa course. Un certain nombre d'objets n'ayant trouvé d'acquéreurs qu'à des prix dérisoires, les autres, faute d'enchères, furent mis dans des caisses. Ils y restèrent de longues années.
Enfin, vers 1896, sur l'initiative d'un Inspecteur général des Beaux-Arts, M. Ducoudray de la Blanchère, qui venait de faire ses preuves à Tunis comme organisateur d'un musée d'arl et d'histoire, le projet d'un nouveau musée fut repris. Délégué du Ministre de
l'Instruction publique, il intéressa à son entreprise le Gouverneur général, M. Jules Cambon. Au printemps de 1897 eut lieu l'inauguration solennelle de la nouvelle création. Depuis deux ans on avait commencé, dans l'emplacement qui lui était réservé, à réunir une partie des collections d'antiquités romaines de la Bibliothèque, les dons faits par le génie militaire et les épaves sauvées de l'Exposition permanente.
l Telles sont, en abrégé, les péripéties par lesquelles ont passé, dans l'ordre chronologique, les divers musées . algériens. Disons, pour compléter notre nomenclature des exhibitions africaines, qu'à Paris le musée de la Marine, installé au Louvre sous le règne de Louis- Philippe, renferme des souvenirs de la prise d'Alger et de celle de la smala d'Abd-el-Kader. Le musée ethnographique du Trocadéro consacré aux objets provenant de nos colonies est bien pauvre en ce qui concerne l'Algérie et la Tunisie. Il est un peu la suite de l'Exposition permanente des Colonies au Palais de l'Industrie, aujourd'hui disparue, et dans laquelle l'Algérie avait jadis au contraire trouvé une place importante.
Le Musée Installé près du Palais d'Été, sur le versant des coteaux ver-
nattonal doyants de Mustapha-Supérieur, dans un site panoramique superbe,
le nouveau musée a ses collections divisées en deux périodes : l'art antique et l'art musulman, qui ont chacune leur conservateur, érudit pour chaque section.
Nous ne nous occuperons pas des antiques qui sont en dehors de notre sujet, mais nous présenterons quelques observations sur l'ensemble des collections de la période musulmane qui auraient besoin d'être renforcées.
Il est grand temps d'arracher à la destruction et de sauver de l'oubli les documents anciens. Avant vingt ans, il sera trop tard, il deviendra très difficile de retrouver des vestiges de la civilisation qui a précédé la conquête.
La section de l'orfèvrerie surtout est par trop exiguë. Nous désirerons une collection de bijoux plus nombreuse. Nous voudrions une réunion aussi complète que possible des types anciens et modernes de toute l'Afrique septentrionale, classés par époque, par centre et par provenance, avec des étiquettes indiquant les noms en arabe et en français.
Ce serait alors un foyer d'instruction mis à la portée non seule-
ment des curieux qui passent aujourd'hui rapidement, mais de tous les travailleurs qui veulent étudier longuement.
Les Anglais ont bien compris l'importance à donner à leurs musées coloniaux. Us ont réservé, dans celui des Indes orientales de Londres, de splendides vrtrines aux travaux de la bijouterie recueillis à grands frais sur tous les points du Bengale et de l'Hindoustan par les soins d'envoyés spéciaux.
Les services que peut rendre l'œuvre fondée à Mustapha ne sont ni contestables ni contestés. Aussi le Gouvernement général ne saurait-il refuser d'accroître l'intérêt qu'elle présente en augmentant le crédit qu'il lui consacre. Des ressources plus élevées permettraient un plus grand nombre d'achats utiles qui échappent faute de fonds.
Nul doute qu'ensuite les legs, et les dons des particuliers ne viennent, comme appoint, aider au développement rapide du Musée national de l'Algérie.
Malgré le dévouement éclairé de son habile Directeur et des Professeurs érudits qui l'entourent, l'École nationale des Beaux-Arts n'a pas recueilli le fruit de ses efforts. L'institution du Ministère des Beaux-Arts n'a pas rendu les services attendus. Bien peu d'élèves se sont fait un nom connu dans la nombreuse pléiade des artistes de ce temps et de notre pays. Nous ne critiquons pas, nous exposons sincèrement, sans en chercher la cause, les résultats en regard des subventions accordées.
Dans nos prévisions, la création d'une École supérieure professionnelle rendrait de grands services, comme à Pforzheim, en Allemagne, comme l'Institut spécial de Sarajewo, en Autriche, comme les Ecoles de l'enseignement technique de la Suède, de la Norvège et du Danemark. L'École nationale d'apprentissage des Arts et Métiers de Del lys est trop élémentaire avec un enseignement manuel qui fait simplement de bons forgerons, des ajusteurs habiles, des charrons adroits et des tonneliers expérimentés.
Il faut que le bijou procède du dessin, en suive les règles, sous peine de n'être qu'un assemblage sans caractère artistique. Aussi, dans la nouvelle école d'enseignement technique dont nous proposons la fondation, les élèves devraient d'abord acquérir par la bosse, le modèle vivant et le modelage d'ornement, les connaissances nécessaires.
Quittant le crayon qui trace les lignes et l'ébauchoir qui donne la
École supérieure professionnelle.
forme pour l'outil qui met en œuvre, l'élève des cours préparatoires passerait ensuite dans l'atelier pour construire et exécuter, à l'aide des outils, des œuvres complètes en tout genre. Il modèlerait les pièces, les fondrait et les cisellerait.
Cette pépinière de bons apprentis donnerait des ouvriers bien préparés et connaissant tous les détails du métier. A leur sortie de. l'école, ils se disperseraient ensuite dans tous les centres importants de fabrication pour propager, comme chefs d'atelier, l'enseignement reçu et l'expérience acquise.
Avant, il serait accordé aux meilleurs d'entre eux des bourses de voyage sur le crédit des missions. Ces lauréats iraient au Maroc et en Tunisie afin d'étudier, pour les conserver, les anciennes traditions. Quelques-uns même se rendraient en France de façon à s'initier aux nouveaux procédés de fabrication et à pouvoir, rentrés chez eux, donner satisfaction à la mode avec laquelle il faut toujours compter, en Algérie comme ailleurs. Le but qu'ils devraient poursuivre consisterait, en étudiant un peu partout l'art de la bijouterie, à faire du nouveau sur des modèles anciens en évoluant dans leur propre civilisation. Devenus des praticiens expérimentés, ils rentreraient, plus tard, à leur tour, comme professeurs, à l'école et deviendraient ainsi collaborateurs attitrés de la nouvelle œuvre économique.
L'institution professionnelle serait dotée d'une bibliothèque dont les livres seraient de nature à être utilement consultés. Elle comprendrait, avec les magnifiques ouvrages ayant paru sur l'art oriental, les publications en cours, non seulement en France, mais aussi à l'étranger, sur les civilisations qui se sont succédé. Le Gouvernement inscrirait à cet effet une somme spéciale à son chapitre des souscriptions aux publications.
Initiative privée
Autres moyens de (Uteloppe-
ment.
Cependant, si le Gouvernement hésitait à suivre le programme dont nous venons d'esquisser les grandes lignes, l'initiative privée ne pourrait-elle se charger de l'exécuter en partie? Elle est féconde à Alger où elle a enfanté des prodiges.
Les idées de progrès font, du reste, toujours leur chemin. Il suffît d'une volonté forte pour les mettre en marche. La création de la Société de Géographie en est la preuve, Son développement et les
services qu'elle rend et qu'elle a rendus le démontrent d'une façon péremptoire.
A Paris, l'Union Centrale des Beaux-Arts appliqués à l'industrie entretient et développe, depuis vingt ans, la culture des arts qui poursuivent la réalisation du beau dans l'utile.
Un réveil des arts se produit en Algérie. Des associations intelligentes et pleines d'ardeur ont été fondées dans ce but. Aussi le terrain nous parait-il bien préparé pour fonder, à l'instar de Paris, une Société nouvelle s'occupant spécialement de faire revivre l'art des Maures appliqué & l'industrie régionale.
A ses débuts, elle se donnerait pour mission, au moyen de lectures et de conférences faites par des spécialistes éclairés, de créer un mouvement d'opinion publique sur le relèvement des industries d'art en décadence.
Les Expositions sont aussi d'heureux moyens de propagande, bien que celle de 1900, installée dans le beau palais pittoresque, œuvre de M. Albert Ballu, n'ait guère montré que le néant de l'art arabe, à côté d'une rue morose, où des marchands rapaces ne cherchaient qu'à écouler, sur des types néo-barbaresques, des objets sans valeur artistique et, par conséquent, dépourvus d'intérêt. La bijouterie avait été traitée par le comité d'organisation comme une quantité négligeable. Or, nous croyons que, mi-MSQut d'alueh. même à Alger, sans le prestige de
Paris, on peut faire mieux et montrer autre chose aux étrangers.
Rompant avec ces errements, l'Union Centrale Algérienne organiserait avec le concours des artistes, des industriels et des collectionneurs, des Expositions temporaires d'art décoratif et d'industrie d'art. Elle ferait ainsi mieux connaître l'art arabe en montrant les produits des foyers où il s'est le plus purement conserve.
Pour provoquer la création d'œuvres nouvelles, le dessin d'un bijou ou d'une pièce d'orfèvrerie serait mis au concours sur un programme assez large, qui exigerait cependant la conservation de la formule ancienne tout en donnant une impression nouvelle.
Union centrale des arts décoratifs algérien».
L'ORFÈVRERIE ALGÉRIENNE ET Tl'NISIENNE
Appoint du
Comité d'hiternage.
Concurrente pseiuio-
Toute copie, simple contrefaçon historique, serait écartée. Une large part d'invention devrait être exigée dans la forme et dans les détails.
Les projets passeraient devant un jury composé d'artistes et de professionnels qui choisiraient les meilleurs ouvrages pour leur décerner des prix et les faire exécuter comme modèles par des industriels algériens.
La Société aiderait ou fonderait des publications concernant les arts, décoratifs et les arts appliqués à l'industrie, reproduisant de bons modèles d'orfèvrerie, de tapis, de ferronnerie, de céramique, de broderie et de sculpture sur bois. Elle entretiendrait aussi un musée central formé de dons et d'acquisitions qu'elle mettrait, ainsi qu'une bibliothèque, à la disposition des travailleurs.
Le Comité d'hivernage, si dévoué aux intérêts algériens, n'hésiteraît pas à se créer un rôle dans cette rénovation et a l'appuyer d'une subvention. Il fait valoir, dans ses brochures aux hivernants, le ciel bleu, le soleil brillant et les paysages pittoresques de l'Algérie. De plus, pour les captiver et les retenir, il organise des excursions et des fêtes pleines de saveur locale. A ces plaisirs des yeux, ne serait-il pas heureux d'offrir en outre, aux étrangers de passage, l'occasion de se distraire avec des expositions permanentes ou temporaires dans lesquelles ils trouveraient a se procurer facilement , comme souvenirs de leur séjour, des parures ou de belles orfèvreries originales et d'un travail soigné, ayant un cachet très authentique ? Ces achats pourraient amener plus tard, en Algérie, au retour des voya- ""1LI1"' |S||',T,i '"■ " hii geurs chez eux, descommandes
de nnture à augmenter l'importance de l'exportation algérienne. Il ne faut pas oublier que c'est elle qui fait la richesse d'un pays. La mise en pratique de la totalité ou d'une partie seulement de nos projets apprendrait aux indigènes un métier pratique qu'ils laissent exercer par d'autres, et augmenterait les ressources nécessaires pour combattre la gène et même la misère.
Il est temps de mettre une digue à la concurrence. Grandissant
sans cesse, elle arrive, par une contrefaçon habile, en simili ou en métal blanc, à substituer le pseudo-arabe aux produits nationaux, et entrave ainsi le développement de. la fabrication de la bijouterie. Encouragée, soutenue, stimulée, elle sortirait de son marasme actuel par des créations dignes de prendre place à côté des meilleures productions de nos orfèvres parisiens dans toutes les Expositions universelles.
On ne verrait plus alors quelques Mauresques galantes porter des parures parisiennes. La femme arabe ne se délacherait pas des bijoux indigènes qu'elle aime toujours, et les Européens, sachant apprécier toutes les saveurs de leur style, prendraient goût aux modèles orientaux.
(Bijou trlpoHMlD,)
Ce rêve est-il réalisable? Pourquoi pas? Le progrès arrive toujours à percer et s'impose impérieusement à son heure.