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CHAPITRE PREMIER L'ORFÈVRERIE A TRAVERS LES AGES

Née coquette, la femme a de tout temps aimé à se parer. Dès qu'elfe & bijou put se mirer dans l'eau calme d'une fon- avant

taine, elle connut sa beauté : pour plaire, *

elle chercha îi s'embellir encore ; et d'un mouvement spontané , dégageant son visage, elle releva sa chevelure, la tressa, la réunit en un diadème sur sa tète. Puis, de sa main mignonne, elle cueillit, pour la piquer dans ses cheveux, une fleur, ce bijou de la nature.

Plus tard, elle se fit une couronne de feuilles, un bracelet de graines et des boucles d'oreilles de deux cerises, vermeilles comme ses lèvres. Alors, elle se trouva belle selon ses souhaits. L'instinct naturel de la femme avait créé le bijou. On peut dire qu'il est vieux comme le monde. Pourquoi ? C'est qu'il est par essence l'ornemont de la femme et son emblème ; il brille sur elle et il l'aide à briller; il attire les regards, les relient r«

et fait remarquer celle qui le porte.

Précisons cette question importante ««««mkmqw. u fmm

sous des dehors frivoles. Certains bijoux n'onl-ils pas un rôle devant

esthétique dans l'éternelle comédie de la séduction féminine? Ne 'e bijou. prêtent-ils pas plus d'élégance à la partie du corps qu'ils parent? Les bracelets dessinent et accusent la finesse des attaches de la main ou du pied. Le collier, tranchant sur le cou, le détache de

Avant l'histoire.

La Mythologie.

Le bijou

aux temps

primitifs.

En

Palestine.

la poitrine ; le diadème droit met en relief la courbe des sourcils ; la bague fait ressortir la forme gracieuse d'un doigt effilé et la boucle d'oreille encadre admirablement l'ovale de la figure.

Le bijou, tout d'abord, apparaît dans la Mythologie. La ceinture de Vénus, seule parure que portât la déesse quand Paris lui décerna le prix de beauté, était constellée de gemmes. Les couleurs de l'arcen-ciel se jouaient dans l'écharpe d'Iris, tissée et lamée d'or et d'argent. Dans les travestissements qu'il prenait pour séduire les mortelles, Jupiter, maître des dieux, ne pouvait négliger l'aide du bijou, cet entremetteur irrésistible ; des joyaux se mêlaient, sans doute, à la pluie d;or qui lui servit de voile pour vaincre les résistances de Danaé.

Aussi loin qu'on remonte dans le passé, on le retrouve dans les cavernes des Troglodytes, sous la forme de cornes et d'os grossièrement travaillés. A l'âge de pierre, il est représenté dans nos musées par de nombreux colliers de cornaline. A l'âge de bronze, ce sont des bracelets et des anneaux que la femme accroche à ses bras, à ses poignets, à ses chevilles, à tous les endroits qui lui offrent un point d'attache. Tels furent les premiers types de bijoux et les premières matières avec lesquelles ils furent façonnés, aux temps préhistoriques.

Mais l'humanité marche. Arrive l'âge de fer, et les métaux précieux sortent des entrailles de la terre. La femme s'en empare et devine en eux les plus merveilleux auxiliaires de sa séduction naturelle. Les artisans d'une époque qui dépouille peu à peu sa barbarie primitive, se mettent à fondre, à marteler et à ciseler l'or et l'argent pour l'enchanteresse. Ils s'ingénient à varier les formes des joyaux qu'ils fabriquent à son intention.

La genèse du bijou est pleine de légendes merveilleuses. Son histoire vraie est liée aux secrets de la nature. Ainsi, le premier bijou d'or sorti d'une pépite trouvée à la surface du sol, fut travaillé à l'aide de deux cailloux, l'un servant d'enclume et l'autre de marteau. Plus tard, mis au feu, l'or devint malléable : la pépite s'élargit en feuille mince, qui reçut des caractères primitifs, semblable à ces bractées que les botanistes appellent des feuilles florales.

Chez les Hébreux, qui eurent leur légendaire forgeron, leur Vulcain, sous le nom dé Tubalcaïn, le bijou fut l'insigne de la richesse et de la puissance. Il s'incruste dans les murailles et resplendit sur les vases sacrés du temple de Jérusalem. La reine de Saba se pare comme

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une châsse pour visiter Salomon le Sage, qui préfère à tout cet éclat la blancheur pure du lis des champs. Le grand prêtre, prototype du Joad de Racine, attache des pierres précieuses sur ses vêtements, à ses épaules et à sa poitrine. Les femmes portent le croissant symbolique d'Astarté. L'Écriture se complaît dans la description des bijoux royaux. Les fiancées s'accrochent à Tune des narines le nezem, sorte d'anneau dont l'usage, emprunté sans doute aux Asiatiques, s'est perpétué dans l'Inde jusqu'à nos jours.

Une ceinture d'orfèvrerie, d'un travail très fin, analogue au strophium des Latins et qui fut l'ancêtre du corset moderne, enlaçait, en les contournant, les ondulations des seins des Chananéennes.

L'Orient a coloré de tous ses reflets les pages de la Bible où Nabuchodonosor, monarque d'Assyrie, le plus frappant exemple de grandeur et de décadence royales, fait étalage de ses richesses. Faut-il rappeler le festin de Balthazar, servi dans de la vaisselle d'or d'une somptuosité inouïe ?

La fleur fut tout d'abord la parure des Égyptiennes, comme elle , En

avait été celle de la première femme. Ce fut le lotus qui eut ses pré- '^

férences. Le culte des animaux a laissé aussi des traces profondes sous l'ancienne dynastie des Ptolémées. A cette époque, le bœuf Apis servait de hochet ; le serpent s'enroulait en bracelets autour des poignets. Le scarabée en or, pareil à celui qui inspira à Edgar Poë une de ses histoires fantastiques, fut aussi l'un des joyaux préférés sous les Pharaons.

Ninive et Babylone ont tenu le premier rang parmi les villes disparues. La postérité nous a conservé quelques-uns des secrets de la fabrication des bijoux dans ces deux métropoles. Ninive faisait des perles en pâte émaillée, et Babylone connut les bagues servant de cachets et incrustant dans la cire le sceau royal. Depuis Sémiramis, qui trônait dans le rayonnement des pierreries, dépouilles opimes des peuples vaincus, jusqu'à Sardanapale, que le récit de Méry et le tableau de Delacroix nous montrent entassant sur son bûcher funèbre ses bijoux et ses femmes, les monarques assyriens ont ébloui le monde par leur fastueuse prodigalité.

Les mages de Çhaldée, précurseurs des astrologues du moyen âge, ceignaient leur front de tiares constellées de cabochons. Ils s'entouraient ainsi, aux yeux des peuples, de la même auréole majestueuse que les satrapes de la Perse et les souverains de la Cappadoce.

Le bouclier d'Achille.

Les Phéniciens, nation de navigateurs et de commerçants, emportèrent le bijou dans leurs courses lointaines et le firent passer de l'Orient en Occident ; mais le négoce ne les absorbant pas entièrement, ils ne se bornaient pas à pourvoir les marchés du monde des produits venus de l'intérieur de l'Asie. Ils avaient aussi leur art et leur industrie. Leurs villes très prospères, Tyr et Sidon, étaient renommées pour la fabrication des bijoux, qu'ils couvraient de motifs de décoration empruntés à la faune ou à la flore. Leurs modèles sont infiniment variés. Ils ont su de bonne heure appliquer la pûle de verre à l'ornementation des joyaux. Ce furent pemielo«ue j^ pro(]jgjeux artistes.

A la suite des Phéniciens, le bijou pénètre en Europe, chez les Étrusques, artisans très habiles pour l'époque, inventeurs du filigrane, et chez les Grecs, qui trouvent dans Homère le plus merveilleux des poètes du bijou et le plus précis de ses historiens. Il élève les héros de ses poèmes au rang de demi-dieux, mais ses fictions ont un fond de réalité et donnent le reflet exact de la civilisation de son temps. La description du bouclier d'Achille, qui remplit presque tout un chant de Y Iliade, montre avec quelle perfection travaillaient les ouvriers d'art de l'Altique.

Le poète des temps héroïques chante avec pompe ce bouclier splendide, chef-d'œuvre de ciselure, sur lequel le divin forgeron Vulcain avait figuré la terre et la mer, le ciel et les étoiles, avec des guerriers en marche, des laboureurs aux champs, des vignerons cueillant des grappes de raisin d'acier suspendues h des échalas d'argent. Vulcain lui-même, sur la prière de Thétis, exécuta cette œuvre prodigieuse dans l'antre des Cyclopes. De cette forge divine sortaient aussi le sceptre d'Agamcmnon, sa cuirasse lamée d'or et d'étain, lecollier d'Hermione et les boucles d'oreilles de Junon. Après avoir remarqué qu'Homère a rendu hommage, en les nommant, à des bijoutiers de son temps, citons un autre grand poète de la Grèce primitive, Hésiode, qui, dans les Travaux et les Jours, fraya la voie aux Géorgiqaes de Virgile. Il est l'auteur du Bouclier d'Hercule, où il reprend avec des détails plus techniques la description qu'Homère avait faite du bouclier d'Achille.

H est certain que si nous ramenons même la légende a la vérité,

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la Grèce avait, dans les temps les plus reculés, des orfèvres d'une habileté extraordinaire.

Dans l'Athènes de Périclès, le bijou partage la faveuç qui s'attache a tous les arts. Phidias et Praxitèle revêtent de couleurs éclatantes et enrichissent d'orfèvrerie leurs statues de l'Acropole et du Parthénon : la Minerve, le Jupiter Olympien. Aristophane raille le luxe des chevaliers aux chlamydcs attachées par des agrafes de grand prix. Aspasie de Milet, la courtisane philosophe, se montre richement parée à ses amants, dont le plus fastueux, Alcibiade, étale aussi devant les Athéniens un luxe effréné.

Sparte exceptée, aucune des parties de la Grèce n'échappe a cette contagion du luxe, propagée par le bijou. Corinthe, ville peuplée de statues-, voit les jeunes gens se ruiner pour couvrir de joyaux la célèbre Laïs, qui tarifait ses faveurs au point de faire dire à Démosthène : « Je ne veux pas acheter si cher un repentir. »

Le tyran de Samos lance dans la mer un anneau magnifique, comme le roi de Thulé, dans la légende germanique, jeta dans les flots sa coupe en or ciselé. Le charmant satirique de la décadence, Lucien, allume, autour des bijoux que les chefs d'hoplites rapportent de la guerre, les convoitises des belles courtisanes.

A Rome, le bijou se montre peu, d'abord ; il jure avec l'austérité des mœurs républicaines, au temps de Brutus et de Cornélie, la mère des Gracques : « Mes deux fils, disait celle-ci, sont mes seuls trésors. » Avant de prendre la forme de l'emblème, signe de fécondité, qui se suspendait au col des chastes matrones filant la laine à leurs foyers, il ressemblait, le plus souvent, à ces colliers d'or massif ou torques, comme celui dont Manlius, surnommé Torquatus, dépouilla, après l'avoir tué, un Gaulois gigantesque. Les torques ou anneaux de cou, portés par les guerriers> pesaient près d'une livre. A l'exemple des Gauloises ou des femmes des Cimbres et des Teutons, dont les riches parures avaient ébloui les légionnaires de Marius, les Romaines adoptèrent dans la suite des bracelets d'or, tantôt tordus et tantôt cannelés.

A la belle époque de la République, le bijou revôt surtout un caractère guerrier. Tite-Live rapporte qu'Annibal expédia à Carthage plusieurs boisseaux, remplis jusqu'aux bords des anneaux d'or dont il avait dépouillé les cadavres des chevaliers romains, tombés sur le champ de bataille de Cannes,

Le siècle de Périclès.

L'anneau

de

Polycrate.

Chez

les

Romains.

Clêopâtre.

Grandeur

et décadence

des

Césars.

Les Gallo- Rotnains.

Trésors des églises.

Les peuples soumis prennent leur revanche en amollissant leurs rudes conquérants. De toutes les nations qui passaient sous le joug latin, on peut répéter ce qu'un écrivain disait de la Grèce à demiorientale : Grœcia capta ferum victorem cepil. « La Grèce, conquise, a conquis son fier vainqueur. »

Quand le luxe asiatique envahit Rome, il n'eut pas, pour séduire les femmes et corrompre les hommes, de plus subtil auxiliaire que le bijou. Le lieutenant de Jules César, Marc- Antoine, perdit la bataille d'Actium pour avoir suivi, sur sa galère aux voiles de pourpre, la royale courtisane qui l'avait affolé, cette Clêopâtre, capable de composer un breuvage avec des perles dissoutes dans du vinaigre, et qui, coquetterie suprême ! meurt de la piqûre d'un aspic, après l'avoir enroulé comme un bracelet autour de son bras.

Des bagues sigillaires, des pierres gravées, des camées retrouvés intacts à Pompéi, mis au jour par les fouilles ou exhumés des tombeaux, accusent la rare finesse de travail et les conceptions ingénieuses des artistes, au temps de la splendeur romaine.

Mais la décadence de l'Empire arrive à grands pas ; le bijou règne cependant en maître absolu sur la Rome fastueuse et dissolue des empereurs. Il couvre la robe flottante des convives impurs du festin de Trimalcion ; il resplendit sur l'armure du gladiateur qui va mourir. Tous les Césars, au visage glabre comme celui des femmes, Néron, Domitien, Héliogabale, le profanent, le prodiguent, le jettent parfois à la populace qui n'a pas de pain. Juvénal, dans sa Satire des femmes, le stigmatise comme un agent des pires voluptés : Auribus extemis magnos commisit elenchos. « Elle s'allonge les oreilles en y accrochant de lourdes perles, » s'écrie le satirique, à propos d'une de ces patriciennes dégénérées dont il flagelle les curiosités malsaines, l'appétit effréné de débauche et de luxe.

Cette époque a quelques beaux bijoux en bronze, incrustés d'or ; d'autres en electrum, ce métal dont la composition est actuellement perdue. Des milliers de bracelets, de colliers, d'épingles, de fibules gravées, retrouvés par les archéologues dans leurs fouilles, attestent, aux yeux des visiteurs de tous les musées de l'Europe, l'importance du bijou dans les premiers temps de la Gaule.

Au déclin de la monarchie franque, le clergé s'empare du bijou et, lui donnant un caractère de majesté hiératique parfaitement conforme aux manifestations du culte chrétien, l'enchâsse somptueu-

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sèment dans les mitres, les crosses, les croix, les anneaux et les évangéliaires .

Dans les trésors des basiliques et des cathédrales qui couvrent alors les Gaules, brillent les vases religieux en or massif, pareils au vase de Soissons qui inspira a Clovis un acte bien connu de justice militaire.

Le populaire patron des orfèvres fonde des ateliers d'où sortent la chûsse de saint Denis, apôtre des Gaules, et le trône du bon roi Dagobert, sans compter de merveilleux calices et des ostensoirs d'une richesse inouïe.

Les Carlovingiens cherchent, plus encore que les Mérovingiens, à rehausser par des joyaux l'éclat de la majesté souveraine. Charlemagne pose sur son front le diadème impérial, décoré de fleurs de lis et surmonté d'une croix. Il tient en main le globe d'or, symbole de sa domination sur le monde. Son sceptre, son trône, sa table, son glaive crucifère, sa cuirasse ciselée, en or massif, ont frappé l'imagination de ses contemporains. Il comble les églises de ses dons, croix processionnelles et reliquaires en forme d'autels ' A-**^ portatifs. Les visiteurs de l'Exposition des hedouab. trésors religieux, au Trocadéro, en 1889, (Broche.) ont pu juger de ces présents aux basiliques par l'A gigantesque de l'église de Conques, un simple triangle dont les « ayz sont recouverts d'argent doré à ymaiges enlevées » — comme on disait, en vieux français, pour désigner un travail repoussé.

Au moyen âge, les cérémonies du sacre des rois de France donnent lieu au plus magnifique déploiement de bijoux historiques, exhumés pour cette grande solennité. La description de ce pompeux cérémonial, qui resta presque le même pendant une durée de dix siècles, ne rentre point dans notre sujet; une simple énuméralion des bijoux portés par le roi et sa suite remplirait plusieurs pages. Bornons-nous à désigner les habits et ornements royaux que l'on déposait d'abord sur l'autel : la grande couronne de Charlemagne et deux autres, d'or et pierres précieuses, que le pape Etienne V avait offertes à Louis le Débonnaire; l'épée, le sceptre, la main de justice, les éperons, le livre des cérémonies, une camisole de salin rouge, garnie d'or ;

Charlemagne.

Bijoux des meres.

Taille du diamant.

Bentenuto Celtini.

une tunique, une dalmatique, des bottines et un manteau royal de velours bleu, semé de fleurs de lis d'or, doublé d'hermine.

C'est aussi l'époque du Iressoir, un cercle plat de métal qui retient le voile sur la tète et qui, transformé en bandeau enrichi de pierres, s'appelle plus tard le fronteau.

La plus précieuse des pierres, taillée avec art, fait bientôt son apparition. C'est, en effet, au XVe siècle, que l'on commence à tailler le diamant. Charles le Téméraire perd, à la bataille de Moral, le Saney, venu des Indes, et qui est resté, grâce à son éclat merveilleux, à sa grosseur surprenante et à ses possesseurs illustres ( Nicolas - Harlay de Saney, Henriette d'Angleterre, Mazarin, la duchesse de Berry), un des diamants les plus célèbres. Agnès Sorel, l'amie do Charles VII, porte la première un collier de diamants, comparé par ses contemporains à un carcan incommode. Elle entoure sa taille de la ceinture d'orfèvrerie en cuir et en velours, couverte d'ornements ciselés et émail lés, qui, faisant le tour du corsage, retombe jusqu'aux pieds, sur le devant de la robe lissée d'or. Après cette époque brillante de la fin du moyen âge commence l'ère fastueuse de la Renaissance. Alors apparaît un prodigieux ciseleur, émail leur incomparable, Ben venu to Cellini, l'auteur de la salière que l'on peut voir encore à Vienne ; ses pendants de cou et ses ■aixqoucHA. moindres ouvrages feront à jamais l'admiration et le (Boude d-oreiiie.) jysespoip de ses imitateurs. Il sait mettre dans une simple pendeloque une recherche d'art aussi exquise que dans sa statue de Persée :

L'étoile vaut le soleil.

L'étincelle vaut la flamme ;

La miette de Cellini vaut le bloc de Michel-Ange,

a dit Victor Hugo.

La cour des Valois aurait pu prendre le nom qui sert de litre à un tableau de féerie, et s'appeler le Royaume des Bijoux.

Dans cette France raffinée et efféminée qui se modelait sur l'Italie des Médicis, ce n'étaient que festons, ce n'étaient qu'astragales, ce n'étaient que girandoles de joyaux. Pour l'entrevue du camp, du Drap d'Or, les deux souverains, François I™ el Henri VIII, avaient

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revêtu des cuirasses damasquinées d'or, leurs chevaux étaient splendidement caparaçonnés. On peut juger de la richesse de ces armures par la cuirasse que portait plus tard Charles IX, et que tous les visiteurs du Louvre admirent dans une vitrine de la galerie d'Apollon.

Dans le fastueux étalage de leur luxe, les reines légitimes étaiçnt éclipsées par leurs rivales, souveraines de la main gauche. La comtesse de Châteaubriant, maîtresse de François Ier, faisait fondre en un lingot les joyaux que son royal amant voulait l'obliger à remettre à la duchesse d'Étampes, la nouvelle favorite. Diane de Poitiers se couvrait de colliers et de pendants de perles fines. Arbitre de l'élégance de l'époque, elle les mit bientôt à la mode à la cour des Valois. La belle Ferronnière a été représentée par les peintres de l'époque, le front ceint d'un bandeau d'orfèvrerie.

Côle à côte avec ces dames galantes, dont Brantôme énumère complaisamment les somptueux afïiqucts , une jeune et charmante reine, Marie Stuart, la femme de François II, se montra comme une vision à la cour de France, son pays d'adoption, paréo de joyaux magnifiques.

Les hommes disputent alors aux femmes la gloire futile de porter des bijoux :

Je connais sur ce point Bon nombre d'hommes qui sont femmes,

a dit plus tard le fabuliste.

Les mignons, flétris par Agrippa d'Aubigné, pleures par Henri III dans ces vers qui leur ont servi d'oraison funèbre :

Que Dieu conserve en son giron Quélus, Schomberg et Maugiron,

Reines

et

maîtresses

royales.

Luxe

hommes.

mettent des perles à leurs oreilles et à leurs toques, et laissent tomber des chaînes d'or sur leurs pourpoints de velours aux crevés de satin.

A cette époque, le style, n'empruntant plus rien au passé, devient bien français et règne en souverain maître sur le monde entier. L'orfèvrerie atteint une grande perfection en suivant la nouvelle manifestation de l'art. Elle se plie aux caprices du goût et aux fantaisies imprévues de la mode. Dans le tableau de la vie élégante ou familiale, des bals, des réceptions, des spectacles de la cour et de la ville,

XVIV siècle,

que déroulent devant nous les mémoires et les correspondances perpétuellement exhumés, les bijoux ont laissé leurs traces et leurs reflets. la folie Sous Louis XIV, les femmes les adoraient toujours autant ; elles

(/« bijour, mettaient dans leurs cheveux des attifets qu'elles appelaient culbutes, et leur corsage n'était qu'une cuirasse étincelante de pierreries. Le luxe devient tel que Mazarin, en 1644, édicté des lois sompUiaircs pour protéger le mêlai réservé à la Monnaie, que les orfèvres finissaient par accaparer pour leurs travaux. Et pourtant, le fastueux cardinal, en sa vaniteuse ostentation d'Italien, fit le premier tailler douze diamants de la Couronne, connus sous le nom des Douze Mazarim.

A la cour du grand Roi, les diamants arrivent à flots des Indes, des pays mystérieux que les poètes appellent Golconde. Drainés et canalisés à Versailles, ils deviennent des rivières qui coulent encore de nos jours. Les femmes sont radieuses avec, leurs guêpes et leurs papillons qui • tremblent dans leurs coiffures. Madame

de Sévigné écrit de ses contemporaines qu'elles aimeraient mieux se passer de chemise que de bijoux.

le AT///* ^a Pass'on des joyaux continue. Le duc

ùfcte. *• d'Orléans, régent de France, achète, en

1717, pour 3.37.1.000 francs, le superbe diamant auquel il donne son nom, et le (ÉpiDgio irembiîuie.) porte dans ses fêtes libertines du Palais-

Royal. Partout, dans les petits appartements de Versailles, aux soupers de la Pompadour et de la du Barry, étincelle le feu des pierres précieuses qui rivalise avec relui des regards enflammés. Sur la table des gros financiers, des Turcaret qui prêtent de l'argent a Louis XV, s'étalent les pois à oîls, les rafraichissoirs ventrus. La corbeille de mariage de Maric-Josèphe de Saxe contient plus de 150.000 livres de bijoux. Le .ïttjtr L'n joaillier invente les miniatures, montées en bagues ou en bra-

« rcmilte. ». celets par Bazan, que le duc de Choiseul appelle le Maréchal de Saxe de la curiosité. Un autre trouve la châtelaine en or, rehaussée de diamants et de bergerades ciselées, dans le goût de Boucher, qui de la

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ceinture retombe sur la jupe. Un autre enfin enrichit et couvre les montres de reliefs pris dans la masse , et les constelle de pierres fines et d'émaux. C'est le règne de la rocaille, qui se contourne, ressemblant aux paraphes que l'on retrouve dans les cahiers des maîtres d'écriture de l'époque.

Le grand luxe diminue sous Louis XVI. Le roi dit « Elle me gène, n en posant sur sa tète la couronne du sacre , ciselée par

Auguste, son orfèvre attitré, comme BAS [,raUi it0Di dfl c^m.)

s'il prévoyait qu'elle serait trop Modèle turc,

lourde pour sa tête.

A cette époque fleurit le bibelot, cher aux collectionneurs qui se disputent aujourd'hui les boites d'or émaillées en bleu moiré, pour le tabac et pour les mouches ; les boutons de strass, qui flamboient aux corsages des dames ou ferment les habits des gens du bel air ; les étuis en or guilloché pour la cire d'Espagne qui doit sceller les poulets parfumés ; les mignons souvenirs, avec crayon et feuilles d'ivoire, pour ne pas oublier les rendez-vous galants ; les boucles de souliers ou les gardes d'épée que Leblanc a trouvé le moyen d'exécuter en similor, le nouvel alliage qui fit fureur à son apparition.

A Versailles, les dames d'honneur de Marie-Antoinette posent délicatement une aigrette appelée pouff sur leurs cheveux poudrés, qui sont de véritables édifices.

A Trianon, le bijou s'efface ou se dissimule dans les pastorales, mais cette simplicité dure peu. Il reparait bientôt avec tout l'éclat de sa redoutable puissance. Le célèbre collier de perles et diamants, sorti de l'officine de Boehmer et Bossange, excite les convoitises de la reine ; complice de la faction rivale, il a le fatal privilège de hâter la chute de la monarchie.

Sous la République, à l'époque des enrôlements volontaires, un élan patriotique décide les « Dômes françaises » à sacrifier leurs joyaux sur l'autel de la Patrie, pour payer les frais de la guerre. On ne fabrique plus que des bijoux nationaux, émaillés aux trois couleurs.

Affaire

<iu Collier.

Période rrroluthn-

Dirtttoirt, Avec Barras, le luxe reparaît. Sous le Directoire, les Incroyables,

Consulat, affublés de lorgnons aux riches montures, laissent pendre de leurs Empire. gj]ets deux grosses chaînes d'or ; les Merveilleuses, retenant leurs jupes par des agrafes de prix, retournent chez les orfèvres et font revivre, avec les muscadins, le cullo de l'élégance la plus raffinée. L'orfèvre Bicnnais offre un nécessaire de voyage û tous les officiers des campagnes d'Egypte el d'Italie.

A la cérémonie du Sacre, Napoléon Ior déploie une splendeur qui contraste avec sa simplicité habituelle. II porte la couronne et le sceptre de Charlemagne ; le Régent scintille à la garde de son épée. Jl lient à voir tout resplendir autour de lui. La ville de Paris fait à Joséphine présent d'une toilette en argent massif. L'Empereur met dans la corbeille de Marie-Louise deux rubis, montés en boucles d'oreilles, et valant un demi-million. Les diadèmes légers sont à la mode, ainsi que les broches où s'incruste une miniature reproduisant les fraits du mari qui est à la Grande Armée.

C'esl l'arl grec, ou plutôt le néo-grec du goût de Percier, qui, jusqu'en 1814, inspire les bijoutiers et leur impose son style.

La

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stuura-

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tion.

tauration , le goût rococo anglais dom i n e jusqu'au moment

par de très habiles dessinateurs et sculpteurs , fait quel-

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la corporation. Fauconnier a pour élève Barye, le grand sculpteur animalier. Caillot exécute les ornements du sacre de Charles X, qui sont à Notre-Dame. Alors brillent, renouvelées de la femme de l'avocat Ferron, maîtresse de François I", les ferronnières, qui aplatissent les cheveux et serrent les bandeaux plats sur le front. Puis c'est la grande mode de porter des chaînes d'or, retombant sur la poitrine, et que Théophile Gautier compare à un ordre de chevalerie.

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Une nouvelle ère se dessine : le style troubadour fait son apparition et se développe sous l'influence du romantisme. Alors surgit Froment Meurice, un « coloriste, » a dit Burty, un artiste comme il ne s'en était pas vu depuis la Renaissance. Tout à la fois orfèvre, bijoutier et joaillier, il devient le fournisseur attitré de toutes les célébrités contemporaines. Il fait rimer à Victor Hugo ces vers exquis :

Froment Meurice.

Nous sommes frères ; les fleurs Par deux arts peuvent être faites.

Les poètes sont ciseleurs, Les ciseleurs sont poètes.

Eugène Sue l'appelle : « Mon cher Benvenuto, » et lui commande des salières charmantes, à l'indécence près. Balzac lui écrit : « Mon cher « Auri fabcr, » et fait exécuter par lui une coupe symbolique, composée de cactus et de ronces, pour Madame Anska ; et pour luimême, une canne à la pomme parée de turquoises, enchâssées dans de l'or, pour éblouir les éditeurs.

Le bouclier de Froment Meurice pour l'empereur de Russie ; son aiguière pour la reine Victoria ; son couteau de chasse du prince Albert ; sa coupe de vendanges pour le duc de Montpensier ; sa toilette pour la duchesse de Parme ; ses épées de souscription pour les généraux Cavaignac et Changarnier sont les meilleures œuvres de l'époque, mais elles se ressentent trop de ce style qui prit pour motifs favoris d'ornementation les toques et les claymores des héros de Walter Scott, et qui sema partout des hallebardiers, des pages et de nobles châtelaines.

Napoléon III attacha, la veille de son mariage, sur les épaules de Mademoiselle de Montijo, qui adorait les diamants, un splendide collier valant, dit-on, 500.000 francs. La dernière des souveraines qui se soit parée du Régent, avant son entrée au musée du Louvre, est l'impératrice Eugénie : elle le portait enchâssé dans im diadème. Les femmes adoptèrent alors le bouton . de diamant piqué dans l'oreille, le bracelet-jarretière et le breloquier représentant un cochon, plus élégamment appelé porte-bonheur.

Les revers de 1870 arrêtèrent momentanément toute la fabrication de luxe ; elle ne reprit qu'à l'Exposition de 1878. On vit alors surgir le luxe écrasant des demi-mondaines, dans les loges de l'Opéra.

Le second Empire*

Après la guerre*

Exposition de 1889.

Exposition coloniale.

L'Algérie.

Tout le Paris des premières a pu admirer le collier de perles fines de MUe Léonide Leblanc, cadeau princier d'un duc de sang royal.

A la dernière Exposition de 1889, affluèrent de tous côtés des spécimens curieux.

La Bohême envoya ses appliques rondes, parées de petits grenats ; la Hongrie, ses opales ajustées avec précision ; la Grande-Bretagne, ses bijoux en or natif, venus des Indes ; la Suisse, ses montres dissimulées dans des boutons de rose, sertis de pierres ; Milan, ses bracelets de torsades d'or jaune ; Florence, ses mosaïques de marbre, ajustées sur fond d'ardoise ; Gênes, ses filigranes d'argent ; Naples, ses feuillages en corail ; Rome, ses montures étrusques en or jaune, avec ses mosaïques cubiques ; la Norwège, son bijou national en filigrane, sur des fonds d'argent oxydé ; le Danemark, ses incrustations de monnaies anciennes sur des planés dorés; le Caucase, ses boîtes avec ses nielles d'argent bruni ; l'Espagne, ses bracelets en damasquine de fer; l'Egypte, ses scarabées montés sur filigrane d'argent doré ; Siam, ses boîtes étoilées en or fin, repoussé et incrusté de rubis ; New-York, ses flacons en cristal de roche, sertis de pierres précieuses, ses porte-mine, ses briquets en or, son argenterie martelée de Tiffany ; et le Japon, ses vases mélangés de bronze et d'argent.

Nos colonies étaient représentées par l'Inde et le Sénégal, qui avaient exposé des bijoux de filigrane d'or et d'argent ; la Cochinchine, des bracelets gravés, champlevés, ou ajourés, des boucles d'oreilles en forme de clous, et d'autres bijoux en or rouge, teint par la poudre de Cassius. La Tunisie semblait s'être désintéressée de l'Exposition. Cette contrée, si riche en joyaux de toute sorte, n'avait guère, pour attirer les regards, que des anneaux de pied en fer à cheval.

Le rapporteur du Jury international, M. Marcel, consacra quelques lignes seulement à l'Algérie. Après avoir parlé sommairement des bijoux kabyles, boucles d'oreilles, colliers, agrafes, plaques de front, et constaté que cette partie de l'Exposition était plutôt rétrospective qu'industrielle, il disait un mot des produits des pêcheurs de corail. Il établissait ensuite une distinction entre l'industrie toute naïve des Arabes et celle qui s'inspire, à la fois, du mode de travail européen et du goût arabe.

Quant à la bijouterie purement arabe, l'honorable rapporteur, tout en la trouvant primitive et un peu grossière de détails, ne la jugeait

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pas indigne d'attention. « Les bijoux arabes, disait-il, tirent leur intérêt de la simplicité des moyens de travail. »

N'ayant que peu d'outils à sa disposition, transportant son atelier partout où il lui prend fantaisie de faire la sieste, l'ouvrier arabe n'a évidemment ni le moyen ni le loisir de ciseler des bijoux d'un art raffiné et d'une exécution achevée. On doit plutôt s'é- {BnttM ,lgèrie3 » '«ui. tun)sien> tonner des résultats qu'il sait encore obtenir, et encourager toutes ses tentatives originales.

Le jury de 1889, accentuant les réserves du rapporteur, ne pécha pas par excès d'indulgence pour les bijoutiers arabes. Sur trentetrois exposants algériens {chiffre modeste, à la vérité), aucun ne remporta de grande récompense. Quelques simples mentions honorables furent accordées aux joailliers indigènes de notre grande colonie africaine.

L'exposition des bijoutiers français était magnifique. L'abaissement du prix du diamant, depuis la découverte des mines du Cap, avait permis de multiplier les parures en brillants. Les vitrines étincelaient de mille feux. Exposé par un syndicat de négociants anglais et français, le diamant Impérial, du poids de 180 carats, taillé à Amsterdam, figurait comme la plus belle pièce dans une vitrine spéciale. Autour de lui, les exhibitions de toute la joaillerie française rivalisaient de splendeur. On ne comptait plus les colliers de diamants et les diadèmes de rubis ; il serait trop long d'en faire la nomenclature, mais il est impossible d'oublier, après les avoir vus : une touffe de cyclamens fleuris, sertis en pierres précieuses ; des filets de perles, séparés par des lentilles de diamant; une couronne en petits brillants, composée de larges rinceaux et de feuilles en trèfle ; un soleil de diamants ; des réseaux de fils de platine ; un nœud en perles noires, avec rinceaux de boulons d'amandier en or; une pointe de corsage faite de ramages de fleurettes et de feuillage courant dans les rubans; des montures noires pour robes sombres, disposées de façon à ne laisser voir que les motifs dessinés par les diamants.

M. Marcel, l'érudit rapporteur de l'Exposition de 1889, auquel nous empruntons ces détails, ajoute encore au catalogue des merveilleux

bijoutiers

Bijoux du jour.

Le bijou au seuil ' du XIf siècle.

Résume.

objets d'art exhibés par nos joailliers, des flacons en topazes et en améthystes creusés en torse ; une fleur de carotte sauvage, légère et souple, faite de petits chatons de diamants fixés à l'extrémité de tiges de crin ; une lampe de nuit, avec un travail de vitraux d'émail dans le goût oriental ; un vase en cristal fumé, sorte d'anneau dont le centre évidé était traversé par une chimère d'or, émaillée de toutes couleurs. Ce véritable chef-d'œuvre restera comme le plus remarquable travail en or connu dans les phases de la bijouterie contemporaine : c'est le rapporteur lui-même qui en donne l'assurance.

Maintenant régnent les perles fines. On cite certains colliers, comme celui de Mme Boucheron, qui, par leur régularité et par leur orient, dépassent le million.

Un nouveau genre de bijoux vient de surgir. On a pu le voir dans nos derniers Salons- qui font maintenant une large place aux arts décoratifs. Le créateur du bijou néo-égyptien est un véritable artiste. Il a su trouver les combinaisons les plus variées, enchâssées dans un travail d'une précision parfaite. C'est le goût et la mode du jour.

Quels nouveaux trésors, conçus par l'imagination féconde de nos joailliers et exécutés par les mains habiles de leurs collaborateurs, nous réserve l'Exposition universelle de 1900 !

Nul doute qu'il ne s'y rencontre encore de nouvelles merveilles, suscitées par le désir de plaire à la femme et de la parer. Dans ce chapitre, l'histoire de la bijouterie à travers les âges doit s'arrêter au xxe siècle. J'aurais pu l'étendre encore ; mais ce simple exposé a déjà trop retardé l'entrée en matière d'un ouvrage qui doit se borner à traiter de l'art chez les Arabes.

Cependant ces considérations générales n'auront pas été inutiles pour montrer ce qui rapproche ou ce qui sépare, dans la recherche de la parure et des bijoux, la femme arabe de la patricienne de Rome ou de la parisienne de Paris ; car on peut le dire hardiment, tout ce qui brille plaît à la femme, depuis la duchesse qui se couvre de diamants jusqu'à la femme sauvage qui s'affuble de verroteries, dans les déserts de l'Afrique centrale.

Il faut maintenant revenir en arrière, au point où notre étude a bifurqué, et reprendre l'histoire et le rôle du bijou sur la rive africaine. Ce sera l'objet du chapitre suivant.

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