TOTAL
En 1897. . .
En 1898. . .
En 1899. . .
Totaux . .
Prestige
des
Contrôleurs .
Les bijoutiers ont reporté sur le Contrôleur de la Garantie le grand respect qu'ils avaient autrefois pour l'aminé es-sekka. C'est pour eux le chef des bijoutiers et ils l'entourent d'une véritable vénération. Quand ils se présentent chez lui, ils ne l'appellent ni M. le Contrôleur, ni mon Contrôleur, mais « mon Contrôle. » Ils ont élevé, au cimetière de Saint-Eugène, un monument à la mémoire de M. Vallière, avec
CONTRÔLE
TABAA.
(Poinçon des aminés,
avant 1859, portant
Fodda (argent).
cette inscription : « Les bijoutiers d'Alger à M. Vallière, témoignage de respect et de reconnaissance. » Il faut cependant, pour être sincère, reconnaître que les orfèvres européens ne se sont pas associés à ce témoignage, dû entièrement à l'initiative des israélites.
Les archives du Contrôle contiennent différents poinçons anciens, entre autres un poinçon (tabâa) d'aminé es-sekka, grand comme une pièce de 0 fr. 20 et portant le mot « argent », dans une bordure perlée. Il s'y trouve aussi d'anciens coins en acier trempé pour frapper les monnaies arabes. Leur gravure, assez nette, porte sur la face : « Sultan Selim Khan, frappé à Alger en l'an 1221 de l'hégire. »
Les préposés à la Garantie furent Abraham Stora, jusqu'en 1871, puis Isaac Lankri et Jules Temime. Le chaouch est actuellement Mohammed ben Hammoud ben El-Bedjaoui. Il descend de princes tunisiens. Il est le petit-fils du premier ministre du bey de Constantine. Avec ses fonctions de chaouch, il remplit celle d'interprète. Il est, en outre, chargé de la marque, et touche un traitement fixe de 1.200 francs par an. Le 21 juin 1898, le Gouvernement lui a décerné une médaille d'honneur pour ses bons et loyaux services.
Les séances de Garantie ont lieu au Contrôle d'Alger, trois fois par semaine : les lundi, mercredi et vendredi. La journée du jeudi est consacrée aux opérations du Mont-de-Piété. Quant aux ventes effectuées par les commissaires - priseurs indigènes, elles sont assez fréquentes et doivent être suivies de très près par les agents, pour éviter la mise en vente, par négligence, de matières d'or et d'argent non contrôlées.
Quelques indigènes, très peu heureusement, n'hésitent pas à frauder, et lorsqu'ils sont pris, ils savent avec adresse se montrer rampants pour implorer la clémence. Un jour, le Contrôleur d'Alger voulut sévir contre un orfèvre qui n'était pas en règle et lui dresser, pour cette infraction, un procès-verbal entraînant une assez forte amende. Le délinquant se jeta alors à ses pieds, les entoura de ses bras, les embrassa, déclarant qu'il ne se relèverait pas tant qu'il n'aurait pas été pardonné.
A Constantine, les bijoutiers pratiquent un moyen ingénieux pour éviter le Contrôle. La moitié de leurs bijoux sont généralement en règle ; quant à l'autre moitié, elle ne leur appartient pas, disent-ils.
Les
chaouchs.
Séances et ventes
Fraudes.
Recrutement
actuel
des
essayeurs.
Ce n'est qu'un dépôt ; naturellement, les poinçons brillent par leur absence.
Exposons, en terminant, comment, suivant la loi du 22 vendémiaire an iv, sont recrutés actuellement en Algérie les essayeurs de la Garantie. Les candidats doivent subir un examen pour obtenir le certificat de capacité d'essayeur du commerce, exigé de tous les aspirants à l'emploi d'essayeur de la Garantie.
Cet examen se compose de deux parties :
1° Une épreuve orale. — Le candidat est interrogé sur les éléments de chimie générale que doit avoir toute personne chargée d'exécuter une opération chimique. Il est questionné, en outre, sur la partie théorique de l'art des essais. Il doit indiquer le moyen de reconnaître les matières que renferme l'eau ordinaire, les réactifs dont il est fait usage dans ce but, les moyens de purifier l'eau et les acides.
On lui demande de décrire les essais à la pierre de touche ; les essais d'argent par la voie sèche et la voie humide ; les essais d'or ; les procédés à employer pour obtenir l'or et l'argent à l'état de pureté et les essais de cendres d'orfèvre.
2° Épreuve pratique. — Si l'épreuve orale a été satisfaisante, le candidat est admis à subir l'épreuve pratique. A" cet effet, on met à sa disposition une certaine quantité de matières d'or et d'argent à différents titres, dont il a à déterminer d'abord le titre par le procédé au toucha u, puis par la voie sèche et la voie humide. Plusieurs jours lui sont accordés pour faire les essais.
Dès qu'il a terminé, il soumet aux examinateurs un tableau présentant les titres qu'il a obtenus et les matières d'or et d'argent provenant de ses opérations. Il subit alors un deuxième examen qui roule principalement sur la partie technique de l'art de l'essayeur.
Si toutes les épreuves sont satisfaisantes, il doit, avant d'entrer en fonctions, prêter serment devant le tribunal dans le ressort duquel se trouve le bureau de Garantie.
L'essayeur sortant remet ensuite le service à son successeur, pour lui permettre d'exercer légalement. Un inventaire est enfin dressé des poinçons et des bigornes.