PESEURS
MEQUIAS.
(Bracelet pseado-arabe.)
Les Arabes tiennent au titre et au poinçon de garantie ; aussi n'est-ce pas sans de grandes précautions qu'ils achètent un bijou. Ne pouvant faire seuls une estimation exacte des objets soumis au trafic, ils ont recours à un peseur pour éclairer leur religion. Le marché n'est définitivement conclu entre l'acheteur et le vendeur (un orfèvre, dans la plupart des cas) qu'après que le pseudocontrôleur a indiqué le poids des matières précieuses et affirmé que l'objet est revêtu des poinçons réglementaires.
Ces peseurs ne sont pas assermentés ; leur profession n'est pas reconnue officiellement, mais seulement tolérée, eu égard aux vieux usages enracinés dans le pays et aux services que rendent ces experts officieux en empêchant les tromperies. La grande masse des indigènes ignore notre système métrique ; comment leur imposer l'obligation de se passer d'intermédiaire, alors que les bijoux se vendent au poids ?
En Algérie, et notamment dans les grands centres, les pesetirs continuent la vieille tradition des essayeurs publics.
A Alger, il existe actuellement deux de ces fonctionnaires, Mohammed ben Hamoud et Ali ben Kaddour. Les honoraires de ce dernier s'élèvent, paraît-il, à la somme d'environ 3.000 francs par an. L'autre peseur, Mohammed ben Hamoud, est ou se prétend moins bien partagé que son confrère. D'après ses propres allégations, son travail ne lui rapporterait pas plus d'un franc par mois. Est-ce
Profession tolérée.
Les
deux peseurs
en
exercice.
exagéré ? Nous ne saurions le dire. Mais la vérité, c'est qu'il est en même temps commissaire-priseur indigène et perçoit, à ce titre 2 0/o sur le produit des ventes publiques, soit 12 à 15 francs par semaine, sans avoir, de ce fait, un travail bien absorbant.
Une seule vente a fait époque dans ses souvenirs , celle d'un diadème indigène (açaba) magnifiquement ouvragé, qui a atteint le joli chiffre de 14.500 francs.
Tarif Les expertises sont tarifées de la façon suivante :
dw 0 fr. 01 par gramme d'or ; 0 fr. 05 par 31 grammes d'argent, poids
expertises. équivalent à l'oukia d'avant la conquête.
En échange de cette rétribution, le peseur vérifie, indépendamment du titre, si le poids indiqué par le vendeur est bien exact, et il donne, dans l'affirmative, à l'indigène acheteur, un certificat ainsi conçu : « Je reconnais l'objet en règle ; il pèse tant et il vaut tant. »
JOUÎKJl't [)E lUJOL'TlMI ALGËilûlil.
(Avant 1830.)