CORAIL
Pèche
du corail
sur les côtes
d'Algérie.
ijWj* mortljanc. L'emploi du corail dans les bijoux arabes est incessant. Aussi cette sécrétion calcaire mérite une étude spéciale. Plusieurs économistes ont été attirés déjà par ce sujet.
Le corail, cet « ornement de la mer, » comme disaient les anciens, cette broussaille des bas-fonds, si appréciée des Orientaux, est une agglomération de carapaces de polypes. Ce zoophyte à Taxe pierreux, que les Grecs appelaient Corallion et les Arabes Mordjanc, se rencontre en plus ou moins grande quantité sur le littoral de l'Algérie ; mais les endroits privilégiés étaient Bône et la Calle, dans le département de Constantine, où la pêche du corail a produit jusqu'à un million de francs par année. A la Calle, la pèche était surveillée par un bâtiment de l'État. Elle occupait plus de deux cents balancelles : françaises, sardes, toscanes, napolitaines et siciliennes.
MATIERES EMPLOYEES
Cette pêche se faisait à l'aide de petites barques pontées, ayant chacune dix à douze hommes d'équipage. Chaque barque possédait une drague en bois simulant une croix de Saint-André, avec, au centre, une pierre pesante pour la faire plonger. Aux extrémités des bras de la croix, tenue horizontalement, pendaient perpendiculairement des bourses solides, à tnailles. Dès que la croix touchait le fond, les rameurs dirigeaient leur embarcation de droite à gauche, puis circulairement sur les couches d'arbrisseaux où vivent les polypes qui font le corail. La croix détachait des rochers les branches de corail qui tombaient dans les poches des filets suspendues au-dessous d'elle.
C'est pour l'exploitation de cette pêche qu'en 1561, deux Marseillais, Thomas Linchès et Carlin Didier, fondèrent une station à douze lieues de Bône, entre la Cal le et le cap Rosa, sous le nom de Bastion de France, mais ils ne voulaient nullement désigner ainsi une forteresse. Les deux associés, n'ayant pas réussi, eurent pour successeur un sieur de Mrissac, qui vit détruire par' les gens du pays, en juin 1615, son établissement alors en pleine prospérité.
Depuis cette époque, l'histoire de cette station est à peu près celle des relations françaises avec les États barbaresques. La Compagnie Languedocienne d'abord, la Compagnie d'Afrique ensuite, subissent des luttes incessantes: leurs pêcheries sont tour à tour détruites, relevées, évacuées ou reprises, pendant soixante ans, jusqu'au moment où Sanson Nappolon, devenu directeur du Bastion en 1626, obtint en 1628, par un traité conclu avec le Divan la mise à mort de tout raïce (capitaine) qui ne respecterait pas le pavillon français.
D'après M. le Commandant Rinn, le traité stipulait a la paix perpétuelle avec les Français ». Mais en 1633, les relations se tendirent à propos d'échange de captifs, les maladresses de la Cour de France et de l'Amiral de Sourdis envenimèrent les affaires et finalement, le 8 décembre 1837, par ordre du Diouane où le parti des Raïoes était prépondérant, six galères reçurent l'ordre de détruire l'établissement « de la Mazonb ». Le 13 décembre Ali fiitchine qui les commandait débarqua tranquillement au Bastion où personne ne se doutait de sa mission. Personnellement connu comme un ancien ami de Sanson Nappolon (mort en 1633) il fut bien accueilli ; mais, sans répondre à ces avances, il notifia tout d'abord l'objet de sa mission au Gouverneur intérimaire, ajouta qu'il avait tenu à venir lui-même pour éviter de mauvais traitements à ses amis. Après quoi ses équipages entourant
Fondation du Bastion de France.
Vicissitudes
du comptoir
français.
Installation
de la Compagnie
royale d'Afrique.
Comptes d* armement.
le Bastion et rendant impossible toute résistance, il fit embarquer tout le monde. Ses lieutenants agirent de même au cap Rosa et à La Cal le, et après avoir incendié tous les établissements, il rentra à Alger avec 317 captifs et de gros approvisionnements.
Trois ans plus tard on restitua à la France ses établissements d'Afrique. Les pêcheurs de corail obtinrent de nouveau aide et sûreté contre paiement, chaque année, d'une somme de 34.000 doubles.
En 1683, lorsque Duquesne vint bombarder Alger, cet amiral donna ordre à quatre galères d'aller recueillir la petite colonne de la Calle, pour la transporter à Tabarka et la soustraire ainsi aux violences de la population .
Ce ne devait être qu'en 1694 que Pierre Hély put ouvrir de nouveau le Comptoir. En 1719, la Compagnie d'Afrique qui, seize ans auparavant, avait pris la succession de Pierre Hély, cédait elle-même son privilège à la Compagnie des Indes. Mais en 1730, les affaires de celle-ci n'étant pas prospères, ce fut Jacques Auriol qui prit la, direction du Bastion de France. L'établissement génois installé à Tabarka également pour la pêche du corail disparut en 1741, au moment où la Compagnie Royale d'Afrique venait s'installer à la Calle et réaliser, bon an mal an, un bénéfice net de 400.000 francs jusqu'en 1794.
D'après les documents recueillis et cités par M. Henri Garot, dans son livre si utilement écrit sur « la Colonisation maritime en Algérie, » la Compagnie estimait à 1.200 livres le rapport d'un bateau monté de sept hommes. Chaque bateau lui coûtait 4.600 francs à construire, son équipage 4.550 francs pour six mois, son entretien 3.261 francs, et la nourriture des matelots 2.200 francs; en tout, environ 15.000 francs pour les dépenses de la première année de l'armement d'un bateau.
La Compagnie royale d'Afrique, riche, puissante et payée pour être très méfiante, signait avec les patrons des barcades des chartesparties d'affrètement, à raison de 5 à 30 francs la livre de corail, suivant les qualités. Elle payait cent mille livres de redevance par an au Dey d'Alger ; elle donnait à ses actionnaires plus de 30 % de bénéfice et distribuait à la « vendue » de chaque pêcherie des potsde-vin (sic) au patron ayant pris la plus belle branche.
Il n'y avait à La Calle (Mors-el-Mordjane, le port au corail) que les employés européens de la Compagnie. Celle-ci outre le tribut payé
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au souverain d'Alger, versait 6,600 réaux au cheikh de la Nazoule (la concession) qui était le chef des Ouled-Dieb, elle donnait ainsi quelque argent au chef des Nehed, tribu rivale. Grâce à ces sommes et à quelques cadeaux, les relations étaient toujours bonnes avec les indigènes du voisinage qui tiraient grand profit de leur commerce avec le Bastion. La Compagnie avait aussi un agent à Bône et un autre à Collo. D'ailleurs elle disposait de 50 soldats européens pour garder intérieurement les établissements ; et le cheikh de la Nazoule, de son côté, entretenait un makhezene protecteur.
Venture de Paradis, si heureusement exhumé de la section des Manuscrits de notre Bibliothèque nationale, par M. E. Fâgnan, s'exprimait ainsi vers 1789 dans ses Notes sur Alger, où nous avons fait déjà plusieurs emprunts :
« Un objet de conséquence qui est dans le trésor est le corail. Depuis 1685, la Compagnie d'Afrique paye une redevance de deux caisses de corail au gouvernement, de 120 livres chacune. On met dans le trésor le plus beau corail de l'assortiment, qu'on doit évaluer à 40 livres par caisse, et la (illisible) vend, depuis cent ans, 80 livres de corail (par caisse) ; cela fait une somme immense. On peut évaluer ce corail à raison de 100 lb. (livres tournois) au moins, la livre pesant. On en prend rarement pour faire orner quelques fusils que l'on envoie en présent au Grand Seigneur et aux grands de Constantinople. »
Et il ajoute en note :
a Ce ne serait pas une exagération de dire que le Khasné a peutêtre cent millions, soit en argent comptant, soit en bijoux, soit en pierres précieuses, soit en corail. »
L'expédition d'Egypte, en 1798, devait avoir son contre-coup sur le littoral algérien. Le Bey de Constantine fut chargé de s'emparer de la Calle. Il réussit à attirer dans un piège le directeur Peyrou et envoya les habitants en captivité à Alger. Le traité signé en 1801 avec la France nous restitua nos possessions d'Afrique, moyennant le paiement annuel d'une somme de 50.000 francs.
Après Trafalgar, le privilège de la pèche fut concédé à un Anglais, moyennant une somme de 250.000 francs ; mais l'exploitation n'eut pas lieu, le seul but poursuivi par la nation britannique était d'établir un poste militaire dans la Méditerranée.
En 1817, les commerçants français reparurent à la Calle et payèrent
Redevances
de la Compagnie.
Fin du siècle.
Le privilège
la pêche du corail .
concède à un Anglais.
La pêche redevient française.
Situation actuelle.
le
scaphandre.
au Dey un tribut de 60.000 francs, jusqu'en 1820, époque à laquelle cette redevance fut portée à 100.000 francs.
En 1823, le Dey d'Alger, violant la convention, déclarait libre la pêche au corail. L'établissement brûlait en 1827. Ce n'est qu'en juillet 1836 que la France devait en reprendre possession. La Calle fut retrouvée telle que l'incendie l'avait laissée et fut occupée sans coup férir. Le capitaine Berthus, qui vint de Bône avec quelques spahis en prendre possession le 14 juillet, fut d'autant mieux accueilli par les indigènes que ceux-ci étaient en hostilités ouvertes avec le Bey de Constantine, El Hadj Ahmed.
Telle est l'histoire très abrégée de ce Comptoir, tant de fois ruiné, pillé et sans cesse rétabli.
La Calle est encore, avec ses gisements allant de l'est à l'ouest, le grand centre de la pêche du corail. Cependant il existe des bancs corallifères, à peu près épuisés, à Oran, Ténès, Cherchell, Azeffoun, Takouch, aux caps Rosa, de Fer et de la Garde.
En 1838, on comptait à la Calle 245 bateaux corailleurs, de grande et de petite pêche, de 5 à 15 tonneaux, français, napolitains, toscans ou sardes. En 1878, leur nombre était réduit à 200, à 170 en 1879 et à 120 en 1880. Chaque barque coralline payait une redevance de 800 francs pour droit de pêche. Le produit général de cette industrie maritime pouvait s'élever alors, pour toute l'Algérie, de 25 à 30.000 kilog. Depuis 1880, une véritable décadence s'est produite, augmentant chaque année dans une grande proportion. En 1890, 17 barques seulement péchaient à la Calle. On ne comptait plus qu'une cinquantaine de bateaux de grande pêche, sur toutes nos rives algériennes.
• Beaucoup de marins ont renoncé à cette pêche pénible. Il faut, jour et nuit, avec six heures de repos seulement, virer au cabestan pour relever la croix de Saint-André, descendue souvent à près de 100 mètres de profondeur. Ils sont considérables, les efforts nécessaires pour arracher, au fond de la mer, le corail dont la racine adhère fortement aux rochers. Le salaire est maigre pour les matelots employés à cette rude besogne : quarante à quarante-cinq francs par mois, avec la nourriture et une petite part de pêche.
Quelques essais ont été tentés pour la pêche au scaphandre, entre le cap Bougaroun, à Djidjelli, et le cap Rosa, à Bône. Là, les gisements sont moins profonds. De 10 à 35 brasses, se rencon tre l'arbris-
MAT1KHES EMPLOYÉES
seau sous-marin. La hauteur de l'eau n'est pas trop forte. Le plongeur peut supporter la colonne d'eau et choisir à son aise les plus beaux morceaux, sans crainte d'être étouffé par la pression. Par ce moyen, la destruction des bancs est moins grande.
Jadis, l'Italie prenait de très belles pièces à l'état brut, les autres restaient en Algérie, où elles étaient travaillées. Une quinzaine d'ouvriers taillaient le corail. Ils le coupaient, le limaient, le perçaient au foret et le polissaient au grès ou à l'émeri. Ces corail! eu rs algérois pouvaient gagner de dix à douze francs par jour, s'ils étaient habiles et assidus à leur travail. La plupart travaillaient chez eux, et souvent en famille. D'autres, dans des ateliers spéciaux. Le perçage des petites pièces valait, le cent, de 1 à 3 francs et allait même jusqu'à 5 francs, pour les fortes grosseurs. Le polissage se payait 2 francs le sac de cinq kilos. La taille et le limage se comptaient a la journée. A celte époque, les plus petits morceaux, environ 1.500 par kilo, se vendaient de 5(1 a 120 francs- le kilo, et les pièces exceptionnelles atteignaient jusqu'à 500 francs le kilo. Mais la couleur du corail faisait encore varier beaucoup les prix,
C'était l'Age d'or pour les fabricants algérois ; tous s'enrichissaient dans ce commerce et dans cette industrie.
Alléchés par les prix pratiqués, de petits négociants de Torre-del-Greco se déplaçaient pour vendre leurs stocks en Algérie, qui leur offrait, par sa grande consommation, des débouchés importants. Comme les mercantis , du Souq, du temps de la Régence, ils s'installaient dans une petite chambre de la rue de la Marine et, sans payer patente, ils écoulaient facilement leur approvisionnement, puis s'en retournaient dans leur pays, emportant un gros bénélîce.
Les temps sont bien changés ; deux causes y ont contribué : l'élévation du prix de la main-d'œuvre et la suppression des droits.
D'un côté, le corail italien, après avoir payé une taxe de 20 francs par kilo, est entré ensuite en franchise ; puis les droits ont été rétablis à 10 francs le kilo, le 28 février 1888, et enfin supprimés définitive-
(Boucle d'oreille .lu Mil. |
Travail
algérois.
Déplacement des Italiens pow la tente.
Produits
italiens
en franchise.
l'orfèvrerie ALGÉRIENNE Et tlNlSIENNE!
Envahissement de l'industrie italienne.
Greggio.
ment en 1892, ce qui, d'après le plus grand nombre des revendeurs algérois, a permis l'envahissement de l'importation italienne.
Les chiffres ont, d'ailleurs, une éloquence qu'on ne saurait nier, et nous relevons, d'après la statistique, dans les tableaux de la Douane pour le département d'Alger : en 1893, 2.480 kilogrammes de corail travaillé, importés d'Italie; 682 en 1894, 1.550 en 1895, 3.783 en 1896, 3.248 en 1897, 1.286 en 1898, 2.980 en 1899 et 2.898 en 1900; pour le département d'Oran, 204 en 1890, 31 en 1898, 185 en 1899 et 237 en 1900; et pour le département de Constanline, 15 en 1896, 977 en 1897, 189 en 1898, 178 en 1899, 110 en 1900.
D'un autre côté, les ouvriers algérois n'ont pas voulu aider les fabricants à soutenir la concurrence. Se liguant entre eux, se refusant d'apprendre le métier à d'autres, malgré les offres qui leur étaient faites, ils ont laissé périr l'industrie dont ils vivaient.
Au contraire, vers 1860, appréciant les ressources qu'allait leur donner le travail du corail, après la découverte des gisements coral- Iifèrcs des bancs de la Sicile, les Italiens, à Gènes, à Livourne et à Torre-del-Greco, s'organisèrent pour abaisser le prix de revient de leur main-d'œuvre, tout en continuant à se servir de moyens très primitifs : la meule pour tailler, les drilles pour perforer, la lime pour détacher et la pierre ponce pour polir.
La main-d'œuvre tomba, dans ce pays, à 5 ou 6 francs le kilo, en moyenne, alors qu'elle revenait à plus du double en Algérie, même en faisant venir des ouvriers italiens pour remplacer les ouvriers indigènes.
Maintenant, le travail occupe à Torre-del-Greco toute la famille, depuis les enfants jusqu'au grand-père. Les femmes enfilent, percent les petites pièces, les hommes taillent, liment et se chargent des grosses, exigeant plus de force et plus de dextérité. Beaucoup d'intérieurs ressemblent à celui de Graziella, immortalisée par Lamartine.
Aussi, actuellement on ne taille plus, en Algérie. Le corail brut (Greggio) est expédié des lieux de pêche à l'étranger, quand il n'est pas acheté sur place, car les Italiens préfèrent souvent venir choisir eux-mêmes ce qui leur convient. Ils ont même des barques qui
pèchent pour leur compte.
Sur les lieux de pêche, le triage du corail se fait ainsi : corail mort ou pourri (Malaguasta) ; corail en débris (Tirallia) ; beau corail, d'une pâte dure et fine (Roba viva); enfin, le corail rosé (dit
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Peau d'ange) et le corail noir. — Cent kilos de corail brut produisent environ la moitié de corail à travailler, et donne à peine quelques kilos pour la bijouterie fine. Le reste est le corail vulgaire, destiné à la côte africaine.
Malgré les frais de transport, les produits du polypier algérien reviennent donc taillés d'Italie à Alger, où ils sont achetés sur échantillons à des représentants de maisons napolitaines, par les marchands algérois, quand ces derniers ne vont pas eux-mêmes opérer leurs choix et leurs, achats à Naples ou à Gênes.
Il est même probable, comme cela commence déjà, que les maisons italiennes établiront bientôt de nombreuses succursales dans les grandes villes algériennes, pour la vente directe de leurs produits à la consommation africaine.
Il faut le dire : plus qu'aucun autre payé, l'Algérie, la Tunisie et le Maroc aiment le corail. Nulle part, ni en Syrie, ni en Egypte, ni en Turquie, ni en Albanie, la vente n'est aussi considérable. A part Alger, certaines grandes villes, comme Oran, Tlemcen et Constantine, en emploient peu ou pas dans la confection des bijoux. Mais la Kabylie, le Mzab, les Hauts-Plateaux et tout le Chéliff en prennent de fortes quantités.
Actuellement, pour protéger l'industrie de la taille du corail, le gouvernement italien a, dit-on, suspendu la pêche sur les bancs découverts à Sciacca, en Sicile, jusqu'au moment où le stock actuel aura baissé. Une hausse de 40 à 60 % s'est produite. Alors le goût du corail a repris en Europe ; les Parisiennes l'ont de nouveau adopté dans leurs parures. Mais l'Algérie résiste à ce mouvement, estimant que les sources d'approvisionnement n'ont pas baissé. Quelques négociants d'Alger, cependant, ne voient pas d'un mauvais œil cette hausse. Les femmes, disent-ils, estiment les bijoux d'après leur valeur. Plus le corail sera cher, plus elles le rechercheront, comme elles le font pour les pierres précieuses. Le corail à vil prix cesserait d'être un bijou.
Le classement adopté pour le corail travaillé (lavorato) par les maisons italiennes est le suivant :
II y a d'abord cinq qualités différentes, suivant les couleurs : 1° Belli-Rosi (beau rose) ; — 2° Rosso-Chiaro (clair) ; — 3° Scuro (rouge) ; — 4° Chiari (pâle) ; — 5° Insolfati (terreur).
Le corail d'un beau rouge vermillon, dit « fleur de sang, » est la
Consommation importante du corail en Algérie.
Les diverses
qualités
de corail.
couleur préférée en Algérie, et non le corail rose, peau d'ange, comme en France. Il coûte moins cher : c'est peut-être le secret de cette préférence. Pour pousser la vente, les marchands préfèrent débiter un produit bon marché à des bourses toujours mal garnies. Puis, la couleur très douce du corail rose est fade. Elle convient moins bien aux femmes du désert ou de la montagne que la couleur violente du rouge, qui s'enlève mieux sur les peaux bronzées.
Une maison italienne vend actuellement son corail suivant le prix courant ci-après, mais sauf les variations de hausse et de baisse, car le corail est soumis aux mêmes fluctuations que les autres produits.