‹ L'orfévrerie algérienne et tunisienneChapitre 49 sur 113 · VII. — CORNETTI · texte numérisé non relu

VII. — CORNETTI

(Jy« arg, cornes. Branche unique vendue, toute montée, de 25 à 100 fr. le cent, ordinairement suivant qualité, g Biskra prend beaucoup de branches (aaroug nsaff) ; les femmes les portent sur la poitrine ou s'en servent pour orner leur front, comme les fumeurs de kifï aiment à faire glisser sous leur chéchia une fleur de jasmin qui leur pend sur la joue. Les Oul&d-Naïl payent ces branches de corail de 0 fr. 15 à 0 fr. 25 chaque et les boules taillées à facéties qu'elles enfilent dans le cercle de l'Ounaïs 55 francs l'once.

La Kabylie achète les olivettes pour faire des colliers, les mahomettis pour mélanger ces tubes à des perles fausses et en composer les cinq ou six rangs du tizlaguine.

Corail Le Japon pèche un corail épineux el fragile, qui se

du Japon. brise comme du verre en tombant. II en importe à

l'état brut, depuis quelque temps, d'assez grandes quantités en Europe. Ce corail séduit par son très beau rouge* carmin foncé. « Il a plus de force que celui de la Méditerranée », comme disent les marchands, c'està-dire qu'il est plus gros. Il tendrait vite à faire concurrence aux provenances de la Méditerranée, si l'Italie n'avait su, jusqu'ici, habilement monopoliser ces importations auxquelles elle sait donner, à bas prix, toutes les formes du sien.

En Algérie, la surface du corail est toujours unie, les morceaux striés à la surface que l'on remarque dans certains bijoux sous la forme de larmes ou d'amandes viennent de La Mecque ; c'est aussi un travail spécial aux Albanais.

Depuis peu, la Kabylie a eu l'idée d'ajouter une étoile d'argent sur les morceaux incrustés.

Comme à tous les produits recherchés il faut une contrefaçon qui en abaisse le prix, le corail est imité par le celluloïd venant de Paris en feuilles minces. Mises dans l'eau bouillante, elles se ramollissent,

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(Boucle d'oreille des Uenl- Vtnnl.)

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prennent toutes les formes et se substituent, en Kabylie, aux cabochons de corail vrai.

Dans son ouvrage sur la colonisation maritime, M. Henri Garot a Remède à la complètement étudié le corail au double point de vue historique et décadence industriel ; il indique les causes multiples de la décadence de la pèche.

pêche sur la côte africaine : d'abord la rareté des gisements par suite de l'emploi des engins destructeurs comme le gratte-fer qui arrache les souches et le salabre qui pénètre au-dessous des rochers, puis la découverte des bancs siciliens vers lesquels se dirigent maintenant les barques algériennes ; enfin l'exode des barques étrangères auxquelles la poche est interdite par la loi de 1888. Il ajoute encore la concurrence du faux corail dont le bas prix séduit les indigènes du Sud, et il insiste beaucoup sur le cantonnement qui, pour reconstituer les bancs, a fait sectionner les endroits de pèche. Cinq années accordées pour l'exploitation dans chacune des trois zones ne permettent pas d'installer à longue date des manufactures pourvues d'un matériel perfectionné.

Pour sauver l'industrie française du corail, M. Garot propose comme remède un droit élevé de sortie, de 40 % de sa valeur marchande à tout corail brut exporté d'Algérie et de Tunisie, et un droit d'entrée en France et en Algérie de 100 francs par kilo pour tout corail travaillé venant d'Italie. Le corail algérien ou tunisien, brut ou ouvré, devrait être exempt de tout droit.

Nous n'avons pas dans ce livre d'études sommaires à donner notre opinion sur les moyens radicaux préconisés par M. Garot, cela nous entraînerait trop loin. Nous nous bornons à les indiquer sans les discuter.

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