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PLUMES D'AUTRUCHE

^l*J! ijL>j riche en-nâam. — Les montures des chasse-mouches et des écrans relèvent de la bijouterie et même de la joaillerie par les pièces précieuses qui les ornent souvent. Aussi la plume d'autruche doit trouver place dans le chapitre des matières premières employées par l'orfèvrerie.

Mais nous nous en occuperons surtout au point de vue rétrospectif, car les autruches disparaissent de plus en plus de nos possessions algériennes et les essais pour les acclimater dans des parcs n'ont pas réussi.

Dans les temps reculés les caravanes du Soudan arrivaient sur le littoral avec des esclaves chargés de ce qu'ils pouvaient porter en ivoire, poudre d'or et plumes d'autruche. Shaller racontait que l'exportation de la Régence pouvait s'élèvera 15,000 francs ea 1820.

Ses transformations.

Son emploi*

Émigration

des ' autruches vers le Sud.

L ORFEVRERIE ALGERIENNE ET TL'NI SIENNE

Chatte

de

f autruche.

Parcs d'autruchts.

Les juifs de Tripoli.

Commerce

algérien.

c 1 P*r(an

genl, évitent ave»

Avant la conquête, de nombreux troupeaux d'autruches se rencontraient entre le Tell et la région des Oasis. Ils venaient pâturer sur les bords des Chotts des Hauts-Plateaux. l'n grand nombre de ces oiseaux étaient pris, amenés vivants et élevés à Alger.

Ce chameau ailé du désert a fui vers des régions plus hospitalières au fur et à mesure que notre domination s'étendait vers le Sud. Le Général Margueritle a décrit les dernières belles chasses. D'après le Général Daumas, c'était le triomphe du cheval arabe entraîné à cet effet.

Aujourd'hui ces chasses sont l'apanage des Chambaa, des Alba et des Touareg ces écumeurs du désert dans les régions du Sahara qu'ils parcourent au delà de Ouargla et de Ghadamès. Ils forcent le grand échassier à la course, l'égorc soin les taches de sang sur ses plumes, dépouillent la peau et se régalent de la chair. Mais ils détruisent peu à peu la race sauvage de l'autruche, dans la région du Touit. Après notre organisation définitive à Tombouctou et au Tonal, il -est facile de prévoir que cet animal craintif aura disparu.

Des tentatives plus ou moins fructueuses ont été faites pour la création de pares à Aïn-Sefra, à Kouba et au Maznfran. Le Jardin d'Essai sous la direction de M. Hardy, puis sons, celle de M. Rivière avait été d'abord, avec l'incubation artificielle, le centre de l'acclimatation en Algérie. Mais du troupeau qui existait en 1880, il ne reste plus que quelques couples conservés par curiosité.

M. Jules Oudot qui, dans un livre sur le Fermage des Autruches, avait théoriquement préconisé l'incubation artificielle, dit qu'à Tripoli le commerce de la plume subsiste encore. Il est entre les mains des juifs qui étranglent comme prix, d'un côté à l'achat, les caravanes venant du Fezzan et même du Darfour et de l'autre à la vente des correspondants des maisons de Londres et de Paris. Ils achètent les dépouilles et avant de les revendre sur place arrachent les plumes et les trient par couleurs et dimensions.

Quelques marchands algérois traitent de temps à autre de 150 à 200 francs suivant les qualités, les dépouilles qui viennent du Sud. Il est à regretter qu'en Algérie disparaisse un revenu aussi pré-

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cieuz. Chaque autruche domestiquée rapportait 300 à 400 francs par an avec un arrachage do vingt grandes plumes. Chacune

CbtieM-mopclie* de pluma d'ialrnche

ofleit pnr le CoDstatalre Ixrnélite à I Impératrice Envole

et «lècelé par Engèoe Dore».

d'elles, prise aux ailes, valait de 10 à 21» francs. 11 y en avaient de noires et de grises. Les blanches valaient presque la moitié plus

cher que les deux autres sortes. La plume de Barbarie avec ses longues barbes ondoyantes est eh effet supérieure aux autres provenances. Apprêtée pour la vente par le plumassier qui les dresse, les frise et les colore, elle a les préférences des connaisseurs avisés. Certaines plumes provenant de la queue du mâle, aux longs brins et bien neigeuses, sans aucun assemblage ni teinture peuvent dépasser le prix de 100 francs.

Emploi La plume d'autruche n'est pas seulement employée pour faire les

taries dt la panaches des corbillards des pompes funèbres ou les plumets des plume. régiments écossais des highlanders, pour garnir de ses duvets les chapeaux de nos généraux ou fournir des frisures aux boas de nos frileuses, elle sert encore en Algérie a faire des garnitures pour le poitrail des chevaux dans les grandes fantasias.

Les guerriers nomades de l'Est portaient jadis et portent encore quelquefois aujourd'hui leurs grands chapeaux de paille entièrement garnis de petites plumes d'autruche, ce sont les Araridj zjj* 0) au singulier >**f> aroudj.

Les belles plumes étaient offertes aux Marabouts et les tentes des grandes personnalités maraboutiques, notamment celles des Ouled Sidi Cheikh étaient surmontées de houppettes de plumes ^^t. choucha ce qui a fait donner par nos officiers d'Afrique le nom de Marabout aux grandes plumes d'autruche formant panache.

Quelques Arabes, pour protéger le filali de leur porte-monnaie et lui conserver son odeur acre et pénétrante, garnissent les compartiments d'une couche de légers duvets. Lors des mariages il est de bon goût d'offrir à la fiancée un large écran de plumes noires se développant en éventail avec, au centre un petit miroir encadré d'argent. Enfin pour guérir la migraine, brûler de la plume d'autruche est selon les vrais croyants un remède souverain. Œufs Enveloppés d'une résille divisée par des galons avec un gland d'or,

d'autruche. \es œufs d'autruche pendaient jadis dans l'intérieur des maisons

mauresques. Découpés en rondelles ils forment des colliers pour le peuple primitif du lac Tchad. Sciés et montés en argent, ils peuvent remplacer la tasse ou la setla. Le Jardin d'Essai vend 5 à 6 francs l'œuf, suivant sa grosseur et sa blancheur.

(1) Bordj-bou-Arréridj : le château des chapeaux a plumes d'autruche, ville de la Mcdjana (Sétifj.

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