‹ L'orfévrerie algérienne et tunisienneChapitre 91 sur 113 · NOMBRE D'OBJETS POIDS NOMBRE D'OBJETS POIDS · texte numérisé non relu

NOMBRE D'OBJETS POIDS NOMBRE D'OBJETS POIDS

1898 3.328 11.598 gr. 22.124 546.768 gr.

1899 5.251 20 323 gr. 33.670 950.729 gr.

1900 7.193 21.404 gr. 26.900 829.754 gr.

On le voit, l'industrie de l'orfèvrerie se développe beaucoup, surtout pour la fabrication des objets en or.

Voici la liste des bijoutiers existant à Oran lors de l'application du Anciens décret du 24 juillet 1857 : orfèores.

Abraham Sebbou, impasse des Quatre-Bras, dont le poinçon A S portait un palmier comme symbole.

Alphonse Vassieux, rue Philippe, 7; AV et un calice.

Chaloum Djian, rue Napoléon, 64; CD et une chaloupe.

Mendil Benichou, rue d'Austerlitz, 27 ; M I et une ancre.

Liaou Ferdmann, rue d'Austerlitz, 27; L F et un chat sur son derrière ;

Maklouf Emselem, rue d'Austerlitz, 34; ME et une yole à deux rames.

Liaou Ferrouz, place de Naples; LF et une masse.

Antoine André, rue Philippe, 44; A A et une béquille.

Maklouf Ben Aïch, place de Naples, 3; M A et une cisaille ouverte.

Joseph Ben Guigui ; S G et une béquille.

Abraham Nephtali ; A N et un vase forme de navire.

Joseph Lankry, rue de Suez, 4 ; S L et un hanneton.

Joseph Ben Haïm, rue d'Austerlitz, 13; S H et un hameçon.

Abraham Cohen, rue Napoléon, 87 ; A C et un compas.

Isaac Baroukel, place de Naples, 1 ; I B et un marteau.

Abraham Ben Haïm, rue d'Austerlitz, 37; AH et un coquillage.

Simon Rouemi, place de Naples; S R et une roue.

Maklouf Chouchenna, impasse Wagram, 4; MC et une torche.

Laubier, François, rue de l'Arsenal, 9; F L et un champignon.

Abraham Djian, place de Naples, 1 ; A D et un moine.

Degano, Hippolyte, rue Napoléon, 14; H D et un gant.

Ramayoz, André, rue Napoléon, 69; A R et une lyre.

Messaoud Ben Iseri, rue de Milan, 5; MI et un cor de chasse.

Messaoud Charrit ; M C et un char.

Joseph Ben Haïm, place de Naples, 2 ; J H et un hameçon.

Sartorelli, Ferdinando, rue Napoléon, 57 ; S F et une plume.

Pagano, Constantino, rue Diego, 3; CP et un niveau forme d'équerre.

Maklouf Ben Aïch, place de Naples, 3; M A et un mât de cocagne. Orfèvres Les principaux orfèvres sont aujourd'hui :

actuels. Louis Katrowski. — Il a un grand magasin européen boulevard

Séguin. Il fabrique comme Ratto, d'Alger, des bijoux du genre arabe en argent bruni, tels que bracelets du type semaine, redaïf pouvant servir de bracelets, bagues évidées dites tunisiennes, épingles en filigrane de la forme de la bzima ou du yatagan. En somme, aucun modèle pur de style. Ce bijoutier fait pour l'étranger l'article bazar orné d'argent bruni pour simuler le vieux et de verroterie, pour imiter les pierres précieuses. Poinçon L K, un verre à pied forme éprouve tte.

Mikaël Kalfon, rue de l'Étoile, dans un atelier très étroit, travaille sur une natte, à la mode du Sud. Il fait des bijoux arabes : des khelakhel, des redaïf en argent, des pendants en argent (kteb), pour colliers composés de clous de girofle et de perles noires émaillées et aussi beaucoup d'ornements concernant le harnachement des chevaux. Poinçon M K, avec un drapeau.

Chemoul Nouchi (1), rue de la Révolution, travaille surtout l'argent. Il fabrique des khelakhel en forme de bandeau plat avec, aux extrémités, un dé polygonal, des redaïf avec des boules aux extrémités, des bracelets larges et ajourés et des bagues dites tunisiennes ; mais cet orfèvre s'occupe plutôt de réparations que de fabrication. Il se sert d'un chalumeau très ingénieux et très puissant, à double courant d'air. Poinçon CN, un peigne.

Samuel Djian, orfèvre très habile, fait des ouardatc algériennes. Il a créé un type de bracelet dont le tour extérieur a, comme ornement, des pointes de diamant. 11 fait en outre des bzaïm triangulaires, dont un des côtés est une ligne serpentine. Enfin, pendant de longues années il s'est servi, pour estamper, d'une plaque épaisse de cuivre gravée en creux avec une grande finesse. Il est à présumer qu'elle avait été faite en Europe ou par un européen à cause de la précision

(1) Vient d'être remplacé par Dona Achache ; D A un œil.

PROVINCE D'ORAN 411

de ses lignes et de ses motifs, torsades, rangs de perles, grappes de raisin avec pampres, ne rappelant nullement la décoration mauresque. Les nombreuses pièces exécutées par Djian avec cette matrice dérouteront un jour les chercheurs qui auront quelque peine à expliquer comment le style empire a pu être reproduit sur des bijoux arabes. Son poinçon porte D S et une étoile.

Les autres bijoutiers d'Oran, moins importants, sont les suivants :

Bendayan, Joseph ; B J ; un oiseau.

Chabat, Joseph; JC; une barre.

Charbit, Jacob; JC; une canne.

Charbit, Messaoud ; JC; une masse.

Cohen, Abraham; AC; un losange.

Cohen, Chaloum ; CC; un triangle.

Cohen, Moïse ; M C ; Tour Eiffel.

Kalfon, Mikaël ; MK ; un triangle.

Marinier, Jean ; G M ; une ancre.

Meili, Adolphe ; A M ; une flèche.

Prat, Léon; PR; deux étoiles.

Sayag, Aron ; S. A.

Siboun, Abraham; AS; un poisson.

Toubou, Abraham , A T; un marteau.

Vigon, Laurent ; L V ; 2 compas entrelacés.

Sebaoun, Nathan ; S N ; une étoile.

Chalon, Moïse ; M C ; une cigogne.

Fima, Jacob ; J F ; as de pique.

Gaillac, Jules ; G J ; une flèche.

Cohen Mardochée ; M C; une ancre.

Siboun, Jacob ; J S.

Koch, Henri ; K H.

Benitah, Prosper ; P B.

Monfuso; MN; 2 flèches.

Avant l'installation du contrôle à Mostaganem, Tlemcen, Mascara, Aperçu

Tiaret et Sidi-bel-Abbès et sous la vérification officielle des aminés, yhièraL la façon des bijoux s'élevait par an de 20 à 25 kilos pour l'or et de

115 à 120 kilos pour l'argent ; mais la fabrication de la province d'Oran devait, en totalité, être au moins dix fois plus importante. Il existait à cette époque cent cinq fabricants presque tous Israélites, non naturalisés, n'ayant aucun poinçon et répartis de la manière suivante : Oran: 6 Européens et 22 Israélites; Mostaganem : 1 Européen et 8 Israélites; Sidi-bel-Abbès : 1 Européen et 6 Israélites. Dans les autres centres, tous les orfèvres étaient Juifs : 30 à Tlemcen; 12 h Mascara; 7 àTiaret; 7 à Nedromah; 1 à Saint-Denis-du-Sig * et 4 à Saïda.

Reletè Aujourd'hui, le contrôle rayonne sur 11 villes de l'Oranie possé-

dera/. (jan^ je nombreux orfèvres dont nous donnerons plus loin les noms.

Mais leur nombre est certainement plus grand. Dans toutes les tribus

se trouve un centre avec des juifs qui parcourent les douars environ-

nants et fabriquent sur place. Leur atelier est des plus rudimentaires ; c'est le plein air. S'asseyant par terre, ils tirent de leurs sacs des creusets, des moules, un soufflet, un marteau, quelques burins, une petite enclume, puis ils se mettent en mesure de fondre les monnaies d'or et d'argent que les Arabes leur apportent et auxquelles ils donnent la forme du bijou qui leur est commandé.

Le corail est très employé en Oranie. Il constitue l'élément décoratif des parures de la campagne. Quelquefois les bijoux sont émaillés, mais seulement dans les villes.

Sur îa frontière, le style algérien est confondu avec le style marocain. Cependant ce que Ton retrouve presque partout, ce sont les ornements classiques: la boucle d'oreille (khorsa), la bague (khatem) et l'anneau de pied (khalkhal).

Mais il est, en général, fort difficile de voir les bijoux des femmes. Les Arabes, dans cette partie de l'Algérie, ont les mœurs marocaines ; ils sont extrêmement jaloux. Les juives portent surtout la boucle d'oreille percée (mengouch) avec, à l'extrémité, des pierres serties dans de petits chatons. C'est la mode du jour.

Aflou

Aflou, dans le Djebel-Amour, à 1,350 mètres d'altitude sur la rive gauche de l'oued Mzara, dépend de Mascara. Il y avait jadis à Aflou un ksar, aujourd'hui en ruines, qui devait être un centre comme Boghari. On prétend qu'il s'y fabriquait de beaux colliers d'or d'une

êrovînce d'oran 4l3

ornementation très riche avec pendeloques et plaque centrale émaillée. On attribue souvent à tort à Géryville les bijoux d'Aflou qui a produit des travaux remarquables.

Aïn-Témouchent

Bulturium des Romains, selon les uns, Safar selon les autres. Par sa fertilité cette contrée est fort riche; aussi les femmes indigènes y portent beaucoup de bijoux.

Principaux orfèvres :

Ben Ichou, Jacob; J B.

Dr aï, Aaron; AD.

Tourûul, Mardochée; MT. Gaillac, Ernest; EG; un coq.

Touroul, Sliman.

Frenda

A cent trois kilomètres de Mascara. Marché important tous les jeudis. Les «Arabes viennent s'approvisionner chez les orfèvres suivants:

Éliaou Partouche ; E P.

Moïse Amsallem ; M A dans une étoile à cinq branches.

Judas Amsallem; J A dans un rectangle.

Lévy ben Harros ; L B.

Jacob ben Ayoun ; M B K ; J B dans un triangle.

Géryville

Ancien poste de l'occupation romaine. Jadis petit ksar du nom de El-Biod et aujourd'hui chef-lieu d'un cercle dépendant de Mascara.

La région des ksour des Oulad Sidi-Cheik est commandée aujourd'hui par l'agha Si Hamza descendant des anciens Kalifa de ce nom. Centre de fabrication important qui approvisionne Tiout, Bou- Semroun, lés Arbaouat et El-Abiod-Sidi-Cheik.

A citer parmi les orfèvres :

Teboul, Youssef et Messaoud.

Tordjman, Élie.

Amselem, Isaac et Messaoud.

Amouyel, Maklouf.

Benhammou, Moïse.

Plus deux bijoutiers en faux : Ben Ayoux Tordjman et Cohen, Abraham.

Lalla Magrnia

Sur la frontière du Maroc. Grand centre d'approvisionnements très fréquenté des indigènes et des Marocains, à cause de son marché du dimanche.

Les orfèvres sont :

• Benichou, Judas.

Rouch, Abraham.

Ben Gozzi Chaloum, dont les poinçons sont en fabrication.

Mascara

L'ancienne résidence du bey pendant l'occupation d'Oran parles Espagnols. Fut très prospère comme ville industrielle. Abd-el-Kader y établit son quartier général et y ramena sa population disparue.

L'arrêté du 3 février 1844 installa le nommé Bakir ben Aïssa comme aminé es-sekka dans celte ville. Celui-ci démissionna et fut remplacé par Mokhtar.

A la mort de ce dernier, Hadj ben Abdallah fut installé le 23 avril 1850. Mohammed ben AbedLabdi aurait aussi rempli ces. fonctions, mais il nous a été impossible de savoir à quelle époque.

Liste des principaux orfèvres actuels :

Lévy, Jacob, dont le poinçon JL porte une balance comme symbole.

Emsellem, Yaya; YI.

Choukroun, Azar; AC.

Kalifa, Moïse, poinçon en fabrication.

Mostaganem

Avant l'installation du contrôle, on. nomma dans cette ville, le 17 mars 1843, un aminé es-sekka : Smaya ben Ahyem. Aujourd'hui quelques israélites assez pauvres y fabriquent des bijoux

province d'oran • 415

en or et en argent semblables à ceux d'Oran et surtout des bracelets ronds, planés, très ordinaires, des bagues grossières et des khelakhel massifs. Ils sont installés dans la même rue.

Le bureau de la Garantie est une annexe du contrôle d'Oran. Il n'est chargé de faire que des essais au touchau. Tous les ouvrages devant recevoir des poinçons de titre sont envoyés à Oran où ils sont essayés à la coupelle par la voie humide. Le bureau n'est dépositaire que de#15 poinçons de petite garantie.

Or Argent

En 1893... 321 objets pesant 1.407 gr. 2.334 objets pesant 130.838 gr.

Principaux orfèvres :

Mariel, Auguste, dont le poinçon MA a une tête de cheval dans un losange, comme symbole.

Abraham Soussan ; A S dans une étoile à 5 branches. Moïse Soussan ; M S dans un rectangle. Meyer Rebat ; M R dans un triangle.

Haïm, Moïse ; H M dans un ovale.

Chaloum Chabbat ; ChCh dans un rectangle- Joseph Ben Haïm ; H S dans un rectangle. Moïse Rebat ; M R dans un triangle.

Ayache, Aaron ; A A dans un losange.

Ayach, Abraham ; A A dans un losange.

Benhamou, Maklouf; H M.

Relizane

Marché important tous les jeudis.

Quelques orfèvres dans de petites échoppes :

Nessim Laskar ; poinçon NL.

Samuel Nouchy; NS.

Aaron Reboh ; AR.

Amoyel, Chaloum; ChA.

Eliaou Ben Guigui; EG dans un triangle.

Saïda

Dans la vieille Saïda d'Abd-el-Kader, détruite par nos troupes, il y eut beaucoup de bijoutiers.

Dans la nouvelle, créée près de TOued-Saïda et peuplée en partie d'Espagnols, travaillent :

Touboul, Isaac, dont le poinçon porte I T.

Amsallem, David; DA.

Touboul, Abraham ; poinçon en fabrication.

Amoyel, Isaac, id.

Amsallem, Messaoud, id.

Touboul, Daoud, .id.

Amsallem, Fredja, id.

Tordjmann, Jacob, id.

Benhamou, Isaac, id.

Saint-Denis-du-Sig

Marché le dimanche, mais les habitants de la région achètent leurs bijoux à Oran, à deux heures de chemin de fer du Sig. Principaux orfèvres :

Ben Ayoun, Jacob ; B A .

Ben Samoun, Abraham ; B S.

Sidi-Bel-Abbès

« Biscuitville », comme disaient jadis nos zouaves, est située à 82 kilomètres d'Oran. C'est le quartier général de la tribu des Beni- Amar. Le 25 mai 1853 le gouvernement nomma un aminé: Mohammed ould Ahmed.

Fabrication de bzaïm en argent, coulés, de forme cintrée avec incrustations de corail à lames disposées à contresens intérieurement et extérieurement ; bijou adopté par Sainte-Barbe-du-Tlélat :

Cohen Moïse, dont le poinçon porte : M C.

Farous Abraham; A F.

Guenancia, Moïse; G M.

Benichou, Sliman ; i B s.

province d'oran 417

Brahim Benichou; poinçon en fabrication.

Ben Samoun, Mardochée; MBS.

Meyer, Athya; MA.

TlARET

Sur la limite du Tell et des Hauts-Plateaux, Tiaret (station berbère) avait, surtout avant le Contrôle, des bijoutiers ambulants. Ces nomades, munis d'une carte délivrée par l'autorité supérieure, quittaient la ville pour parcourir les différentes tribus de la région et fabriquaient sur commande, à l'aide des matières premières d'or et d'argent qui leur étaient fournies, sur place, des bijoux assez grossiers.

Un aminé fut nommé à Tiaret le 6 juillet 1853. Il s'appelait Jacob ben Haïoun.

Les orfèvres actuels sont, dans le quartier commerçant de la Redoute :

Ben Hamou, Braham, dont le poinçon a comme symbole H B dans une étoile à 5 branches.

Braham Partouche ; BP dans un rectangle.

Moïse Teboul ; MT dans un triangle.

Isaac ben Harras ; IH dans un carré.

Ben Hini Partouche ; B P dans un rectangle.

Deux petits fabricants dépendent du contrôle de Mostaganem :

Lalou Bouchoucha; LB dans un triangle.

Maklouf Teboul ; MT dans un cercle.

Tlemcen

Souvent prononcé « Tremcen » ; l'ancienne capitale des Beni-Zian Histoire

Tlemcen, fut un centre très important de fabrication. Dans un passage Tlemcen.

de son ouvrage l'Afrique, l'écrivain maure Léon l'Africain, connu sous le nom de Jean Léon, parle d'une rue des Orfèvres en 1526. Mais, d'après de vieilles traditions, ce ne fut pas celle édifiée d'abord au iv° siècle de l'hégire.

Quoi qu'il en soit, depuis un temps assez reculé, les juifs ont centralisé dans la rue Ras es-Seyyâghine (tête des orfèvres) les travaux de bijouterie. Il y a une dizaine d'années, cette rue arrivait jusqu'aux silos des magasins militaires. Elle aboutissait au quartier juif, qui était sous la protection du Méchouar.

RAS Eg-KVY^caiM

(Ruo des OrlÈTrea, k Tlemneo.)

PROVINCE DORAN 419

Il est à croire que jusqu'à la domination des Turcs, Tlemcen produisit des merveilles, à en juger par les prodigieux monuments qui subsistent encore et qui dénotent un très grand sentiment artistique. Mais il ne reste aucun spécimen des bijoux de cette époque. Ils devaient procéder certainement de l'art si raffiné des Maures de Grenade.

Depuis le xvi* jusqu'au xix* siècle, Tlemcen dut se débattre sous l'étreinte barbare de la milice turque. Après avoir été pillés, au xvie siècle, par Barberousse et ensuite par le comte d'Alcandète, les juifs, très riches jadis, furent encore ruinés au xvnB siècle, d'après l'écrivain Mannol Caravajal par les nouvelles exactions dont ils furent victimes. Les juifs ont de tout temps été détestés dans le pays. Un proverbe arabe dit d'ailleurs : « Menteur comme un juif. » L'auteur Àbou Abd Allah cite le trait de mœurs suivant : « Un juif accompagnait un Arabe depuis longtemps, sans que celui-ci ait eu à se plaindre de lui. En le baii el ïuNFiirnii. quittant, l'Arabe le félicita ;

(Bracelet créai en or, do Tiemwn.) mais le juif répondit : « Je n'ai

m pu te tromper, mais j'ai marché sur l'ombre de ta tête. » Un tronçon de la vieille rue des Orfèvres subsiste encore sous le

(D'après la photog. de Ncnrdelo frères.)

Rue

des Orfèvres.

Anciens aminés.

Essais

et poinçons

des

aminés.

nom de rue Masséna. C'est un coin des plus pittoresques pour les voyageurs, car il se rattache à toute l'histoire de Tlemcen. Il aboutit à l'élégante mosquée de Sidi Lhassen, célèbre par sa merveilleuse rosace, et qui servit de médersa après avoir été un magasin aux fourrages et vient d'être remise au service des Monuments historiques pour être affectée à un Musée.

Malheureusement, sous l'action du temps et, peut-être, sous la pioche des démolisseurs municipaux, disparaîtront bientôt les vieilles échoppes qui tiennent à peine et dont les murs branlent comme des invalides de la construction. Quoi qu'il en soit, une douzaine de bijoutiers continuent à travailler dans ces antiques réduits. Ils y restent comme ces rats qui ne quittent le navire que lorsqu'il sombre. Avec leurs anciens ateliers, ils ont conservé leurs procédés primitifs. Ils n'ont que des bancs à trrer rudimentaires avec une manivelle de bois ; on vort chez presque tous un petit cabinet espagnol bas, à petits tiroirs, dans lequel ils renferment leurs modèles et quelques bijoux. Ils portent pour la plupart le costume de jadis, le seroual et le turban, quand ils n'ont pas remplacé ce dernier par une casquette à visière qui manque de pittoresque.

La corporation des bijoutiers était placée sous la surveillance d'un aminé es-seyyâghine. Sous le gouvernement des Abou-Zian, il était choisi par l'elmouhtâseb et nommé directement par le sultan. Puis, sous la domination turque, le caïd el-blad le présentait et le bey d'Oran le nommait.

L'aminé était responsable des bijoutiers ; c'était à lui qu'on infligeait les amendes, qu'il devait ensuite récupérer à ses risques et périls.

Aucun règlement ne forçait, du reste, les bijoutiers à présenter leurs bijoux en fabrication au contrôle de l'aminé; mais les Arabes n'achetaient jamais de bijoux s'ils n'étaient pas revêtus d'un poinçon ; aussi son intervention était-elle indispensable à chaque transaction. Il indiquait le titre des bijoux pour lequel des limites sévères étaient imposées.

L'aminé es-seyyâghine, pour procéder h la vérification des bijoux d'argent, faisait avec un burin une entaille dans le bijou, puis le présentait au feu et le jetait dans l'eau. Le trait mis à vif par le burin devait devenir noir; s'il rougissait, le bijou était de mauvais aloi. Alors, pour la première fois, l'aminé adressait une réprimande au seyyâgh (bijoutier) et le bijou cassé était donné aux pauvres. En cas

FEDJERA

PROVINCE d'oran 421

de récidive, le fabricant était renvoyé devant le cadi qui ordonnait

la bastonnade sur le dos ou sul* la plante des pieds,

avec un certain nombre de coups correspondant à

l'âge et à la force du coupable, jusqu'au moment où il

ne lui serait plus possible de supporter le châtiment.

Au contraire, si le bijou était de bon aloi (*^F?),

l'aminé apposait le poinçon rond, de la grandeur poi>çon w. i/amink.

d'une pièce de 20 centimes environ et portant (Tiemceni240),

Fedjera-Tlemcen; avec le millésime de la fabrication du poinçon.

Nous avons pu trouver, ce qui est rare, unebezima portant ce poinçon avec le millésime de 1204 de l'hégire, c'est-à-dire 1793 de J.-C.

Les bijoux d'argent devaient être de l'alliage du douro espagnol, Titre

bien connu en Afrique sous le nom de douro bou medja (douro au d*f bijoux canon, à cause des deux colonnes soutenant l'écu d'Espagne prises pour des canons). Il valait encore, il y a trente et quarante ans, intrinsèquement, 5 fr. 40 de notre monnaie. Il y avait en sus, pour le bénéfice de l'orfèvre, une tolérance de 5 à 15 % d'alliage.

Les honoraires de l'aminé étaient de 5 centimes par oukia (once) d'un peu plus de 30 grammes d'argent valant 6 francs.

Pour l'or, les essais se faisaient à la pierre de touche avec, comme ' Titres étalons, des soltani de diverses provenances dont voici la liste : **** bijoux

l*r Type : Correspondant aux soltani Kharabchi et Boumefitah, pesant 4 gr. 1/3, presque d'or pur.

2° Type : Soltani Bendeki, pesant 3 gr. 1/3, comprenant 3 parties d'or et 1 partie d'argent.

3° Type : Soltani d'Alger, El-Djedid, pesant 3 gr. 1/6, comprenant 7 parties 1/2 d'or et 2 parties 1/2 d'argent.

4° Type : Ziani, monnaie d'or de Tlemcen, portant le nom du souverain qui l'avait fait frapper, pesant 3 gr. 1/3, comprenant 2 parties d'or et 1 d'argent.

. 5e Type : Correspondant aux Mahboub, pesant 3.gi\. 1/2, comprenant moitié or et argent, valant 4 francs.

6e Type : Soltani anciens d'Alger, comprenant 8 parties d'or et 2 d'argent, pesant 3 gr. 1/3.

Quand un acheteur commandait ou achetait un bijou, il le demandait d'une de ces six qualités. Avant le paiement, l'aminé consulté indiquait le poids et le titre. Le prix du bijou était ainsi fixé à l'avance. Le titre Mahboub était le plus bas.

Droits perçus

par

les aminés.

Liste des aminés»

L'aminé percevait un sou d'honoraire par mitsqal d'or (5 gr. moins 3 décig.) ; ce poids était le seul employé pour cette matière.

Le beylick ne donnait aucun traitement à l'aminé.

Voici, d'après l'ordre chronologique, la nomenclature des anciens aminés de Tlemcen :

Oribi.

Abd el Ouhab.

Mohammed Boudghen.

El Hadj Mohammed ben Kalfate.

Hadj Ahmed ben Kalfate, exerçant provisoirement.

Ben Salem ben Kalfate, nommé le 13 octobre 1853 par le gouvernement français, vit encore. Il est âgé actuellement de plus de 85 ans.

Les bijoutiers à Tlemcen sont tous juifs ; il est possible cependant que quelques indigènes kabyles fabriquent des bijoux dans la montagne. Les bijoutiers tlemceniens n'ont pas de symbole. Ils marquent avec les initiales de leurs prénom et nom. Ils sont sous la surveillance des contributions diverses. M. J.-B. Barbie a été désigné pour remplir les fonctions de contrôleur de la Garantie. M. Bénichou lui sert d'interprète. Tous les bijoutiers ont des livres. Ils affichent chez eux le tableau des règlements d'usage du gouvernement.

Le relevé du Contrôle indique ci-après l'importance de fabrication de Tlemcen, bien que beaucoup d'objets aient dû échapper à la statistique :

Or

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