DES DIFFERENTES SORTES DE CISELURE SUR FONDU. LES OUTILS DU CISELEUR
Les difficultés multi])Ies que présentent ceux de ses ouvrages qui sont un peu compliqués, la singulière diversité de qualités physiques et de talents qui lui sont nécessaires })our les mener à bonne fin, la part décisive qu'il prend à l'achèvement et souvent môme à la création des œuvres les plus considérables de l'orfèvrerie , font du ciseleur habile un artiste véritable. Malheureusement tous ceux qui exercent cette délicate profession ne sont point intelligents et capables au même degré.
A côté du ciseleur expérimenté et suffisamment instruit ])Our comprendre et interpréter une forme, et qui, maître de son outil, touchant juste et du premier coup, est en état (Je conduire un travail à sa perfection, il y a ceux qu'en termes d'atelier on aj)|)elle les ahatteurs et les ficcleurs. Se contentant d'exercer la lettre de leur métier, les premiers abattent en un instant les besognes les plus longues. Ils jictlolent une pièce en un tour de main, et donnent à l'ouvrage les apparences d'un achèvement soigné , sans s«! préoccuper aucunement de respecter l'esprit qui a présidé il l'invention de l'œuvre, non jilus que les exigences du décor. Les seconds se bornent à n'être réellement habiles que dans une sjiécialité, et pour le reste demeurent auxlessous du médiocre; ou bien, fiers à l'excès de leur talent, ils ne cherchent qu'à embellir l'ouvrage par des façons compliquées, qui trop souvent dénaturent le caractère du modèle. Le rôle du véritalile ciseleur est tout autre. 11 doit assurément avoir acquis une certaine virtuosité technique.
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Il lui faut en outre, comme l'explique fort bien M. Jean Garnier', des qualités physiques toutes spéciales; mais ce qui lui est surtout indispensable, c'est davoir du sentiment et du goût.
Ne pouvant employer la loupe, — le maniement du marteau s'y oppose, — il est de toute nécessité que son œil soit assez perçant pour suivre le travail dans toutes ses parties et pour enregistrer l'effet produit par chacun de ses coups. Conduisant le ciselet de sa main gauche et tenant dans sa droite un petit marteau typique, — à tête plate et à panne arrondie, monté sur un lég-er manche de frêne, — il a és:alement besoin d'une délicatesse exquise de tact et d'une