‹ L'Organisation Administrative de la YougoslavieChapitre 5 sur 41 · AA ES · texte numérisé non relu

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lui dire ouvertement et sincèrement ce que m’imposent ma conscience et mon amour pour la Patrie au moment actuel.

L'heure est venue où il ne peut et il ne doit y avoir d’intermédiaires entre le peuple et le Roi. Au cours de tant d’efforts et de patience dont j'ai fait preuve dans l'exercice de mes hautes fonctions, mon âme fut déchirée par les lamentations de nos masses populaires, travailleuses et patriotes, mais exténuées, et qui, inspirées par un raisonnement naturel et sain, ont déjà senti depuis longtemps que l’on ne pouvait plus suivre la voie adoptée jusqu’à ce jour. Mes attentes, ainsi que celles du peuple, que l’évolution de notre vie politique intérieure apporterait l’ordre et la consolation du pays ne se réalisèrent pas. L'ordre parlementaire et toutes les vies politiques reçoivent de plus en plus la marque négative dont le peuple et l'Etat subissent les dommages à l’heure actuelle, seulement.

Toutes les institutions utiles dans l'Etat, leur progrès et le développement de toute notre vie nationale sont là, en danger. Une telle situation politique, malsaine dans le pays, est non seulement préjudiciable à la vie intérieure et au progrès, mais aussi au règlement et au développement des rapports extérieurs de notre Etat, ainsi qu’au renforcement de notre prestige et de notre crédit à l’étranger.

Le Parlementarisme, qui était comme moyen politique, une tradition de mon tant regretté père, est demeuré mon idéal. Des passions politiques aveugles commencèrent à en abuser de telle facon, que cela est devenu un obstacle à tout travail profitable dans l’Etat.

Des querelles regrettables et des événements à la Roupehtina ébranlèrent chez le peuple, la confiance dans Vutilité de cette institution. L’entente et même les rapports les plus ordinaires entre les partis et les particuliers sont devenus absolument impossibles.

Bien loin de protéger et de renforcer l'esprit d'union nationale et de l'Etat, le parlementarisme, tel qu’il est, commence à provoquer une désorganisation spirituelle et la désunion nationale.

Mon devoir sacré est de sauvegarder, par tous les moyens, l’union nationale et l'Etat. Je suis décidé à remplir, sans hésitation, ce devoir jusqu’au bout. Maintenir lunion du peuple et sauvegarder l’unité de l'Etat, l'idéal le plus haut de mon règne, doit être également la loi la plus impérieuse pour moi et pour tous. Ceci m’est imposé par ma responsabilité devant le peuple et devant l’histoire, par amour pour ma Patrie et par -une reconnaissance

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pieuse envers les innombrables et précieuses victimes qui succombèrent pour cet idéal.

Chercher un remède à ce mal dans un changement parlementaire des gouvernements, Comme il fut pratiqué jusqu'ici, ou bien dans de nouvelles élections législatives, serait perdre un temps précieux en vaines tentatives qui nous ont déjà absorbé plusieurs années.

Nous devons chercher de nouvelles méthodes de travail et frayer de nouvelles voies. Je suis convaincu qu’en ce moment grave, tous, Serbes, Croates et Slovènes, comprendront cette parole sincère de leur Roi et qu’ils seront mes aides les plus fidèles au cours de mes efforts futurs, qui tendent uniquement à arriver, dans le plus bref délai, à la réalisation de l'institution d’une administration et d’une organisation de l’Etat qui répondront le mieux aux besoins généraux du peuple et aux intérêts de l'Etat.

En conséquence, jai résolu et ie décide que la Constitution du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes du 28 Juin 1921, ne soit plus en vigueur. Toutes les lois du pavs demeurent valables, tant qu’elles ne seront pas supprimées par mon oukaze (décret) si besoin en est. De nouvelles lois seront promulguées, dans l’avenir, de la même manière.

La Sroupehtina, élue le 11 Septembre 1927, est dissoute.

En communiquant cette décision à mon peunle, Tordonne à toutes les autorités de l’Ftat de s’v conformer et, à tous et à chacun, de la respecter et de lui obéir.

Fait à Belgrade, le 6 Janvier 1929.

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