‹ L'Organisation Administrative de la YougoslavieChapitre 9 sur 41 · ARE · texte numérisé non relu

ARE

La Constitution de Vidovdan n’a pas respecté ces diversités. Elle n’a pas cédé aux suggestions croates et slovènes, qui prévoyaient un Etat trop centralisé. Elle n’a pas osé admettre le principe de la décentralisation dans la crainte que le trop grand développement économique des provinces, de même que celui grandissant de l'esprit provincial ne nuise à l'expansion d’une forte Yougoslavie. Afin de réduire l’hégémonie serbe que redoutaient particulièrement les Croates et les Slovènes, la Constitution de Vidovdan a proposé le parlementarisme et organisé une certaine autonomie locale. Malheureusement, le parlementarisme en Yougoslavie s’est tellement compromis par la suite qu’il est devenu jeu d’enfants.

Quant à l’autonomie prévue par la Constitution de Vidovdan, elle n’a servi qu’à marquer plus encore l'arbitraire de la volonté ministérielle.

Tel a été l'esprit général en 1919 et 1920, dont les partis gouvernementaux ont été obligés de tenir compte dans l'octroi d’une Constitution. Mais ils n’étaient pas préparés pour cette grande besogne. Ils étaient davantage « Serbes » et nullement &« Yougoslaves ». La Constitution peut être considérée comme un triomphe de leur politique à l’encontre de l’esprit unitaire yougoslave. |

Il est certain que les partis croates ont aussi, de leur côté, fortement exagéré dans la voie de la décentralisation. Leurs réclamations se confondent souvent avec le fédéralisme même. Une bonne politique aurait consisté à extraire de chaque projet constitutionnel ce qu’il y avait de bon. La synthèse de ces idées aurait donné, certainement, un résultat plus beureux. Un projet, celui de M. SMopraKkaA surtout, devait mériter attention. Bien que non soumis au Parlement, il était permis d’en extraire cependant d’heureuses suggestions.

Nous”/allons essayer de donner un résumé des principaux projets constitutionnels.

A la Constituante, chaque groupement politique a soumis un projet constitutionnel. Nous n’aborderons que les princi-

Page 1