‹ L'Organisation centrale de L'Enseignement professionnel: La Question du rattachementChapitre 2 sur 50 · AVE · texte numérisé non relu

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C'est, en premier lieu, la transformation qui a substitué, dans beaucoup d'industries, la maind'œuvre mécanique à la main-d'œuvre humaine, et la grande production à la petite ; — la division croissante du travail, qui donne à chaque ouvrier upe tâche restreinte et simple et fait que beaucoup de ces tâches peuvent être accomplies par de simples manœuvres ; — le développement de la concurrence, la nécessité de produire vite, la diminution des espaces disponibles et l'insuffisance des locaux, ce qui détourne les industriels de s'encombrer d’apprentis, qu'ils considèrent comme des non-valeurs; —le développement du travail aux pièces,quiacomme conséquence inévitable d'empêcher les ouvriers complets de s'occuper des enfants ; — enfin les conditions tous les jours plus rudes de l’existence, par l’effet desquelles beaucoup de chefs de familles, ne pouvant vivre avec leur seul salaire, etse trouvant contraints de tirer parti du travail de leurs enfants, préfèrent les occuper à des tâches sans avenir, mais immédiatement lucratives, que de les mettre en apprentissage.

IL est facile de constater que ces différents facteurs tiennent à l’organisation moderne de l’industrie et au fonctionnement de la vie sociale ; et, dès lors,on pe peut songer à les éliminer, non plus qu'à en évi-

ter les conséquences, qui ne peuvent que s’accentuer.

avec le temps.

D'où il suit, que l'apprentissage, tel que le conçoit

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1% notre législation et qu’il était traditionnellement or- Re ganisé, ne traverse pas une crise dont on puisse es- “22 pérer voir la fin, mais subitune décadence qui, fata-

lement, doit amener sa disparition.

Est-ce à dire qu’il ait cessé d’être nécessaire ? On a tenté quelquefois de le soutenir, ou tout au moins de dire que sa nécessité diminuait, en alléguant que la division du travail et le développement du machinisme, qui précisément l'avaient fait disparaître, l'avaient en même temps rendu inutile.

Quand on considère les choses d’un peu près, on s'aperçoit vite qu'il n’y a là qu’une apparence; | quelques brèves remarques nous permettront de l’établir. È En premier lieu, il y a un assez grand nombre d'industries, et spécialement toutes celles qui, de près ou de loin, se rattachent aux arts appliqués, où, par la nature même des choses, le rôle de la machine est tout à fait secondaire ; même dans celles où ce rôle est prépondérant, l’habileté de l’ouvrier conserve son importance. | F0 D'autre: part, si, à la vérité, la division du travail ramène l’action de l’ouvrier à des tâches simples et qui, en elles-mêmes, n’exigent pas d'apprentissage, il est facile de constater que, pratiquement, ces tâches peuvent se ramener à différents groupes : travail du fer, travail du bois, conduite de machines…; É l'ouvrier, qui aura fait un apprentissage dans ces

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différentes branches, fournira une productivité beaucoup plus grande, et, pouvant passer facilement d'un travail à un autre, sera beaucoup moins exposé au chômage.

D'une façon générale, dans la collaboration de la machine et de l’homme, celui-ci fournit son intelligence, qui lui sert à connaître celle-là et à en tirer le meilleur parti possible, en la dirigeant avec sûreté, en la ménageant de façon à obtenir d'elle un rendement maximum. De telle sorte, que si, parinvraisemblable, il arrivait un jour que l'intégralité du travail industriel püt être exécutée mécaniquement, il faudrait cependant el plus que jamais que les ouvriers fissent un apprentissage de mécaniciens.

On peut même aller plus loin, et affirmer que même un travail de manœuvre sera mieux fait et plus productif, si l’ouvrier a une intelligence relativement ouverte et a été instruit de son métier.

M. Jay, à son cours, cite de ce fait un exemple suggestif. ‘Il n’y a pas de tâche industrielle plus simple que celle qui consiste à surveiller les broches d’une machine à filer; elle semble n’exiger aucun apprentissage, puisque l’habileté de l’ouvrier paraît

ne jouer ici aucun rôle. Cependant, on constate:

qu’un hommeexpérimenté peut surveiller jusqu’àdix fois plus de broches que celui qui n’est point au courant, et que le gain en temps réalisé par le premier

peut atteindre jusqu’à trois et quatre heures par jour.

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