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Sans insister davantage sur ces considérations sur lesquelles nous aurons, du reste, à revenir plus loin, il est permis d’en conclure que l'utilité de l’appren-
lissage n’a pas diminué et que peut-être, au con-
traire, à cause de l’âpreté de la concurrence internationale, elle n’a jamais été plus grande qu’aujourd’hui.
Si, d’autre part, nous rappelons que le mécanisme de la vie industrielle et sociale a pour effet inévitable d'éliminer l’apprentissage suivant l’ancienne formule, c’est-à-dire basé sur l'initiative des individus et la liberté des conventions, nous avons bien là les deux termes d’un syllogisme, dont la conclusion nous amène à faire appel à l’intervention de l’Etat.
Nous admettons, en effet, avec nos maîtres, que cette intervention ne saurait avoir qu’un caractèré supplétif, et qu’elle doit se manifester seulement lorsque la libre action des individus est impuissante à sauvegarder l’intérêt général.
Or, 1l n’est pas nécessaire de démontrer que c’est bien ici le cas, et nous tiendrons pour acquis, qu’il appartient aux pouvoirs publics de prendre les mesures nécessaires pour établir eux-mêmes, ou veiller à ce qu’on établisse, en dehors d’eux et sous leur contrôle, l’organisation susceptible de remplacerl'apprentissage,c’est-à-dire l’enseignement professionnel.
C’est là un point sur lequel tout le monde est d’accord, aussi bien les économistes et les écrivains, que
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les patrons el les ouvriers ; et certains, non sans Invoquer de sérieuses raisons à l’appui de leur opinion, demandent même que cet enseignement soit obligatoire. |
En présence de cette unanimité, il semblerait que rien ne soit plus facile que de prendre les mesures que la situation comporte; et il serait, du reste, injuste de ne pas reconnaître que les bonnes volontés, auxquelles nous faisions allusion tout à l'heure, ne se sont pas manifeslées uniquement sur le terrain de la théorie ; des résultats intéressants ont, en effet, déjà été obtenus en pratique : nombreuses sont les institutions créées soit par l'Etat, les départements ou les communes, soit par des groupements patronaux ou ouvriers. Mais les enfants qui reçoivent l’enseignement donné à ces écoles et à ces cours sont encore des privilégiés, et, bien que leur nombre puisse paraître relativement élevé, il est infime si l’on le compare au nombre de ceux qui ne reçoivent aucune instruction professionnelle.
Que si maintenant on recherche les raisons pour lesquelles les progrès de l’enseignement professionnel ne sont pas plus rapides, on s’aperçoit assez vite que cette situation n'est pas due à un manque de zèle des diverses administrations intéressées, mais, au contraire, à un excès de zèle, qui se traduit par des rivalités.
On sent si bien qu'il s’agit là d’une question capi-
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tale pour les intérêts et l'avenir du pays, que chacun veut s'employer à la résoudre et imposer sasolution.
De là, des prétentions et des efforts opposés qui, au lieu de se totaliser, arrivent quelquefois à se paralyser mutuellement.
Parmi ces compétitions, la plus ardente est celle qui se produit au sommetetentre les différents Ministères, qui revendiquent la charge et l’honneur d'organiser l’enseignement professionnel.
Cet enseignement, en effet, présente un double caractère. D'une part, et par ce seul fait qu’il est un enseignement, il est œuvre de pédagogie, et il apparait naturel que le Ministère de l’enseignement national, c’est-à-dire de l’Instruction publique, lerevendique comme sien ; d’autre part, dans une partie de ses méthodes et par son but, il est industriel ; et l’on ne doit que faiblement s'étonner que le Ministère du Commerce et de l'Industrie en particulier en réclame la direction.
Jusqu'à ce jour, la fâcheuse rivalité dont nous parlons ne s’est encore manilestée qu'entre ces deux Ministères ; mais si le Ministère du Travail n’a encore élevé sur ce point aucune prétention, c’est peut-être parce qu’il est de création récente, et encore surchargé de tâches auxquelles son activité peut à peine suffire. Cependant, en toute logique, il pourrait lui aussi, dire son mot sur la question.
Entre ces deux, ou pour être complet entire ces