PRÉFACE
Le Mémoire de M. A. Vavasseur, primé au Concours sur l'Arbitrage international ouvert par Le Bureau de Berne, est une réponse précieuse à r/uelques-unes des questions posées dans V enquête ouverte en Novembre dernier par « l'Institut i n ter national de la Paix » de Monaco.
Nous sommes heureux de publier ce Mémoire éminemment digne de l'attention des membres de la /7 e Conférence de La Haye et d'en faire la suite au N° 5 des publications de l'Institut.
Bien que l'Arbitrage ne soit peut-être qu'une étape vers la paix, vers la Justice internationale et vers la Fédération ou Union juridique des nations, il n'y en a pas moins grande utilité à donner à cette institution tout le perfectionnement possible. Les pacifistes de la fin du siècle dernier, en préconisant cette manière de résoudre les conflits i n ter nationaux, et la 7 re Conférence de La Haye, en consacrant partiellement leurs théories et leurs efforts, ont créé un courant avec lequel il ne serait ni utile, ni possible de rompre.
Il y a tout lieu de croire que la II e Conférence de La Haye ne fera que compléter et perfectionner l'œuvre de la première, en perfectionnant l'Arbitrage dans le sens de M. Vavasseur.
Quelque désireux que nous soyons de voir aborder par la Conférence la question du désarmement ou au moins de la réduction des armements, nous ne pouvons guère conserver d'espoir à ce sujet après les échanges de vue qui ont eu lieu récemment. Il ne semble pas que la formule exacte du désarmement ou de la réduction ait encore été donnée. Les éléments de la solution sont sans
doute épars dans plusieurs esprits. Dans l'état actuel de la question il semble bien que le désarmement ou la réduction des armements ne sera qu'une conséquence de l'amélioration des relations internationales, de la compénétration des nations et de l'accroissement de leur confiance réciproque. « Limitation générale, proportionnelle et simultanée des armements », « concours de chaque état proportionné à ses ressources intérieures pour la défense commune » sont des farmules qui paraissent présupposer l'Union juridique ou au moins la confiance. Or l'Arbitrage, surtout l'Arbitrage prévu et organisé par des traités, en vue de cas particuliers et même de peu d* importance ou avec des réserves, a fortiori, l'Arbitrage obligatoire est éminemment un acte de confiance internationale et par suite un acheminement vers l'Union juridique. Voilà pourquoi l'Arbitrage est une solution pratique quoique imparfaite.
Mais nul n'ignore que la solution idéale est dans V Union juridique et dans la création d'un Parlement international ouvert à toutes les nations, où chacune serait représentée proportionnellement à sa valeur, où résiderait le pouvoir lé g islastif international, et qui serait muni de tous les organismes correspondants à ceux qui maintiennent la paix entre les citoyens, mais qui laisserait en même temps une large place aux rivalités légitimes et à la concurrence loyale, qui respecterait ces inégalités de fait, ces supériorités reconnues qui constituent un des attraits de la vie et de la lutte pour la vie, comme elles constituent une des meilleures sanctions providentielles du bien et du mal ici-bas, du fait qu'elles font généralement prévaloir les bons et déchoir les méchants.