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Le premier de ces mémoires étudie « l’œuvre « accomplie par l’Union des Associations Internatio- « nales en matière d'éducation et d'organisation du « travail intellectuel »; le second envisage « l’utilité « d’un organe technique pour le travail intellectuel ».
Si le Secrétaire général se rendait compte de la nécessité d’une collaboration internationale, il ne manquait pas de signaler que la création immédiate d’un organe technique de la S. D. N. nécessitait une longue période d’études et de mise au point : « ...Il « faut. avant tout, faire le bilan de la situation pré- « sente, pour que l’action de la S. D. N. s'ajoute à « celle des entreprises déjà constituées, mais ne fassé < en aucun cas double emploi avec elles. » Le mémorandum concluait à la création d’une Commission consultative.
Le Conseil, cette fois documenté de façon satisfaisante, confia à M. Léon Bourgeois, qui s'était fait l’apôtre de la coopération intellectuelle, le soin de présenter à Ia deuxième Assemblée un projet de résolution, projet qui devint la base de lorganisme d'aujourd'hui, L’Assemblée approuva le texte du projet suivant
« L'Assemblée invite le Conseil à procéder à la « désignation d’une Commission pour l'étude des « questions internationales de coopération intellec- « tuelle et d’édueation. Cette Commission comprendra « un maximum de douze membres désignés par le « Conseil, Elle présentera à la prochaine Assemblée « un rapport sur les mesures que la S. D. N. pourrait « prendre en vue de faciliter l’échange intellectuel « entre les peuples, notamment en ce qui concerne
« la communication des informations scientifiques et «< des méthodes d’éducation.
« En attendant l’examen de ce rapport par « l’Assemblée, cette Commission servira d’organe « consultatif au Conseil qui pourra lui soumettre « toutes les questions techniques de cet ordre qui se « présenteraient jusqu’à la prochaine réunion de « l’Assemblée.
« L'étude du projet de création d’un Bureau inter- « national d'Education, proposée dans la résolution « du Conseil du 1° mars 1921, sera également confiée « à ladite Commission ».
L'Assemblée renvoya le projet. pour étude à la cinquième Commission qui nomma M. Gilbert Murray, délégué de l'Afrique du Sud, rapporteur. Celui-ci, sur la proposition de la cinquième Commission, fit adopter par l’Assemblée, le 21 septembre 1921, un projet de résolution ainsi conçu :
« L'Assemblée approuve le projet de résolution « présenté, au nom du Conseil, par M. Léon Bour- « geois, à savoir la nomination par le Conseil d’une « Commission chargée de l’étude des questions inter- « nationales de coopération intellectuelle; cette « Commission comprendra des femmes » 1.
Nous remarquons de suite que le texte définitif comporte deux amendements au projet Bourgeois :
1° Les mots « et éducation » ont été omis après les mots « coopération intellectuelle ».'La S. D. N. n’a
{) J. O. S. D. N,, supplément spécial n° 6. Octobre 1921, p. 34. Résolution de l’Assemblée, 2%° session, 21 sept. 1921. Résolution du Conseil, 15 mai 1922.
. 2er CRU
pas voulu donner l’impression de s’ingérer dans les systèmes d'éducation nationaux; tout ce qu’elle désire, c’est plutôt donner quelques idées directives à l’enseignement de l’Histoire par exemple, que d'établir des règles impératives dans un domaine où la Nation est souveraine,
2° Le deuxième amendement consiste en une demande d’admission des femmes comme membres de la Commission t, Il est indéniable que les femmes ont joué et jouent un rôle énorme dans les domaines de la recherche scientifique, dans l’exercice des professions libérales, dans les carrières administratives, les œuvres sociales et la vie publique en général.
Après avoir chargé le Secrétaire général de dresser une liste des personnalités mondiales dans le domaine intellectuel, le Conseil procéda le 15 mai 1922 (18° session) à la nomination des douze membres sui-
(4) C’est là un: innovation au principe de l’article 7, $ 3 d1 Pacte qui prévoit que « toutes les fonctions de la Société ou des services qui s’y rattachent, sont accessibles aux femmes », mais qui ne prévoit pas la nomination de femmes dans un service déterminé, Les organisations féminines ayant exprimé le vœu de voir les femmes appelées à participer officiellement aux travaux de la Société, M"° Malaterre- Sellier (France). a présenté à l’Assemblée un projet qui, modifié, a été adopté par l’Assemblée de 1932 sur le rapport de M'° Hesselgren (Suède)
« L'Assemblée rappelle à tous les Etats membres de la Société l’article 7 du Pacte, qui envisage la possibilité
a) Pour les Gouvernements des Etats membres, de nommer des femmes compétentes dans leurs délégations à l’Assemblée, aux conférences, et aux Commissions gouvernementales de la S. D. N.
b) Pour Il: Conseil, de nommer des femmes compétentes dans les Commissions techniques de la Société, en qualité d’assesseurs ou d’experts.
c) Pour le Secrétaire général, de nommer des femmes compétentes aux postes élevés du Secrétariat.
Document. A. 1932. P., p. 58.
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vants de la Commission de coopération intellectuelle, qui furent invités à se réunir à Genève le 1° août 1922 :
Président : M. Henri BERGSON 1, Professeur de Philosophie au Collège de France.
Vice-Président : M. Gilbert Murray (Britannique), Professeur de Philologie grecque à TUniversité d'Oxford, Membre du Conseil de la « Bristish Academy ».
M'° BonxEvVIE (Norvège), Professeur de Zoologie à l’Université d’Oslo, Membre de l’Académie des
Sciences d’Oslo.
M. BANNERJEA (Inde), Professeur d'Economie politique à l’Université de Calcutta.
M. A. DE CasrRo (Brésil), Directeur de lEnseignement au Brésil, Professeur de Clinique médicale.
M”*° CURIE-SKLODOWSKA (Pologne), Professeur ‘de Physique à l’Université de Paris, Professeur honoraire de l’Université de Varsovie, Membre de l’Académie de Médecine de Paris et de l’Académie Polonaise, de la Société des Sciences de Varsovie, Membre étranger
- des Académies des Sciences d'Amsterdam et de
Stockolm.
M. J. DESTRÉE (Belgique), Ancien ministre des Sciences et des Arts de Belgique, Membre de l’Académie belge de Langue et Littérature françaises.
M. A. EINSTEIN (Allemagne), Membre de l’Académie des Sciences de Berlin, Membre étranger de Ja
(1) M. Bergson a démissionné en 1924 pour raisons de santé. M. Lorentz l’a remplacé.
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« Royal Society » de Londres et de l’Académie des Sciences d'Amsterdam.
M. E. HALE (Etats-Unis), Directeur de l’'Observatoire de Mount-Wilson, Membre du Conseil international des Recherches.
M. G. DE REyNorn (Suisse), Professeur de Littérature française à l’Université de Berne.
M. F. Rurrini (Italie), Président de l’Académie Royale de Turin, Ancien ministre de l’Instruction Publique d'Italie.
M. L. DE TORRÈS-QUEVEDO (Espagne), Membre de l'Académie Royale des Sciences de Madrid.
Assistaient en outre à cette première séance :
M. Nirosé, Sous-Secrétaire général de la S. D, N. (Japon).
M. LucHAIRE, Inspecteur général de l’Instruction publique en France,
M. MARTIN, Conseiller technique du B. I. T.
Comme nous le voyons, cette Commission comptait des noms illustres, des personnalités appartenant à toutes les branches des connaissances, des compétences familières dans tous les problèmes que peut soulever l’organisation du travail intellectuel.
Cette Assemblée de savants, d'écrivains, de penseurs de nombreux pays, attire une remarque : c’est la participation des Etats non membres (Allemagne t et
(4) L’Allemagne a été admise à la S. D, N. le 8 septembre 1926.
ce ACCe
Etats-Unis 1) aux travaux de la S. D. N. Nous en reparlerons au chapitre des relations de la Commission de Coopération Intellectuelle avec les Etats membres
et non membres.
Cette Commission qui, notons-le, n’était pas l’aboutissement du projet de l’Union des Associations, ni la réalisation du vœu de l’Association Française pour la S. D. N., se réunit à Genève 2 pour la première fois en août 1922, pour y jouer un rôle qui n’allait que
se développer par la suite.
(1) Les Etats-Unis n’en ont jamais fait partie, n’ayant pas ratifié le Pacte.
(2) Le professeur Einstein retenu par une mission scientifique au Japon ne put assister à la première réunion.