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TITRE III

LES RELATIONS qu’entretient l’Organisation

L'Organisation de Coopération intellectuelle, pour répondre à toutes les exigences de fait, s’est donnée une forme originale qui la différencie sur plusieurs points des autres organismes auxiliaires de la S. D. N. A la tête est placée la Commission, l’organe Suprême qui centralise et commande le travail; cette Commission agit dans le cadre de la S. D. N. et, pour cette raison, entretient d’étroites relations avec le Conseil et l’Assemblée. Rien de ce qui se fait dans l'Organisation n’est ignoré de la S. D. N., que ce soit au point de vue activité, fonctionnement, réformes, car la S. D. N. procède à la nomination des membres de la Commission, approuve les projets de réformes, peut, en dehors du programme qui lui est soumis, demander l’étude de problèmes nouveaux à la Coopération intellectuelle.

Mais il y a autre chose dans la Coopération intellectuelle qu’une grande Commission internationale; il y a toute une partie constructive qui tend à provoquer une collaboration régulière entre les principales organisations intellectuelles des Etats. Toute société internationale qui ne veut pas être une simple table de négociations doit construire, créer des organismes, simples sans doute mais permanents, des secrétariats dont le rôle n’est pas de se substituer aux grandes institutions de chaque pays, mais d’assurer entre elles des contacts et des échanges réguliers, principe qui doit réconcilier le nationalisme bien compris et l’internationalisme, assurer le développement harmonieux de la communauté universelle sans la priver de la richesse des apports nationaux.

Pour la Coopération intellectuelle, cette entreprise porte sur tout ce qui concerne les Arts, les Lettres, les Sciences, lInstruction publique; il existe une foule de centres, de bureaux, d’associations spécialisées, antérieures ou postérieures à l’avènement de la Commission, entre lesquels la Commission voudrait arriver, en multipliant les occasions de travailler en commun, à créer la même harmonie dont elle offre le spectacle à toutes les décisions qu’elle prend; ül existe aussi des Comités de liaison avec des grandes organisations internationales indépendantes, hors du cadre de la $S. D. N., des entreprises permanentes autonomes comme la Conférence permanente des Hautes Etudes internationales, spécialisée dans l’étude des relations internationales.

L’avancement et l’avenir des sciences dépendent en grande partie d’un effort collectif nécessaire pour préparer et soutenir l’œuvre des esprits d'élite; la documentation exige la constitution de centres spécialisés, seuls capables de se tenir au courant des progrès réalisés dans les diverses branches de la connaissance et de les répandre, d’être aujourd’hui les organismes vivants de l’informiation sous sa forme la plus élevée, pour le spécialiste même, l’écrivain, le penseur, le savant.

S'il est vrai que l’objet principal de la Coopération intellectuelle est « une vaste conspiration, nationale « et internationale, vers un objet supérieur, un objet < suprême qui est l’activité et le progrès de l'esprit « humain » !, le rôle de la Commission est de servir

(1) J. LucHaIRE, Principes de Coopération Intellectuelle. Cours professé à l’Académie de Droit international de La Haye. Recueil des Cours, 1925. IV, pages 311 et suivantes.

d’instrument de liaison entre les grandes institutions intellectuelles existantes ou à venir, de coordonner leurs travaux afin de les faire progresser plus rapidement, de construire des rapports nouveaux entre les Etats, qu’ils soient membres ou non de la Société, dans tous les ordres de l’activité intellectuelle.

L'objet du Titre III de notre étude est de montrer suceinctement les multiples aspects des relations qu’entretient l'Organisation de Coopération intellectuelle,

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