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. d'autrui, atteint par les Anglo-Saxons ?
Enfin, j'ajoute que dans le domaine religieux et philosophique même, on aperçoit les avantages de la décentralisation. Tocqueville n’a-t-il pas dit que « la « religion ne saurait partager la force des gouverne- « ments sans se charger d’une partie des haines qu’ils « font naître »? Alors que la tentative de centralisation du concile de Trente n’a pas empêché la multi-
plication des dissidents, n’a-t-on pas vu, au contraire,
la décentralisation religieuse, c’est-à-dire la multiplication des sectes anglaises et américaines, donner un nouvel essor au sentiment de l'idéal religieux, et lui faire gagner en spontanéité, en étendue, ce qu'il perdait en discipline et en obéissance? Carlyle avait ces exemples sous les yeux, quand il émettait l'avis” que la foi, pour exister, doit être libre, et quand 1
ajoutait que pour que les hommes croient, ils ne
doivent pas tous croire la même chose. ue N'est-ce pas à la perpétuelle et libre évolution des groupes religieux et philosophiques de l'Angleterre qu'il faut attribuer, en grande partie, le haut degré de de moralité, de dignité, de respect de soi-même et
Le pouvoir central a peu d'action sur la vie morale des foules; les communautés locales. au contraire, répandues dans la nation, arrivent par le contrôle.
: réciproque, l'échange des idées et des sentiments, le
rapprochement continu des cœurs, à exercer sur la vie morale individuelle une influence bienfaisante.
En résumé, il faut au monde désagrégé un ciment. Or, supposez que la société soit une superposition | d'institutions locales, le faisceau de tous les groupes
: répondant : à de besoins sociaux : supposez que 4 commune, la province, | l'État, chacun dans sa sphère età son tour, suryeillent et com plètent le fonctionnement des Due locaux ; que PAR notamment, :
et un heu D Lo et sans compromettre . l'unité indispensable, on maintient la diversité des É » - forces locales, on voit renaître le sentiment du devoir L social et de la responsabilité sociale; on attire à la À, | surface les énergies latentes ; on permet à l'homme de L. marcher sans être arrêté par les mille obstacles de la j: lourde machine gouvernementale, sans mourir étouffé D: dans la cellule de la ‘prison collectiviste, sans se 4 4e dans le chaos auquel aboutit fatalement l’exaltation à frénétique de l'individu. |
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1 Re: CHAPITRE IV.
L’individualisme moderne.
a | Ed) À
Contradictions de la dou ine individualiste. Elle n’a rien de commun avec le respect de l'individualité. Elle a subi l'action du droit
i romain, de la théorie du contrat social et des systèmes économiques. 14 Conséquences funestes des excès de l'individualisme dans la con- D ception du contrat de travail, dans la question du paupérisme, dans “ la famille et les ERA :
# Pour nous rapprocher de cet idéal, il ne suffit pas 4 que l'autorité soit décentralisée, il faut encore et . surtout que les hommes isolés, se groupant, réagis- : sent contre la conception individualiste dont tous les 4 esprits ont été imprégnés pendant les cent ans qui #4 viennent de s’écouler.
ke Nous rencontrons ici la seconde grande cause des : : : symptômes de déclin que présente notre civilisation. ‘ Les voyageurs décrivent le mélancolique spectacle à. aperçu des hauts plateaux près de Jérusalem quand, à : midi, sous les rayons d’un soleil torride, l’espace D Semble vide et que tous les plans uniformes se détachent avec leurs lignes dures et anguleuses dans la sécheresse de l'air.
Au monde, tel que nous l'ont légué la Révolution et l'Empire, il manquait aussi quelque chose pour
estomper les angles et adoucir les contours : la Révolution a fait de la société une poussière d’ atomes desséchés ; l'Empire, sur ce sable mouvant, a élevé des constructions géométriques, et l'aspect que les hommes de 1789 et de l'Empire ont ainsi donné à leur création
est aussi déplaisant que celui de cette Judée brûlée par.
le feu du ciel. Aussi a-t-on reconnu que, dans un
mécanisme pareil, les chocs seraient redoutables et
de nombreux penseurs ont ose aux moyens de les amortir.
Le vice fondamental de la conception AE c’est l’individualisme atomistique. Montrer la fragilité
d’un agrégat d'unités sans liens devoirs réci-
proques, où chacun a le droit de ne son plus grand intérêt en ne s'inquiélant pas de l'intérêt d’au-
banalité et l’on commence à se fatiguer d'entendre toujours comparer l'individu à un atome.
Pourtant, on ne saurait assez le répéter, quand on
considère qu’une société doit puiser sa force dans le
groupement spontané des initiatives semblables, de
trui, et où la civilisation est ramenée à la lutte achar- née de tous contre tous, c’est presque devenu une
le faisceau résistant des énergies collectives, on déplo-
rera que la Constituante et la Convention aient détruit …
| | les sociétés particulières dont se composait la société ‘1 :
générale, que Napoléon, pour assurer sa tyrannie, ait eu besoin de l'isolement de chaque individu et qu'ainsi, au lieu des organismes naturels de l’huma-
nité, nous n'ayons plus que des divisions administra- À
Lives, de danois territoriales et une “hiérarchie d'autorités. ;
L'individualisme dre Lehferiie d’ailleurs une
| contradiction flagrante. Voyez l'individu dressé au
seuil de notre époque dans sa royauté factice, dans son +4 | orgueilleuse solitude, ramenant tout à ses impressions |
personnelles de joie ou de douleur. Adulé, déifié, proclamé par la Constituante le maître du-monde, il en 4 est arrivé à croire qu'il disposait de univers, à s’af-
franchir de toute sujétion génante, à admettre que la
société n'existe que pour lui permettre d'exercer sa . souveraineté, d'obéir : à ses DARIQUS. de satisfaire ses appétits. | Seulement, comme tous 1 ne ont désormais les mêmes ambitions, le même désir effréné de parve- . nir au même but, le même droit de l’atteindre, et que ” dans cette cohue houleuse, impatiente, avide, une bien petite minorité arrive seule à ses fins, l'individu est en somme mécontent et malheureux et il os * involontairement les paroles de Bossuet : « Où tout ÿ Le le monde peut faire ce qu'il veut, nul ne fait ce
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«qu il veut, où iln y a plus de maitre, tout le monde
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