‹ L'organisation de la liberte et le devoir socialChapitre 26 sur 65 · LEA · texte numérisé non relu

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le capital; elle renonce, en faveur des autorités locales, aux impôts sur la propriété foncière, la propriété bâtie, le commerce et l’industrie et leur laisse le choix libre en matière de taxation. | . Le gouvernement qui centralise les dépenses n’en sent pas bien le contrecoup. Aussi, dans les pays à administration centralisée, les dépenses suivent une ‘progression effrayante. L’ énormité des budgets des États modernes était dernièrement signalée par M. Léon Say ie et dans un livre intitulé : Les gaspil- Fe lages des sociétés modernes, M. Novicow fait les mêmes e constatations (). Le budget de la France dépasse en ce .. moment quatre milliards deux cents millions. En mettant à part les dépenses militaires, on trouve l’une des causes de ces charges colossales dans la centralisation, développant sans trêve l'outillage administratif, multipliant sans relâche les services administratifs, créant sans cesse des places nouvelles, ordonnant constamment des travaux publics dont il est difficile de vérifier le prix de revient et l'utilité. 4 Le self-government, au contraire, fournit un gouvernement à meilleur marché et réduit les . dépenses en réduisant les attributions du gouverne ment central. Ensuite, il est une source d'économies, A parce qu’il trouve moyen de faire admettre la gratuité de beaucoup de fonctions locales; il en est ainsi aux États-Unis, en Angleterre, à l'île de Jersey et dans . J'administration communale et provinciale prus- sienne. Enfin, il diminue encore l'intensité des

, 1e (1) Revue des Deux Mondes, 1° octobre 1894, p. 501. | Mat | d (?} ALCAN, Paris, 1894. | | | L

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dépenses en les répandant d’une façon me générale sur tout le corps social. En Amérique, le budget fédéral n’est pas élevé, grâce au principe conférant les attributions gouvernementales essentielles aux quarante-deux États de l'union et le budget des quarantedeux États n'est pas élevé, grâce au principe qui fait

retomber les charges essentielles de l'administration :

de l'État sur les subdivisions locales de cet Etat, comté, cité, township. Le gouvernement fédéral tire ses revenus des impôts indirects, des douanes et des

accises. Les États puisent leurs ressources dans Ja .

perception des taxes directes. L'État détermine le montant de ses besoins financiers et fait la part de chaque comté. Le comté évalue ses dépenses et fait la part de chaque ville ou township. Le citoyen paye une somme globale dont une partie va à la commune, une autre au comté, une troisième à l'État. L'autorité locale retient la première, et remet les deux autres aux autorités du comté qui retiennent la seconde et remettent l'excédent à l'État. Ainsi, un contrôle local permanent partant des groupes les plus infimes empêche les dilapidations et maintient les dépenses : à un taux normal (). | ; La bienfaisance soulève des questions identiques, Les socialistes soutiennent avec raison qu’en matière

de charité la liberté individuelle sans plus est le droit … pour les forts de laisser mourir les faibles; les

() J'apprécie l’ensemble du système, j'en indique les avantages de

je laisse de côté les gaspillages municipaux dénoncés à New-York et dans quelques autres grandes villes, et qui n’atteignent que les habi-

tants de ces capitales. Ils sont surtout le résultat du suffrage univer- de:

sel pur et simple appliqué aux grands centres.

À disciples de elléet soutiennent avec tout autant de raison que l'assistance par l'État ‘augmente le nombre Fe. des oisifs, des fainéants, des incapables, qu’elle engendre le paupérisme héréditaire et peuple le 1 monde de dégénérés qui, finissant par tomber à la | charge de la société, augmentent chaque j jour les dii- 4 cultés du problème social.

L l'est certain que la charité organisée par l'autorité { centrale, ne pouvant connaître ceux quelle aide, vient parfois au secours d’indignes et, loin de détruire la misère, l'encourage en favorisant la simulation, Ia paresse, la mendicité et le vice. Elle fait ainsi du détestable socialisme, prenant à ceux qui travaillent pour donner à ceux qui refusent de travailler.

Il est certain encore que la charité légale centra- lisée est incapable de soutenir tous ceux qui en sont dignes; elle agit parfois dans les villes, elle est impuis- F Sante dans les campagnes, et l’ insuffisance de l’organisation de l'assistance rurale est un fait avéré et | reconnu. | | La solution, encore une foi c'est l'association, la à à mutualité, et s il s’agit de lui fournir appui nécessaire __ ou même de la remplacer quand elle fait défaut, c’est 1 autorité décentralisée, la commune, et, là où l’unité - communale est trop faible, trop pauvre, trop isolée, ne. Ja fédér ation des communes du canton. L'association | et F autorité locale, en effet, sont en situation de faire ce dont l'État est incapable, c’est-à-dire distinguer la misère du vice, la paresse de l'infirmité; donner le secours dès its est nécessaire, le retirer dès ou il est inutile.

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