CHAPITRE VII
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. culture intellectuelle contemporaine. Son manque d'unité. Points
de comparaison, Déclin de la haute. culture. Rôle des universités.
É Caractère trop professionnel de ter enseignement. Multiplicité des
examens pratiques. Excès de spécialisation. Nécessité d’une culture
plus générale. Les humanités et les “ANUS modernes. Portée sociale
de Ja haute culture.
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- Après avoir examiné de quelle façon l’organisation
politique peut aider à la reconstitution de l'esprit
social, je ne serais pas complet si je n'examinais éga-
lement l’action considérable et prédominante que la culture intellectuelle et la culture morale doivent exercer sur notre société.
Considérons d'abord le domaine cloéniel J ai PE signalé () les effets funestes d’une instruction trop centralisée. Nous apercevons immédiatement dans le
domaine de la haute culture le reflet de l'universelle : tendance à l’émiettement.
Ce domaine n 'est plus l'apanage d’une élite s ‘Impo-
sant à la foule, ilest l'apanage de tous. Chacun va de .
son côté ; ou veut avoir son école, ses disciples, sa
{ Chapitre HF, p. 88.
royauté passagère. Chacun veut provoquer une sensa-
tion non encore éprouvée; chacun poursuit la nouveauté même aux dépens de la sincérité et du vrai. L'empreinte du génie, c’est la profondeur, la clarté sereine, la souveraine et majestueuse simplicité. L'art immortel plane dans des régions d’où il illumine et
réchauffe tout de ses rayons. D'où vient donc qu'ilva
aujourd'hui tant d’obseurité, de complication, de recherche, quand il suffit de puiser à la source limpide
de la nature? D'où vient que parfois l’art semble
réservé à quelques initiés? D'où vient la fièvre des
esprits? D'où vient que la grande mêlée actuelle a quel-
que chose de si âpre, de si tourmenté, de si inquiet? Ici aussi, l’atomisation a fait son œuvre. La culture
générale qui donnait aux hommes des points de con-
tact a fait place aux spécialités qui se cantonnent dans leur solitude bornée. De crainte de la banale médio-
crité qui étouffe et qui tue, on se jette dans hs
et l’artificiel.
L'originalité, manifestation élevée de la personnalité humaine, disparaît et il reste l’excentricité qui en est
l'expression factice, rapetissée, vulgaire et parfois
grotesque, comme la vanité est la caricature de
l’orgueil.
Ce qui nous manque, ce sont les vues d’ ensemble,
la cohésion qui caractérise les épcqres idéalistes et créatrices. Au lieu de la tendance à se rapprocher tous :
ensemble d’un idéal commun, apparaît la volonté de se séparer les uns des autres, de se distinguer les uns
des autres, d’attirer l’attenticn sur soi au détriment des autres. |
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