‹ L'organisation de la liberte et le devoir socialChapitre 6 sur 65 · RU PA ELA PER A A OO RER {7 GA · texte numérisé non relu

RU PA ELA PER A A OO RER {7 GA

LR SATA Re ENS NE SRE Sr CE APE MIE RE ) NUE : Es AR \ ; te GS

si Jamais, en admettant que par miracle l'égalité :

dresse à Florence sur le tombeau élevé par Michel-

à Jamais, sans l'inégalité, on n'aurait produit l’en- semble des biens qu’on appelle civilisation et dont,

peut affirmer que l'inégalité est une des conditions ;

du progrès. x ee L'idée du progrès a une influence. énorme sur la

marche de l'esprit humain, et deux écoles sont ici en. présence. | | à F Rss

La première est l’école du droit de nature.

La doctrine du droit de nature consiste à tout. ramener à un état de nature parfait qui aurait existé à LoniSInés et fait régner la liberté et l'égalité; c’est à-dire qu’au lieu de transporter l'idéal dans l'avenir, on le réalise dans le passé. bis

Les philosophes grecs, les juristes romains, les théologiens du moyen âge, les penseurs du xvin°: de Rousseau en tête, tous ont admis l'excellence de la loi naturelle. A l'origine, régnait l’âge d’ or. Les hommes libres et égaux ménaient une vie parfaite; elle était

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soumise aux lois de la nature, qui se confondaient

avec les lois de la raison et les préceptes de la vertu. Le droit de nature ainsi entendu était devenu un dogme indiscutable que Rousseau formule au début. de l’Émile en ces termes : « Tout est bien sortant des mains de PAuteur des choses, tout JEBERÈEe entre les mains de l homme. D | <

Or, cétte conception est fausse : Vétude du passé ne nous révèle pas un âge d'or. La caractéristique des

temps primitifs, ce n’est pas l'égalité, la liberté et la

vertu, mais l'oppression du faible par le fort et la lutte des égoïsmes. L'état de nature, c’est l’état de gi et le triomphe de la force, de la ruse et de la terreur. Les hommes alors sont comme les décrit Lucrèce :

« 1ROADANIES de s’ sup du bien commun, ignorants

} 4, nn

+ dans us rapports des règles morales, s emparant du

butin offert par le hasard, chacun vivant et se conser-

à ne Yant pour soi. » | 4

D Cette conception est, en outre, dangereuse, car en

ane aux hommes : La perfection a existé; vous | pouvez y retourner; vous pouvez reconstituer un d . monde où, comme jadis, régneront l'égalité, la liberté,

ha raison et la vertu, on éveille en eux une idée de

: progrès à laquelle manque le sens de la vie, de la con-

‘ tinuité, de Ja tradition, on les rend impatients. des

. changements “brusques, dédaigneux des réformes

civilisation existante, et par conséquent de la main- - tenir et de la on mais de la détruire pour le plaisir de l’arracher à ceux qui en jouissent.

fondée sur les lois de l’histoire, sur la filiation des géné- . rations, des hommes et des choses; sur l’enchaîne- menti, en vertu duquel l’ensemble du présent dépend \ de l'ensemble du passé et prépare l'ensemble de l'avenir. Ha | ‘

La théorie du progrès organique n’est pas neuve.

2 Déjà, en 1750, Turgot l'indique dans son deuxième

hu ne:

. main ce Tous les âges, dit-il, sont enchaînés par

0 RAA sur les progrès successifs de l'esprit humain, 1750. . Paris, oi D: 52.

lentes et successives, et on les pousse à tout détruire

pour retrouver sous les décombres de 1 édifice social 21e paradis qui leur voprbpe toujours. Et l’on arrive à . donner pour idéal à l’ouvrier non de participer à la

À cette notion purement intellectuelle du progres cs. oppose une autre notion : celle du progrès organique.

discours sur les progrès successifs de l'esprit hu-

une suile de causes et d'effets qui one l état du monde à

à tous ceux qui l'ont précédé. Toutes les connais-

paraît aux yeux du philosophe un tout immense qui

lui-même a, comme chaque lies son enfance et ses progrès. » ù |

Kant, dans son opuseule : L'idée Pa histoire universelle au point de vue de l'humanité (1784), admet

que des lois constantes qu'il nomme dessein de la

nature régissent le développement du genre humain. ce À D'après lui, les générations antérieures travaillent “pour l'avantage des générations ultérieures; nous sommes reliés à l'avenir et tous les membres de a famille humaine sont solidaires. | |

Condorcet, à son tour, dans le T ableau des progrès ;cR de l'esprit humain, montre Ja civilisation assujettie ARE une marche progressive dont tous les pas sont Fe enchaïnés les uns aux autres suivant des lois natu- :; réelles. ho pe 2 Dh

Comte et Littré se rattachent également a cette) doctrine. Mais c’est de nos jours surtout qu’elle a été reprise et exposée avec tous les développements d’ une ‘5 théorie scientifique par Spencer, qui assimile le progrès social à la croissance de l'organisme physique. :

Pour lui, le parallélisme est absolu; il se caractérise

de part et d'autre par l’hétérogénéité croissante de structure, la subdivision croissante des fonctions, la:

localisation. croissante de chaque fonction pans, la

sances particulières forment un trésor commun qu’ une “ é génération transmet’ à l’autre, ainsi qu'un héritage toujours augmenté des découvertes de chaque siècle, et le genre humain considéré depuis son Re

| partie He l'organisme qui lui. cor retbaud. Il ‘

ni De comme l'arbre s'élève, comme l'enfant grandit.

Le La doctrine de Spencer, qui a eu tant de vogue, di a toutefois aussi un écueil. Les partisans du droit 4 . nature sont entraînés à sacrifier Ja tradition au

mouvement, l'autorité à la Jiberté, la société à l’in-

. dividu. Les disciples de Spencer doivent se garder d'exagérer la théorie de leur illustre maître et de

. sacrifier ainsi le mouvement à la tradition, la liberte à la force organique, l'individualité : a l'AtOL OU | Le problème consiste à concilier la continuité de la

mieux, la tradition qui a été un jour un progrès avec

4 Spencer a fait comprendre mieux que ses dévanciers

que pour « se transformer il faut d’abord durer » (6

| | conformément aux lois qui dominent l’humanité et il

/ : ment égal et simultané de tous. | On peut concevoir une vie collective où chacun

ne tion de son développement, on ne saurait concevoir M, que (ous y aient une part égale. Le progrès sup-

: : dore Ja variété des conditions.

ne Chaque peuple, qu'il s'agisse des Juifs, des Grecs, TE 4

A 0 Yoir rien fiee du droit.

4 (2) Fouiiiée, Ti. p. 114.

304 RE Cl #

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de: plus, complication croissante et dépendance croissante des parties. En un mot, l’humanité progresse

: vie sociale avec la liberté de l’individu en quête du si le progrès qui est le début d’une tradition. Ce que : et ce qui restera acquis à la science politique, c’est Le progrès dans l'humanité ne peut s’accomplir que . À

JA est manifeste que le progrès exclut le me

L. participe le plus possible à la civilisation en propor- |

des Romains, des Germains ou des Cane, a d’ de eu des supérieurs; chacun s'est élevé à son tour;

- chacun est devenu supérieur à ce qu il était et he

a apporté une idée, une culture, un progrès qui Jui était propre en laissant derrière Jui d'autres peuples

qui lui restaient inférieurs.

Et de même dans un peuple, chaque classe sociale de a grandi à son tour, ajoutant des éléments nouveaux à la civilisation et dépassant des couches sociales qui restaient en arrière, mais essayaient bientôt de monter elles-mêmes. | oi Enfin, dans chaque classe, l'individu libre de se

, JP y la En. 7e PATTES Ye développer est devenu supérieur à ce qu'il était, s’est baussé au niveau de ceux qui lui étaient supérieurs, a

distancé ceux qui restaient au degré inférieur et a

fourni sa part de force et de vitalité à l’ensemble. Le

progrès social est lié au progrès individuel et l’un et l’autre reposent sur l'inégalité.

C'est là un point qui mérite, me paraît- -il, d’être mis en lumière; il y a de l’intérêt à te dans. les faits, les origines du progrès et son annee de réalisation. vu R à

Prenons done l'homme de nos régions dans. la

période quaternaire : le progrès résulte chez lui de ce que, à un certain moment, le temps et les forces ne sont plus absorbés complètement par la satisfaction

des besoins immédiats. Il y a alors de Pactivité au

repos, de la force en réserve qui peut être employée à

des nécessités moins pressantes, telles que la fabrication des armes, la production du feu. ie Les hommes ont d’abord consacré tous leurs efforts

La unter: contre lés éléments, à résister aux forces

; aveugles - de la nature qui menaçaient leur vie, à

: s’abri iter contre le froid, la pluie ou le soleil, à se pro-

Det room es inondations, la sécheresse ou la

: famine, à se procurer, n'importe comment, la nour-

; riture quotidienne et à recommencer tous les jours le même combat. : |

. Dès qu'ils ont eu un instant de répit, dès qu’ils ont

pu se reposer et réfléchir : à un avenir plus lointain que

l'heure présente, ils ont eu une réserve disponible,

“une épargne pour leur développement futur. Et ce

; premier instant de répit a été la première lueur de la

‘ civilisation et le germe des progrès futurs. L’anthro- pologie nous montre l’homme d’abord frugivore et

’ sédentaire, puis carnivore et conquérant, enfin omni- | vore, migrateur et cosmopolite, et s'élevant ainsi. progressivement à l’âge de la pierre, à l’âge du bronze,

à l’âge du fer. Or, il fait un pas décisif en avant, le

1 artificielle (!), il abandonne un avantage tangible et de immédiat en vue d’ un bien moins rapproché; le jour

où il comprend qu il a intérêt à employer sa force de

travail à un ouvrage ne lui procurant pas une nourri-

jour où, ayant créé ce que M. Dupont appelle la force

: ture sur l'heure pour augmenter sa puissance d’acqui-

, sition de nourriture dans l’avenir; c’est-à-dire le j Jour É: où il fabrique des armes pour ue les animaux, et ; où il utilise le feu pour faire cuire ses aliments. Ainsi, 1 àun moment donné, grâce à la fabrication des armes net à Vutilisation du feu, l’homme a puisé dans une

op) Duroxr, Bulletin de la Société d'anthropologie. Rome XIT fas- ‘cicule IL. 1895.

NESR

AREA

alimentation plus riche, un surcroît dadirte cérébrale dont il a profité pour améliorer son sort ().

Le point de départ, c’est une économie de force physique et intellectuelle et J'adaptation de la réserve disponible à des faits nouveaux. De cette source

ne

unique, l'épargne, découlent tous les progres : ne

développement technique, l'appropr riation des pu à |

duits du sol, l'échange de ces produits, et surtout la

division du travail, dont l'influence a été colossale. |

En effet, il y a d’abord chez l’homme un effort volontaire : les actes volontaires répétés deviennent réflexes et laissent du champ : à la volonté qui, libre de s'appliquer à des buts nouveaux, utilise la force

emmagasinée pour la satisfaction de besoins de plus en plus élevés. Or, la division du travail est Papplication de ce principe; elle constitue une épargne énorme

de force créatrice et contribue à son tour à accélérer.

la marche de l'humanité.

Chacun produisant ce qu'il a l habitude de produire,

produit plus facilement et plus rapidement et con-.

sacre au progrès un surcroît de temps, de vigueur, de conscience. L'extension du nombre des actes | réflexes, profitant à à l'extension de la vie intellectnele,

(1) Dans son n livre: L'idée dé Dieu, le comte ÉRUDISE d'Alviella montre

que le progrès, c’est la tendance cr oissante à obtenir les mêmes résul-

tats avec des efforts moindres et à utiliser, pour la satisfaction de.

besoins de plus en plus élevés, le surcroît de force ainsi laissé à la 1

disposition de l’homme. L'idée de Dieu, p. 4. Bruxelles, Falk, 1892,

nu Dans une communication faite, le 26 avril 1893, à la Société d’an- “à rs thropologie (Bulletin, t: XIT, p. 15), M. le professeur Heger Jéreees l’idée que « l'action du feu a permis à l'homme d’acquéri irun régime |, Mag üficiel et de se procurer ainsi une disponibilité d'énergie qui a été “

une condition essentielle des progrès de L'industrie »,

: | permet à Linellisoucs d de loujours plus haut et de

- voir toujours plus loin.

Dans la société comme chez Liadividu. les actes Rbod conscients, devenus ensuite Habite sont de | vis en plus nombreux ; et l’individualité nationale, appuyée sur une réserve de coutumes traditionnelles,

trouve moyen d'arriver à un développement toujours

plus puissant : les tribus primitives se donnaient k beaucoup de peine pour atteindre à des résultats : matiquement. Le progrès est donc plus rapide aujour- Don qu'alors. Mais alors comme aujourd'hui, le

| procédé est le même. | he. Toute la civilisation est là en germe. Et si les exploee rateurs des cavernes préhistoriques, en mettant à : découvert des fétiches, des ornements, des ossements sacrés, des talismans et des amulettes, nous montrent

sil homme de ces jours lointains arrivant déjà à la con-

ception enfantine et grossière, mais indéniable, de

es de «. quelque chose de mystérieux et de puis-

‘ sant qui dépasse les limites de son horizon borné » (),

1 ne faut-il pas rapporter encore ce phénomène d'ordre

LU supérieur et transcendant au même principe : un

excédent croissant d'énergie au repos, permettant à une proportion croissante d'activité de s’appliquer à des buts toujours plus élevés? \

ee “A Nous sommes aux antipodes de la théorie de Rous-

: pus et de l’état de nature : bien loin d’ être le retour

qu’une nation moderne obtient pour ainsi dire auto-

site

aveugle est tout, et on entrer de la civilisation où l'idéal, la force intelligente et morale, l'emporte chaque jour davantage.

Eh bien, ce qui se passe dans 1 obscurité des époques .

primitives se reproduit à travers toutes les époques historiques : l’homme tend d’abord au nécessaire, ensuite au superflu. Mais le superflu devient bientôt :

à son tour le nécessaire et la poursuite du bonheur

continue à l'infini. La transformation, qui fait du.

troglodyte le travailleur du bronze et du fer, fait de l'esclave romain le colon attaché à la terre et du colon le serf féodal. C’est de la même façon que le

serf taillable et corvéable à merci devient l’ouvrier

discipliné, enrégimenté dans les cadres protecteurs des corporations, et que celui-ci devient le petit à

bourgeois du xviri° siècle.

C’est de cette façon, enfin, que le ouvrier libre, mais -

dégradé et impuissant, du début de notre siècle,

devient l’ouvrier d'élite, le coopérateur, le petit bour- geois, et que l'histoire économique de l’Europe nous fait assister, depuis la Renaissance, à l’ émancipation de de la classe moyenne, depuis la Révolution à l’éman- |

cipation de la classe ouvrière.

Le procédé de civilisation émancipant les hommes trois mille ans avant l'ère chrétienne est encore celui : qui agit sous nos yeux. L’ontogénèse reproduit Ja > philogénèse; un état social donné possède des représentants des diverses phases du développement de l'humanité. | ue | A.

Notre culture avancée renferme des couches sociales | À qui sont l'équivalent des tribus primitives : comme

‘celles: ci, € en effet, les Drolétair es sont au bas de la

montée Re à la civilisation ; ils ont, comme ces tribus, un idéal à atteindre : .« plus de bien-être »,

etils y mar chent par la même voie : « économie de la

| force physique et intellectuelle ». ane Telle est la signification du mouvement pour les hauts salaires et la réduction des heures de travail,

| qui occupe une si grande place dans la lutte écono-

mique moderne. L’ouvrier de nos usines, comme . celui qu taille le silex à l’âge du mammouth, com- mence à s'élever le jour où il a la certitude du pain : 0 Comme lui, il se développe quand un Reine alimentaire plus substantiel augmente ses

- forces. L'ouvrier moderne progresse quand l’organi-

sation industrielle et le payement à la pièce, lui permettant de produire plus en moins de temps et accroissant ainsi son revenu total, lui laisse, en | salaires comme en heures de repos, de quoi augmenter

son bien- être, cultiver son intelligence et participer à

a vie de famille. ne D it Warx. Fngil, Henri on Burns, Guesde ue et d’autres encore, ont contesté l’applicabilité de la

loi d’airain du salaire formulée par Turgot et Ricardo, ù ils ont affirmé que les profits de l’industrie seuls or sans cesse, que l’ouvrier devait éternel- lement être ramené au niveau du strict nécessaire. Allant plus loin encore, ils ont enseigné que le pro- létariat est fatalement la proie de l'industrie; pour

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pu du progrès à l’ouvrier moderne. S’ appuyant sur la

AA cela est hufente à l'organisation capitaliste boursure tant qu’elle existera, les riches deviendront toujours plus riches et les pauvres plus pauvres. | Si l'expérience leur donnait raison, si le progrès, qui est la raison d’être de l'humanité et a toujours | . permis aux hommes d'améliorer leur sort, devait subitement s'arrêter, la destruction de l’ordre social ru Sera légitime. Mais l'expérience dément la théorie Fa révolutionnaire; l’ouvrier du xrx' siècle s'élève comme ji

Us l’homme primitif. Cela est établi par les faits. di D'abord, est-il vrai que les riches deviennent tou- Fest jours plus riches? ; o

Une chose est certaine : la seconde moitié. du. xIx° siècle a vu l'éclosion rapide de gigantesques fort tunes. Et quand on prénd un court espace de temps,

il semble que les riches deviennent plus riches. Fous fois, la rapidité même de la croissance de ces fortunes is est déjà une cause de faiblesse. Les bourgeois qui les no ont édifiées n’ont pas eu le temps d'acquérir la cul- | SE ture morale indispensable à la conservation du patrifi moine. Îls n’ont pas songé à donner à leurs enfants É Ja forte éducation qui seule rend l’homme capable à jou d'exercer la puissance. a he ni.

= Ils ont vu dans la propriété non pas une fonction à entraînant des charges multiples, mais le droit quiritaire d’user et d’abuser, une faculté illimitée de jouissance. Et les fortunes si rapidement formées s’'écroulent tout aussi rapidement. | | Fa Aussi le nombre de ceux qui ne travaillent pas | diminue. Ils sont condamnés à disparaître. Li RIRES :

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NY ii k

Le monde appartient à ceux qui, ouvriers ou. cape 1 ;

‘ talistes, 0 ont une vie consciente, et non à ceux qui : vivent d’ une vie. réflexe et végétative.

{ Ê Et la grandeur de notre époque, c’est que Ja puis-

sance de l'argent n "est qu se L argent à Jui seul * ne crée rien. os LU 1e L'histoire, dé son côté, prouve Ja mobilité uiéme “ de la dci. Je pouvoir décroissant de l'argent,

l'impossibilité de plus en plus ne pour les riches

. de ne pas travailler.

Lu donc est la fortune des Jacques Cœur en France,

4 000 livres, : à 1 mort de une représen-

Le 81, 000 francs de notre monnaie. Ces 81 ,000

francs, ayant un pouvoir neuf fois plus grand que le

| nôtre, valaient A réalité 129,000 francs, et produi- 0 saient, à 10 P. C., un revenu de 72,900 francs.

4 Si l’on tient donipte. de Ja dépréciation de la mon- | naie, de la diminution du pouvoir de l'argent, de nl l’abaissement de l'intérêt, ce revenu ya toujours dimi- . nuant. LR at DATES ù |

: 4 A Javènement de. saint Louis, le revenu de ces 4,000 livres D est plus que de 9,800 francs.

ue f fais l'an 1300, il est de 6, 400 francs. 1500, il descend 2310

2 FE Y plupart 1. anciennes tie sont anéanties ; a

à des Függer, d’Augsbourg? La richesse du xvin° siècle est tout au diuS AUORUE hui Falsanees l'aisance du;

En l'an 4600, il est de 7 francs. it

A AD Se ne Hi re * op). ee «

| Le richard du siècle de Charlemagne est dévénu ne ouvrier, et nous arrivons à une situation où le revenu des 81,000 francs possédés au Ix° siècle ne > serait plus a : que le prix d’ une journée de travail. de En ce moment même, grâce à l'abondance des | capitaux, : à leur sécurité, a! la faible productivité dé entreprises, la baisse de l° intérêt continue, et, comme : le dit M. Cheysson, elle ronge : sans se lasser de je: nus de Poil (ee 0 À | a Et quelle est la valeur de la seconde thèse du socia= lisme révolutionnaire : les pauvres deviennent loujours plus pauvres? à | : a Assurément, dans la classe moyenne, la lutte pour la vie, l'encombrement des professions, produit beaucoup de pauvres, d'autant plus à \Plainare de ils ne peuvent être sincères. na 2 Assurément, dans le ee Les crises de ins à dustrie jettent à chaque instant des ouvriers sur le \ pavé. | | | M os IL y a ant d’autres. phénomènes à. opposer à ceux-là : NRA | do .

Dans la plupart des pays Le ne parle ni de la Bee ‘ 6 ni du Mexique, où il n’y a pas de classe moyenne), Li classe moyenne s'étend par en haut et par en bas; elle comprend des nuances de pus en plus ie dont

.() L'Économiste, 18 février 1042 P 202 si

. dernières vont se. bite dans le prolétariat qui, à son tour, pénètre dans la classe moyenne. Ti

Partout les renseignements statistiques nous réve-

: Jent l'augmentation du bien-être de la classe ouvrière : en Belgique, le ministère de l'agriculture, de l’industrie et des travaux publics a publié le tableau des

salaires et budgets ouvriers au mois d'avril 1891 (}). 1

‘ ‘en résulte, et ces faits ont été mis en lumière dans un ” travail de M. Julin (), que pendant l’espace d’un demi-

Ë siècle, de 1846 à | AS9, les salaires ont doublé, le prix.

des denrées a baissé, et que. le pouvoir d'achat du salairea ainsi augmenté dé 42 p. 6.»

. Et dans son grand ouvrage qui paraît à l'instant sous le titre : La dépression économique et sociale et l’histoire des prix, M. Hector Denis, après de laborieuses “ete patientes recherches, constate une tendance à l’amélioration du salaire réel, une élévation perma- 4 pire du Standard of life (p. 123 et 195;.

bd

. mique nous fournit, avec un tableau admirable de l’élé- | de 1h erreur marxiste. Que l’on se reporte en Angleterre ee au début du siècle : la situation de l ouvrier est atroce : Le les: patrons méc onnaissent leurs dr. envers lui: ne à visant qu'a produire au minimum possible de de et ne voyant dans le travailleur qu'un moyen de produc-

2 Pefon, ils MR le salaire le plus réduit qu'il

CA

2 Fi D prusenes Weissenbruch, 1892.

L'AMAE ) La « Réforme sociale ». Octobre et ps 1892. Salaires et budgets ouvriers en Belgique, ‘ ARMAND Juux, secrétaire adjoint du Conseil supérieur du travail.

Mais c 'est surtouten Angleterre que l’histoire écono-

vation graduelle de l’ouvrier, la démonstration vivante :

\ î 1 RL. £ À \

puisse supporter et le font Lravatler jusqu’ à .

limite des forces humaines. Vingt heures de travail

n'étaient pas une exception, des enfants de neuf ans

venaient de très loin, portés à l'atelier ; on les ne es.

pait pour les tenir éveillés la nuit; . rss livraient gratuitement les petits pauvres des j

envoyaient par masses aux filatures; des paroisses co

rétribuaient le fabricant pour se on. de leurs : enfants INAISENTS ; un industriel fait un contrat par lequel il s'engage à accepter un enfant idiot sur vingt.

enfants fournis (). En un mot, on acceptait tout ce

qui représentait la plus minime force musculaire. 1

résultat, c'était d’abord la dégénérescence de. la nation; . la femme, mère à 15 ans parfois, et travaillant j jusqu’ au

jour de het l'adulte inapte au service : ; militaire; l’homme ni comme une brute dans,

| pin livrognerie, la débauche, l'immoralité au

ve,

milieu de fièvres contagieuses et d’épidémies fan

droyantes. C'étaient aussi les révoltes d’un prolétariat

sans espoir ; les luttes sanglantes, les réunions secrètes | où la nuit on décrète le pillage ; l'industrie vivant sous l’empire du terrorisme; l antagonisme des classes |

AE

arrivé au paroxysme de la Vidlenee

Etsi, maintenant, détournant les regards du pass,

nous considérons le présent, nous assistons à une. :

transformation merveilleuse. La région du Lancashire, + l’ancien réceptacle des misères et des haines, est devenu

l'abri de la paix sociale, le foyer de la prospérité anglaise. L'ouvrier di ÿ a soixante ans, avili, haie

(1) Noir les dette dans le livre de SCHULZE- GABvERNIPE, Zum socialen | Frieden. Leipzig, 1890. 2 vol. Dee | HAE

ir eux, plus malheureux que lesclave ou n existe 4 plus. a | :

: Le corps atte par une nourriture substantielle, D oounc cultivé par la fréquentation des cours, des musées, des bibliothèques, le cœur formé par la vie de | famille, il est « devenu physiquement et intellectuel- lement, selon l'expression de Rupert Kettle en 1875, un type hautement progressif de l'humanité ». | “0 L'ouvrier anglais actuel est donc en grand progrès : sur l’ouvrier de 1830. C'est lui qui, en Europe, touche les plus hauts salaires et a les journées de travail les plus courtes ; c’est lui qui fournit à l’industrie la plus “ | grande somme de travail et de capacité ; c’est lui aussi qui est le plus exigeant. Il est mieux logé, mieux nourri, mieux vêtu; il peut, en dépensant la même somme que jadis, acquérir plus de choses; la morï Poe a diminué, l’âge moyen s'est élevé, la criminalité diminue; la vie s’est régularisée (). Îl a donc trouvé dans des conditions meilleures d'existence l'excédent nécessaire à son développement, et s'est. 4 créé des besoins plus élevés, absolument comme son n prédécesseur de la période quaternaire a puisé dans . : les: conditions meilleures du régime carnivore l’excé- 14 dent nécessaire à son émancipation. | 1 Et, pour le dire en passant, n'est-ce pas un phéno- Le . mène d’une portée incalculable au point de vue de la | éonciliation des classes que ce fait : le progrès de l'ouvrier est favorable au progrès de Pindustrie; loune cvrier qui peut employer à son développement la à réserve d'énergie la plus considérable, est aussi celui

à * ji

‘() Eten The Progress of the working classes. London, 1884.

qui est le lus productif pour 1e industriel et lui. coûte le moins.cher (de NDS us

En résumé, le pr olétariat a progressé parce que,

(!) Voir les chiffres fous à à la onto ‘ie Berlin par le: délégué francais, Victor Delahaye. Mesa Voir aussi les exemples produits par Schulze- Gacvernitz dans l'admirable livre déjà cité. En voici quelques-uns : : « Brassey, le grand constructeur de chemins de re a construit des voies ferrées partout, En 1849, il construisait la ligne Paris-Rouen.. I donnait à l’ouvrier français la moitié du salaire accordé à l'anglais, et c'était l’anglais qui lui coûtait le moins. Et nous voyons actuellement que, dans la construction du chemin de fer du Congo, le nègre, qui n’a presque pas de besoins, et se contente, comme lire, de colifichets, est un ouvrier qui coûte fort cher. . ae . & Le salaire des ouvriers du coton est bien plus élevé à Manchester F qu’à Mulhouse, et pourtant, les tissus de Manchester coûtent moins et. les fabriques de tissus imprimés de Mulhouse vont chercher leurs étoffes à imprimer à Manchester. et \ ee « Les imprimeurs sur coton du Massachusetts touchent un salaire de 4 dollars 1/2. Ceux d'Allemagne ne reçoivent. pas un dollar. C’est Ja production américaine qui l'emporte. L'ouvrier filateur de l'Inde ne demande qu'un peu de riz; dès qu’il a sa pitance, il comes et la main-d'œuvre dans l'Inde coute horriblement cher. :. « L'ouvrier agricole russe n’a presque pas de besoins; il travaille Àx 46 à 17 heures par jour. L'Anglais, qui se nourrit fort re travaille : 10 heures et fait deux fois plus de besogne. D’après Stuart Mill, un faucheur du Middlesex fauche en un jour autant que trois faucheurs . russes, et le fermier anglais paye 10 centimes là où le propriétaire russe en paye 50, pour faucher la même portion de prairie: « Dans la Forêt-Noire, la fabrication des montres est une industrie } domestique. L’ouvrier fabrique toute la montre. a 5 « En Amérique, une fabrique de 420 ouvriers DPOORIES grâce à un outillage merveilleux, 4,500 montres par jour. « Le salaire de ces ouvriers est le quadruple de celui de l’ouvrier de la Forêt-Noire. Pourtant, les frais de fabrication ‘sont moindres aux États-Unis et la montre américaine coûte moins. Et tandis que, dans la Forèt-Noire, la plus petite ffuctuation du salaire trouble toute l'in- | dustrie, aux États-Unis, sur un chiffre aussi colossal de montres, une augmentation de salaire d’un dollar ne produit pas d'effet sensible. La qualité de l’ouvrier devient or la HUÉSHeR du salaire perd Le son importance pour l'industriel. >

4 mis à même de. travailler. moins longtemps et de

: | manger plus, il a pu, comme l’homme de l’âge de la

pierre, se constituer une épargne de force intellec-

+ tuelle et physique.

Et si, à mesure qu'il se trouvait en état de tre

; à des ou plus élevés, de nouveaux désirs s'éveil- Jaient en lui, cela même ne doit pas nous étonner; il * obéissait : à ce courant irrésistible que jamais no ES -nité n'a remonté, que nous voyons apparaître à tra ù vers les communications des géologues sur l'homme 4 | primit comme à travers les constatations des statisticiens sur l'ouvrier contemporain, et qui pousse en à avant tous les individus. | |

Le bourgeois a aujourd hui une situation bien supé-

rieure à célle de ses pères; lui aussi, avec des capitaux plus abondants, peut se procurer plus de choses; A Jui aussi jouit d’un bien-être supérieur à celui de l'industriel d'il y a cent ans; il ne se contenterait plus . de la vie simple, frugale, deu de cette époque. Il lui faut le confort et les raffinements du luxe; il

recherche même les excitations nuisibles d’une vaine

ostentation. Mais il est en progrès sur ses aieux,

comme l'ouvrier affranchi était en progrès sur le serf,

comme le chevalier du xnr° siècle était en progrès sur

les compagnons de Charlemagne; comme le citoyen

romain était en progres sur l homme déjà civilisé de

L âge dufer. à

: Pourtant, le bourgeois ne se hole pas satisfait ;

1 a des désirs nouveaux succédant à des désirs | réalisés; il veut monter encore et rêve de nouvelles conquêtes. De même, l’ouvrier actuel ne se compare

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| pas à l'ouvrier anti ii ei ne connaît pas. il se | compare au riche bourgeois qu’il connaît; il voit les è sacrifices que la bourgeoisie fait au luxe et au superflu. . : Etil trouve dans le milieu qui l'entoure des ferments qui surexcitent ses aspirations. De telles aspirations ets sont inévitables, elles apparaissent dans tous les groupes doués d’une activité consciente et volontaire, . a, et j'ajoute qu’elles sont légitimes aussi longtemps | | qu’elles sont soumises à la loi morale dont je ps : plus loin. Ce désir toujours renouvelé au cœur de ee Fhomme, c'est la poussée éternelle de la sève qui. LA revient, monte, entretient la vie et fait que la société 1 ue recule sans cesse les limites de son horizon. Le jour. | où tous les individus, tous égaux, seraient tous Con- : no, tents de leur destinée, et qu'il n’y aurait donc plus. pour eux d’idéal à atteindre sur cette terre, je pense. 4 que la société Feu une eau stagnante. :

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nt. . Quoi qu 1 6 en soit, il n’est pas don due le phénomène du progrès, ramené à ses termes les plus simples, #1. | consiste dans le passage du type inférieur à un type PARPACUE Mais ceci admis, un nouvel ordre d'idées F s'impose à nos méditations. et Li Reprenons la tribu primitive de Léna ie don naire. Elle ne nous offre pas de classes sociales. Tous les membres de la tribu sont au même niveau ; tous : luttent pour le nécessaire. Ils ont tous le même but : ‘améliorer leurs conditions d'existence. Et à un certain moment, grâce au procédé signalé plus haut d'emploi | 4

Pisation du fu etc!), ne mieux doués Y parviennent Ro vite que les autres. | Mais dès ce moment aussi, le ne se CoM- | plique : : il ny a plus seulement en présence des êtres . qui tendent instinctivement au bien-être; il y a, à côté | de ceux qui s'élèvent, d’autres qui restent station- > naires, à côté de ceux qui luttent pour le superflu, | ' + d’ autres qui continuent à lutter pour le nécessaire, et à mesure que la civilisation progresse, le contraste k entre les privilégiés et les déshérités est plus frappant. L’accession de l’homme primitif à à la civilisation, À Ê bonheur, est donc une des faces de la question. Il : ns en à une autre : quand, à un moment quelconque de

se

‘à AE ‘humanité arrive à un ae an de “. AR EUM

ñ blanc passant du type inférieur au type supérieur, de | … voilà le progrès individuel. La participation du plus D | | grand nombre possible d'hommes à Ja vie du type {SES | supérieur, voilà. le progrès social. a He 7 Et la loi du progrès trouve ici dans Vinégalité un 00 do. * nouvel aiguillon. L'homme des temps primitifs est | … poussé par son instinct à chercher mieux. que ce nn . qu il a. Dans la civilisation, le déshérité compare, non | seulement la réalité à l'idéal, non seulement ce qu'il

ASE 2 est à ce qui 711 pourrait être, mais aussi sa condition à

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