‹ L'Organisation de la PoliceChapitre 53 sur 57 · ANT · texte numérisé non relu

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l'exécution des multiples missions du service des Affaires indigènes, les territoires soumis à la surveillance de l'autorité militaire.

Les agents du Maghzen,dont il est question,ici ne sont pas des personnages analogues à ceux du Maghzen marocain. Aussi, afin de prévenir toute confusion, est-il bon de faire connaitre succintement l’organisation de cette force de police.

Le maghzen est une force auxiliaire de 250 cavaliers, mise à la disposition du service des Affaires indigènes, pour l'aider à assurer la sécurité sur les territoires soumis à la surveillance de l'autorité militaire.

Il relève hiérarchiquement du Résident général ; il est placé sous les ordres du commandant -militaire des territoires du Sud et, dans chaque territoire ou annexe, sous le commandement du chef de bureau des Affaires indigènes.

Les agents du Maghzen doivent porter à la connaissance des officiers des Affaires indigènes dont ils dépendent, toutes les nouvelles qui leur parviennent, intéressant la police ou la sécurité du pays.

Cette organisation concourt heureusement au maintien de la sécurité dans le sud tunisien.'Elle permet au gouvernement de prendre les mesures voulues pour assurer la police et la sécurité des routes et des marchés et surtout pour surveiller la contrebande de guerre. A ce dernier point de vue, elle est d’une nécessité absolue, car il y aurait un gros danger à laisser importer en Tunisie, soit par

voie de mer, soit par la frontière tripolitaine, des armes qui pourraient un jour se tourner contre nous. Les professionnels de ce genre de contrebande ne peuvent que très difficilement réussir leurs tentatives criminelles, dont la réalisation leur est d’un bon rapport.

Comment sont organisés les territoires du Sud de la Régence ? C’est ce qui nous reste maintenant à examiner.

Anciennement, le territoire militaire était divisé en trois postes, ceux de Kébili, de Médenine et de Matmata, comprenant respectivement les caïdats de Nefzaoua, de Ouerghemma et de Matmata. (1)

Depuis une circulaire du Résident Général, en date du 24 Décembre 1906, (2’, les territoires du Sud de la Régence, soumis à la surveillance de l'autorité militaire, ont reçu l’organisation administrative suivante :

Le commandement militaire de Gabès, ainsi que les cercles de Médenine et de Kébili sont supprimés et il n’y a plus de commandants supérieurs à Médenine ni à Kébili. IL est créé un commandement militaire des territoire du Sud dont le cheflieu est à Médenine. Le commandant militaire des territoires du Sud est le délégué du Résident Géné-

(1) V. Tableau général des Caïdats,Khalifaliks et Gheïkats par contrôles civils et Postes militaires, Zey :, Code Annoté, T. I P. 101, No 160.

(2) V. Zeys, Suppléments de 1906. 1907, 1908, p. 883,

Ce

ral dans ces territoires. Son commandement comiprend : 1° les bureaux des Affaires indigènes de Médenine, de Kébili et de Matmata, traités comme des Contrôles civils et dont l’action administrative s'étend sur la totalité du territoire du Caïdat auquel ils correspondent respectivement ; 2 les annexes de Djarzis, de Ben Gardane et de Tatahouine, traitées comme des annexes des contrôles civils et dépendant du Chef du Bureau des Affaires indigènes de Médenine.

Cette organisatien est exposée sommairement dans une note du Résident Général. (1)

On remarquera que cette circulaire résidentielle, ainsi d’ailleurs que tous les documents relatifs à cette matière depuis l’année 1900, se sert de l’expression «Affaires indigènes » et non du mot «'ren-

seignements ». Ainsi, les instructions du Général Commandant la Division d'Occupation, du 1® juillet 1882 sont «relatives aux attributions des officiers de renseignements ». La circulaire du 20 mars 1834 prescrit aux Caïds de subvenir aux besoins des « Officiers du service des renseignements » en tournée. L'expression « Affaires indigènes » a une portée plus large et répond mieux à la mission confiée à ce service.

Ainsi, dans chaque territoire est un chefde bureau des affaires indigènes sous les ordres immédiats du

(1) Conf, Zeys, Suppléments de 1906, 1907, 1908, p. 884 (Note I).

commandant militaire des Territoires du Sud. A Médenine, le chef du terriloire est néanmoins ie chef du bureau des affaires indigènes. En somme, la siluation est analogue à celle des contrôles civils, le chef du bureau des affaires indigènes correspondant au contrôleur civil pour tout le territoire et le chef de l'annexe correspondant au contrôleur civil suppléant dans les annexes.

Le commandant militaire des territoires du Sud, exerce sur les chefs de bureau et sur les chefs d’annexe une mission de contrôle et d'inspection ; aucune correspondance ne porte son adresse.

Ce rapide aperçu est suffisant pour montrer la façon dont est organisée la police dans les territoires du Sud. Mais cette police a surtout un but politique. Dans tous les cas, on n’en saurait nier l’importance. Au surplus, la présence de nos soldats dans ces régions est nécessaire pour que les populations indigènes n'oublient pas que c’est la France qui les protège et, partout, étend sur eux son autorité.

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