‹ L'Organisation du Crédit en Pologne Son Évolution Depuis la Première StabilisationChapitre 131 sur 214 · L. Makowski, Les Finances · texte numérisé non relu

L. Makowski, Les Finances

quelques institutions sérieuses et anciennes, dont les bases financières étaient d’ailleurs solides, mais qui, à la suite de la crise de stabilisation et de l’effondrement duzloty, se sont trouvées dans une situation difficile.

Pour permettre l'assainissement de ces institutions, la - Diète avait voté un fonds spécial. Souvent les institutions saines absorbaient les institutions affaiblies, pour les rengagements desquelles le Trésor se portait garant. D’autres institutions furent assainies à l’aide de capitaux étrangers.

Une des premières nécessités de la politique des banques qui fut soulignée aussi bien par le Gouvernement que par les organisations bancaires, ce fut, à partir de 1924, celle de la concentration des capitaux des banques. Oncomprenait par là, la réduction du nombre excessif des institutions et la concentration des capitaux dans des organismes forts et grands. Le ministère des Finances avait dans ce but lancé l’idée de fusions de banques. Il faut cependant constater, que cette méthode appliquée dans plusieurs cas n'avait pas donné les résultats cherchés. Au contraire, les résultats de ces fusions furent souvent négatifs [comme cela «st arrivé dans le cas de la fusion des deux banques importantes, de la Banque de crédit et de la Banque pour le commerce et l’industrie!).

La rationalisation bancaire en Pologne eut lieu

19 —— Par voie de la diminution du.nombre des banques et de leurs succursales. De nombreuses institutions de crédit sans aucune raison d'être, créées pendant la période de l'inflation par différentes associations commerciales, par l’industrie, etc. et qui n'avaient fréquemment aucune base financière, ont disparu. Certaines d’entre elles se sont liquidées de leur propre gré, d’autres sont tombées en faillite ou furent soumises à la liquidation judiciaire, d’autres, finalement, ont fusionné ou ont été englobées par des institutions plus puissantes. On enregistre, d'autre part, un fort mouvement de liquidation des succursales des banques, mouvement rendu nécessaire par l’expansion des nombreuses institutions de crédit qui avaient antérieurement augmenté d’une façon exorbitante le nombre de leurs succursales,

1. Rappgrt de l’Union des banques pour l’année 1928. Mentionnons que

parmi les disparitions de banques, celles par voie de fusion sont beaucoup moins fréquentes que celles par voie de liquidation pure et simple.

pendant l'inflation. Celles-ci furent souvent déficitaires, leur direction était difficile et les malversations fréquentes;

20 -— Par voie d'amélioration des procédés techniques des banques qui s’est traduite par des méthodes scientifiques de travail, par l'introduction des machines, etc... Cela s’est exprimé en dernière analyse par la diminution du per-

sonnel;

30 — Par l’augmentation du montant des ressources des banques et des crédits distribués par elles.

49 — Par le mouvement de concentration des capitaux

qui se produit d’une façon constante!.

L'évolution du réseau des banques par actions en Pologne se traduit dans le tableau suivant?

BNOPTDETEUSCESS DETELAUNCECES

Total des ‘ SOUSCICAURTESEORURERS Fin banques d'année| officielles :

et de leurs | Total des |

succursales| banques |des banques |des banques |des banques nationales | polonaises | polonaises | étrangères

dans le |à l'étranger | en Pologne Total:

pays 2 | |

LORS 101 655 52 | 17 | 734 LIANT 107 489 | AI 10 540 IO2LRE 74 82 234 | 15 | 10 | 259 1926 76 71 196. | 11 | A 218 1927 81 56 156 | 8 | 11 175 1928 86 D4 152 10 | 14 176 15298. 88 51 141 | 6 |

164) 164 a) Succursales des 6 banques étrangères.

1, Cela ressort bien mieux,si on tient compte que parallélemient à l’augmerñe tation très considérable des capitaux des bañques, leur nombre et celui de leurs Süccürsales diminue contiñuellement.

2. Il ÿ aVait en outre en novembre 1930 : 34 maisons de banque, 55 bureaux de charige et 12 monts de piété.

Nous nous apercevons donc que le réseau des banques privées diminue continuellement. Ce mouvement, qui fut particulièrement fort pendant les années 1925, 1926 et 1927, se poursuit encore à l’heure actuelle. Ce phénomène est différent de celui qu’on aperçoit dans les banques officielles (Banque de Pologne, Banque de l’économie nationale Banque agricole d'Etat) dont le réseau non seulement n'a pas subi de réduction pendant la même période, mais, au contraire, a même marqué une expansion assez prononcée. D'autre part, les caisses d'épargne des administrations autonomes territoriales, dont le domaine d'activité s'approche actuallement toujours davantage de celui des banques,ont également connu une expansion très forte.

Il est intéressant de noter, qu’en 1924 le mouvement de rationalisation des banques s’est porté essentiellement vers la liquidation des succursales. Ce mouvement continue toujours. Tandis que le nombre des banques nationales a diminué depuis 1924 jusqu’à la fin de 1929 de plus de 50 %,, celui de leurs succursales de presque 80 %,. La plus forte diminution est enregistrée sur le nombre des succursales des banques polonaises à l'étranger, nombre qui s'était accru d’une facon démesurée pendant l'inflation. Leur nombre ainsi que celui des succursales des banques étrangères laisse constater toutefois une certaine augmentation en ces derniers temps. Ceci s'explique aussi bien par le rôle croissant des capitaux étrangers dans la vie économique du pays, en général, el des banques,en particulier, que par la reprise des relations financières avec l'étranger relations qui deviennent toujours plus étroites.

La diminution du réseau des banques par actions à subi un certain arrêt en 1928 et 1929, à la suite de la forte expansion économique qui se produisit alors. Cependant, la crise s’accusant, les banques furent contraintes de continuer la liquidation de leurs succursales à rendement insuffisant.

D'ailleurs, dans les conditions économiques actuelles, les coopératives de crédit et les caisses d'épargne sont mieux adaptées pour agir en province que les succursalesdesbanques. Leur réseau s’est en effet énormément accru et elles sont arrivées à accumuler des ressources relativement importantes, ainsi qu'à déployer une forte activité de crédit.

En étudiant les bilans des banques, il faut reconnaître qu’en Pologne, de même que, d’une façon générale, dans les

aütres pays, le processus de concentration tend à faire converger les capitaux dans les cinq plus grandes banques : (la Banque de l’Union des sociétés coopératives à Poznan, la Banque d’escompte à Varsovie, la Banque de commerce à Varsovie, la Banque de l’industrie sucrière à Poznan et l’Union générale de banque à Lwow).

Evidemment, les banques polonaises, même les plus importantes, ne sont pas de la taille des grandes banques américaines, anglaises, francaises ou allemandes; elles n’ont même pas encore atteint l'importance qu’elles avaient avantlaguerre, surtout en ce qui concerne les banques de l’ancienne partie russe. Leur rôle sur le marché financier international n’est pas encore grand à l’heure actuelle. Leur croissance est cependant remarquable et d’un intérêt tout spécial pour attirer les capitaux étrangers en Pologne.

$ 4. Spécialisation des banques privées en Pologne.

Etudions maintenant la répartition des banques privées par actions d’après leur clientèle et le genre d’affaires auxquelles elles s'adressent de préférence à l'heure actuelle. Il est difficile d'établir actuellement une ligne de démarcation nette entre banques d’affaires et banques de dépôts. Un type de banque d’affaires commençait à se former pendant l'inflation. La forte crise qui suivit l’inflation, les pertes que les banques subirent, à la Suite de ce genre d'activité et les stipulations même de la loi,les ont obligé à dénouer les relations étroites qu'elles entretenaient avec diverses entreprises. L’ensemble des actions et des participations des banques dans les entreprises se montait au 31 décembre 1930 en tout à 39 millions de zl., soit un peu plus du dixième des capitaux propres.

Par ailleurs, bien que dans leur ensemble les banques ne fassent pas de distinction entre les diverses branches de l’économie nationale, certaines banques s'occupent toutefois, de préférence, du financement de l’industrie. C’est le cas de presque toutes les succursales des banques étrangères et des banques polonaises établies en Silésie, de la Banque de l’industrie sucrière, de quelques banques dans la Petite Pologne (industrie du pétrole), de la Banque de l'Ouest, de la Banque de commerce à Varsovie, de la Banque d’escompte et des banques ayant leur siège à Lodz, etc.

Certaines banques, d’autre part, fournissent du crédit à court terme essentiellement à l’agriculture. Pendant l'inflation de nombreuses banques de crédit agricole à court terme furent créées. La majeure partie de celles-ci n’était pas cependant adaptée aux conditions normales et fut liquidée. Parmi les banques qui s’occupent à l'heure actuelle de l'octroi du crédit agricole on peut citer : la Banque de l'Union des sociétés de crédit de Poznan, la Banque foncière réunie! à Varsovie, la Banque Kwilecki, Potocki et Cie à Poznan, la Banque agricole de Poméranie à Torun, la Banque poznanienne des agrariens, ctc?.. 11 faut mentionner que quelques banques de l’ancienne partie prussienne qui s’occupaient antérieurement, en grande partie, du commerce des produits agricoles, finançant ainsi indirectement l’agriculture, ont dû abandonner ce genre d'activité, en vertu de la nouvelle loi bancaire. |

Toutes ces banques fournissent du crédit à court terme essentiellement aux grands propriétaires agricoles.

Parmi les autres banques par actions qui ont une destination spéciale, il faut citer celles qui financent la coopération. Ce sont la Banque. de l’Union des sociétés coopératives à Poznan, la Banque des sociétés coopératives à Varsovie, la Banque des coopératives à Varsovie, et la Banque des sociétés allemandes à Lodz. Les deux premières entretiennent des relations suivies avec la clientèle privée, à la-: quelle elles distribuent une forte partie de leurs crédits.

Quant à la répartition de l’activité des banques entre les opérations à long terme et les opérations à court terme, mentionnons que les premières, en dehors de la Banque foncière de Wilno, qui s y consacre exclusivement, n'apparaissent plus dans la catégorie des banques privées. Celles même que la loi autorise à distribuer du crédit à long terme par émissions de titres, ont abadonné ce genre d'activité et se bornent à leurs opérations à court Lerme. (Parmi ces dernières, seule la Banque hypothécaire par actions à Lwow déploie une faible activité de crédit à long terme).

1. Fut créée en 1930 à la place de la Banque foncière, en liquidation. 2, On peut y ajouter la Banque de l’industrie sucrière qui distribue des crcdits également aux producteurs de la betterave. 5

et

$ 5. Maisons de banque et bureaux de change.

Disons, en terminant, quelques mots des maisons de banque et des bureaux de change. Nous avons. d’ailleurs, groupé les cinq maisons de banque les plus importantes! ensemble avec les banques par actions. Ces maisons de banque possèdent des ressources propres importantes, elles recoivent des dépôts considérables et distribuent un montant élevé de crédits, dépassant même à ce point de vue certaines banques par actions.

D'une facon générale, les maisons de banque en Pologne, de même que dans les autres pays marquent une décadence très forte et cèdent la place aux banques par actions. D’ailleurs, en Pologne, elles sont concurrencées très âprement en province par les coopératives de crédit et les caisses d'épargne faisant la plupart des opérations bancaires normales et profitant de nombreux privilèges par rapport aux établissements privés. Ce ne sont dans ces conditions que les maisons de banque d’une forte importance, comme sont celles mentionnées plus haut, qui réussissent à développer une activité appréciable.

Pendant l'inflation, cependant, les établissements privés s'étaient considérablement renforcés. Leur activité consistait alors essentiellement en opérations de bourse et de change.

La stabilisation de la monnaie, le ralentissement extrême de l’activité des bourses, le manque de capitaux ont exercé une influence néfaste sur le développement de ces établissements. D'autre part, la nouvelle loi bancaire ne leur est pas non plus favorable.

Le nombre total des maisons de banque était en novembre 1930 de 34, celui des bureaux de change de 55 dont presque la moitié à Varsoviez.

L'ensemble de ces institutions possédait au 31 décembre 192% 20.747 mille zl. de capitaux propres, 26.701 mille de dépôts à vue, 36.802 mille de dépôts à terme et obtint 14.926 mille zl. de crédits de réescompte. Elles disposaient d’autre

1. D. M. Szereszowski à Varsovie, T. Bunimowicz à Wilno, A. Holzer à Cracovie, Kratochwil et Pernaczynski à Poznan et H. Ripper à Cracovie.

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