‹ L'Organisation du Crédit en Pologne Son Évolution Depuis la Première StabilisationChapitre 135 sur 214 · MOUVEMENT D'UNIFICATION DANS LA COOPÉRATION POLONAISE · texte numérisé non relu

MOUVEMENT D'UNIFICATION DANS LA COOPÉRATION POLONAISE

$ I. Aperçu général.

En dehors de l’ancienne partie allemande, le mouvement coopératif polonais ne présentait pas, avant la guerre, un caractère bien accentué d'organisation et d’unification. Dans l’ancienne partie autrichienne, bien qu’il existât une organisation ayant pour but l’unification du mouvement coopératif, celle-ci rencontrait néanmoins, dans la mise en oeuvre de ses desseins, différents obstacles théoriques, politiques et nationaux spéciaux à la coopération de cette partie du pays. Dans l’ancienne partie russe, le Gouvernement interdisait toute organisation ayant pour but la centralisation du mouvement coopératif. Les efforts faits dans ce sens avaient donc nécessairement un caractère fragmentaire.

Après la guerre et avec le recouvrement de l'indépendance, bien que de nombreux obstacles fussent écartés et qu’on soit arrivé à des résultats appréciables, on est néanmoins encore loin d’une réalisation complète.

Dans cette voie, c’est la coopération nationale polonaise qui est la plus avancée.

En 1917 déjà, fut créée pour l’ancienne partie russe, une union de révision « l’Union de révision des sociétés agricoles polonaises de crédit » avec une centrale financière : «(La Caisse centrale des sociétés agricoles de prêts » à Varsovie, qui réunissait la majorité des coopératives de crédit, type Raïiffeisen. Les coopératives de crédit, type Schultze-Delitsch, se sont, de leur côté, réunies en 1918 dans « l'Union polonaise de révision des coopératives de crédit » à Varsovie.

Les promoteurs du mouvement coopératif polonais se sont rendu compte de tout temps du préjudice que cause à leur oeuvre une dispersion qui s'aperçoit à différents ponts de vue :

1° D’après les différentes parties de la Pologne: 29 D’après les différentes théories coopératives: 30 D’après les différentes centrales financières: 4° D'après les différences nationales.

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C'est ainsi qu’un congrès de toute la coopération polonaise fut convoqué à Lublin en février 1918 (c’est-à-dire avant méme la fin de la guerre mondiale), congrès dont le but était l’unification. Deux autres congrès eurent lieu ensuite, l’un en 1921 à Poznan et l’autre en 1924 à Lwow. On projetait notamment la création d’une union centrale des sociétés coopératives et d’une banque coopérative centrale, ete... Ces congrès n'ont pas cependant abouti à des résultats définitifs1.

Une certaine centralisation du mouvement coopératif national polonais ne s’est fait sentir qu’en 1924 et après de longues tractations. C’est alors que furent créées trois grandes unions centrales qui embrassèrent toute la Pologne et réunirent les diverses unions de révision existant dans les différentes parties du pays. Ce furent:

19 La Confédération des unions des sociétés coopératives agricoles qui centralise les unions des sociétés coopératives agricoles, type Raiffeisen;

20 L'Union des unions coopératives embrassant les unions des sociétés coopératives, type Schultze-Delitsch ;

39 L'Union des coopératives de consommation réunissant les unions des sociétés coopératives, type Rochdale. Cette dernière fut créée seulement en 1925; elle ne joue encore à l’heure actuelle qu’un rôle minime dans la coopération de crédit, bien que certains efforts aient été faits dans cette direction. Nous ne la mentionnerons pas dans la suite de cet exposé?.

En somme, bien qu’unifiée dans une mesure appréciable, la coopération nationale polonaise présente encore une grande variété de structure théorique. Une autre cause de faiblesse du mouvement coopératif national polonais est un certain particularisme qui a survécu à l’unification du pays. Celuicis’exprime par l’existence au sein de chaque union centrale, de nombreuses unions pour chaque partie du pays. Ces unions

1. Dr Ing. T, Klapkowski, La coopération dans l'agriculture polonaise, p. 28.

2. Le Rapport du Président du Conseil coopératif mentionne l'existence à la fin de 1927 de trois sociétés coopératives de crédit de cette Union avec 333 membres, 98.000 z1l, de parts sociales, 213.000 z1l, de fonds de réserve, 148.000 zl, de dépôts, 1.132.000 zl, de crédits obtenus et 1.515.000 de prêts distribués. Le total de leurs bilans est de 1.598.000 z1.; à la fin de 1928, trois sociétés avec 333 membres, 128.000 z1. de parts sociales, 197.000 z1, de fonds de réserve, 190,000 z1. de dépôts, 1.131.000 z1. de crédits obtenus et 1,624,000 z] de prêts distribués. Le total des bilans est de 1.666.000 z1, (Les données pour cette année embrassent l’activité de deux sociétés seulement.)

Guterman. 25

se différencient entre elles de multiples facons. Leurs rapport mutuels sont parfois empreints même d’une certaine hostilité. En dernier lieu, c’est la multiplicité de centrales financières qui exerce un effet défavorable sur le mouvement d’unification de la coopération polonaise.

Où reproche très souvent à la coopération nationale polonaise et surtout à la coopération de crédit, d’être divisée en deux camps qui se concurrencent mutuellement et qui empiètent l’un sur l’autre.

En effet, les deux groupes de la coopération ont des tendances théoriques différentes, mais il faut bien se rendre compte qu'ils desservent en même temps,d’une facon plus ou moins nette, des catégories diverses de la population, la population agricole et la population urbaine. Cette division se justifie alor; dans une certaine mesure, étant donné que les besoins de ces deux catégories ne sont pas du même genre. Les procédés financiers doivent nécessairement différer pour donner satisfaction aux besoins existants; de même doivent être autres les méthodes de travail des diverses sociétés coopératives, obligées de s'adapter aux particularités économiques de chaque groupe. C'est ainsi que les petites caisses de Stefczyk ( système Raïffeisen )} et les grandes sociétés coopératives, type Schultze-Delitsch s'adaptent très bien aux nécessités existant dans chaque groupe de la population, les premières convenant très bien à la polulation agricole et les secondes à la population urbaine. L'existence de ces deux types de sociétés n’est donc pas susceptible, comme certains le prétendent, de susciter la lutte des classes, l’un et l’autre ayant des tendances capitalistes et se basant sur la situation économique opposée de la clientèle qu’elles desservent.

Il est cependant nécessaire de dire que les sociétés coopératives de l’Union des unions coopératives (sociétés type Schultze-Delitsch) ne se donnent pas uniquement pour fin de desservir la population urbaine, elles s'adressent à toutes les catégories de la population, voulant rendre plus solides les bases de leur activité. C’est ainsi qu’une partie appréciable de leurs membres sont des agriculteurs, surtout des agriculteurs moyens. Ce phénomène s'aperçoit surtout dans l’ancienne partie allemande où les coopératives de crédit, système Schultze-Delitsch, se sont appliquées de tout. temps à travailler avec les agriculteurs.

En dehors, néa nmoins, du facteur de différenciation ci-dessus

mentionné et ayant trait aux différences théoriques qui existent au sein même de la coopération de la population de nationalité polonaise, l’unification de la coopération en Pologne rencontre un obstacle important, c’est celui qui provient de l’existence des mouvements coopératifs distincts, suivant les différentes nationalités habitant la Pologne. On ne peut songer encore, à l'heure actuelle, à faire disparaître ce phénomène,

Avant la guerre, il y avait des mouvements coopératifs nationaux distincts uniquement dans les anciennes parties allemande et autrichienne. Dans la première, le mouvement coopératif national polonais fait preuve d’une grande activité: celle-ci est apparue comme le symbole de la lutte dela nationalité polonaise contre les tendances colonisatrices et germanisantes du Gouvernement prussien, bien qu’une certaine fraction de la population agricole polonaise participât aux sociétés coopératives allemandes, système Raiffeisen.

Dans l’ancienne partie autrichienne, existaient déjà alors des mouvements coopératifs distincts, représentant les trois nationalités habitant la Galicie : les Polonais, les Ukrainiens et les Juifs; cela se voyait surtout dans l'Est du pays. Cependant, certaines coopératives ukrainiennes appartenaient à des unions polonaises et dans certaines sociétés coopératives nationales les différentes nationalités se trouvèrent méêlées.

Après la guerre, le facteur national en Pologne ayant pris plus de vigueur, le mouvement coopératif emprunte parfois lui-même le caractère d’un moyen de lutte des minorités nationales pour la défense de leurs droits; la scission du mouvement coopératif suivant les différentes nationalités se trouve de même encore plus accentué et apparaît avec plus de netteté dans toutes les parties du pays.

Un autre obstacle au développement des différents mouvements coopératifs et qui s’observe au sein de chacun de ces mouvements consiste dans le facteur politique qui joue un rôle de tout premier ordre et provoque ainsi la désunion.

C’est ainsi que dans la coopération juive, comme nous le verrons plus tard, existent, à l’heure actuelle, trois unions de révision qui, tout en exerçant leur influence sur tout le territoire de la Pologne, se concurrencent les unes les autres. Une de ces unions à un caractère nettement politique, c’est l'Union des soeiétés coopératives des commerçants à Varsovie qui tend à embrasser la population juive orthodoxe.

À côté, on voit l’Union générale des sociétés coopératives à Lwow qui n’a pas de buts coopératifs nettement prononcés et à laquelle on veut aussi donner un caractère politique.

Le même phénomène peut être observé dans la coopération ukrainienne où existent deux unions ayant des tendances politiques opposées.

Bien que-les différences d'ordre politique s'y observent moins nettement, la coopération allemande en Pologne est loin d'être en voie d’unification, du moins pour le moment. Elle comporte notamment cinq unions de révision qui exercent leur activité dans les différentes parties du pays : trois unions dans l’ancienne partie allemande, une union dans l’ancienne partie russe et une union dans l’ancienne partie autrichienne. C’est ainsi que le mouvement coopératif allemand ne présente pas de signe de cohérence et de force.

Heureusement, il existe dans chacun des mouvements coopératifs, à caractère national, une union qui, elle, embrasse la plus grande partie des coopératives de la nationalité considérée et qui, de cette manière, exerce une certaine influence unificatrice!.

Soulignons, en dernier lieu, un obstacle très important qui touche l’ensemble du mouvement coopératif en Pologne, c'est l’existence dans le pays d’un très grand nombre de sociétés coopératives ne faisant partie d'aucune union ; on les nomme les sociétés coopératives « sauvages ». Bien que leur importance ne soit pas très grande, étant donné que ce sont en majorité des sociétés faibles et disposant de ressources peu considérables, elles sont cependant, d’une facon incontestable, nuisibles au mouvement coopératif. Leurs buts n’ont fréquemment rien de commun avec les idées coopératives.

Etudions maintenant plus en détail les caractéristiques de ces différentes unions, en ce qui concerne la coopération de crédit.

$2.La Confédération des unions des coopératives agricoles.

La Confédération des unions des coopératives agricoles groupe autour d’elle les unions de révision suivantes qui eni-

1. Ces utioñs plus importañtes sont : dans le mouvement ukrainien, l'Unioï de révision des sociétés coopératives ukrainienhes à Lwow; dans la Ccoopéra= tion juive, l'Union des coopératives juives à Varsovie; dans la coopération allemande, l’Union des sociétés allemandes en Pologne à Poznan,.

brassent, principalement les caisses coopératives du type Raïffeisen. Ces unions sont :

19 le Patronat des coopératives agricoles à Lwow (créé en 1899).

20 J'Union des sociétés agricoles à Cieszyn (créée en 1909);

30 l'Union de révision des coopératives agricoles à Varsovie (créée en 1917);

49 l’Union polonaise de Raiffeisen-Stefczyk à Katovice (Créée en 1020;

5° l’Union de révision des coopératives agricoles à Torun (créée en 1925).

La Caisse centrale des sociétés agricoles, dont le siège est à Varsovie et qui fut créée en 1919 à Lwow, fonctionne comme centrale financière de la Confédération des unions. Elle n’embrasse cependant ni l'Union de Katovice qui a comme centrale financière la Banque de Raiïffeisen à Katovice, ni l’Union de Cieszyn qui a sa centrale financière dans l’Union même. Ces deux dernières centrales financières ne font partie de la Confédération des unions qu'indirectement du fait même que leurs unions ÿ appartiennent.

La Confédération englobe encore quelques autres unions de révision ainsi que de nombreuses centrales commerciales.

En dehors de l’Union de Lwow et de celle de Cieszyn qui existaient déjà avant la guerre, les autres furent créées, soit pendant la guerre, soit après seulement.

Le mouvement de création et d’unification des coopératives agricoles, système Raiffeisen est ainsi relativement jeune.

Le but théorique de la Confédération est celui de Raiffeisen modifié par Haas, et qui fut adapté en dernier lieu aux conditions spécifiques exislant en Pologne par le grand coopérateur polonais Stefczyk'. Restant sur le plan de la propriété privéeou individuelle ettendant uniquement au renforcement de la force productrice des exploitations rurales petites et moyennes et à l'indépendance sociale de leurs propriétaires, elle n’a nullement pour fin la transformation de celles-ci en exploitations collectives. Parmi les autres principes de cette coopération, il faut souligner le grand intérêt qu'on attache au travail désintéressé des membres dans les organes des sociétés ainsi que le principe de légalité des voix et de la répar-

1. Dr Ing. T. Klapkowski, La coopération dans l’agriculture polonaise.

LÉsaonre

tition des bénéfices proportionnellement au montant des affaires faites et non au prorata du nombre de parts d’associés. Cela a pour résultat de ne pas désavantager Îles petis agriculteurs au profit des plus grands.

Ce qui est particulier à la Confédération des unions et la distingue, parexemple, de la coopération ukrainienne, qui, elle aussi, s'adresse avant tout à la population agricole, c’est la très forte prépondérance des coopératives de crédit sur les autres branches de la coopération (69,9 % à la fin de 1929). Tandis que la coopération ukrainienne, prenant en considération la situation économique des agriculteurs ukrainiens encore insuffisamment stable, se base dans son plan de développement avant tout sur des coopératives agricoles de consommation et recule la création de sociétés coopératives de crédit à une époque où la situation économique de l’agriculture ukrainienne atteindra un niveau plus élevé, la coopération nationale polonaise réunie dans la Confédération des unions, veut résoudre le même problème d’une façon tout à fait opposée. Elle établit notamment la base de son système de coopération sur la création des coopératives de crédit.

Les données illustrant le nombre des coopératives de crédit appartenant à la Confédération des umions et les chiffres de leurs membres sont présentés dans le tableau suivant! :

Le nombre des coopératives de crédit appartenant à la Confédération augmente continuellement en chiffres absolus. Par ailleurs, leur augmentation en chiffres relatifs par rapport aux autres coopératives de celle-ci est faible. Les coopératives de crédit de la Confédération constituent une partie considérable du total de celles du pays entier englobées par les unions (55 % à la fin de 19292). Un nombre aussi important s'explique par le caractère même de ces sociétés et le but qu’elles poursuivent. Ce sont de petites sociétés dont le siège est essentiellement dans les villages. Le but de la Confédération est de couvrir tout le-pays du réseau de ces insttutions, tâchant ainsi de faciliter l’approvisionnement en

l. Annuaire de la Conjédération des unions des coopératives agricoles pour 1929 et nos propres calculs.

25 UP) après les données de l'Annuaire de la Confédération des unions des coopératives agricoles pour l’année 1929.

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crédit de la population agricole et la lutte contre l’usure dans

les campagnes.

L'expansion des coopératives de crédit de la Confédération, au point de vue du nombre de leurs membres, est beaucoup plus forte qu’au peint de vue du nombre de leurs sociétés. Alors que le premier s’accroît à la fin de 1929 de 322 % par rapport à l’année 1925 et de 260 % par rapport à l’année 1926, les chiffres respectifs pour le second, sont de 176 et de 10279

L’accroissement du nombre des membres des coopératives de crédit est également plus considérable que dans les autres coopératives de la Confédération. De même, la moyenne du nombre des membres par société augmente constamment et dans une plus grande mesure que dans les autres coopératives.

Ce phénomène s'explique par le rôle toujours plus grand que les coopératives de crédit de la Confédération jouent dans le financement, de la petite agriculture et par leur importance en ce qui concerne la distribution du crédit agricole provenant de l’appareil de crédit gouvernemental et «communal ».

Cependant, le nombre moyen de membres par coopérative de crédit reste peu élevé, non seulement par rapport au chiffre dans ces sociétés appartenant à l'Union des unions (672, à la fin de 1928), mais aussi par rapport à la moyenne générale de toutes les coopératives de crédit du pays (321, à la fin de 19281). Ceci est d’ailleurs compréhensible, étant donné le caractère des coopératives de la Confédération qui s’adressent surtout aux agriculteurs. Ces derniers constituent la grande majorité de tous les membres (536.4 mille contre 608.5 mille, soit un pourcentage de 88.2 %/ à la fin de 192%

Le développement du réseau des coopératives de crédit agricole appartenant à la Confédération des unions diffère considérablement d’après les diverses régions, ce qui s’explique tant par leur récente apparition dans certaines parties du pays que par la forte concurrence des autres coopératives de crédit qui s'occupent également du financement de l’agriculture. Le réseau le plus dense se trouve dans les départements du Sud. Par ailleurs, ce réseau est le plus faible en Poznanie.

1. Rapport du Président du Conseil coopératif pour l’année 1924

Les coopératives de crédit appartenant à la Confédération des unions sont de deux types :

1° Les grandes coopératives de crédit, dont le siège se trouve en majeure partie dans les villes et dont les membres appartiennent en majorité à la population urbaine. Leur Lerrain d'action est le plus souvent un arrondissement entier. Elles emploient généralement un personnel salarié. Le nombre de ces coopératives n’est cependant que très limité.

2° Les petites caisses, ayant leur siège en majeure partie dans les villages. Leurs membres sont presque uniquement des agriculteurs et leur terrain d’action s’étend sur le territoire d’une commune, moins fréquemment sur celui de plusieurs communes. Elles sont en majeure partie à responsabilité limitée. !

Un type spécial de sociétés coopératives se rencontre en Silésie, où l’activité de crédit se confond avec l’activité commercialet,

La Caisse de prêts des industriels et des agriculteurs à Lublin qui présente un vrai type d'institution bancaire, qui possède des capitaux propres considérables et dont les opérations sont d’une certaine importance, est à classer à part.

Le tableau suivant nous montre le développement de l’activité des caisses coopératives faisant partie de la Confédération?.

L’essor des caisses coopératives est très accentué. Il faut cependant souligner que les totaux sont, dans une certaine mesure, influencés par ceux des sociétés coopératives d’ar-. rondissement et de la Caisse de prêts des industriels et agriculteurs à Lublin.

Les sociétés coopératives de crédit se basent, pour leur activité de crédit, dans une forte proportion sur les crédits de banque qui leur sont accordés, soit par la Caisse centrale directement, soit par la Banque agricole d'Etat et la Banque de Pologne, par l’intermédiaire de la Caisse centrale et autres centrales financières, soit directement par les caisses d'épargne d’arrondissement.

Les autres ressources des coopératives de crédit marquent

1. Dans ‘’Union de Katovice, il existe une confusion de l’activité commerciale avec celle de crédit; ceci a lieu dans les caisses type Raiffeisen; la spécialisation se fait dans les centrales. Il existe séparément une Union patronale, la Banque de Raiffeisen et une centrale commerciale en forme de société anonyme (Dr T. Klapkowski, p. 46).

2. T. Klapkowski, La coopération dans l’agriculture polonaise. Annuaires de la Conjédération des unions des coopératives agriçoles.

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un essor remarquable à partir de 1927. C’est ainei que les Capitaux propres ont augmenté à la fin de 1929 de 376%, Par rapport au montant à la fin de 1926. De même, les dépôts d'épargne qui ne jouaient qu'un rôle infime avant 1927 se sont également accrus dans une forte mesure (02718808 la fin de 1929 par rapport au montant de 1926). Les capitaux propres et les dépôts d'épargne constituent alors à l'heure actuelle une forte base pour l’activité de crédit des sociétés de la Confédération, formant environ la moitié de toutes les ressources, Les pourcentages des capitaux propres par rapport au total des capitaux empruntés furent les suivants :

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Bien que l’expansion de ces socéités soit très considérable, elle paraît cependant insuffisante lorsqu'on prend en considération, aussi bien leur nombre que l’énorme masse de leurs membres. La moyenne des capitaux propres et des dépôts d'épargne par société et par membre est très insuffisante et n'augmente pas de la même manière que pour l’ensemble de ées institutions.

Soulignons également que, bien que le nombre des coopératives de crédit appartenant à la Confédération des unions et celui de leurs membres soit très important, les chiffres illustrant leur activité restent, cependant, très faibles par rapport à l’ensemble des coopératives de crédit en Pologne. Ce phénomène est dû avant tout à l’appauvrissement de la petite agriculture, à ses besoins élevés et à l'insuffisance de ses disponibilités.

Le montant total des prêts, bien que s'étant accru, n’arrive cependant à satisfaire qu’une faible partie de la demande.

Le caractère des coopératives de crédit de la Confédération, dstribuant surtout de faibles prêts à la petite agriculture, ressort de la moyenne des prêts distribués pendant l’année qui fut de 263 zl. pendant l’année 19291.

2. Le montant total des prêts distribués pendant l’année 1929 fut de 105.979.531 71. (pour 2.593 coopératives de crédit envisagées): le nombre de prêts fut de 403.304 (nombre des coopératives envisagées : 2.471), Annuaire de la Confédération des unions des coopératives agricoles.

La durée moyenne par prêt est relativement longue. Elle fut d’environ un an pendant l’année 1929, ce qui s’accorde, d’ailleurs, avec le but de ces coopératives, c’est-à-dire de servir avant tout à l’agriculture, de s’adapter aux besoins de cette dernière et à son cycle de production.

Parmi les différentes unions, ce sont celle de Lwow et de Varsovie qui sont de beaucoup les plus importantes. Les autres unions sont pour la plupart d’une importance moindre?.

Il faut aussi attirer l’attention sur la concurrence que se font, sur le territoire de l’ancienne partie russe, les caisses de prêts el d'épargne des communes rurales, d’une part, et les sociétés coopératives, d'autre part, et qui nuit certainement au développement de ces dernières.

$ 3. L'Union des unions coopératives.

Une autre union d’une grande importance qui umifie une seconde branche de la coopération nationale polonaise et notamment les coopératives qui se basent sur la doctrine de Schultze-Delitsch, est l’Union des unions coopératives dont le siège est à Varsovie. |

Les unions qui en font partie et qui comprennent des coopératives de crédit sont : x

19 L'Union des sociétés coopératives à Poznan qui a comme champ d’action presqu'exclusivement le territoire de l’ancienne partie prussienne;

29 L'Union des sociétés coopératives à Lwow presqu’exclusivement sur le territoire de l’ancienne partie autrichienne;

30 L'Union des coopératives polonaises à Varsovie, sur le territoire de l’ancienne partie russe.

Les deux premières existent depuis longtemps : la première date de 1871, la seconde de 1874. Par contre, l'Union de Varsovie est de création récente. Elle fut créée seulement en 1918.

Comme centrale financière de l’Union des unions fonctionne la Banque de l'union de.sociétés coopératives, société anonyme à Poznan, fondée en 1885.

1. Le nombre des coopératives de crédit dans les différentes unions à la fin, de 1929 était le suivant : l'Union de Lwow, 1.133; l'Union de Varsovie, 1.218: l’Union de Cieszyn, 60; l'Union de Katowice, 193; l'Union de Torun, 142.

L'Union des unions n’est en effet qu’une superstructure des unions qui en font partie, laissant à ces dernières une complète autonomie. Par ailleurs, elle se contente de la direction générale du mouvement coopératif ainsi concentré,

au point de vue de la doctrine et au point de vue de l’organisation.

L'Union favorise la création de coopératives ayant de fortes bases économiques, un personnel de carrière et salarié. Un principe important de cette union, c’est qu’elle reconnaît comme indispensable la collaboration avec le capital privé, collaboration illimitée dans les centrales et limitée dans les sociétés coopératives. L'Union reconnait de même le principe de la non-égalité des voix et de la répartition des bénéfices, d’après les parts possédées et non d’après le montant du chiffre d’affaires fait par la coopérative, ainsi que la répartition, parmi les membres, de la fortune de la société après sa liquidation.

L'Union veut avoir des sociétés coopératives ayant des bases économiques solides. Pour atteindre ce but, les coopératives doivent nécessairement englober toutes les catégories de la population dont les fonctions économiaues atteignent leur activité maximum à des périodes différentes de l’année. Cela permettra de niveler ainsi les différences de tension sur les marchés monétaires dans les différentes régions pendant les diverses périodes de l’année.

L'Union n’admet en principe comme membres de ses sociétés coopératives que des membres chrétiens et de nationalité polonaise. Cette dernière règle, cependant, n’est pas toujours observée.

Ainsi que cela a lieu dans la Confédération des unions des coopératives agricoles, bien que dans une mesure moindre, la majeure partie des sociétés réunies dans l’Union des unions coopératives est constituée par les coopératives de crédit,

En général, les coopératives de crédit de cette Union ont subi une progression très forte, leurs opérations actives et passives s’appuient sur des bases beaucoup plus solides que celles de la Confédération des unions,

Les deux tableaux suivants nous montrent l’évolution des sociétés de l’Union, aussi bien au point de vue du nom-

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bre total des sociétés et de leurs membres, qu’au point de vue de leurs opérations!.

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31 déc. 1928 638 120.6 716.1 475.0 66.3 744 741

| | | | 31 déc. 1926} 1.014 | 602 | 59.4 | 113.4 | 607.1 | 3581 | 59.0 | 595 | 582 | | | | | |

31 déc. 1929| 1.338 727a | 54.3 137.5 |

a) Le nombre de sociétés envisagées dans les bilans réunis furent en 1924 de 432, en 11925 de 486, en 1929 de 664.

En étudiant les chiffres des tableaux ci-dessus et ci-contre nous voyons que l’évolution des coopératives de crédit de cette Union suit une toute autre direction que celle de la Confédération des unions des coopératives agricoles.

Les coopératives de crédit de l'Union des unions coopératives n’augmentent que très peu en nombre. Le nombre total de ces sociétés est aussi beaucoup plus faible que celui de la Confédération des unions, ne représentant à la fin de 1929 qu'environ 25%, du total de ces dernières. Les coopératives de crédit de l’Union des unions présentent aussi un pourcentage moins considérable par rapport aux autres coopératives en faisant partie. Par contre, bien que la totalité de leurs membres soit inférieure à celle des sociétés coopératives agricoles, leur nombre par société est environ trois fois plus élevé que celui de ces dernières. La part des agriculteurs dans le total des membres est assez élevée et atteint environ 28 % (à la fin de 1929). Parmi les agriculteurs, on

1 Dr Tuig, T. Klapkowski, La Coopération dans l’agriculture polonaise, p, 68 el 69, Chiffres pour l'année 1929, d’après les rapports des Unions et d'après hos propres calculs.

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trouve en grande majorité les petits agriculteurs (jusqu’à 20 ha), qui constituaient 88% du nombre total.

Parmi les trois unions c’est l’Union de Varsovie qui com: prend le plus grand nombre des coopératives de crédit affiliées, bien que le chiffre total des membres et, dans une mesure encore plus accentuée, le chiffre par coopérative y soit plus faible que dans les deux autres. C’est l'Union de Lwow où le nombre total des membres et le nombre par coopératives est le plus élevé! Si on examine la composition des membres d’après leur profession, on s'aperçoit que c’est aussi elle qui englobe le nombre d'agriculteurs le plus élevé aussi bien en chiffres relatifs qu’absolus et que, parmi ceux-ci le nombre des petits agriculteurs constitue presque la totalité.

Le rayon d'action de ces coopératives de crédit est généralement plus étendu que celui des caisses coopératives de la Confédération qui, lui, est limité à une ou plusieurs communes. Le territoire qu'elles desservent est, cependant, assez différent selon la région, ce qui trouve sa justification dans la diversité des principes de travail et d'organisation des différentes unions. C’est ainsi que, dans l’Union de Poznan, englobant les' coopératives de crédit de l’ancienne partie prussienne, les sociétés desservent un territoire avec une population d'environ 10.000 habitants; cela s’expliquait par la politique de l'Union qui tenait à embrasser dans son activité toute la population sans distinction : urbaine et agricole. Le siège de ces sociétés se trouvait soit dans les villes, soit, pour une proportion plus faible, dans des villages. Par contre, aussi bien les coopératives de l'Union de Lwow que celles de l'Union de Varsovie embrassent généralement dans leur activité le territoire d’un arrondissement avec plusieurs dizaines de milliers d'habitants.

Dans leur activité de crédit, les coopératives de crédit de l’Union des unions coopératives se basent, en majeure partie, sur leurs capitaux propres et les dépôts d'épargne. Le montant des capitaux propres par rapport à leur situation à la fin de 1924 a presque sextuplé, au 31 décembre 1929: leurs moyennes par société et par membre marquèrent de même une très forte augmentation eb sont beaucoup plus élevées

1. Le nombre total des éoopératives de crédit et celui envisagé par les stalistiques ainsi que le nombre des membres dans les différentes unions faisant partie de l’Union des unions coopératives, à la fin de 1929 (rapports des unions éoopéralives pour l’année 1929) sont indiquées dans le tableau ci-contre, qui fait partie de la présente note.

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Guterman.

que celles des sociétés de la Confédération, de même que les moyennes des autres opérations. Les pourcentages des capitaux propres par rapport au total des capitaux empruntés furent les suivants

31 décembre 1924. ::..... D RIRUE — 1925 ares DO AS — LORG RARE 2D ANS — 19270 Mere — LOTS ANANANS ECS — LOIRE DAS

Les dépôts jouent un grand rôle parmi les capitaux empruntés de ces coopératives, bien que celles-ci se servent également, dans une forte mesure, de crédits de réescompte et d’autres crédits, soit auprès de leur centrale financière, soit auprès de la Banque de Pologne et de la Banque de l’économie nationale. Les dépôts augmentent considérablement chaque année. [ls constituent notamment :

Au 31 décembre 1924..... 40.5 %de la totalité des capitaux empruntés

22 1995... 46.5 % he = 1926 53.7 % 2 19271 ... 45.3 % Æ ne 198,50 63.4 %, a es 1990 70 61.3 %

Disposant de ressources assez importantes, les coopératives de crédit de l’Union en question ont pu développer une activité de crédit très intense qui s'exprime aussi bien dans un total important de prêts que dans des montants élevés de moyennes par société et par membre. |

So distinguant par là des coopératives de crédit de la confédération des unions, la moyenne des prêts accordés par les coopératives de crédit appartenant à l’Union des unions est relativement élevée. Elle fut de 578 zl. en 1929. De même, la durée par prêt y est plus courte, étant de 4.1 mois pour

1. La baisse du pourcentage qui eut lieu en 1927, malgré l’augmentation simultanée et importante en chiffres absolus du montant total des dépôts, s’explique par le fait d’une progression plus forte des autres ressources des coopératives de crédit. En effet, l’assistance financière de la Banque de l’Union des sociétés coopératives de crédit, de la Banque de Pologne et des banque d’Etat aux coopératives de crédit s’est considérablement accrue pendant cette année Tandis que les dépôts en 1927 ont augmenté par rapport à 1926 de 76 Ie montant des capitaux empruntés a subi une progression de 109 os

l’année 19291.

Parmi les unions faisant partie de l’Union des unions, c’est l’Union de Lwow qui, aussi bien au point de vue des capitaux propres, qu’à celui des capitaux empruntés et des prêts distribués, est la plus faible. Par ailleurs, l'Union de Poznan déploie la plus forte activité à tous ces points de vue?, Le chiffre moyen des prêts est le plus élevé dans l’Union de Varsovie et le plus bas dans celle de Lwow. De même, la durée par prêt est la plus faible dans l’Union de Varsovie et la plus élevée dans l'Union de Lwow. Ceci est d’ailleurs en accord complet avec la participation plus ou moins importante des agriculteurs à l’activité des unions respectivesÿ.

(Voir tahleaux page suivante)

Bien que leur progression soit très importante, les ressources actuelles des sociétés coopératives et leurs opérations de crédit ne constituent qu’une partie peu considérable du chiffre d’avant-guerre. C’est ainsi que les seules sociétés coopératives faisant partie de l'Union de Poznan et de celle de Lwow disposaient en 1914 d’un capital de roulement de 810.8 millions de francs-or; dans ce montant, les capitaux propres constituaient une somme de 133 millions de francs-or et les dépôts d'épargne 483. 5 millions de francs-or4.

$ 4. La coopération ukrainienne

Tandis que, d’une façon générale, la coopération de la population ukrainienne en Pologne joue un rôle important dans tout le mouvement coopératif en Pologne, ce rôle, en ce qui concerne la coopération de crédit, est, à l’heure actuelle, insignifiant.

Le mouvement coopératif ukrainien n’a pris son essor qu'après 1900. C’est en 1904 que fut fondée une union englobant la majeure partie de la coopération ukrainienne, « Krajewy]j Sojuz Rewizy]ny] » (Union régionale de révision) qui

1. Le montant total des prêts distribués pendant l’année 1929 fut de 7440. millions de zl., le nombre des prêts de 1.287.480 (Rapports des unions correspondantes pour l’année 1929).

2. Montant des capitaux propres, des capitaux empruntés et des prêts dans les différentes unions à la fin de 1929 (V. premier tableau p. 404.)

3. Le montant du chiffre d’affaires, le nombre de prêts distribués, etc, pour les Unions partiéulières à la fin d1 1929, sont indiquées dans le deuxième tableau de la page 404.

4, Dr Ing. T. Klapkowski, Lx coopération dans l’agriculture polonaise.

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