I 8861 | ‘ON
Sr oT
*** auSeWOI[Y
sonbisjou Ͼnvuinb u2
24D799y 1Dd JU9W9pU9Y
dd dt Lis
pour toute l’économie nationale, il faut songer au fait que la balance commerciale constitue la partie la plus considérable de la balance des paiements et que les produits agricoles y tiennent une place de tout premier ordre.
B) Evolution de l’agriculture dans la Pologne indépendante. Les premières années après la guerre et l'inflation furent favorables au rétablissement de l’agriculture. Cependant, la baisse trop accélérée de la valeur de la monnaie ne fut pas propice aux améliorations et aux investissements rationnels qui exigeaient un temps plus long et la stabilité économique. En effet, nous voyons se produire le phénomène que, fuyant la monnaie, les agriculteurs procédaient très souvent à des investissements improduclifs et parfois même nuisibles, p. ex. l'accroissement trop intensif de l’achat du bétail ne restant pas, souvent, en proportion avec la dimension de l'exploitation ruralet. Par ailleurs, le faible pouvoir d'achat du mark polonais s’opposait également aux investissements agricoles rationnels effectués par voie d'achats à l'étranger.
Le crédit à court terme que l’agriculture et l’industrie agricole obtenaient pendant l'inflation, fut très limité (voir tableau ci-dessous), ce qui s'explique d’ailleurs aussi bien par l'abondance des ressources monétaires de l’agriculture que par le caractère même du crédit à court terme pendant l’inflationt.
Crédits de La Caisse nationale polonaise de prêts (en milliers de marks polonais)
Années Agriculture Industrie agricole | Total. Agricullure et Autres branches Industrie agricole de la production DAS Le % Dan % Montant % Montant % 1921 25.370|0.06| 9.836.553129.25 9.861.923125.31 29.078.032|174.69 1922 ...| 8.153.685]1.98| 65.584.576]15.90 73.738 .261|17.88 338.313.109182.12 1923 ...|187.192.000 |0.37|862.931.000! 1.71 Up ul 2.08149.219.230 .000 [97.92
En ce qui concerne le crédit à long terme, la situation était encore plus difficile. En effet, les agriculteurs ont profité de l'abondance des ressources pour rembourser en monnaie dé-
1. W. Eorowski. Le Crédit agricole en Pologne. Varsovie, 1925, p. 53 et 54.
RE
préciée une partie considérable de leurs dettes. Les nouveaux prêts furent peu importants, ils ne furent d’ailleurs accordés qu’en monnaie dépréciée et leur valeur réelle était très faible.
Ce n’est que vers la fin de l'inflation quela Société de crédit foncier de Poznan s’est mise à émettre les lettres de gage libellées en qm. de seigle. Leur montant ne fut pas cependant très important.
Avec la stabilisation de la monnaie, la période de prospérité relative de l’agriculture se termina. Les prix des produits agricoles baissent et le décalage au profit des produits industriels devient considérable. La capacité d’achat de l’agriculture diminue considérablement. A cela s'ajoute l'augmentation très forte des impôts à partir de la stabilisation, impôts qui grèvent surtout la grande propriété agricole qui est obligée de contracter des emprunts pour leur paiement. La plupart des émissions de lettres de gage des sociétés de crédit foncier sont faites dans ce but pendant les deux années qui ont suivi la stabilisation de 1924. Ces titres sont même reçus par le Trésor en paiement des impôts.
A l’affaiblissement de la situation de l’agriculture coopère encore la mauvaise récolte de 1924-25 et bien que la situation se soit un peu améliorée dans les années suivantes, elle ne s’est pas rétablie depuis cette époque. La mauvaise situation dans laquelle l’agriculture s'était alors trouvée l’a forcée à contracter des emprunts à court terme à des conditions très onéreuses dont elle souffre encore à l’heure actuelle. Le taux d’intérêt de ces dettes est très élevé, atteignant même 10% par mois et descendant rarement au-dessous de 2 % par mois.
Les investissements industriels faits par l'Etat en vue de l’intensification de la production agricole (usines d’engrais artificiels), pour la rationalisation de la transformation des produits agricoles et pour la meilleure organisation du commerce agricole (abattoirs, établissements frigorifiques, élévateurs etc..….), n’arrivent à satisfaire qu’une faible partie des besoins existants.
La crise mondiale, qui revêt un caractère avant tout agricole, est ressentie avec une âpreté toute spéciale par l’agriculture polonaise, étant donné qu'y interviennent encore des phénomènes complémentaires très graves et notamment! :
1. Z. R. La lutte contre la crise agricole, Przeglad Gospodarezy (La Revue Economique), 1930, n° G.
19 Le retard apporté à l’ébauche d’une politique de protcction agricole;
20 La trop grande ‘abondance de réserves de céréales (due à la bonne récolte, à l’ancienne politique d’exportation et de réserves de céréales faites par l'Etat);
30 Le fait que le seigle constitue l’objet essentiel de la production en Pologne. Pour ce produit n'existe qu’un marché extérieur relativement restreint. Ses prix sont, par ailleurs, d’une grande sensibilité, étant donné qu'ils sont mfluencés aussi bien par les prix du blé que par les prix des céréales servant à la nourriture des animaux;
49 L’intensification de l’exploitation agricole après la guerre qui avait augmenté, dans une forte mesure, la demande des fonds.de roulement;
5° Le resserrement du marché de l’argent et la charge exagérée qui pèse sur l’agriculture en matière de crédit à court terme, fréquemment usuraire;
69 Les ventes massives faites immédiatement après la, récolte dans le but de se procurer des fonds nécessaires pour couvrir les dépenses courantes;
70 La différence des prix entre les différentes parties du pays et les différents centres.
La crise actuelle a provoqué une insuffisance encore plus aiguë de fonds de roulement, ce qui se traduit par un pourcentage important des protêts des effets de commerce dans les régions agricoles ainsi que par l'augmentation du montant des sommes impayées à titre d’annuités dans Îles établissements de crédit à long terme.
C) Besoins de crédit de la part de l’agriculture polonaise. — Essayons maintenant de déduire quels sont, de la part de l’agriculture polonaise, les besoins de crédit que font apparaître aussi bien sa structure que les conditions de son développement pendant les dernières années.
Ces besoins peuvent être traités à trois points de vue. Ce sont, en premier lieu, les crédits à long terme dont l’agriculture ressent la nécessité pour les divers investissements agricoles, les améliorations, les défrichements, la colonisation intérieure et pour l’achat de terres. Ce sont, en second lieu, les crédits à terme moyen en vue de certains investissements agricoles dont la période d'amortissement est.plus courte et