LE CRÉDIT A LONG TERME A PARTIR DE
Comme nous venons de le voir, l'inflation a réduit à néant le fonctionnement normal du marché du crédit à long terme. Tous les efforts des institutions de crédit hypothécaire pour le faire renaître n’ont pas pu donner de résultats positifs, élant donné le manque complet de [facteurs favorables et surtout l’absence d'offre sur le marché des capitaux. L'Etat seul est arrivé, grâce à l’émission de papier-monnaie, à distribuer des prêts à long terme à l’économie nationale, bien que leur montant ne fut non plus satisfaisant.
La stabilisation de la monnaie en 1924 et la réforme monétaire ne furent pas suffisantes pour la réunion des conditions nécessaires à la renaissance du marché des capitaux. Les détenteurs de capitaux préféraient les engager dans des opérations de crédit à court terme qui, en leur donnant des profits immédiats très élevés, en permettaient une réalisation facile. Le pays souffrait en outre de l’appauvrissement général en capitaux disponibles. Ces derniers, nouvellement créés pendant la péricde de l'inflation, furent immobilisés en investissements de différentes sortes, en marchandises, en objets de consommation, etc... Le dégagement des capitaux immobilisés de cette façon et la création de nouveaux n’a pu avoir lieu que très lentement, par suite de la crise générale que provoqua la stabilisation.
Les quelques capitaux libres existants furent absorbés par les emprunts intérieurs de l'Etat et par les 100 millions d'actions de la Banque de Pologne.
[ fallait, d'autre part, un certain temps pour que la confiance renaisse envers les valeurs à long terme à revenu fixe.
Les capitaux, ainsi que cela eut lieu dans de rombreux
autres pays, ont changé de mains. Les anciens détenteurs de petits capitaux, les petits épargnants et les rentiers furent privés d’une grande partie de leurs ressources par l'effet de l'inflation. Les capitaux monétaires se trouvèrent en possession des éléments plus actifs de la population qui les ont immobilisés d’une manière où d’une autre ou même les thésaurisaient, comme le faisait ‘une grande partie de petits agriculteurs, n'ayant pas l'habitude de placements en valeurs mobilières.
L’étranger manifestait toujours un manque de confiance envers la Pologne et, seul, un taux d'intérêt très élevé pouvait tenter les capitaux étrangers de venir s’y placer. Les quelques emprunts extérieurs furent accordés à des conditions désavantageuses pour le pays : taux d'intérêt élevé, garanties de sécurité spéciales, etc.
L'activité des anciennes institutions de crédit à long terme s’est limitée pendant la période qui suivit la stabilisation essentiellement à la revalorisation des dettes d’avant-guerre.
La baisse de la monnaie nouvellement créée, survenue en 1925, détruisit de nouveau la confiance qui commencait à renaître et nuisit au rétablissement du crédit à long terme.
Ce n'est finalement qu'à partir de la deuxième moitié de 1926, lorsque la situation de l’économie nationale s’améliora, que des conditions plus avantageuses pour le placement de titres, aussi bien dans le pays qu’à l'étranger, ont apparu.
Section I.