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alors en possession de capitaux très importants, immobilisés de cette facon, sans pouvoir liquider leurs portefeuilles. C’est pourquoi le total du portefeuille de valeurs mobilières et participations dans toutes les banques par actions et les cinq plus grandes maisons de banque au 31 déc. 1930 n'était que de 114,3 millions de zl. contre 337,1 millions de zl. de capitaux propres et 461,8 millions de dépôts à termef.
Ce sont surtout des ressources provenant du Trésor qui alimentent le crédit à long terme en Pologne. Ces ressources, représentées par des dotations du budget, sont confiées aux deux banques d'Etat (Banque de l’économie nationale et Banque agricole d'Etat) et aux banques « communales » qui doivent les employer à des crédits de nature déterminée. Ce sont généralement des prêts en espèces à long et à moyen terme. L'Etat finance de même directement les émissions de titres à long terme, aussi bien des banques d'Etat que des institutions financières privées et à ce but sont destinés certains fonds provenant de l’emprunt de stabilisation ainsi que certains fonds de réserve. On peut également considérer comme placement d'Etat le fait que les deux institutions d'Etat émettant des titres à long terme en détiennent dans leur propre portefeuille des paquets considérables. En effet, craignant que la réalisation des titres par les emprunteurs eux-mêmes n'ait pas une fâcheuse répercussion sur leurs cours, les banques s'occupent seules de l'écoulement de titres, en ne délivrant aux emprunteurs que la valeur du prêt en espèces. De cette façon, les banques se trouvent toujours en possession d’un certain portefeuille assez considérable, en attendant le moment propice pour pouvoir le placer d’une façon avantageuse et pour maintenir ainsi la stabilité des Cours. ;
Parmi les autres sources de crédit à long terme, il faut signaler avant tout la Caisse postale d'épargne et la Banque de Pologne. La première emploie une partie considérable de
ses ressources accumulées en achats de titres à long terme.
émis aussi bien par les institutions d'Etat que par les autres institutions de crédit à long terme. De même, la Banque de Pologne a été autorisée à employer, de cette manière, une partie de ses réserves ainsi que le fonds de retraite de ses employés. Les deux institutions accordent en outre des avances importantes sur Litres. |
1. Données de l’Inspectorat bancaire au ministère des Finances.
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D'autres sources d’une très grande importance et qui vont toujours croissant, ce sont les fonds de différents corps publics, ceux-ci étant tenus de les placer, en partie, en titres à long terme. A
Les placements des Instituts d'assurances sociales qui ont déjà à l’heure actuelle un portefeuille important de titres, constituent la partie la plus considérable parmi les fonds des corps publicst.
Les placemients des autres Instituts d'assurances aussi bien publiques que privées commencent également à jouer un rôle intéressant.
Pour avoiruneidée plus complète du mouvement de l'épargne en Pologne, il est indispensable de voir également quel était le mouvement d'émission d'actions des sociétés anonymes existantes ou nouvellement créées (voir le tableau ci-après?). Le mouvement d'émission, qüi marque un fort accroissement en 1927 et 1928, accuse une dégression en 1929. La réduction du montant des apports en espèces en 1929 et l’augmentation continue de la participation de l'étranger dans les nouvelles émissions sont particulièrement à souligner.
$ 2. — Sources de crédit de provenance étrangère.
A) Considérations générales. — En étudiant l’évolution de l’économie nationale après la guerre et les causes de son malaise actuel, il faut reconnaître que la cause essentielle en est avant tout l’anémie financière dont souffre le pays.
Il est vrai que la vie économique en Pologne a traversé quelques périodes de prospérité relative depuis le recouvrement de l'indépendance. Ces périodes ne furent cependant que courtes, leur évolution n'avait pas un caractère normal et régulier et la cause en est avant tout dans l'insuffisance des capitaux existant dans le pays. Bien que la tâche prinei-
1. Le montant des réserves des Instituts d’assurances sociales s'élève à la fin de 1926 à 211 millions de z1., en 1927 à 328 millions de z1., en 1928 à 481,6 millions de zl. et, d’après les évaluations provisoires, dépassera en 1929 la somme de 600 millions de z1. et en 1930 la somme de 700 millions de z1. (J. B., Les assurances sociales en chiffres, Przeglad gospodarczy, 1931, n° 7).
2. Annuaires statistiques de l'Office central de statistique.
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pale de la politique économique du pays, soit et reste la reconstitution des capitaux nationaux, l’accroissement de ceux-ci sera encore pendant longtemps trop insuffisant pour parer même aux besoins économiques les plus modestes.
Comme nous l’avons déjà souligné à maintes reprises, aussi bien les capitaux propres des banques et des autres institutions financières que les dépôts provenant de l’épargne intérieure étaient (et sont toujours) tout à fait insuffisants pour satisfaire à tous les besoins en fonds de roulement et en capitaux d’investissements de l’économie nationale, besoins que celle-ci ressent d’une manière très aiguë.
Le seul remède à cette pénurie de capitaux serait un afflux de capitaux étrangers. En effet, c’est seulement grâce à l’arrivée des capitaux américains que l’Allemagne a pu se rétablir après l’inflation. D'autre part, les Etats-Unis (jusqu’à la fin de 1928 et actuellement de nouveau) et la France regorgent de capitaux libres (la France du moins depuis la stabilisation de sa monnaie’qui a amené le rapatriement des capitaux français en fuite pendant la chute du franc).
Les taux élevés pratiqués en Pologne offrent aux capitaux libres qui ne trouvent pas d'emploi lucratif dans leur pays propre, des occasions de s’employer de façon avantagcuse.
Pendant les premières années qui suivirent le recouvrement de l’indépendance, la venue de crédits étrangers, si ce n’est sous forme de crédits en marchandises, n’a presque pas eu lieu, de même lors de l'inflation. Les raisons de cet état de choses étaient d’une part d'ordre politique : la jeune République Polonaise n'’inspirait pas une très grande confiance aux grands marchés financiers internationaux qui étaient alors en pleine activité. D'autre part, en raison de la situation monétaire, les capitalistes étrangers faisaient dépendre l’attribution de crédits de l’assainissement de la monnaie et des finances. Mais l’antinomie était évidente, puisque c'est dans ce but qu’on aurait eu avant tout besoin de crédits. Le gouvernement ne pouvant pas obtenir les capitaux nécessaires, se décida alors à tenter la réforme monétaire sans le secours étranger, qui cependant s'imposait.
Le problème des capitaux étrangers n'apparail ainsi à l’ordre du jour, qu'une fois la réforme monétaire réalisée en 1924. Mais même alors leur arrivée ne fut que d’une très faible importance.
Quels sont cependant les facteurs qui empêchaient ce flot
de capitaux deveniren Pologne, alors que prèteurs et emprunteurs y eussent trouvés les uns et les autres leur intérêt ?
Du côté polonais, on a émis dans certains milieux des objections à une arrivée en masse et ininterrompue de capitauxétrangers. On ne voulait pas d’abord consentir au taux d’intérêt très élevé eb aux garanties exceptionnelles qu'exigeaient les capitalistes étrangers. On craignait, d’autre part, que les capitaux étrangers ne fussent employés en dépenses de consommation et non en dépenses productives et que la période de prospérité ne fût suivie d’une période de forte crise, rendue encore plus dangereuse par les difficultés qui se présenteraient alors relativement au transfert des capitaux et des intérêts échus.
Tandis qu’une partie de l'opinion publique reconnaissait la nécessité d'introduire à tout prix des capitaux étrangers, le parti opposé déclarait que l'importation de ceux-ci est, en principe, superflue, que la reconstruction économique d’un pays doit être réalisée par ses propres moyens, par un travail intense, une meilleure utilisation des richesses naturelles et par l’augmentation de l'épargne. En effet, pendant les années 1924 et 1925 la politique économique du gouvernement poursuivit, en principe, l'assainissement de la vie économique du pays sans crédits étrangers. Les conditions extrêmement lourdes, auxquelles pouvait alors être obtenu du crédit à l’étranger, ainsi que le mode irrationnel de l’emploi des emprunts que le pays était alors arrivé à obtenir, augmentaient le nombre des partisans de ce programme trop idéal. Celui-ci n’est pas arrivé d’ailleurs à amener l'assainissement profond des conditions économiques!.
L'’échec du programme de développement économique sans capitaux étrangers a amené un changement radical dans l’opinion publique au sujet du rôle de ceux-ci dans la vie économique du pays. On reconnaît généralement maintenant que ce n’est que grâce à l'importation de tels capitaux que le pays pourra arriver au redressement de son économie.
L’emprunt de stabilisation de 1927, quia poséles fondements de la stabilisation légale du zloty, fut considéré comme l’emprunt-clé qui devait ouvrir une.ère de crédits étrangers nombreux et de toutes sortes. Ces prévisions ne se sont ce-
1. St. Pszczolkowski, Les crédils étrangers et leur rôle dans la politique polonaise de crédit, p. 4 et 5.
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pendant réalisées jusqu'à maintenant qu’en partie. Tandis que l’afflux des crédits à court terme s’est considérablement renforcé, l’arrivée des crédits à long terme reste infime,
Les capitaux étrangers venant directement dans un pays peuvent avoir pour but de s’employer d’une facon déterminée dans telle branche de l’économie nationale: ils peuvent, d'autre part, venir sous forme de crédits attirés soit par le taux d'intérêt rémunérateur pratiqué dans le pays en question, soit comme accessoire d’une opération commerciale quelconque. |
Parmi ces crédits entrant en Pologne, les plus importants sont les crédits à court terme qui font leur apparition par l'intermédiaire des banques.
B) Crédits étrangers à court terme obtenus par l’intermédiaire des banques. — Pour bien se rendre compte de la situation particulière dans laquelle le marché du crédit s’est trouvé dans ses rapports avec les marchés financiers étrangers, il ne faut pas perdre de vue les considérations suivantes : avant la guerre, en raison du rattachement du marché du crédit à trois organismes économiques et politiques différents, les places de Vienne et de Berlin et, .dans une mesure moins importante, aussi celle de Pétersbourg, furent les sources essentielles des crédits étrangers. Ces places constituaient les principaux marchés qui collaboraient au développement de la vie économique du pays, en absorbant une grande partie des émissions de différents titres et en fournissant de nombreux fonds de roulement aux entreprises polonaises. Les relations qui existaient avec les places de Paris, de Londres, de Bruxelles, d'Amsterdam, etc... se faisaient aussi essentiellement par l'intermédiaire de ces marchés.
Après la guerre, les crises monétaires qui avaient complètement désorganisé les marchés de Berlin et de Vienne (sans parler de celui de Pétersbourg), et d'autre part, du reste, la rupture de tout contsct immédiat avec ces places, ont privé la vie bancaire polonaise de ses ressources essentielles.
Les banques furent désorientées. Elles n'avaient plus de liens directs et étroits avec aucune des sources étrangères possibles du crédit et continuaient à passer par les marchés soit allemands, soit viennois, qui n’avaient pas toujours une attitude bien amicale envers la Pologne et se laissaient même
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parfois influencer par les facteurs d'ordre politique!. Cette situation avait, en dehors du renchérissement du coût du crédit qui en résultait nécessairement, d’autres inconvénients pour le marché du crédit.
En effet, les marchés étrangers, pour se documenter sur la Pologne, passaient par l'intermédiaire des marchés allemands et viennois, qui se montraient parfois hostiles à celle-ci, soit politiquement, soit économiquement, et qui ne voulaient pas, par-dessus tout, perdre les gros profits qu'ils tiraient de leur entremise.
Il existait, d’autre part, une ignorance profonde du marché polonais aussi bien aux Etats-Unis qu’en France même, malgré les liens politiques très étroits qui lient cette dernière à la Pologne.
Malgré tous ces obstacles, l’introduction de capitaux étrangers devient cependant de plus en plus importante surtout à partir de l’année 1926. |
Les crédits de banque obtenus à l’étranger jouent actuellement un grand rôle parmi toutes les ressources des banques.
Le montant et le caractère de ces crédits ont passé par différents stades. La crise de 1925 avait enrayé le mouvement d’afflux des capitaux étrangers dans les banques polonaises, mouvement qui avait commencé après la stabilisation de 1924 et qui allait toujours croissant. La crise financière de 1925-26 avait amené les banques étrangères à retirer la plus grande partie de leurs crédits qui étaient généralement à vue. Les difficultés que tes banques polonaises éprouvèrent pour faire face à ces remboursements avaient encore accéléré le mouvement de retrait en entraînant la dénonciation par les banques étrangères de leurs dépôts à terme, eux-mêmes.
Etudions maintenant plus en détail le problème des crédits étrangers, en nous reportant aux données du tableau ci-dessous comprenant les chiffres pour toutes les banques polonaises, aussi bien privées que d'Etat.
1. Retrait de crédits aux moments les plus difficiles de la vie économique du pays et lors des crises, agissements contre la monnaie polonaise, etc.
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