‹ L'Organisation du Crédit en Pologne Son Évolution Depuis la Première StabilisationChapitre 36 sur 214 · SANT APRES · texte numérisé non relu

SANT APRES

Le total des crédits obtenus par les institutions financières subit, à partir du dernier trimestre de 1927, un accroissement considérable, en relation très étroite avec la réalisation de l'emprunt de stabilisation qui est considéré comme empruntclé. La progression de ces crédits se ralentit surtout pendant l’année 1930. Elle atteignit son maximum en 1928. Leur montant au 30 septembre 1930 ’est d’environ 264 % plus élevé que le montant correspondant à la date du 30 septembre 1927. Il faut toutefois considérer que l'emprunt de 1927 ne fut pas en réalité la clé qui a ouvert les grands marchés financiers à la Pologne, et les crédits étrangers, malgré leur accroissement, sont cependant très insuffisants.

Si, maintenant, on considère les crédits au point de vue qualificatif, on constate à cet égard une amélioration très importante. L’accroissement des crédits à terme est en effet beaucoup plus fort que celui des autres crédits, e£ cette évolution a un caractère continu. Tandis que les crédits à terme ne constituaient qu'environ 24 % de tous les crédits accordés au 30 septembre 1927, leur proportion augmente jusqu’à 62 % au 30 septembre 1930. Cette proportion apparaîtra encore plus forte, si l’on ajoute aux crédits à terme les crédits de réescompte qui présentent également un caractère de crédits à terme. Parmi ceux-ci augmentent également ceux dont l'échéance est à plus de 3 mois.

En étudiant les crédits accordés au point de vue de leur provenance, on remarquerait que c’est l’Angleterre qui occupe actuellement la première place parmi tous les pays créditeurs. Sa part augmente continuellement pendant les dernières années et elle constitue au 31 décembre 1930 environ 28 % du total des crédits. Viennent ensuite l’Allemagne, la France, les Etats-Unis, l'Autriche ct la Hollande. Il existe toutefois une forte différence parmi tous ces pays au point de vue du caractère de leurs crédits. C’est ainsi que la proportion des crédits à terme est la plus élevée parmi les crédits anglais (87 % au 30 septembre 1930) et suisses (82 %); le pourcentage des crédits à terme est très voisin du chiffre de 60 % en ce qui concerne les autres principaux pays créditeurs, en dehors de l'Allemagne. Cette dernière, par contre, octroie actuellement en majorité des crédits à vue (les crédits à terme ne constituent au 30 septembre 1930 qu'environ 30 % du total de ses crédits), [Il faut également souligner qu'une grande partie des crédits allemands sont ceux que les grandes banques allemandes accordent à leurs succursales en Pologne,

: Tandis qu’en 1926 la part de la France dans le chiffre total des crédits accordés était presqu'insignifiante, elle est, à partir de 1927, en croissance continue. Cela s'explique aussi bien par

l’aisance très grande du marché de l’argent français depuis la stabilisation du franc et par l'intérêt croissant que le marché français commence à accorder à l’économie nationale polonaise, que par lecontact plus étroit des banques polonaises avec les banques françaises. Une certaine diminution de ces crédits s’est fait remarquer pendant les premiers mois de 1929, due, en grande partie, au fait que d'importants capitauxm onétaires français furent alors engagés sur le marché américain.

Nous avons déjà parlé à diverses reprises de l'importance toute spéciale qu'avait le marché financier viennois pour la vie économique de la Pologne. Malgré la perte d’une grande partie de l’influence que ce marché possédait avant la guerre, malgré la situation très difficile résultant aujourd’hui de la dispersion de son rayon d'activité d’avant-guerre et malgré les différents autres facteurs ayant trait aux nouvelles conditions politiques de l'Autriche et à la baisse de sa monnaie, les banques viennoises ont cependant fourni une aide importante au marché financier polonais.

Cette assistance s’est exprimée, en premier lieu, par Îles intérêts importants que les banques viennoises ont pris dans les banques polonaises et par les crédits qu’elles accordent à ces dernières. Le marché financier viennois, grâce à sa bonne connaissance du marché financier polonais, Joue encore un grand rôle comme intermédiaire dans les rapports avec les marchés internationaux qui ne connaissent pas suffisamment les conditions de la vie économique polonaise.

Le développement des crédits à court terme venant de l’Allemagne présente des traits très caractéristiques. Très peu importants en 1926 (aussi bien en ce qui concerne les crédits à vue que ceux à terme), ils marquent (les crédits à vue à partir du premier trismestre 1927 et ceux à terme à partindu deuxième trimestre 1928) une augmentation constante et très nette, l'Allemagne se mettant ainsi en première place parmi les pays créditeurs. Ils diminuent cependant considérablement à partir de la fin de 1929 et cèdent la place à l'Angleterre,

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