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Les ressources en devises étrangères qui affluèrent alors à la Banque de Pologne lui fournirent des bases très solides pour l'émission de ses billets, lui permettant ainsi de parer à l’éventualité d’une balance déficitaire. Celle-ci est devenue en effet défavorable à partir de 1927. L'augmentation des achats à l'étranger est accompagnée cette fois d’un fort courant de crédits en marchandises et de crédits en espèces à court terme. Ceux-ci amortirent ainsi les méfaits du déficit de la balance commerciale. I] faut toutefois noter que ce déficit, qui atteint en 1927 la somme de 377, 2? millions de zl. et la somme de 854,2 millions à la fin de 1928, diminue considérablement en 1929 jusqu'à 297,6 millions et disparaît totalement en 1930 où apparaît un excédent d’exportations de 187,3 millions.
La reprise des affaires qui eut lieu à partir de 1926 a provoqué un certain mouvement d'investissement aussi bien de la part de l’économie privée que de la part de l'Etat et des administrations autonomes. Le manque de fonds de roulement fut encore aggravé par ce mouvement qui absorbait les capitaux flottants. Par ailleurs, le courant des capitaux à long terme venant de l'étranger est faible. L’épargne intérieure n’est pas encore suffisante, à elle seule, pour compléter les réserves de caisse taries pendant les années de l’inflation et celles qui ont suivi.
Le mouvement d'investissement, trop rapide, qui eut lieu malgré le manque de ressources à long terme, l’engloutissement des fonds de roulement dans ce mouvement, le développement trop fort dela production auquel ne correspondait pas une augmentation simultanée de la consommation intérieure (salaires trop bas, état précaire de l’agriculture, etc...), voilà quelques causes essentielles de la crise qui apparaît déjà à la fin de 1928. Le pouvoir d'absorption du marché intérieur subit d’ailleurs en 1929 un choc violent du fait de la diminution du pouvoir d'achat de la population agricole à la suite de la très forte baisse des prix des produits agricoles. Cette baisse — phénomène d’ordre mondial à l'heure actuelle — entraine cependant des conséquences beaucoup plus graves pour la Pologne dont les 2/3 de la population vivent du travail de la terre:
La puissance de concurrence de l’industrie sur les marchés mondiaux se trouve actuellement affaiblie malgré des salaires relativement peu élevés. Cest qu’elle souffre de l’insuffisance d'installations modernes pour l’aménagement desquelles il
n'y à pas assez de capitaux à long terme. Elle souffre, d’autre part, de l’insuffisance de fonds de roulement, du taux d'intérêt élevé régnant sur le marché national. Soulignons la charge des impôts et des assurances sociales qui, bien que n’étant pas, en chiffres absolus, plus lourds que dans les autres pays, représente toutefois un poids relatif sensiblement plus élevé.
Les conditions d'exportation du charbon et du sucre, marchandises qui souffrent de mévente depuis plusieurs années, sont devenues également moins avantageuses à la suite de la crise. D'autre part, dans certaines branches de l’industrie! règne un malaise profond résultant, d’une part, du développement trop considérable de ces industries et de leur capacité de production trop forte par rapport aux possibilités actuelles du marché intérieur et, d’autre part, du manque de marchés d'exportation . à
En face de la situation difficile de l’économie privée, celle du Trésor reste bonne, bien que l’état de la première commence à avoir sa répercussion sur le budget.
Malgré l’augmentation des dépenses à partir de 1926, les budgets se soldent par des excédents importants, ce qui est dû, dans une certaine mesure, au perfectionnement toujours plus grand de l'appareil fiscal. Il faut considérer comme un grand succès de la politique financière du gouvernement, qu’il soit arrivé à ajuster les dépenses aux recettes, malgré la diminution de celles-ci. Il est arrivé à maintenir l’équilibre budgétaire, malgré l’augmentation des secours apportés à la vie économique, et cela sans avoir recours à une augmentation des charges fiscales et à une réduction des traitements des fonctionnaires?. Le Trésor dispose encore à l'heure actuelle de réserves considérables pouvant lui permettre de parer à toute éventualité?.
D'une façon générale, l’acuité des répercussions de la crise mondialeest relativement atténuée en Pologne,en comparaison avec certains paystrès industrialisés où l'intensité dela vie économique est plus forte et où lestandard of lifede lapopulation est plus élevé. En réalité, la majeure partie de la population en Pologne est formée par des agriculteurs dont l'intensité